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Raphaël Liogier : “Le jihadisme ne vient pas du communautarisme mais de la désocialisation"

Raphaël Liogier : “Le jihadisme ne vient pas du communautarisme mais de la désocialisation"
Comment appréhender la réalité du jihadisme en France ? Raphaël Liogier – Il faut distinguer plusieurs types de jihadisme. D’abord le jihadisme guerrier archaïque, qui se développe au VIIIe siècle, qui n’est pas équivalent au martyre, et n’est pas le propre de l’islam ; puis, le jihadisme moderne, produit de la décomposition de l’islamisme et du néo-fondamentalisme. Au XIXe siècle, quelque chose de nouveau s’est produit : un regard focalisé sur l’Occident agresseur. Cela a engendré le néo-fondamentalisme voulant revenir à un islam fondamental focalisé sur la critique de l’Occident. Où mène cette convergence au début des années 1980 ? Il y a une sorte de prise en charge par des groupes extrémistes islamistes du mécontentement anticapitaliste des anciens groupes terroristes d’extrême gauche, et la reprise de certaines de leurs méthodes dans la grammaire du jihad. Aujourd’hui, ce modèle a changé. Qu’est-ce que Daech apporte de nouveau ? Qui sont les clients potentiels du jihadisme ? Related:  Terrorisme / Intégrisme

Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste Pour le politologue spécialiste de l’islam, l’écrasement de l’Etat islamique en Syrie et en Irak ne changera rien à la radicalisation de jeunes Français, musulmans ou convertis. Par Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Il n’y a pas de troisième, quatrième ou énième génération de djihadistes. Le problème essentiel pour la France n’est donc pas le califat du désert syrien, qui s’évaporera tôt ou tard comme un vieux mirage devenu cauchemar, le problème, c’est la révolte de ces jeunes. Quelques milliers sur plusieurs millions

« L’Etat islamique a un père : l’Arabie saoudite et son industrie idéologique » Après les attentats meurtriers du 13 novembre, revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI), la France et, plus largement, les Occidentaux doivent-ils repenser les liens qu'ils entretiennent avec l'Arabie saoudite et le Qatar ? Une tribune de l'écrivain algérien Kamel Daoud, publiée (en anglais et en français) par le quotidien américain The New York Times et largement partagée sur les réseaux sociaux, vient alimenter le débat. Dans cette tribune, Kamel Daoud, lauréat du Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête et chroniqueur au Quotidien d'Oran, affirme que l'Arabie saoudite n'est qu'un "Daech [acronyme arabe de l'Etat islamique] qui a réussi". "Daech noir, Daech blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. Lire aussi : Kamel Daoud, une plume contre l'obscurantisme Salafisme "quiétiste"

Olivier Roy Pour les articles homonymes, voir Roy. Olivier Roy, né en 1949, est un politologue français, spécialiste de l'Islam. Biographie[modifier | modifier le code] Olivier Roy est issu d'une famille de protestants vendéens. Il est recruté au CNRS comme chercheur en 1985, puis devient docteur de l'Institut d'études politiques de Paris en sciences politiques en 1996, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS dans l'équipe « domaine turc ». Après la fin de la guerre d'Afghanistan, il s'installe en Asie centrale pour étudier l'Ouzbekistan et le Tadjikistan. Il a enseigné la philosophie à Dreux dans un lycée technique. Depuis septembre 2009, il est professeur à l'Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le Programme méditerranéen. Olivier Roy participe à la conférence Bilderberg en 1988[3], 1997[4], 2002[4], 2003[4], 2005[4] et en 2011[5]. Travaux et réception critique[modifier | modifier le code] Publications[modifier | modifier le code]

L’Arabie saoudite, un Daesh qui a réussi Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Le wahhabisme, radicalisme messianique né au 18ème siècle, a l’idée de restaurer un califat fantasmé autour d’un désert, un livre sacré et deux lieux saints, la Mecque et Médine.

Géographie de la colère Arjun Appadurai Ces dernières décennies ont été marquées par des tendances contradictoires : à la disparition des guerres entre États, qui avaient atteint un paroxysme dans la première moitié du XXe siècle, a répondu une recrudescence des conflits de basse intensité. Si les visages de la violence changent, si son impact mondial baisse en termes statistiques (le nombre de conflits entre États étant réduit à presque rien), elle reste pourtant une réalité permanente de notre planète. Peut-on expliquer ce paradoxe ? L’anthropologue indien Arjun Appadurai s’y est risqué avec sa Géographie de la colère. Le titre original de cet essai donne le ton : Fear of Small Numbers, « la peur des petits nombres », soit des minorités, telle est l’idée qui permet à l’auteur de mettre en lumière la face obscure de la globalisation – violence, exclusion, montée des inégalités – pour donner sens au chaos quotidiennement restitué par nos journaux télévisés.

Ces (nombreux) pays que l'existence de Daech arrange bien Olivier Roy, spécialiste de l'islam et fin connaisseur du djihadisme, est professeur à l'Institut universitaire européen de Florence. Il est notamment l'auteur de "La Peur de l'islam" (L'Aube, 2015) et de "L'échec de l'Islam politique" (Points, 2015). Comment peut-on lutter efficacement contre Daech ? - La question de la lutte contre Daech est rendue plus complexe du fait que certains acteurs dans la région n'ont pas intérêt à le voir disparaître. En Irak, les tribus sunnites ont eu recours à Daech pour se protéger des exactions des milices chiites ; les chiites d'Irak, eux, ne veulent pas prendre Falloujah ou Mossoul. Donc aucun acteur régional n'est prêt à en découdre au sol pour reprendre les terres sunnites de Daech ? - Non. La France, peut-être elle seule, voudrait éradiquer Daech. Bloqué au Moyen-Orient, Daech se lance donc dans une fuite en avant : le terrorisme globalisé. Propos recueillis par Sara Daniel et Marie Lemonnier

Cléopâtre VII Cléopâtre VII Philopator, « Qui aime son père » (en grec ancien : Κλεοπάτρα Θεὰ Φιλοπάτωρ), puis Théa Néôtera Philopatris, « Déesse nouvelle qui aime sa patrie » (en grec ancien : Θεὰ Νεωτέρα Φιλοπάτριϛ), est une reine d'Égypte antique[a] de la dynastie lagide née vers 69 et morte le 12 août 30 av. J.-C. Elle règne sur l’Égypte entre 51 et 30 avec ses frères-époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis aux côtés du général romain Marc Antoine. Elle est célèbre pour avoir été la compagne de Jules César puis de Marc Antoine, avec lesquels elle a eu plusieurs enfants. Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée de son vivant même. Origines et personnalité Sources Les principales sources littéraires antiques (Plutarque, Suétone et Appien) n'évoquent Cléopâtre que pour sa place dans l'histoire romaine. Origines Cléopâtre est née au cours de l'hiver −69/−68[6] probablement à Alexandrie. Généalogie Titulature Jeunesse Personnalité et apparence physique Règne Accès au pouvoir Jules César Échec

Témoignage depuis Raqqa, capitale de l’Etat Islamique Street Press, 20 novembre 2015 : Raqqa, capitale de l’Etat Islamique – « J’ai découvert les attentats de Paris sur Facebook », raconte Mohammed, 27 piges. Le bouche-à-oreille se met en marche et « l’information circule très rapidement », témoigne le jeune commerçant. C’est par l’intermédiaire du Raqqa Post, un site d’info proche de l’armée syrienne libre, que StreetPress est entré en contact avec Mohammed. Message à la France « Je voudrais dire au peuple français que nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes les habitants de Raqqa, de simples civils comme vous. Mohammed, comme tous les autres « civils », est prisonnier de Raqqa : « Daesh nous empêche de quitter la ville. Depuis les attentats, les frappes se sont intensifiées. « Les bombes touchent le centre-ville. La terreur au quotidien « Beaucoup de parents ne mettent pas leurs enfants à l’école, de peur qu’ils subissent un lavage de cerveau et soient poussés au jihad. » La loi du silence A Raqqa, le silence règne dans les rues.

Abaaoud, Daech et la Sainte Révolution La photographie en Une du numéro de février de «Dabiq», un mensuel publié par Daech, montre le grand sourire d'un jeune Belge nommé Abdelhamid Abaaoud, alias Abou Omar le Belge. En treillis, serrant fièrement sur son sein une mitraillette, Abou Omar a l'air très satisfait de lui. Tué dans l’assaut de Saint-Denis, il est soupçonné d'avoir organisé les récents massacres de Paris. L'arrogance macho dont il fait preuve sur cette photo m'a rappelé un révolutionnaire assassin d'une autre génération, à présent emprisonné en France, Carlos Ramirez Sánchez, alias «le Chacal»: on reconnaît la même autosatisfaction, le même goût de la violence, le même plaisir pris à embrasser une cause mortelle. Abou Omar incarne un nouveau type de révolution: le Califat islamiste fantasmé. Les grandes causes ont toujours exercé une séduction sur les jeunes: elles offrent une sensation de pouvoir, un sens à la vie, le sentiment d'appartenir à une communauté, le moyen d'échapper aux frustrations de son existence.

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