background preloader

Réflexions militantes

Facebook Twitter

A propos de la déconstruction. Je ne sais pas trop bien comment on en est arrivé à ce concept de « déconstruction », que je vois employé un peu partout sur le net féministe.

A propos de la déconstruction

Il me semble – mais je peux me planter – que tout a commencé avec des expressions du style « déconstruire les stéréotypes sur le genre » puis on en est venu à parler de « déconstruction » tout court et de personnes « déconstruites ». On s’est mis aussi à quantifier la déconstruction (« lui, il n’est pas assez déconstruit ») et à voir la chose comme un processus (« je suis en pleine déconstruction ») dont l’aboutissement serait l’arrivée à un état de déconstruction totale (?).

Après «120 BPM», épargnez-nous vos louanges. Il y a encore deux mois, ma mère me disait à table : ­«Didier, tu as tout fait contre le sida, c’est bien, maintenant, il faut que tu tournes la page et que tu écrives sur autre chose.»

Après «120 BPM», épargnez-nous vos louanges

Je lui ai répondu : «Mais je sais maman ! Tous mes amis me le disent depuis des années, rassure-toi, je n’ai plus rien à raconter.» Et bingo, 120 Battements par ­minute reçoit le grand prix à Cannes. The bastardisation of intersectionality. Growing in popularity… Intersectionality has gone mainstream.

The bastardisation of intersectionality

Once the preserve of radical and critical thinkers, the beloved child of Black feminism, has gained much popularity over the past few years. It is now trending…and commonly features in the biographies of activists and academics. It is recurrently the subject of opinion pieces in ‘well regarded’ newspapers, it is discussed in or form the basis of academic theses, research projects and articles. It is even starting to pop in workplace diversity and equality policies and documents.

“We’re all just different!” How Intersectionality is Being Colonized by White People – Thinking Race… Working in student affairs on a university campus, I feel like I hear the words “intersectionality” or “intersectional” said out loud at least 20 times a day (no exaggeration).

“We’re all just different!” How Intersectionality is Being Colonized by White People – Thinking Race…

The word is regularly used as a powerful critique from young women of Color about how White feminist staff members don’t seem to understand the violence we enact. Often, though, I hear the term used by White feminist or “social justice focused” staff such as myself. We use the term in many vague ways. “We really need to be sure our work is intersectional…We need to be more intersectional in how we talk about student identities…Our teaching strategies must be intersectional and culturally responsive.” I don’t use “we” in the royal sense. Développer une communauté bie. La question des premiers concernés. Il existe une confusion entretenue autour de la question des premiers concernés sur laquelle il va falloir revenir brièvement.

La question des premiers concernés

Que la formulation des revendications et la direction politique des mouvements d’émancipation soient le fait des groupes concernés par la forme de domination spécifique dont il est question c’est, en effet, un principe de base de l’autonomie politique pour des raisons qu’on pourrait évoquer mais qui ne sont pas le propos ici. Qu’on reconnaisse que les dominés jouissent, en matière d’analyse critique de leur propre domination, d’un biais positif leur permettant, toute chose étant égale par ailleurs, de voir a priori un peu mieux le rapport de domination comme étant un rapport de domination : certes, c’est une considération épistémologique de base. Des choses tout à fait pertinentes ont été analysées sur le racisme notamment par des blanches comme Colette Guillaumin, ou encore par Christine Delphy pour ne citer qu’elles.

On queer aesthetics and not feeling 'queer enough' - Archer Magazine. Notre radicalité ne s'incarne pas forcément toujours dans un brise-vitres. Donc pour toi, les organisateur-ices de la marche sont "non-violent-es" ?

Notre radicalité ne s'incarne pas forcément toujours dans un brise-vitres.

Intéressant. Ce débat est pourtant rarement, voire jamais, posé dans ces termes parmi les ami-es des collectifs vérité et justice (si si, des ami-es). Tu ne les connais pas, c’est évident. Petites notes sur les abécédaires du gender – ★★★ (aka les listes d’«orientations sexuelles» et d’«identités de genre» qui pullulent sur les internets en contexte queer) Ces abécédaires, à qui on peut parfois reconnaitre une fulgurence poétique (spéciale mention pour voyagenre = qui voyage entre les genres, TRUE STORY), font déjà l’objet de pas mal d’articles critiques.

Petites notes sur les abécédaires du gender – ★★★

Je voudrais repartir du dernier que j’ai lu, et dont j’ai beaucoup aimé entre autres le rappel du fait que des mots, voire des concepts : il en existe déjà plein ; que ces mots sont riches d’une histoire militante, politique, identitaire ; et que ça, ça sert à résister et lutter ; et que là, (enfin c’est l’interprétation que je fais de cet article) on pond surtout à la chaîne des mots pauvres, pauvres d’histoire, pauvres de sens, pauvres d’étymologie, pour les remplacer. Le parallèle que fait l’auteur entre les termes Stone ou Stone Butch et Placiosexuel·le est à ce titre tout à fait parlant.

WordPress: Identités en questions « ptilou42. Ces derniers temps, j’ai vu passer pas mal de choses autour des définitions des identités non-binaires et des orientations asexuelles et aromantiques.

Identités en questions « ptilou42

Dont pas mal de choses assez problématiques. Je pense que la pensée politique se développe par l’analyse et la critique. Ce disclaimer étant posé, je propose de faire une liste de trucs plus ou moins problématiques que j’ai vu passer. CÉSARS, CRÉATION, INDÉPENDANCE ET RADICALITÉ – badassafrofem. Depuis quelques jours, les débats font rage concernant les Césars : faut-il ou non se réjouir lorsqu’une institution dont le racisme et le sexisme systémiques ne sont plus à prouver (dois-je rappeler qu’il s’en est fallu de peu pour que Polanski soit maître de cérémonie ?)

CÉSARS, CRÉATION, INDÉPENDANCE ET RADICALITÉ – badassafrofem

Choisit de nominer et récompenser des films réalisés par des femmes racisées ? Et je réalise que cette question efface bon nombre de débats/enjeux essentiels et complexes qui la compose : 1) Quelles sont les narrations qui ont le droit de cité (comprenez qui peut recevoir des financements institutionnels et pour quels types de récits) ? A/ nous aurons accès aux vraies tunes. Petit guide de survie en milieu militant. Le contact avec les non-militant·e·s J’ai découvert à mes frais que tracter toute seule n’était pas l’idée du siècle.

Petit guide de survie en milieu militant

Juste après avoir fini l’épreuve de maths du bac qui m’avait particulièrement déprimée, je suis allée tracter avec des copaines rue de la République à Lyon, de l’Hôtel de ville à la place Bellecour. Tant qu’on était plusieurs, il n’y avait aucun problème, si ce n’est le mépris des gens. D’ailleurs je vous en supplie soyez gentil·le·s avec ces gens (militant·e·s ou pas d’ailleurs) qui vous tendent à bout de bras des papiers, avec des airs plus ou moins désespérés : on a l’impression d’être invisibles (de même pour les mendiant·e·s hein). Puis mes camarades sont parti·e·s et détère comme j’étais, j’ai continué seule, place Bellecour pile en face de… la fan zone. Luttes des quartiers populaires, répression et division de classe parmi les racisés. Sur la lutte pour la justice pour Adama Traoré et le soutien à la famille Traoré qui subit des attaques d’une violence extrême (plainte contre Assa Traore par le maire de la ville, arrestation des frères Traoré, et risque de prison ferme pour l’un d’entre eux) j’ai envie d’aborder quelque chose d’un peu délicat sur nous qui disons et voulons soutenir ce combat pour la vérité et la justice.

Délicat, parce que je pense que ça peut être mal interprété, mais bon allons-y. Le soutien qui se manifeste sur place autour de la famille Traoré, et virtuellement sur les réseaux pour les gens qui sont loin ou qui ne peuvent pas venir, peu importe, c’est super positif. Roxane Gay Lists 13 Rules for Female Friendships. Abandon the cultural myth that all female friendships must be bitchy, toxic or competitive. » Vaincre la comm’ réactionnaire de la « Manif pour tous » La manifestation mensongèrement autoproclamée « pour tous » ressort de la naphtaline depuis quelques semaines et tente de réactiver sa machine de comm’ réactionnaire.

I'm not a cisboy: Comment je suis devenu problématique. C'est un article avec plein de trucs en vrac qui m'énervent, et encore j'ai essayé de ranger un peu, mais vraiment à me gonfle, alors pouet. Comme son contenu pourrait heurter la sensibilité d'autrui, je me permet d'emprunter le « TW : questionnement politique » que j'ai trouvé très approprié. Visiblement maintenant FtM et MtF ce sont des termes transphobes, par contre, afab et amab, termes qui ne parlent que du genre d'assignation soit dit en passant, non. Dire « une personne assignée femme qui a une expression de genre féminine, qui utilise un prénom et des pronoms féminins et qui n'a aucune intention de transitionner, si elle se sent demi-girl, elle est trans », désolé (ou pas) mais ça n'a pas de sens. Quelques réflexions sur la solidarité (politique) entre racisés.

J’ai du mal avec la façon dont est souvent pensée la question des solidarités entre racisés. Ici je parle de solidarité d’un point de vue politique; solidarité qui a du sens en occident parce qu’on est ici soumis au même régime d’exception bien que sous des modalités différentes. Cette précision restreint d’emblée très clairement ce dont il est question : je parle des solidarités entre organisations politiques principalement et entre militants. Pas de comment tous les individus de telle communauté se comportent avec tous les individus de telle autre. Je ne nie pas que ces interactions peuvent avoir une influence sur nos aspirations militantes, mais je pense que si on parle de politique, on ne peut pas se contenter de ça. La politique comme construction d’un rapport de force face au système oblige à aller plus loin, à penser en terme de stratégies (elles-mêmes pensées à partir d’un contexte et des moyens dont on dispose ou pas).

Et si on arrêtait de saccager l’idée de « colère légitime des oppriméEs  ? Edit : un usage réactionnaire de ce texte peut être fait par des blancs et/ou bourgeois adeptes de la théorie de la « victimisation » ou tout simplement souhaitant disqualifier la violence en retour que leur ont renvoyé ceux qu’ils dominent socialement. Mais, ici il est question d’une critique intra communautaire sur la violence et l’agressivité entre non blancs et/ou entre prolos.

Ce n’est pas un hasard si je parle de « même condition ». Et dans ce très long texte, j’explique en partie que pour moi la « condition » c’est la race et la classe qui la fonde, pas le genre et la sexualité, quand moi j’écris. Mars 2016 Se rendre compte de la légitimité d’être en colère quand on est oppriméE, exploitéE, contient quelque chose de libérateur. 5 raisons pour lesquelles la non mixité est un impératif et pourquoi nous sommes fatiguées d’avoir à nous en justifier. Voilà plus de cinquante ans que les vertus de la non mixité dans les luttes pour l’émancipation des groupes minorisés ont été pensées, questionnées, mises en pratique et revendiquées. Cinquante ans, et nous en sommes toujours là, sommées de nous expliquer, de nous justifier, comme si nous n’étions là que pour ça : rendre intelligibles nos luttes. The Queer Poor Aesthetic. By Shak’ar Mujukian There’s a viral and ironic trend that i’ve been lately noticing in and beyond my TQPOC community: my wealthier friends own everything but their class privilege.

I lived in northern California for three years and recently moved to San Francisco; I have the privilege to navigate many spaces that normalize intersectional justice and privilege-checking. But, in these spaces something problematic is also normal: the absence of social class from the discourse of identity politics. This conversation is so necessary for me to have as a trans and queer person of color who grew up and is still considered poor in the united states. I feel like the only one who’s talking about it.

Féminismes jargonnants, militantisme désincarné, aveuglement, femmes oubliées. Le Cyber-harcèlement, ce fléau moderne - Team Bagarre. Attention, cet article contient des captures d’écran extrêmement violentes à lire Tu as peut être déjà entendu parler d’affaires de cyber-harcèlement. La plus récente s’est produite dimanche soir, depuis la page facebook de l’illustrateur Marsault. La personne visée avait écrit sur son propre mur, en mode public : “ahahahaha dans ta gueule” lorsque la première page d’humour oppressif de Marsault était tombée. What makes me tired when organising with middle class comrades. I have many middle class friends and comrades whom I adore, this post certainly isn’t directed at everyone.

But after years and years of organising, coming up against similar frustrations, and after lots of conversations between working class mates, I want to write about what is draining about working with some middle class activists. It’s important to flag up that I’m writing this as a white, cis woman in England and I’m aware of the privilege that carries. I’m worried this piece will ignite a backlash, so I’m asking middle class folks that are triggered by this to perhaps talk to other middle class people and not email me about it. For once, please, just listen and reflect. Also, because I want to be as constructive as possible, at the end of the post I’ve listed some of the character traits of middle class friends and organisers who don’t drive me up the wall. Anyhow, here goes … What makes me tired when organising with middle class comrades So what does this have to do with burnout?