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Fragmentation Urbaine et Affinités électives

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Choix du conjoint : l’entre-soi des nantis. « Qui se ressemble s’assemble », telle a longtemps été la loi en matière de choix amoureux.

Choix du conjoint : l’entre-soi des nantis

Dès 1964, le démographe Alain Girard avait montré que « la foudre, quand elle tombe, ne tombe pas n'importe où » mais unissait, bien plus souvent que ne le voudrait le hasard, des individus de même milieu social. Cinquante ans plus tard, cette logique de reproduction sociale s’est nettement assouplie, selon le sociologue Milan Bouchet-Valat. S’appuyant sur une série d’enquêtes sur l’emploi menées annuellement par l’Insee, il montre qu’entre 1969 et 2001, le nombre de couples (mariés ou cohabitants) homogames a baissé de 30 % à 50 % selon le critère retenu. Le taux de couple endogame du point de vue du diplôme est par exemple passé de 47 % en 1969 à 27 % en 2011. Autre exemple, « la proportion des couples associant un membre des cadres et professions intellectuelles supérieures (…) et un membre des classes populaires (…) a plus que doublé », passant de 3 % à 8 % sur le même intervalle.

Les pauvres et les riches vivent dans des quartiers de plus en plus éloignés. Dans le cadre d'un rapport intitulé Socio-Economic Segregation in European Capital Cities, les chercheurs ont étudié l'évolution de la ségrégation sociale entre 2001 et 2011 dans 12 capitales européennes.

Les pauvres et les riches vivent dans des quartiers de plus en plus éloignés

EUROPE - Les "poor doors" : cachez ces "pauvres" que Londres ne saurait voir. Vers la « Ville Marchandise » LA CITE GRECQUE, FONDEMENT DE LA DEMOCRATIE : Au plus loin que l’on remonte, la ville a un rapport fondamental avec la société [1], au sens social du terme.

Vers la « Ville Marchandise »

La cité grecque [2], est à l’origine de la démocratie, « pouvoir du peuple », car dans la cité, ceux qui décident de la gestion de la ville sont les « citoyens associés », fondement de la démocratie. La ville définit de ce fait, un rapport social qui fait du citoyen, le décideur politique suprême. Si l’on y rajoute le fait, que notre Révolution en créant la République, a défini « l’intérêt général », et non l’intérêt privé, comme objectif de la République, on trouve bien dans la ville, la commune, les fondements de la Démocratie, ceux du peuple souverain, des « citoyens associés ». Cette approche conceptuelle doit cependant être relativisée. La Ville en tant que telle n’est pas automatiquement, un espace démocratique, la ville est à la fois objet, espace et support d’affrontements sociaux, car la ville est un rapport social.

Les villes privées, utopie du XXIe siècle. Politique Valls évoque un remaniement, Duflot ferme la porte +VIDEO Manuel Valls n’écarte pas un remaniement du gouvernement après les mauvais résultats des départementales.

Les villes privées, utopie du XXIe siècle

L'ancienne ministre écologiste du... Conjoncture Emploi, investissement : ce que prépare Manuel Valls Dimanche, le Premier ministre a promis de « nouvelles mesures » en faveur « de l’investissement public et privé » ainsi que pour « favoriser la... Valls : journée câlinothérapie avec les députés PS. Albanie : comment Tirana se débarrasse des pauvres pour faire de la place aux riches. Tirana a bien changé depuis la chute du communisme en 1991.

Albanie : comment Tirana se débarrasse des pauvres pour faire de la place aux riches

En moins de 25 ans, sa population a presque été multipliée par quatre, passant d’un peu plus de 200 000 à près de 800 000 selon les estimations hautes. Une croissance exponentielle qui a relégué les plus pauvres loin en périphérie. Avec la bénédiction du pouvoir, relais des desiderata de la bourgeoisie locale. Par Arlind Qori Dans un quartier pas si périphérique de Tirana, soixante familles, pour la plupart issues de la communauté rom, vivent sous la menace constante de la destruction de leurs habitations. « On érige entre "eux" et "nous" le mur qu’on cherche à abattre » – Thomas Kirszbaum. Que vous inspire le retour en force des thèmes de la « ségrégation » et de la « mixité sociale » dans la bouche des responsables politiques, après les attentats de janvier 2015 ?

« On érige entre "eux" et "nous" le mur qu’on cherche à abattre » – Thomas Kirszbaum

La résurgence de la question de la ségrégation urbaine, immédiatement après une vague d’attentats, oriente vers une réponse territoriale à la question du terrorisme. Or celui-ci est structuré à l’échelle planétaire et fonctionne selon une logique de réseaux, sans inscription territoriale évidente hormis cet espace très particulier qu’est l’univers carcéral. Croire en un déterminisme spatial du terrorisme n’a pas grand sens : si les conditions de vie urbaine ou la composition sociologique d’un quartier devaient prédisposer à de tels actes, alors les terroristes seraient infiniment plus nombreux ! La volonté de « casser les ghettos » ou encore d’« en finir avec les banlieues » est-elle à nouveau à l’ordre du jour du gouvernement avec ces récents événements ? La gentrification à San Francisco. Certes, l’image passe bien, elle est colorée, elle est drôle, non-violente et créative.

La gentrification à San Francisco

Cette image, c’est celle du blocage d’un bus Google par le groupe militant de San Francisco nommé Heart of the city collective, qui s’efforce d’intervenir dans l’espace public pour contester le désormais connu programme de private shuttles dans la ville de San Francisco. Ce programme consiste, depuis le milieu des années 2000, pour les grandes compagnies de la ‘tech’ comme Google, Yahoo, Facebook parmi d’autres à mettre à disposition de leurs employés qui résident à San Francisco un service de bus privés pour les amener sur leur lieu de travail, souvent à plus d’une heure de trajet dans le sud de la baie.

En France, les riches se marient de plus en plus entre eux  L'amour n'est pas aveugle.

En France, les riches se marient de plus en plus entre eux 

Les ressemblances, qu'elles soient physiques ou sociales, favorisent le rapprochement des personnes et la création d'un couple. « Qui se ressemble s'assemble », dit l'adage, soutenu par les études sur la conjugalité des Français. Au-delà du diplôme, de la classe sociale, on serait même attiré par une personne ayant des traits physiques semblables aux siens. Bien qu'inconscient, ce rapprochement dû à la ressemblance est prouvé. Mais depuis quelques années, les choix s'ouvrent et ébranlent l'inexorable mécanique de reproduction sociale qui prévalait autrefois. En général, on choisissait un conjoint du même niveau de diplôme ou de la même origine sociale. L’« apartheid » en France ? Pourquoi les mots de Manuel Valls marquent une rupture. « Gentrification ou ghetto », décryptage d’une impasse intellectuelle. La notion de gentrification se serait-elle embourgeoisée ?

« Gentrification ou ghetto », décryptage d’une impasse intellectuelle

La question apparaîtra saugrenue si l’on garde à l’esprit le sens initial de cette notion : la gentrification désigne les processus d’embourgeoisement des quartiers populaires, en insistant sur les violences sociales et symboliques qui accompagnent d’ordinaire ces processus (éviction d’habitants ou de commerces populaires, complication de l’accès au logement, financement d’équipements ou d’événements en décalage complet avec les demandes des populations locales, etc.). Elle l’est en revanche beaucoup moins en regard des positions énoncées par plusieurs géographes ou sociologues dans les grands médias ou auprès d’agences d’urbanisme. Cette lecture des transformations contemporaines des quartiers populaires, désormais partagée par de nombreux responsables politiques, aménageurs, architectes ou opérateurs immobiliers, comporte, à nos yeux, plusieurs lourdes erreurs de perspective.

« Trendsetting cities » : les modèles à l’heure des politiques urbaines néolibérales. Dossier : Actualité des modèles urbanistiques Début 2012, aux États-Unis, un projet d’un genre nouveau est annoncé.

« Trendsetting cities » : les modèles à l’heure des politiques urbaines néolibérales

Il s’agit de créer de toutes pièces une ville de 15 km² dépourvue d’habitants, dans laquelle seront expérimentées des innovations technologiques dans le domaine de l’urbanisme, des transports ou de l’environnement. Ce projet, baptisé « CITE » (Center for Innovation, Tests and Evaluation) et situé au Nouveau-Mexique, ne constitue qu’un cas parmi d’autres de « villes laboratoires » telles qu’il s’en développe sous le label d’ecocity dans de nombreux pays des Suds (Masdar City à Abou Dhabi, Songdo en Corée du Sud, Tianjin en Chine, etc.). Il est toutefois révélateur d’une nouvelle tendance de l’urbanisme contemporain dans lequel l’expérimentation, la course aux innovations et surtout la production de modèles semblent avoir pris une place sans précédent.

Ce nouveau rôle des espaces urbains doit sans doute beaucoup à l’émergence d’un contexte néolibéral. 15. Les gated communities en France. Introduction Le processus de séparation spatiale des classes sociales n’est pas un phénomène récent en France, déjà au XIXe siècle des villas se construisaient dans les bois de la périphérie parisienne, créant des espaces résidentiels exclusifs. Cela contredit en partie l’idée que l’on a des gated communities, présentées comme un phénomène essentiellement d’origine états-unienne, ce type d’habitat fait appel à des aspirations de distinction et de recherche de l’entre-soi, qui sont des traits présents dans toutes les sociétés avec une hiérarchie sociale.

Ce qui est nouveau, c’est la banalisation de leur construction, elle ne n’est plus uniquement restreinte aux couches les plus riches de la société, les gated communities « se démocratisent » doucement. Définitions Qu’est-ce que c’est une gated community ? Bunker Palace : un avenir architectural sans ruines ? « CRAP. "La majorité des constructions entreprises par l’homme défient frontalement la nature. Marie_Noumea : Multiplication des rues privées... La gentrification, moteur de tensions sociales et raciales.

Brixton, quartier de la municipalité (borough) de Lambeth située dans le péricentre de Londres, est marqué par une forte présence jamaïcaine depuis l’après-guerre [1]. Ce « quartier communautaire » (Guillon et Taboada-Leonetti 1986) a longtemps été l’exemple typique d’un « espace social relativement autonome (…) fondé sur l’existence d’une infrastructure ethnique (…) et des réseaux de relations denses », et était considéré comme un espace de résistance à toutes formes d’embourgeoisement (Haumont 1998). Cependant, le profil socio-économique des habitants change depuis une dizaine d’années avec l’arrivée de populations jeunes, majoritairement blanches et exerçant des emplois de cadres, arrivée favorisée par une bonne desserte en transports en commun (Northern Line du métro) et des prix de l’immobilier encore sensiblement inférieurs à ceux des quartiers centraux ou de quartiers environnants prisés [2].

Les transformations du quartier Figure 1. Brixton Village. Affinités sélectives H/F. Atlantico : L'égalité homme-femme a progressé ces dernières décennies, le monde professionnel s'étant "féminisé" dans de nombreuses branches. Quel a été l'impact de cette évolution sur les inégalités de revenus des différents ménages dans les pays développés ? Les inégalités sociales se sont-elles accrues, comme le suggère une étude internationale menée par des économistes (ici et là) ? Vincent Touzé : La participation des femmes au marché du travail s’est accrue depuis le milieu du siècle dernier et continue d’augmenter dans beaucoup de pays développés. Chaque nouvelle génération de femmes a été plus active sur le marché du travail que celle qui l’a précédée. Cette tendance résulte de deux facteurs principaux : la montée du secteur tertiaire (les services) et le combat des femmes pour s’émanciper et accéder à une autonomie financière.

Toutefois, la baisse des inégalités de revenu entre les hommes et les femmes n’a pas nécessairement réduit les inégalités entre les ménages.