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De l’action sociale à l’hospitalisation, de la banque à l’assurance, en passant par l’agriculture et l’agroalimentaire et plus modestement le commerce et le bâtiment, les acteurs de l’économie sociale ont de fortes spécificités : associations et fondations agissent dans les services à la personne, mutuelles et coopératives dans les sphères financière et agricole. Actifs en zone rurale, ils possèdent aussi des entreprises de poids dans les villes. Entre secteurs privé et public, l’économie sociale regroupe coopératives, mutuelles, associations et fondations, qui emploient 9,9 % de l’ensemble des salariés en 2008.
AU DÉPART, IL Y A la faillite de l’argent fou et la crise. Et, en contre-point, un subit regain d’intérêt pour les valeurs du mouvement coopératif né au début du XIXe siècle. «Le capitalisme financier est en bout de course» , commente Michel Rocard pour expliquer le coup de projecteur dont profite actuellement l’économie sociale et solidaire (ESS), fondée sur ces valeurs. Certes, ce système «marchand mais non lucratif», insiste l’ancien Premier ministre, aura mis trente ans à se structurer en France depuis la création à son initiative du Conseil supérieur de l’économie sociale.
A l’occasion des prochains "États Généraux de l’économie sociale et solidaire" des 17, 18 et 19 juin, plusieurs organisations de l’économie sociale et solidaire et des personnalités ouvrent un débat sur l’enjeu du changement d’échelle auquel le mouvement de l’économie sociale et solidaire est confronté. L’offensive idéologique de ce que l’on nomme aujourd’hui le "social business" sur le mouvement de l’économie sociale et solidaire s’inscrit dans le cadre plus large d’une nouvelle politique libérale qui souhaite accélérer un désengagement social de l’État (notamment dans le domaine de l’éducation et de la santé). Les acteurs de l’économie sociale et solidaire doivent contribuer à réunifier un monde du travail divisé entre salariés, chômeurs, artisans, commerçants, paysans, retraités, étudiants.
La dernière rencontre du Labo de l’ ESS ESS Économie sociale et solidaire. a eu lieu ce mardi 27 mars sur le thème "Changer le comportement des banques sur les territoires". Elle a été animée par Philippe Frémeaux, avec la participation de Jean-Louis Bancel (Pdt Groupe Crédit coopératif), Catherine Barbaroux (Pdte ADIE), Pascal Canfin (Député européen, Pdt de Finance Watch), Hélène Combe (Sociologue, Ecole des MInes de Nantes), Anne Florette (Vice-Pdte France Active), Nicolas Hazard (Pdt Comptoir de l’innovation), Cédric Mignon (Directeur du dvlpmt régional Caisse d’Epargne à BPCE), Jean-Pierre Worms (Vice-Pdt Fondation initiative réseau).
Novethic : Quel devrait être le message des Etats généraux de l’ESS ? Claude Alphandéry : Nous pensons qu’on ne peut accepter le dilemme économique que l’on nous impose : la banqueroute ou les plans de stabilité à répétition qui excluront inévitablement une partie grandissante de la population. Visiblement les Etats et les institutions sont impuissants face à la crise économique et il est incroyable que rien d’innovant n’en sorte. Rien, si ce n’est cette foule d’initiatives qui portent du neuf mais ne sont pas, jusqu’à maintenant, prises au sérieux par les politiques : qu’est-ce qu’une Amap face à Carrefour, qu’est-ce que France Active ou La Nef face à la BNP ou Goldman Sachs ? Pour la première fois, des collectifs d’associations, de coopératives, d’entreprises sociales, de citoyens se sont créés pour rédiger près de 400 « Cahiers d’espérance », en référence aux cahiers de doléances de 1789.