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Bioéthique

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« Nous, médecins et chercheurs, mettons en garde contre la Fondation Jérôme-Lejeune » Dans une tribune au « Monde », 146 scientifiques dénoncent les prises de position de cette fondation, reconnue d’utilité publique, contre les recherches sur l’embryon et contre l’avortement.

« Nous, médecins et chercheurs, mettons en garde contre la Fondation Jérôme-Lejeune »

Dans un texte publié par Le Monde, 146 médecins et chercheurs dans le domaine des sciences de la vie (dont une trentaine d’académiciens et de professeurs au Collège de France, et plusieurs présidents de sociétés savantes) mettent en cause l’action de la Fondation Jérôme-Lejeune, en particulier les procédures judiciaires lancées contre des autorisations de recherche sur l’embryon. Ils demandent aux pouvoirs publics de « reconsidérer » la reconnaissance d’utilité publique attribuée à cette fondation lors de sa création en 1996.

La Fondation Jérôme-Lejeune est connue pour son action au service des trisomiques et pour ses positions défavorables à toute intervention sur le vivant. TRIBUNE. En outre, ses interventions ne concernent pas seulement les domaines médicaux ou scientifiques,... 146 médecins et chercheurs accusent la Fondation Lejeune d’entraver la recherche sur l’embryon. Une pétition signée par 146 scientifiques accuse la Fondation Jérôme-Lejeune d’attaquer en justice tous leurs travaux et demande le retrait de sa reconnaissance d’utilité publique.

146 médecins et chercheurs accusent la Fondation Lejeune d’entraver la recherche sur l’embryon

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Gaëlle Dupont C’est à la fois un coup de colère et le signe d’une inquiétude croissante. Dans un texte publié par Le Monde, 146 médecins et chercheurs dans le domaine des sciences de la vie mettent en cause l’action de la Fondation Jérôme-Lejeune, en particulier les procédures judiciaires lancées contre des autorisations de recherche sur l’embryon, et demandent aux pouvoirs publics de « reconsidérer » leur reconnaissance d’utilité publique, attribuée lors de sa création en 1996.

Les scientifiques critiquent également les positions de la fondation dans les champs sociaux et politiques qui, selon eux, « dénaturent et dégradent le débat éthique qu’il convient de mener sur les évolutions des sciences de la vie et de la santé ». Le troisième sexe devant la Cour de cassation. La « binarité sexuelle » homme-femme a été disséquée mardi devant la plus haute juridiction française.

Le troisième sexe devant la Cour de cassation

Un intersexe âgé de 66 ans a demandé que la mention « sexe neutre » figure sur son état civil. « Sexe : N ». Comme neutre. Voilà ce que Gaëtan (le prénom a été modifié) souhaiterait voir inscrit sur ses papiers d’identité. Mardi 21 mars, la Cour de cassation était appelée à examiner la possibilité de reconnaître l’existence d’un troisième sexe. Bioethique. Les anti-IVG de la Marche pour la vie défilent dimanche à Paris. Que le pape soutienne la Marche pour la vie, qui doit rassembler les militants hostiles à l’avortement dimanche 22 janvier à Paris, n’est pas une première.

Les anti-IVG de la Marche pour la vie défilent dimanche à Paris

François « salue cordialement les participants (…) à cette légitime manifestation en faveur de la défense de la vie humaine », a écrit le nonce apostolique dans une lettre aux organisateurs, le 18 janvier. Plus inédite est la sympathie affichée par le mouvement Sens commun, composante du parti Les Républicains (LR) qui soutient de longue date le candidat à la présidence de la République François Fillon. « Le 22 janvier, nous battrons le pavé pour dire notre attachement à la vie, depuis son commencement jusqu’à sa fin », a publié l’organisation sur son compte Twitter le 18 janvier.

Les anti-IVG de la Marche pour la vie défilent dimanche à Paris. Des souris bénéficient d’une cure de jouvence transgénique. Un protocole expérimental permet d’inverser les effets de l’âge chez des rongeurs génétiquement modifiés.

Des souris bénéficient d’une cure de jouvence transgénique

L’application à l’homme n’est pas envisageable en l’état. « L’aspect le plus important de notre étude est de montrer que le vieillissement est dynamique et plastique, se réjouit Juan Carlos Izpisua Belmonte, professeur au Salk Institute (San Diego, Californie), qui a dirigé ces travaux. Vieillir n’est plus un processus unidirectionnel, comme on le pensait.

On peut le ralentir et même l’inverser. » Pour parvenir à ce tour de force, le chercheur et ses collègues ont emprunté un cocktail génétique qui a permis, en 2012, à Shinya Yamanaka de recevoir le prix Nobel de médecine. Lire aussi : Le Japon, pays des « cellules puissantes » OGM : l’INRA pointe une recherche sous influence. Pas moins de 40 % de conflits d’intérêts.

OGM : l’INRA pointe une recherche sous influence

Le chiffre, frappant, caractérise tout un corpus d’articles scientifiques portant sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Controverse sur la congélation de sang de cordon. La justice a autorisé un couple à conserver des cellules souches de son bébé, une décision controversée.

Controverse sur la congélation de sang de cordon

D’autres Français sont intéressés. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Gaëlle Dupont L’ordonnance rendue par le tribunal de grande instance (TGI) de Grasse (Alpes-Maritimes) est courte, mais elle n’est pas passée inaperçue. En quelques lignes, la justice a autorisé, le 21 novembre, un couple à conserver le sang du cordon ombilical de son enfant à naître, pour un usage médical futur, « au regard des nécessités thérapeutiques dûment justifiées ». Une première en France, rendue publique lundi 12 décembre. La décision ouvre une brèche dans la loi de bioéthique de 2011, qui avait certes autorisé le prélèvement et la conservation du sang de cordon ombilical, mais uniquement pour effectuer un don anonyme et gratuit. Délit d’entrave à l’IVG : Mgr Pontier en appelle à Hollande. Le président de la Conférence des évêques de France critique la proposition de loi visant à permettre la fermeture de sites controversés tentant de dissuader des femmes d’avorter.

Délit d’entrave à l’IVG : Mgr Pontier en appelle à Hollande

Congeler ses ovules ne fait pas rêver les femmes. Les jeunes Françaises sont favorables au droit de conserver les ovocytes, mais peu sont prêtes à y avoir recours selon une enquête.

Congeler ses ovules ne fait pas rêver les femmes

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Gaëlle Dupont Les jeunes Françaises apparaissent favorables à l’autorisation de l’autoconservation des ovocytes, c’est-à-dire au procédé qui permet de « mettre de côté » ses propres ovules en les faisant congeler pour retarder une éventuelle grossesse. Mais elles ne souhaitent pas l’utiliser pour elles-mêmes car elles veulent concevoir naturellement. Or quand elles sont en âge d’être confrontées à l’infertilité, après 35 ans, il est trop tard pour avoir recours à cette technologie de façon efficace.

Au cœur du bricolage procréatif. La journaliste indépendante Sarah Dumont a enquêté sur ces hommes prêts à donner leur sperme en dehors du cadre légal.

Au cœur du bricolage procréatif

Jeune cadre parisien, sain de corps et d’esprit, offre sa petite graine » : c’est par ces mots que commence une plongée dans un monde insoupçonné. C’est tout l’intérêt du travail de la journaliste indépendante Sarah Dumont. L’ouvrage aurait sans doute gagné à être mieux organisé, mais l’auteure a collecté un matériau inédit sur une nouvelle forme de procréation. D’un côté, des femmes ou des couples qui veulent un enfant. De l’autre, des donneurs bénévoles, aux motivations variées. Sarah Dumont parle, pour qualifier le processus, de « procréation amicalement assistée », par opposition à la procréation médicalement assistée (PMA). Première naissance d’un bébé « à trois parents » Selon le « New Scientist », un enfant conçu par fécondation in vitro serait porteur du patrimoine génétique de ses parents et de l’ADN d’une donneuse.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Hervé Morin Les spécialistes de la reproduction récusent souvent la formule, mais elle résume la percée réalisée par une équipe américaine, dans une clinique mexicaine : un enfant « à trois parents » serait né il y a cinq mois, porteur du patrimoine génétique de ses parents, mais aussi d’ADN provenant d’une donneuse.

Cette naissance inédite, rendue publique mardi 27 septembre par l’hebdomadaire britannique New Scientist, doit cependant encore faire l’objet d’une communication scientifique « officielle » lors du congrès de l’Association américaine de médecine reproductive à Salt Lake City (Utah), en octobre. La Nouvelle-Zélande fait face à une pénurie de sperme. La Nouvelle-Zélande connaît depuis plusieurs années un problème singulier : une pénurie de sperme. Il n’y a plus assez de semence masculine disponible dans les banques de dons pour faire face à la demande des femmes, de plus en plus nombreuses à vouloir faire un enfant seule ou en couple avec une autre femme. Depuis 2004, en effet, la loi néo-zélandaise est devenue plus stricte : le don anonyme est proscrit, chaque donneur devant autoriser son éventuelle progéniture à retrouver sa trace, si celle-ci le souhaite lorsqu’elle aura atteint la majorité.

De plus, la loi interdit aux donneurs de recevoir toute forme de compensation, y compris lorsque des examens médicaux avancés sont nécessaires avant de pouvoir faire un don. Comme en France, seules les dépenses liées au don lui-même sont prises en charge (par exemple le trajet jusqu’au centre de don) mais aucune compensation autre n’est prévue. Des chercheurs sont parvenus à reproduire des souris sans recourir à des ovocytes. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Paul Benkimoun C’est un fait biologique érigé en dogme depuis le XIXe siècle qui est mis à mal par des chercheurs de l’université de Bath (Royaume-Uni) et par leurs collègues de l’université de Ratisbonne (Allemagne). Ils sont parvenus à obtenir des souriceaux viables sans avoir recours à des ovocytes, des cellules sexuelles d’origine maternelle. Jusqu’ici, les biologistes étaient persuadés que la présence de ces gamètes femelles était indispensable au développement d’un embryon.

Petit rappel, pour comprendre la portée de cette expérience : la reproduction sexuée fait normalement appel à deux gamètes, l’un femelle et l’autre mâle, comportant chacun un exemplaire de chaque chromosome, qui, en fusionnant, formeront les paires de chromosomes de l’embryon. Jusqu’où manipuler le vivant ? La saga Crispr-Cas9 5|6 Leurs grands yeux écarquillés ont fait le tour du monde. Début 2014, la revue Cell dévoile la naissance des deux premiers primates dont le génome a été modifié grâce à Cripsr-Cas9, une toute nouvelle technique d’édition de l’ADN.

Ces macaques sont nés en Chine. Xingxu Huang (université de Nankin) et ses collègues espéraient modifier simultanément trois gènes cibles. Au final, à partir de 180 embryons génétiquement modifiés, ils ont procédé à 83 implantations dans des mères macaques porteuses, qui ont donné lieu à dix grossesses, dont une seule a abouti à la naissance des deux adorables petits singes – porteurs de deux mutations sur les trois escomptées.

Deux ans après « Lingling et Mingming vont très bien », assure Weizhi Ji, ancien directeur du zoo de Kunming (Yunnan), membre de l’Académie des sciences de Chine.