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Ecole : l'échec du modèle français d'égalité des chances

Ecole : l'échec du modèle français d'égalité des chances
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Maryline Baumard En matière d'éducation les apparences sont parfois trompeuses. Les récentes discussions sur l'ouverture sociale des grandes écoles - via un quota imposé de 30 % de boursiers - ne contribuent pas forcément à faire avancer l'égalité des chances. En détournant le regard, elles feraient même oublier que le système éducatif français est un des plus inéquitable de l'OCDE ; qu'au fil d'une scolarité, les inégalités entre les classes sociales se creusent et que sur ces dix dernières années les enfants les plus défavorisés n'y acquièrent plus le socle minimum. Dans Les Places et les chances (un livre à paraître le 11 février, au Seuil), le sociologue François Dubet interroge le modèle français qui consiste à panser ici ou là les plaies de l'inégalité, plutôt que de penser une société plus égalitaire. Au fil du temps, l'école devient de plus en plus inégalitaire. Au cours d'une scolarité, les inégalités se creusent. Related:  Egalité

Egalité des places, égalité des chances, par François Dubet François Dubet, professeur de sociologie à l'université de Bordeaux et directeur d'études à l'EHESS, a longtemps travaillé sur la question scolaire. Bien qu'il ait quitté ce terrain, on ne peut s'empêcher de penser, à la lecture de son dernier livre Les Places et les chances, qu'il existe des liens forts dans la société français entre la conception que nous avons de la Justice sociale et celle de notre conception de l'école. Par cette mise en tension de deux conceptions de la Justice, la pensée de François Dubet devient un point d'appui incontournable pour (re)penser les récentes réformes de l'école dans une dynamique globale au sein de la société française. Il nous livre ici les points fondamentaux de cette réflexion. La seconde conception de la justice, celle qui s'impose progressivement aujourd'hui, est centrée sur l'égalité des chances offerte à tous d'occuper toutes les places en fonction d'un principe méritocratique. François Dubet

L'école ne garantit pas l'égalité des chances pour 7 Français sur 10 Christel Brigaudeau et Henri Vernet | 27 Nov. 2014, 07h05 | MAJ : 27 Nov. 2014, 09h01 Longtemps, la force de la République, c'est qu'elle promettait à tous ses enfants de s'élever grâce à l'école. Cela, c'était avant la crise. Crise d'un système scolaire qui laisse de côté les élèves les plus en difficulté et crise économique qui prive de débouchés de plus en plus de jeunes, surtout chez les moins diplômés. Résultat, « une crise de confiance des classes moyennes, les plus sensibles à l'effet ascenseur social, envers l'école » constate Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol). « Le principal moteur des parents, c'est un soutien individualisé des enfants qui les rassure, relève Frédéric Dabi, de l'Ifop. Encourager le recours au soutien scolaire privé Face à ce constat, Dominique Reynié avance une proposition : « La création d'une assurance complémentaire éducation, comme il existe une complémentaire santé ou retraite.

« L’Afrique en villes », notre série d’été en 28 épisodes, 15 reporters et 10 000 km Pour raconter un continent qui s’urbanise à grande vitesse, « Le Monde Afrique » vous embarque pour un voyage de Kinshasa, au cœur du continent, à Tanger, aux portes de l’Europe. Retenez bien ce chiffre : 2035. C’est l’année où, en Afrique, il y aura autant de citadins que de gens vivant dans les zones rurales. Une étape symbolique que le continent franchira quatre-vingt-cinq ans après la France, mais avec des paramètres bien différents. Une vitesse inconnue dans l’Histoire Bien sûr, les pays les plus développés du continent – Afrique du Sud, Maroc ou Côte d’Ivoire – ont déjà franchi ce seuil, et le Nigeria est sur le point de le faire. Sont-elles prêtes pour ce boom ? Ce grand voyage sera ponctué de 28 étapes dans onze pays pour raconter la vie en villes sous toutes ses facettes : santé, environnement, transports – ou plutôt embouteillages –, éducation, alimentation, planification, énergie, etc. Episode 1 Un milliard de citadins dans vingt ans : l’Afrique est-elle prête ?

Claude Seibel, inspecteur général honoraire de l'Insee : "l'échec scolaire n'est pas une fatalité" Depuis plus de quarante ans, le système éducatif français bute sur un obstacle qu'il ne parvient pas à surmonter : celui d'un échec scolaire socialement et culturellement concentré sur certains enfants des milieux populaires. En réalité, la prolongation de la scolarité obligatoire à 16 ans, puis l'accès de tous les enfants au collège en 1969, étendu en 1975, ont rendu apparents des mécanismes plus anciens de départ de l'école pour des enfants qui, vers 13-14 ans, ne maîtrisaient pas les apprentissages scolaires de base (40 % des écoliers n'obtenaient pas le certificat d'études). L'échec scolaire ne date pas des années 1970... Pourtant, ces jeunes s'inséraient facilement dans un métier, car, après la seconde guerre mondiale, la demande des entreprises était forte et, grâce à des apprentissages formels ou "sur le tas", ils acquéraient les compétences nécessaires à l'exercice de ce métier, malgré les lacunes de leur formation générale. Ce ne sont pas les lois qui ont manqué.

Education | Zone d’éducation prioritaire : trente ans et beaucoup de désillusions On est passé d’une logique de compensation des handicaps sociaux économiques à une logique d’inclusion des élèves à besoins spécifiques. C’est ce qui ressort de l’analyse de Jean-Yves Rochex. Professeur en sciences de l’éducation à Paris 8, celui-ci a ouvert hier à Lyon un colloque international consacré aux politiques de lutte contre les inégalités et les exclusions en Europe et au-delà (1) La réunion s’inscrit à l’aube du 30e anniversaire des zones d’éducation prioritaire (ZEP). Selon Jean-Yves Rochex la politique d’aujourd’hui n’a pas forcément grand-chose à voir avec celles du début. Cette optique a été bousculée par un glissement progressif des politiques éducatives. Dans les discours publics, l’accent est désormais mis sur les talents, les aptitudes, les excellences… Ce ne sont plus seulement les « pauvres » dont il faut améliorer le sort mais tous les » perdants de la compétition scolaire ».

Plan pour l’égalité à l’école : ce que Vallaud-Belkacem a sacrifié aux réacs Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education, le 25 novembre 2014 à Paris (NICOLAS MESSYASZ/SIPA) « Le contenu de ce nouveau site internet est plus raisonnable, c’est très positif. » Ces propos enthousiastes ne sont pas ceux du service com’ de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, qui a lancé mardi son nouveau plan « pour l’égalité filles-garçons ». Non, c’est la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de La Rochère, en croisade contre feu les ABCD et qui se réjouit auprès de Rue89 du fait que le nouveau site du ministère de l’Education nationale ait « pris en compte les remarques de son collectif ». « Il y a une amélioration sur la forme. Ambition ou renoncement ? Le nouveau plan égalité a-t-il été épuré, pour contenter tous les réacs obsédés par une supposée « théorie du genre » ? Nous avons donc comparé le nouveau site avec l’ancien pour vérifier l’ambition de ce plan. Des mots perçus comme « menaçants » Cachez ce « genre » que je ne saurais voir

Dix conseils pour bien gérer les relations parents-enseignants "L’école n’apparaît plus comme l’élément structurant d’un futur réussi quand ceux qui sont exclus précocement comme ceux qui ont mené leurs études jusqu’au bout se trouvent discriminés dans l’accès à l’emploi". Dans cette situation, comment recevoir les parents d'élèves ? Jean-Louis Auduc, ancien directeur d'IUFM, analyse toutes les situations et donne des conseils concrets. Une fiche à ne pas égarer alors que les premières réunions parents - enseignants s'annoncent... Des parents angoissés pour le futur Nous sommes aujourd’hui dans une situation où aucun parent n’est assuré que son enfant vivra dans le futur mieux que lui. Cette perspective était un élément fondateur d’un projet collectif, d’une confiance dans l’école. Les parents sont souvent plus désemparés que démissionnaires. Nous sommes passés : - d’une société fondée sur des PROMESSES matérielles dans lesquelles l’école jouait un rôle clé en délivrant des diplômes reconnus sur le marché du travail a) Qui a provoqué le rendez-vous ?

Enseignements adaptés - Sections d'enseignement général et professionnel adapté L'organisation des enseignements en Segpa L'organisation spécifique de la scolarisation des élèves du collège bénéficiant de la Segpa se caractérise par un enseignement au sein de la Segpa, des séquences d'apprentissage avec les élèves des autres classes et la mise en oeuvre de projets communs entre les classes de la Segpa et les classes du collège. La Segpa a pour ambition l'acquisition des connaissances et compétences du socle commun, de connaissances, de compétence et de culture pour les élèves qu'elle accompagne ainsi l'accès à une formation professionnelle conduisant au minimum à une qualification diplômante de niveau V. * S'y ajoutent au moins 10 heures annuelles de vie de classe par niveau. Une structure spécifique pour une meilleure inclusion des élèves Une orientation et des modalités d'admission redéfinies La démarche d'orientation comporte deux phases distinctes : Une pré-orientation en fin de la deuxième année du cycle de consolidation (CM2). L'organisation du suivi pédagogique

(EXCLUSIF) "ZEP : 30 ans...", un point de vue de Jean-Paul de Gaudemar,  Comme toujours dans la langue de bois, ce qui n’est pas dit est plus important que ce qui est écrit. Reconnaissons à Jean-Paul de Gaudemar de n’en avoir pas abusé, et d’avoir clairement laissé entendre qu’ECLAIR n’était qu’une péripétie dans une double logique à l’oeuvre, de façon plus ou moins chaotique, depuis des années : recentrage sur un nombre limité de territoires, et contractualisation avec les établissements. Il ajoute que cette contractualisation peut donner d’excellents résultats, à deux conditions dont on comprend qu’elles n’ont pas toujours été réunies (une litote à l’évidence) : que le recteur et l’IA (ou DASEN) soient à la hauteur, et que l’établissement ne se résume pas à son chef. La responsabilité de l’exécutif en place est évidente, c’est lui qui a choisi les hommes (et les quelques femmes) qui n’ont pas bien « joué le jeu ». Et répondraient-ils à la question que pose Jean-Paul de Gaudemar ? Ceux qui me connaissent bien me traiteront sans doute de monomaniaque.

L’école, l’égalité des chances, la gauche et la droite L’égalité des chances scolaires est un objectif politique à la fois consensuel et marginal, consensuel parce qu’il réconcilie égalité et inégalités, marginal parce que sa poursuite heurte des valeurs fortes de chaque camp politique. La Droite traditionnelle se divise en France en deux courants. Le premier, littéraire et élitiste, se soucie d’excellence. Gauche dénonciatrice, gauche réformiste On peut aussi distinguer deux courants à gauche. La gauche réformiste croit davantage à la possibilité de diminuer l’inégalité des chances, elle nous a donné l’ouverture du second cycle long pendant la décade prodigieuse (1985-1994), qui a diminué les inégalités sociales d’accès à l’enseignement supérieur, comme la droite colbertiste avait fait diminuer les inégalités sociales d’accès au second cycle de l’enseignement secondaire. En bref, l’égalité des chances met en danger, pour la droite les vertus hiérarchisantes du mérite et, pour la gauche, la victimation des « défavorisés ». Quelle justice ?

Chronique scolaire Lécole peut-elle se passer de discipline L’école républicaine encourt souvent le reproche, dans une société qui valorise la réalisation individuelle, de mouler les individus dans un cadre uniformisant impropre à répondre aux transformations économiques et à épanouir les individus. Certains reprochent à l’école de manquer d’autorité et prônent un « retour à la discipline ». D’autres, au contraire, proposent des modèles alternatifs au modèle républicain de l’enseignement public : ils tentent de penser une école qui, moins centrée sur la discipline de groupe, arriverait davantage à penser les individus et à se penser à partir d’eux. D’un point de vue théorique, en France, la question de la place de la discipline à l’école s’inscrit dans un débat ancien entre la tradition issue de la pensée philosophique de Rousseau et celle issue de la pensée philosophique de Kant ou de la sociologie de Durkheim. L’école intègre l’individu dans la société Un modèle scolaire républicain construit à partir d’une centralité de la discipline

Les réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) Le saviez-vous ? Dans le cadre de la modernisation des métiers de l'Éducation nationale, un décret statutaire a créé un corps unique de psychologues de l'Éducation nationale pour la rentrée 2017. Ce nouveau corps structuré autour de deux spécialités rassemble les métiers de psychologue scolaire dans le premier degré et de conseiller d'orientation-psychologue et directeurs de centre d'information et d'orientation dans le second degré. Élèves concernés L’objectif de l’école est de développer les potentialités de tous les élèves, de les conduire à la maîtrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture en assurant pour chacun d’entre eux les conditions de sa réussite. Dès l’école maternelle, certains élèves attirent l’attention des enseignants car leurs attitudes, leurs réponses aux consignes et leur adaptation à la vie collective révèlent des difficultés susceptibles de nuire à leur avenir scolaire. Intervenants Missions Formes d'intervention Le suivi psychologique

Égalité des chances ou école démocratique Les mots sont des pièges. L’égalité des chances est inscrite au cœur des valeurs démocratiques mais c’est une expression ambiguë, slogan politique justifiant la méritocratie et “label” appliqué à des actions disparates et sans cohérence. Elle se fonde sur un libéralisme prônant l’individualisme et niant les déterminismes sociaux à l’œuvre qui transforment les victimes en coupables. Dans cette perspective le bilan de la massification est à faire.François Dubet et Vincent Troger nous rappellent que le mythe égalitaire s’effondre, se parcellise à la fin du XXe siècle. Denis Meuret avance le paradoxe d’une école américaine finalement plus juste que la nôtre.

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