
Coronavirus : un nouveau paradoxe pour l’homéopathie Alors que le coronavirus se répand rapidement, la recherche de médicaments efficaces est au centre de toutes les attentions. Dans ce contexte, un épisode particulier a mis en lumière l’un des nombreux paradoxes de l’homéopathie. Tout a commencé le 28 février 2020 par un message posté sur Twitter par Hans-Peter Portmann, un homme politique suisse. Celui affirmait que Oscillococcinum, le produit homéopathique le plus vendu au monde, devait permettre d’affaiblir une infection à coronavirus car, ajoutait-il, il est efficace contre la grippe qui fait partie de la même famille de virus. Une valse de tweets va s’ensuivre. Et pourtant, si on suit la logique homéopathique, une telle déclaration est incompréhensible. Le paradoxe est là. Ce dilemme explique peut-être l’embarras évident de Boiron et sa très grande discrétion sur ce que pourraient apporter ses produits dans cette période d’épidémie.
L’avis de la Haute autorité de santé : l’homéopathie jugée inefficace et sans intérêt pour la santé publique Face à l’exigence croissante d’une médecine fondée sur les preuves, les partisans des médecines dites alternatives ou complémentaires se défendent en affirmant que leurs pratiques, du fait de l’individualisation du traitement selon le patient, ne se prêtent pas bien à l’évaluation : « on soigne le malade, pas la maladie ». Devant la commission de la Haute autorité de santé (HAS) chargée de l’évaluation de l’homéopathie, le représentant du Syndicat national des homéopathes français (SNMHF) a affirmé que l’approche homéopathique part des symptômes « afin d’établir la correspondance la plus précise possible avec les symptômes expérimentalement provoqués par une substance diluée qui deviendra le médicament homéopathique du patient selon le principe de similitude » [1]. L’évaluation de la Haute autorité de santé (2019) L’homéopathie regarde les horreurs de l’allopathie, Alexander Beydeman (1826-1869). L’Association espagnole de pédiatrie Sur le site www.nhs.ukTraductions par nos soins
Homéopathie, automédication et approche rationnelle Laissons de côté quelques questions récurrentes, bien que tranchées depuis longtemps, dans la controverse qui entoure l’homéopathie. Ainsi, savoir « quel pourrait être le mode d’action de l’homéopathie ? » est une question vide de sens tant que l’on n’a pas d’abord montré l’existence d’une action à expliquer. Or, suffisamment d’études et de métaanalyses ont démontré, sans qu’il faille les recommencer éternellement, que l’homéopathie n’avait pas d’effet supérieur à celui d’un placebo. Attirons plutôt l’attention sur un élément nouveau : le développement inéluctable de l’automédication modifie les données de cet éternel débat. Le développement de l’automédication La France s’est lancée résolument dans le déremboursement d’un grand nombre de médicaments, certains à effet purement placebo, d’autres à effet indiscutable et démontré. L’homéopathie : non scientifique et dangereuse Un patient atteint de choléra expérimente des remèdes. Automédication et approche rationnelle Références
L’homéopathie : déremboursement ou retour à la loi commune ? L’homéopathie suscite régulièrement des débats passionnés. C’est actuellement le cas dans les médias français. Une prise de conscience de l’aspect non rationnel de la théorie homéopathique se fait progressivement. La « mémoire de l’eau », la théorie de la dynamisation par secouement et les dilutions importantes se révèlent non crédibles : une goutte d’eau dans une piscine olympique, voire dans l’ensemble des océans, véhiculerait une puissance d’action importante et significative ? Cela questionne. Un effet placebo mal compris La soif, William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) En fait, le plaidoyer pour l’homéopathie est très faible sur le plan scientifique : il s’appuie sur des études de faible valeur ou non répliquées et sur des méta-analyses aux méthodologies médiocres. Faute d’efficacité, de nouveaux arguments sont avancés Dépendance médicamenteuse Promouvoir l’écologie interne du patient Lithographie de C. Références
Complementary Medicine, Refusal of Conventional Cancer Therapy, and Survival Among Patients With Curable Cancers. | Oncology | JAMA Oncology Key Points Question What patient characteristics are associated with use of complementary medicine for cancer and what is the association of complementary medicine with treatment adherence and survival? Findings In this cohort study of 1 901 815 patients, use of complementary medicine varied by several factors and was associated with refusal of conventional cancer treatment, and with a 2-fold greater risk of death compared with patients who had no complementary medicine use. Meaning Patients who received complementary medicine were more likely to refuse other conventional cancer treatment, and had a higher risk of death than no complementary medicine; however, this survival difference could be mediated by adherence to all recommended conventional cancer therapies. Objectives To compare overall survival between patients with cancer receiving CCT with or without CM and to compare adherence to treatment and characteristics of patients receiving CCT with or without CM.
Les Académies de médecine et de pharmacie se prononcent contre l’homéopathie Les sages publient un communiqué commun réclamant la fin du remboursement de l’homéopathie et de son enseignement en facultés de médecine et de pharmacie. En finir avec le remboursement de l’homéopathie par la Sécurité sociale; avoir conscience, si l’on en prescrit, qu’il s’agit d’un placebo et en informer le patient ; indiquer sur le conditionnement qu’aucune efficacité n’est scientifiquement prouvée; ne plus délivrer de diplôme universitaire dédié en faculté de médecine, de pharmacie ou école vétérinaire. Plus d’un an après la tribune signée dans Le Figaro Santé par 124 médecins, qui a relancé un débat aussi vieux que la thérapeutique elle-même, l’Académie de médecine a voté ce mardi après-midi, par 58 voix pour (16 contre, 8 abstentions) un communiqué cosigné avec l’Académie de pharmacie pour réaffirmer ses positions sur l’homéopathie. » LIRE AUSSI - Remboursement de l’homéopathie: une décision de la Haute Autorité de santé très attendue
L’homéopathie en France : position de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie nationale de pharmacie Télécharger le communiqué de presse bi-académique (PDF) Daniel Bontoux*, Liliane Grangeot-Keros**, Christine Hache**, Bernard Laurent*au nom d’un groupe de travail rattaché à la commission XII (thérapies complémentaires – thermalisme – eaux minérales) (A. Autret, JC. Béani, D. *Académie nationale de médecine **Académie nationale de pharmacie L’homéopathie a été introduite à la fin du XVIIIe siècle, par Samuel Hahnemann, postulant deux hypothèses : celle des similitudes (soigner le mal par le mal) et celle des hautes dilutions. L’homéopathie est l’objet de débats récurrents, remis à l’ordre du jour par la publication en 2017 d’un rapport du Conseil des Académies des Sciences Européennes (EASAC) sur ses produits et ses pratiques [1] et de la méta-analyse de Mathie et al. sur son efficacité [2]. L’Académie nationale de médecine tient à rappeler qu’elle s’est depuis longtemps exprimée clairement sur plusieurs de ces points, dans des rapports et communiqués de 1984, 1987 et 2004 [3-6].
À propos de l’homéopathie Dossier - Homéopathie Entretien avec François Chast - SPS n°324, avril / juin 2018 Propos recueillis par Frédéric Haroche pour le Journal International de Médecine (JIM.fr), et reproduits ici avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur. Les encadrés ont été ajoutés par la rédaction de SPS. Que pensez-vous du rapport des académies des sciences européennes sur l’homéopathie ? Tous les scientifiques sont d’accord avec l’Académie des sciences et avec l’institution européenne qui regroupe les académies scientifiques1, l’homéopathie n’a jamais pu prouver son efficacité pour traiter des maladies, ou même simplement les prévenir. Quel regard portez-vous sur les études concluant à la supériorité de l’homéopathie sur le placebo ? Aucune méta-analyse n’a montré d’efficacité supplémentaire pour l’homéopathie, comparée à un placebo. Qu’est-ce que l’effet placebo ? Les placebos peuvent être considérés comme de « faux médicaments » au sens où ils ne contiennent pas de principe actif.
« Ça marche » par effet placebo ? Homéopathie en médecine vétérinaire et chez les nourrissons par Jean-Paul Krivine, SPS n°324, avril 2018 Les partisans de l’homéopathie rétorquent souvent aux sceptiques : « si ça marchait par effet placebo, comment expliquer que ça marche chez l’animal qui n’est pas sensible à l’effet placebo ? Ou chez le nourrisson ? ». L’homéopathie ne « marche » pas au sens d’un effet spécifique, c’est-à-dire d’un effet propre lié au contenu des granules avalés. Pour en revenir aux animaux (ou aux nourrissons) : seraient-ils vraiment insensibles à l’effet de contexte ? Restent deux problèmes, et de taille, pour les partisans de l’homéopathie vétérinaire. Références [1] Nau JY, « Homéopathie : Roselyne Bachelot, ex-ministre de la Santé, a soigné son chien avec succès », 19 mars 2018. [2] Brissonnet J, « Placebo, es-tu là ? Les pathogénésies[1] animales Michel Rouzé, Mieux connaître l’homéopathie, Éditions La Découverte, 1989
List of scientifically controlled double blind studies which have conclusively demonstrated the efficacy of homeopathy This is a challenge article. If you think that there is evidence for the topic of the page, please present it here. You'll be the first. This is a complete list of scientifically controlled, double-blind studies that have conclusively demonstrated the efficacy of homeopathy. See also[edit] Evidence for the effectiveness of homeopathy (purported evidence, discussed) External links[edit] How Does Homeopathy Work?
Veau, vache, cochon, couvée et remèdes homéopathiques L’engouement pour les médecines dites alternatives et complémentaires ne se limite pas à son usage chez l’Homme. Chez les animaux aussi, ces pratiques connaissent un succès croissant (voir encadré ci-dessous). C’est dans ce contexte que l’Académie vétérinaire de France vient de rendre public un rapport et un avis sur l’usage de l’homéopathie en médecine vétérinaire [1]. Cette prise de position s’inscrit dans la suite logique de celles de l’Académie des sciences [2] et des Académies de médecine et de pharmacie [3] jugeant ces approches sans fondement scientifique et sans validité prouvée. Une demande sociétale forte En médecine vétérinaire, la demande des clients est forte, tant pour les animaux de compagnie qu’en médecine équine et en productions animales. Quant aux propriétaires d’animaux de compagnie, qui sont déjà nombreux à se montrer hostiles aux vaccins, ils sont également de plus en plus réticents à l’usage de la « chimie » et volontiers tentés par des alternatives naturelles.
Homéopathie : êtes-vous carbonique, phosphorique ou fluorique ? Faut-il encore présenter l’homéopathie ? Tout le monde sait de quoi il s’agit, ou en tout cas pense le savoir. Pourtant, au-delà de la fameuse dilution homéopathique, ses fondements restent assez obscurs pour la plupart des gens, y compris parmi les consommateurs réguliers. Beaucoup pensent notamment que les « médicaments homéopathiques » (voir encadré) ne sont faits qu’à partir de plantes. Les médicaments homéopathiques à base de minéraux sont nombreux et très variés, et certains sont surprenants : sel de table (Natrum muriaticum), cendre volcanique d’Islande (Hekla lava), ou encore uranium radioactif (Uranium nitricum). Certains médicaments nommés nosodes sont même à base de tissus ou de liquides issus de malades : exsudat de chancre syphilitique (Luesinum), pus urétral de blennorragie (Medorrhinum), glaire de coquelucheux (Pertussinum). Les produits homéopathiques sont-ils des médicaments ? Les produits homéopathiques bénéficient d’un statut dérogatoire. Dilution et dynamisation