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Janvier 2015

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Charlie Hebdo. 7/01/2015. Attentats janvier et novembre 2015. Quel sens donner au 11 janvier ? Que reste-il du 11 janvier ?

Quel sens donner au 11 janvier ?

L'énorme manifestation d'un peuple réuni va-t-elle aboutir à un gel de l'ouverture de la société française ? La peur va-t-elle l'emporter ? Ce sont ces questions que nous nous posons au vu des débats politiques. Et l'Ecole , avec la question laïque, est en première ligne. Alors que la ministre consulte sur la "grande mobilisation" pour les valeurs républicaines, les débats à l'Assemblée montrent qu'il n'y a pas consensus sur ce qu'il faut faire après les attentats sanglants. Pour l'Ecole, le zig zag entre une position de blocage parla laïcité et une posture plus ouverte s'accélère. Porter le débat sur cette question, le situer sur le plan moral a l'avantage de faire oublier les bases sociales de la situation. Aller plus loin sur cette pente peut avoir de grandes conséquences pour les enseignants.

L'extrême tension qui traverse le pays lui donne une occasion de faire bouger les lignes. François Jarraud. Le désarroi d'une prof qui parle de "Charlie" à ses élèves. Le matin du 8 janvier, nous avons reçu un courrier de notre ministre qui nous rappelait que l'école était là pour transmettre les valeurs de la République.

Le désarroi d'une prof qui parle de "Charlie" à ses élèves

En tant que professeurs, nous avons pour mission d'expliquer à nos élèves les faits, de les faire réfléchir, de les aider à comprendre. "Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ? " J'ai d'abord eu un échange avec ma classe de 5e, composée de collégiens de 12 ans en moyenne. Ils étaient très silencieux. Sauf un qui m'a demandé : "Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ? " J'ai rappelé les faits en commençant pas l'évidence : on a tué des êtres humains. Quant à ce qui s'est passé dans ma classe, cette provocation, ce n'est rien à côté de ce que certains de mes collègues ont dû affronter. En début d'après-midi, j'ai accueilli une classe de 4e. "On ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète" Tout cela a divisé les élèves Retrouvez notre direct.

«Un prophète qui ne supporte pas la satire n’est pas un prophète» Aux Pays-Bas, De Volkskrant (Pays-Bas, centre gauche) publie notamment cet éditorial de Anton Grunberg, titré : «Un prophète qui ne supporte pas la satire n’est pas un prophète.»

«Un prophète qui ne supporte pas la satire n’est pas un prophète»

Et sous-titré : «Le jihadisme et l’extrême droite sont alliés les uns des autres». Sur le site du Telegraaf (populaire), l’ancien journaliste Theo Jongendijk se demande : «Qu’est-il arrivé à notre liberté?» Extraits : «La liberté. Elle est toujours là, n’est-ce pas? Comme l’air frais et l’eau qui coule du robinet. En Hongrie, le quotidien Népszabadság («Liberté du peuple», opposition de gauche libérale, ancien journal officiel sous la dictature communiste), exprime sa solidarité : «Nous sommes Charlie, nous aussi».

«En tant que Turc, que ressentiriez-vous ?» Alors que la majorité des chroniqueurs de la presse turque condamnent l’attaque contre Charlie Hebdo, les éditorialistes de la presse gouvernementale émettent des doutes sur les auteurs et les objectifs de l’attentat. Paul Raoult : "Il ne faut pas nier les élèves. Il faut discuter avec eux" Que faire face aux débordements lors de la minute de silence ?

Paul Raoult : "Il ne faut pas nier les élèves. Il faut discuter avec eux"

Pour Paul Raoult, président de la FCPE, première association de parents d 'élèves, il faut prendre le risque du débat avec les élèves. La Fcpe demande la mise en place d'un numéro vert pour aider les enseignants à mener ces débats. Les médias parlent beaucoup des cas d'irrespects de la minute de silence. Comment la Fcpe réagit-elle à ce phénomène ? Pour nous l'Ecole doit avant tout être éducative. L'Ecole doit-elle se soucier de la ségrégation en son sein ? Après le 11 janvier, l'institution éducative doit balayer devant sa porte.

A l'Assemblée nationale certains demandent que les enseignants signalent les élèves déviants. Devant certains propos un professeur être amené à alerter. On a largement sous estimé le nombre d'incidents lors de la minute de silence.