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Bernard Stiegler: «L’accélération de l’innovation court-circuite tout ce qui contribue à l’élaboration de la civilisation»

Bernard Stiegler: «L’accélération de l’innovation court-circuite tout ce qui contribue à l’élaboration de la civilisation»
«Disruptif». Le terme, dixit le dictionnaire de l’Académie française, dérive du latin disrumpere, «briser en morceaux, faire éclater». Dans le langage des entreprises du numérique, «l’innovation disruptive», c’est l’innovation de rupture, celle qui bouscule les positions établies, court-circuite les règles du jeu, impose un changement de paradigme. De Google à Uber, la «disruption» bouleverse nos vies connectées. Mais à quel prix ? Directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du centre Pompidou, fondateur de l’association Ars Industrialis, le philosophe Bernard Stiegler consacre son travail aux effets des mutations technologiques. Vous décrivez la disruption, cette accélération de l’innovation, comme une «nouvelle forme de barbarie». En ce que cela s’oppose à la civilisation. En quoi ce que nous vivons est-il différent de ruptures technologiques majeures antérieures ? La déstabilisation est devenue permanente. Nous n’arrivons plus à élaborer des savoirs. Elle nous rend fous.

http://www.liberation.fr/debats/2016/07/01/bernard-stiegler-l-acceleration-de-l-innovation-court-circuite-tout-ce-qui-contribue-a-l-elaboration_1463430

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Bruno Devauchelle : Images et numérique L'attirance pour les images animées et en particulier les vidéos interroge l'humain et en particulier l'éducateur : la vidéo est-elle plus facile à comprendre que l'écrit traditionnel ? Si tel est le cas on peut imaginer, qu'à l'instar des premières projections cinématographiques, le spectateur ne confonde ce qu'il voit avec la réalité. Cette trace de l'histoire du cinéma qui fait sourire est pourtant encore d'actualité : sans amener le spectateur à fuir la salle de peur que l'image ne devienne réalité, nombre d'entre nous avons du mal à mettre en doute ce que les écrans nous montrent, surtout lorsqu'ils revendiquent leur projet informationnel. On peut aussi imaginer que l'enseignement puisse augmenter en efficacité en utilisant la vidéo, en utilisant justement cette attirance.

Du collaboratif au contributif : vers le 3ème web Intervention lors du OuiShare Fest 2014-05-16 Propos recueillis par Dominique Firbal L’économie collaborative est un modèle économique pour demain. C’est ce que Bernard Stiegler, philosophe et spécialiste des mutations portées par les technologies numériques constate et soutient. Acteur de ces mutations, il a mis en place un outil de réflexion contributif avec son Institut de Recherche et d’Innovation[i]. Le miracle de l’eau Difficile d’imaginer ouvrir le robinet et ne voir rien couler. Cinq cent millions de personnes manquent pourtant d’eau toute l’année, et quatre milliards connaissent des pénuries sévères au moins pendant un mois chaque année, selon un rapport publié par la revue américaine Science Advances. L’accès à l’eau a toujours été, et reste, un défi. Dans cet article de la London Review of Books traduit par Books en mars 2015, Rose George rappelle les mille petites étapes qui relient la bouteille d’eau minérale aux aqueducs romains, et relève quelques idées fausses sur la sécurité hydrique. Sur la verte colline surplombant un lac dans le parc de mon quartier, à Leeds, se dresse une élégante construction en pierre, la fontaine Barran.

Pour une écologie informationnelle On s’enthousiasme facilement des innovations quotidiennes que proposent l’actualité des technologies de l’information. Qu’il s’agisse des innovations technologiques, toutes présentées comme devant révolutionner le monde ; de la pléthore de nouveaux services, tous censés bouleverser les équilibres de leurs secteurs respectifs ; et bien sûr des nouvelles pratiques, d’autant plus méritoires dans ce dédale de nouveautés. Peut-être faut-il surtout voir dans cette course à l’innovation et à l’utilisation de ces monceaux de gadgets le reflet d’un comportement psychologique, d’une addiction à la nouveauté, comme l’explique le neurologue Irving Biederman, qui montre qu’une nouvelle information déclenche chez chacun d’entre nous des réactions d’ordre chimique qui nous font nous sentir bien. Nos outils n’évoluent pas à l’aune de nos pratiques Pourtant, si on prend un peu de recul, qu’est-ce qui a vraiment changé dans nos pratiques depuis 10 ans ? Nous nous connectons à haut débit plus facilement.

Conference : Pascal Plantard et Jérémy Lachal : Jeudi: Les... Identifiez-vous | Mot de passe oublié ? Conference : Pascal Plantard et Jérémy Lachal Code Aperçu - Les retours du dimanche, 2011 : Année indignée, 2012 année de tous les dangers Cette année là, il y a tout juste 50 ans, ce n'était pas simplement les débuts du succès de Claude François, mais aussi comme il est dit dans la chanson, celle de la disparition de Marylin Monroe, du premier 45 tours des Beatles et de la sortie en France de West Side Story. Et de quoi, 50 ans après, sera fait 2012, l'année du Dragon censée apporter santé et richesse à ses natifs? Serons nous comme en 2011, assaillis « d'événements monstres » chers à l'historien Pierre Nora qui écrivait déjà en 1974, que l'événement, à l'ère des mass médias, « jeté dans la vie privée, offert en spectacle ... devient monstrueux »?. Révolutions arabes, tsunami, Fukushima, DSK, crise financière, crise de l'Europe, indignés, primaires socialistes...La liste des événements majeurs de l'année 2011 donne le vertige. Mais quels sont ceux qui s'inscriront dans les manuels d'histoire numériques des générations futures? Alors que nous promet 2012 ?

Mahmoud Darwich, ultime élégie Il est considéré comme l’un des plus grands poètes arabes contemporains. L’avant-dernier recueil de Mahmoud Darwich, «Présente absence» a été traduit par Farouk Mardam-Bey, directeur de la collection Sindbad, et Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l'UNESCO. Nous les recevons aujourd'hui. En 2006, Mahmoud Darwich fait paraître son avant-dernier livre, un recueil de poèmes qui flirtent avec la prose, dans lequel il s’adresse à son autre moi. Il y retrace sa vie, depuis sa petite enfance en passant par l’exil, et jusqu’à cette mort qu’il sait proche. « Mahmoud Darwich est unique dans la littérature arabe du 20eme siècle : c’est la rencontre entre une demande sociale très forte et un grand talent poétique. » Farouk Mardam-Bey, La Grande table TSUNDOKU : l’art d’empiler les ouvrages sans les lire – Le guide des égarés. Non, ce n’est pas une nouvelle interjection, et le dernier cri du joueur de Pokemon Go lorsqu’il découvre une espèce inconnue tel un naturaliste des siècles passés. C’est le nom que l’on donne en japonais au fait d’entasser des ouvrages qu’on a parfois pris plaisir à acheter, mais qu’on ne lira jamais. Après tout, on catalogue bien des ouvrages sans les avoir lus. Rien de coupable dans cette attitude.

Bruno Devauchelle : Quand les MOOCs sortent de leur berceau. L'apparition des Moocs (Massive Open Online Course) dans l'espace de l'enseignement supérieur a déclenché de nombreux débats, provoqué de nombreux écrits, mais aussi des recherches. Qu'ils soient X pour l'extension des cours traditionnels mis en ligne ou C pour le développement d'apprentissage au sein de communautés connectées, on parle alors de Mooc connectiviste, la littérature s'est d'autant plus développée que, comme à la fin des années 1990 avec le passage de la FAD à la Foad et au e-learning, il y a beaucoup d'imaginaire autour de ce phénomène. Une fois passés les premiers temps de la séduction de l'innovation, le temps du concept valise, s'effectue une stabilisation, voire une normalisation du concept. Même si aujourd'hui ce sont les xMoocs qui sont les plus présents, les formes de ces différentes propositions sont multiples. Le Mooc peut-il concurrencer l'école ? Les Moocs de toutes sortes peuvent-ils concurrencer les institutions scolaires ou les organismes de formation ?

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