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Bibliographie

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Pauvres et coupables. Recensé : Jacques Carré, La prison des pauvres : l’expérience des workhouses en Angleterre, Paris : Vendémiaire, 2016, 537 p., 25 €.

Pauvres et coupables

Dès la fin du XVIe siècle en Angleterre, un dispositif législatif national se met en place afin d’encadrer l’action publique destinée à s’attaquer au problème de l’indigence. Bien que modifié et remanié à maintes reprises, ce dispositif, fixé par la Loi de 1601 sur les pauvres (Poor Law), survivra jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La loi déléguait aux paroisses (l’équivalent administratif de nos communes) la gestion et le financement de l’aide octroyée aux indigents. Le recours à la workhouse ou « maison du travail » est l’un des volets de l’assistance paroissiale. Il prendra une place croissante au fil des siècles. La workhouse : continuité et rupture Des gens faisant la queue devant la St.

G.R. Vue en perspective d’une workhouse accueillant 300 indigents. L’adieu au gagne-pain. La parution au début de l’automne d’un rapport d’information sénatorial sur le revenu de base, qui avance l’idée d’expérimenter différentes versions du revenu de base dans des départements volontaires, est venue prolonger le renouveau de cette idée dans le débat public.

L’adieu au gagne-pain

Depuis qu’il a proposé « d’éclairer et d’expertiser les différentes propositions et expérimentations autour du revenu du base » en janvier 2016, le Conseil national du numérique a en effet donné le ton d’une année placée sous le signe du revenu universel. En France, les prises de position publiques de responsables politiques de gauche et de droite se sont ainsi récemment multipliées [1]. À l’étranger, cette question est également largement commentée : les Suisses se sont récemment prononcés contre son inscription dans la constitution fédérale lors d’un referendum d’initiative populaire et les principaux partisans du revenu de base ne manquant pas de mettre en exergue « l’exemple finlandais ». Un financement impossible ?

Comment agir contre les inégalités. Recensé : Anthony B.

Comment agir contre les inégalités

Atkinson, Inégalités (Inequality. What Can Be Done ?) , traduit de l’anglais par Françoise et Paul Chemla, préface de Thomas Piketty, Seuil, 2016. 448 p., 23 €. Anthony Atkinson publie un ouvrage à la fois très complet et très intuitif, qui embrasse la question des inégalités en essayant d’être le plus exhaustif possible. Il constitue une excellente introduction au domaine en même temps qu’un résumé de la connaissance économique sur la question. Ce qu’il faut savoir sur les inégalités Le livre se découpe en trois parties, et la première – un grand état des lieux des connaissances – se suffirait à elle seule. Pourquoi s’intéresser aux inégalités ? Anthony Atkinson défend d’abord son champ de recherche. Justice sociale et coopération. Recensé : David Robichaud, Patrick Turmel, La juste part.

Justice sociale et coopération

Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2016, 14,50 €. Court essai enlevé de 140 pages, l’ouvrage de David Robichaud et Patrick Turmel mobilise un grand nombre d’exemples (allant du grille-pain au sport de combat…) pour servir un propos avant tout argumentatif qui apporte moins d’éléments nouveaux qu’il ne compile ceux qui existent déjà, dans un ouvrage intellectuellement exigeant à destination du grand public.

À la question : les « inégalités sont-elles le prix à payer pour les grands bénéfices de l’économie de marché ? Dans quelles limites peut-on intervenir dans la distribution de la richesse, et peut-on le faire sans brimer les libertés individuelles ? » (p. 10), les auteurs répondent en défendant une approche égalitarienne modérée, sur la base de la contestation de l’idéologie capitaliste qui apparaît comme son principal obstacle.

Pars destruens, pars construens. Le concept de vulnérabilité. Le terme de « vulnérabilité » continue de poursuivre, lentement mais sûrement, sa diffusion sociétale, au point – et c’est là une bonne chose – d’interroger un nombre croissant d’acteurs.

Le concept de vulnérabilité

Il est de fait devenu omniprésent – dans les médias, les rapports et les communiqués des associations ou le monde universitaire, comme l’illustre la courbe de ses occurrences répertoriées dans Google scholar. Un terme des années 2000 donc, qui présente la société (individus et collectif) comme vulnérable, le plus souvent sans grande réflexion sémantique. D’une façon salutaire, diverses instances scientifiques et des politiques sociales s’en sont toutefois récemment saisies pour en interroger l’usage.

L’Agence nationale de la Recherche d’abord, en 2008, en lançant son appel à projets sur les « vulnérabilités : à l’articulation du sanitaire et du social ». La vulnérabilité : généalogie d’une notion Il participe ainsi d’une tendance au « zapping » terminologique qui n’a toutefois rien de récent.