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Conceptions de l'égalité et de la justice sociale

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Introduction aux débats sur la justice sociale. Muriel Gilardone est maîtresse de conférences à l'Université de Caen-Normandie et membre l'équipe IDEES Caen (UMR CNRS IDEES 6266). L'autrice remercie Antoinette Baujard et Anne Châteauneuf-Malclès pour les échanges qui ont permis d'améliorer la forme finale de cette synthèse. Introduction Les années 1970 ont été marquées par un profond renouvellement de la pensée sur la justice sociale.

Ceci est en grande partie dû à la publication par John Rawls d'un ouvrage initialement destiné à ses étudiants d'Harvard, mais qui deviendra le plus cité et commenté du siècle : Théorie de la justice (1971). Rawls propose alors une conception théorique des conditions les plus à même de réaliser la justice dans un contexte démocratique, en rupture avec la philosophie normative dominante de l'époque, à savoir l'utilitarisme. Ces cinquante dernières années, les publications autour de la notion de justice ont donc été considérables en économie. 1. Les trois critères de l'utilitarisme selon Sen (1979) 2. 3. Faut-il supprimer l'héritage ? #Présidentielle2022. 3 enfants, 1 flûte : le choix des principes de justice chez Amartya Sen. A l’heure où les questions de justice sociale reviennent en force dans le débat public, il peut être intéressant de se pencher sur les écrits de l’économiste et philosophe indien Amartya Sen, qui ouvrent des pistes de réflexion nouvelles.

Dans un ouvrage paru en 2009 intitulé L’idée de justice, Sen propose une approche alternative aux théories de la justice auxquelles on se réfère le plus souvent en économie : 1) l’utilitarisme et sa maxime du « plus grand bonheur pour le plus grand nombre » ; 2) l’égalitarisme économique cherchant une répartition plus égalitaire des ressources individuelles ; 3) le libertarisme dont le credo est la liberté de jouissance de ses propriétés et le marché sans entrave. Afin de discuter de la pertinence et des limites de ces trois visions de la justice, Sen revient régulièrement sur une illustration : la querelle entre trois enfants au sujet d’une flûte. Le point de vue utilitariste 3. le classement en fonction de la somme totale des utilités. Bibliographie. Michael Sandel et les perdants de la méritocratie. Riches, diplômés, perdants du système, nous mériterions notre sort...Telle est "La tyrannie du mérite" (Albin Michel, 2021) que dénonce Michael J.Sandel, professeur en philosophie politique à Harvard.

Michael J. Sandel est professeur de philosophie politique à Harvard University Law School et membre de l’American Academy of Arts and Sciences. Il est notamment connu pour son best seller Justice, dans lequel il développe une critique du libéralisme. Il anime sur la BBC une série de débats, « The Global Philosopher », qui abordent, avec des participants issus de pays différents, des questions éthiques soulevées par l'actualité. Ce contre quoi je m'élève, c'est une notion enflée de ce que nous méritons.

Lorsque nous réussissons grâce à l'exercice de nos talents, nous devons nous souvenir que ces talents sont des dons, nous avons une dette. Le projet politique de donner à tout le monde des chances égales ignore que les premiers échelons sont très éloignés les uns les autres. Juge tes impôts... si t'es cap ! Pour engager le débat sur la fiscalité, le gouvernement a publié un document de sept pages. Quatre pages de diagnostic et de chiffres sur les dépenses publiques, puis trois pages de questions. Par dépenses publiques, le gouvernement ne fait pas de distinction entre les dépenses de l’État, des collectivités territoriales et des organismes sociaux (retraite, chômage, santé, famille), il appelle à débattre de toutes les dépenses publiques et surtout de leur niveau au regard de la richesse produite (le PIB).

Les finances publiques de la France sont marquées par le niveau de dépense publique le plus élevé des pays développés lorsqu’il est rapporté au produit intérieur brut (PIB). Formulaire officiel du Grand Débat Que 56% des richesses en France soient produites par la sphère publique, est-ce un problème ? Si on pense que l’État a la bonne dimension, et que l'on ajuste les dépenses en fonction, il faut les financer. Le débat est-il bien engagé ? Écouter 1 min 2 min Attention polémique. Inégalités (2/4) : Inégalités et écologie. Avec nos partenaires, nous traitons vos données pour les finalités suivantes : le fonctionnement du site, la mesure d'audience et web analyse, la personnalisation, la publicité et le ciblage, les publicités et contenus personnalisés, la mesure de performance des publicités et du contenu, le développement de produit, l'activation des fonctionnalités des réseaux sociaux.

Vos préférences seront conservées pendant une durée de 6 mois. Les inégalités sociales, première source de pollution ? Aujourd’hui, alors que la COP21 s’ouvre dans quelques jours, on fait de plus en plus le lien entre questions environnementales et inégalités sociales. Mais c’est avant tout en mobilisant la notion de « justice environnementale », comme le font à la fois des philosophes comme Catherine Larrère et des économistes comme Éloi Laurent ou plus largement les chercheurs de l’IDDRI.

La question est alors de décrire et de questionner l’inégale distribution des risques environnementaux entre individus, au sein d’un pays le plus souvent, pour examiner en quoi cela affecte les inégalités sociales ; quelles sont, en d’autres termes, les incidences sociales des périls environnementaux ? Les inégalités sociales sont alors positionnées en aval (comme une conséquence).

Mais on peut aussi, perspective bien plus rare et pourtant à nos yeux tout aussi pertinente, les positionner en amont. Des inégalités délétères à tous les niveaux Une menace pour la croissance économique ? Les pollueurs et les autres. Lucas Chancel : « Plus on est riche, plus on pollue » Les concours, une tradition française faussement méritocratique.

Inégalités : une matrice politique. Dans une note publiée ce vendredi, le laboratoire d’idées Terra Nova préconise de revoir, à la hausse, la fiscalité sur les droits de succession. La note part du constat que le patrimoine augmente beaucoup plus vite que les revenus, que nous nous dirigeons vers une "société d’héritiers". Donc vers une société de plus en plus inégalitaire. Les inégalités sont au cœur du débat politique. Le mouvement des "gilets jaunes" en est une des illustrations. Pas une formation, pas un mouvement qui n’en fasse aujourd’hui un des axes de son projet : s’il y a un objectif qui fait consensus, c’est bien celui de la lutte contre les inégalités. Notre système juridique est d’ailleurs organisé autour de ce principe. Mais cette "passion de l’égalité", pour reprendre les mots de Tocqueville, n’est pas, loin de là, uniforme.

Comment tendre vers cet idéal, comment réduire les inégalités ? Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange une partie des lecteurs. Dès la parution de l’article du Monde, ce fut un déferlement. Le portrait d’Arnaud et Jessica, un couple de jeunes parents mobilisés dans le mouvement des « gilets jaunes » et témoignant de leurs fins de mois difficiles, a suscité plus de 1 000 commentaires sur le site du Monde, et des centaines d’autres sur Twitter et Facebook. Une écrasante majorité d’entre eux expriment une grande hostilité à l’égard du mode de vie de cette famille, installée dans l’Yonne. Tout leur est reproché : le fait qu’ils aient quatre enfants à 26 ans, qu’ils touchent 914 euros d’allocations familiales, que la mère ne travaille pas – même si c’est pour éviter des frais de garde trop élevés –, le montant de leurs forfaits téléphoniques, le fait qu’ils aillent au McDo, qu’ils achètent des vêtements de marque à leurs enfants, et même qu’ils aient un chien.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près « Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures. Ras-le bol fiscal : pas sûr que la tension retombe. « Pierre, Paul, Jacques et les “gilets jaunes” » La méritocratie, une utopie féroce. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux [la loi] sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, rédigée le 26 août 1789, place la ­« capacité », les « vertus » et les « talents » à l’origine d’une nouvelle hiérarchie sociale.

Nous sommes exactement vingt-deux jours après l’abolition des privilèges. Avec leur disparition, la compétence devient le critère à l’aune ­duquel seront répartis les honneurs, les charges et les avantages. En latin, meritum signifie gain, salaire : donner à chacun la part qui lui ­revient. Dans une société dite « méritocratique », un lien direct est établi entre le mérite et le pouvoir, que l’individu ne doit plus à sa naissance, à sa richesse ou à ses appuis personnels, mais à ses qualités propres, à son travail et à son talent. Emmanuel Macron : refondateur ou démolisseur du modèle social ? Favoriser les riches pour aider les pauvres ? La « théorie du ruissellement » décryptée. L'héritage est-il injuste ? Dans une note publiée le 5 janvier, et intitulée ‘’Peut-on éviter une société d’héritiers ?’’ , France Stratégie fait le constat d’une société où les destins individuels dépendent de moins en moins des revenus du travail, et de plus en plus des héritages reçus.

A eux huit, ils détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Les Bill Gates, Warren Buffet, Carlos Slim et autre Mark Zuckerberg font partie de ces super-milliardaires dont le patrimoine ne cesse d’augmenter. Une situation dénoncée par l’ONG Oxfam, dans un rapport publié ce lundi. La France n’échappe pas à ces fortes inégalités. Cette répartition de plus en plus inégale des richesses est d’autant plus problématique qu’elle se transmet d’une génération à l’autre. Étonnamment, cette question est peu présente dans le débat public. N’y aurait-il pas pourtant matière à imaginer d’autres façons de faire, si l’objectif recherché est bien de lutter contre les inégalités ? Liens. Favoriser les riches, est-ce bon pour les pauvres? En anglais on appelle cela Trickle Down Economic, et effectivement c'est l'idée que la richesse telle une source se divise en multiples petites rigoles et ruisselle jusqu'en bas, permettant à TOUS de profiter de la richesse créée en haut, y compris les plus pauvres.

C'est une théorie libérale, elle suppute en gros que plus les riches sont riches, moins les pauvres sont pauvres. Cette théorie a du plomb dans l'aile quand on observe les faits, mais elle continue à avoir ses partisans, comme l'illustre cet éditorial publié par le Temps, tout récemment: Les riches boucs émissaires du populisme. La politique de réduction d’impôt pour les plus riches que veut mener Donald Trump aux Etats Unis en découle... de même que les programmes de nombreux candidats à la présidentielle française, quand ils disent avoir pour objectif de réduire le chômage, les inégalités et in fine la pauvreté en favorisant la création de richesse, réduisant les taxes et les impots sur les entreprises et les plus aisés.

Et si le revenu de base devenait la règle ? Reporterre commence une série d’enquêtes sur les alternatives qui peuvent changer la société. En se demandant ce qui se passerait si les solutions n’étaient pas alternatives, mais appliquées à grande échelle. Premier volet : le revenu de base. La Finlande se prépare à l’expérimenter en 2017, une trentaine de villes néerlandaises y réfléchissent, et la Suisse votera le 5 juin prochain pour ou contre son instauration. Le principe du revenu de base, dont Reporterre a déjà parlé à plusieurs reprises (ici ou là) consiste à accorder à chacun un revenu fixe mensuel, quelle que soit son activité, sans contrepartie, durant toute sa vie. Son heure est-elle aujourd’hui venue ? Expérimenté depuis les années 1970, ce principe jamais réellement mis en pratique fait de plus en plus parler de lui. Et la proposition fait des adeptes : elle est reprise par EELV, Nouvelle Donne, Delphine Batho, Christine Boutin, Dominique de Villepin ou Frédéric Lefebvre, entre autres.

. « L’imaginaire du changement » François Dubet - 1 : Conceptions de la justice et de l'égalité (revue-sociologique.org) Face aux inégalités, quelle égalité promouvoir ? La justice sociale, un idéal en débat. La justice sociale est un objectif politique largement partagé, mais elle demeure délicate à définir. Tour d'horizon des conceptions en concurrence. 1.

Quelle égalité ? Pour Alexis de Tocqueville, auteur notamment de De la démocratie en Amérique (1835-1840), la démocratie ne désigne pas seulement un régime politique mais, plus profondément, un état de la société dans lequel ses membres se considèrent d'égale condition. Mais sur quel(s) critère(s) fonder cette égalité ? Trois grandes approches dominent, se distinguant notamment par leur conception de la liberté. L'approche la moins exigeante est celle de l'égalité des droits. L’égalité n’a pas à être « performante » « Plus de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises, c’est une valeur ajoutée. », « La diversité, c’est bon pour le business. », « Plus d’immigrés, ça améliore la croissance. ». Ces arguments sont de plus en plus fréquents, à gauche comme à droite. Peut-on encore, en France, défendre l’égalité sans conditions, comme un principe fondamental, sans avoir besoin de prouver son « utilité » ?

Que se passera-t-il si le coût de l’égalité est prouvé ? Cela justifierait-il les discriminations sexistes, racistes et/ou la fermeture des frontières ? La survie de l’Etat-providence et des politiques d’égalité semble reposer sur la démonstration que l’égalité est « meilleure pour tous », pour reprendre le titre de l’ouvrage des britanniques Kate Pickett et Richard Wilkinson, qui a connu un franc succès dans notre pays. Il est naïf et/ou cynique de croire que des arguments de justice et d’utilité peuvent cohabiter, sans que les premiers soient conditionnés par les seconds.

Elegir al más preparado no siempre es justo. La elección de un canadiense como gobernador del Banco de Inglaterra anima a pensar en el triunfo de la selección profesional por méritos, la llamada meritocracia. Es decir, elegir al que más vale, aunque no tenga enchufe. Sin embargo, un sistema que se basa en premiar al mejor preparado no significa necesariamente que sea el más justo, porque no todos tienen las mismas oportunidades de acceder a una buena educación.

¿Quién tiene más mérito, el que saca un 10 y siempre lo ha tenido todo de cara o el que saca un 9 viniendo desde el arrabal? A diferencia de España, donde el enchufismo es un problema endémico que tiende a ahogar la selección de personal, en Reino Unido se intenta desde hace decenios primar la meritocracia. Pero las cosas no son tan sencillas. “Inglaterra sigue teniendo un problema de movilidad social y meritocracia. La meritocracia condena a los más humildes, según Michael Young “Es un problema que empieza en la educación primaria”, explica. Una red de contactos “activa”. Les places et les chances. Les deux principes de la justice et le voile d'ignorance. La capabilité comme critère de justice. Egalité des droits, des chances, des situations.