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Le texte argumentatif

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James Baldwin "La prochaine fois le feu" / I am not your negro

Lettre à Jean Grave, par Élisée Reclus (Voter c'est abdiquer) - Le MHM. Clarens, Vaud, 26 septembre 1885.

Lettre à Jean Grave, par Élisée Reclus (Voter c'est abdiquer) - Le MHM

Compagnons, Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage. Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots. Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Discours sur le colonialisme. Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

Discours sur le colonialisme

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

L’Europe est indéfendable. Il paraît que c’est la constatation que se confient tous bas les stratèges américains. Je réponds non. Discours sur le colonialisme (1950 - extrait) Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

Discours sur le colonialisme (1950 - extrait)

Simone Weil et le colonialisme. Qui est coupable de menées anti-françaises ?

Simone Weil et le colonialisme

Simone Weil En condamnant Messali à deux années de prison, le tribunal a écarté l’inculpation de menées antifrançaises. Que peut-on en conclure, sinon qu’on n’a pas pu trouver de menées antifrançaises du Parti du Peuple Africain ? Et sans doute, si on n’a pas pu en trouver, c’est qu’il n’y en avait pas. Il n’en est pas moins certain que l’amour de la France n’est pas très vif en ce moment au cœur des populations nord-africaines. Pour moi, je suis Française. J’accuse l’État français et les gouvernements successifs qui l’ont représenté jusqu’à ce jour, y compris les deux gouvernements de Front Populaire ; j’accuse les administrations d’Algérie, de Tunisie, du Maroc ; j’accuse le général Noguès, j’accuse une grande partie des colons et des fonctionnaires français de menées antifrançaises en Afrique du Nord.

Perspectives sur le colonialisme à travers L'Enracinement de Simone Weil. (1)« Le problème d’une doctrine ou d’une foi pour l’inspiration du peuple français en France, dans sa résistance actuelle et dans la construction future, ne peut pas se séparer du problème de la colonisation (2). » Par cette constatation, tirée de l’essai « À propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français », écrit à Londres en 1943 et donc contemporain de la rédaction de L’Enracinement, Simone Weil fait un rapport très clair entre enracinement – la recherche d’une solution à l’effondrement de la France devant les forces allemandes – et le problème de la colonisation.

Perspectives sur le colonialisme à travers L'Enracinement de Simone Weil

Je me propose ici d’examiner comment elle est arrivée à lier enracinement, thème de son essai majeur du même nom, et colonisation qui, au moment de la rédaction de L’Enracinement, semble faire partie intégrante de ce thème. Prenons d’abord le volet colonisation de notre diptyque. . « Je n’oublierai jamais. Frantz Fanon, extrait de "Les damnés de la terre" Frantz Fanon Mésaventures de la conscience nationale Extrait de "Les damnés de la terre", première édition, François Maspéro, 1961 Que le combat anti-colonialiste ne s'inscrive pas d'emblée dans une perspective nationaliste, c'est bien ce que l'histoire nous apprend.

Frantz Fanon, extrait de "Les damnés de la terre"

Pendant longtemps le colonisé dirige ses efforts vers la suppression de certaines iniquités : travail forcé, sanctions corporelles, inégalité des salaires, limitations des droits politiques, etc... Ce combat pour la démocratie contre l'oppression de l'homme va progressivement sortir de la confusion néo-libérale universaliste pour déboucher parfois laborieusement sur la revendication nationale. La conscience nationale au lieu d'être la cristallisation coordonnée des aspirations les plus intimes de l'ensemble du peuple, au lieu d'être le produit immédiat le plus palpable de la mobilisation populaire, ne sera en tout état de cause qu'une forme sans contenu, fragile, grossière.

Le leader apaise le peuple. De la violence : extrait des "Damnés de la terre" de Frantz Fanon. La mise en question du monde colonial par le colonisé n’est pas une confrontation rationnelle des points de vue.

De la violence : extrait des "Damnés de la terre" de Frantz Fanon

Elle n’est pas un discours sur l’universel, mais l’affirmation échevelée d’une originalité posée comme absolue. Le monde colonial est un monde manichéiste. Il ne suffit pas au colon de limiter physiquement, c’est-à-dire à l’aide de sa police et de sa gendarmerie, l’espace du colonisé. Comme pour illustrer le caractère totalitaire de l’exploitation coloniale, le colon fait du colonisé une sorte de quintessence du mal. La société colonisée n’est pas seulement décrite comme une société sans valeurs. Les valeurs, en effet, sont irréversiblement empoisonnées et infectées dès lors qu’on les met en contact avec le peuple colonisé. Parfois ce manichéisme va jusqu’au bout de sa logique et déshumanise le colonisé. Frantz Fanon, conclusion de "Les damnés de la terre"

Frantz Fanon Conclusion de "Les damnés de la terre" Allons, camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord.

Frantz Fanon, conclusion de "Les damnés de la terre"

La grande nuit dans laquelle nous fûmes plongés, il nous faut la secouer et en sortir. Le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisés et résolus. Il nous faut quitter nos rêves, abandonner nos vieilles croyances et nos amitiés d'avant la vie. Voici des siècles que l'Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire; des siècles qu'au nom d'une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi totalité de l'humanité. Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu'elle a tout réussi. L'Europe a pris la direction du monde avec ardeur, cynisme et violence.

Elle ne s'est montrée parcimonieuse qu'avec l'homme, mesquine, carnassière homicide qu'avec l'homme. Frantz Fanon : contre le colonialisme. Comment guérir le colonisé de son aliénation ?

Frantz Fanon : contre le colonialisme

Telle est la question à laquelle n’aura de cesse de répondre le psychiatre martiniquais Frantz Fanon. Source d’inspiration pour les postcolonial studies, son œuvre est mal connue en France. Cinquante ans après sa mort, retour sur une pensée aussi dérangeante qu’actuelle. « Nous ne tendons à rien de moins qu’à libérer l’homme de couleur de lui-même. » Tel est l’objectif que poursuivra Frantz Fanon à travers toute son œuvre intellectuelle. Elle puise dans son expérience comme il l’explique dès son premier ouvrage, Peau noire, masques blancs (1952) : « L’objectivité scientifique m’était interdite, car l’aliéné, le névrosé, était mon frère, était ma sœur, était mon père. » Né en 1925 à Fort-de-France, dans une famille de la petite bourgeoisie martiniquaise, le jeune Fanon s’engage dans les Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale et fait l’expérience du racisme des Français envers les Noirs. Citations de "Les Damnés de la Terre" (1961) - Frantz Fanon International.