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Lettre à Jean Grave, par Élisée Reclus (Voter c'est abdiquer) - Le MHM

Lettre à Jean Grave, par Élisée Reclus (Voter c'est abdiquer) - Le MHM
Clarens, Vaud, 26 septembre 1885. Compagnons, Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage. Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots. Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Voter, c'est être dupe ; c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d'une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Voter c'est évoquer la trahison. N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs.

http://www.homme-moderne.org/textes/classics/ereclus/jgrave.html

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Discours sur le colonialisme Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper. L’Europe est indéfendable.

Le deuil de la démocratie représentative D’abord, un chiffre pour remettre les pendules à l’heure : 91%. C’est le pourcentage de français qui n’a pas voté pour le FN1. Moins d’un français sur 10 a donné une voix à ce parti. L'apport de la sémiologie graphique de Jacques Bertin a la cartographie pour l’aménagement et l'urbanisme 1La cartographie d'aide à la décision en aménagement et urbanisme s'est beaucoup développée au cours des trente dernières années : cartes et plans réglementaires, d'occupation et d'utilisation du sol, des aptitudes et contraintes des territoires, de l'environnement et des risques naturels et technologiques, etc... Elle a suivi de près la floraison des études et recherches scientifiques ou opérationnelles menées un peu partout dans le monde pour faire face aux problèmes d'aménagement du territoire, de maîtrise de l'urbanisation ou de préservation de l'environnement qui ont surgi dans ce court laps de temps. 2Cette cartographie a-t-elle pleinement bénéficié du renouvellement théorique apporté par la sémiologie graphique de Jacques Bertin ? C'est la question que nous nous poserons dans cet exposé. Cette question nous semble présenter un double intérêt, en terme d'efficacité de la représentation cartographique. 1 G.

Discours sur le colonialisme (1950 - extrait) Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

« Des gens sont morts pour que tu votes !  Est-ce si vrai ? – Veni Vidi Sensi « Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le choix de la pêche à la ligne les dimanches où tout le monde se rend à l’isoloir, dépités par un monde politique qui ne nous semble plus vraiment adapté à la volonté populaire. Ayant eu la chance de co-écrire l’épisode de Doxa sur la démocratie (malheureusement plus actuel encore qu’à sa sortie), je ne vais pas cacher mes positions abstentionnistes en la matière. Mais s’abstenir, aujourd’hui, c’est se heurter à plusieurs critiques plus ou moins étayées de ceux qui continuent à croire à l’utilité de leur bulletin. Je ne m’étendrai pas sur l’argument du « ton abstention fait monter le FN », déjà maintes fois démonté, en premier lieu par les actes de la classe politique actuelle. Il est en revanche une répartie totalement stupide contre laquelle mon expérience d’historien peut vous fournir des arguments : le fameux « mais enfin, des gens sont morts pour ça… Donc il faut voter !

Simone Weil et le colonialisme Qui est coupable de menées anti-françaises ? Simone Weil En condamnant Messali à deux années de prison, le tribunal a écarté l’inculpation de menées antifrançaises. Le premier parti de France est abstentionniste N'en déplaise à la citadelle narcissique (il aurait mieux fait de lire Alain Roger plutôt que de se contenter de l'interviewer dans son émission sur la bêtise) de Raphaël Enthoven, qui n'a de philosophe que les parchemins accrochés sur son mur, l'abstention est un acte fortement signifiant. Il y a juste que la caste à laquelle appartient, d'ailleurs, le journaliste-philosophe choisit consciencieusement d'ignorer la valeur sémiotique de ce contenant. Ce n'est certainement pas un acte nonchalant ou indifférent ; et je n'imagine pas qu'il l'ignore lorsqu'il agresse tous les abstentionnistes comme s'ils n'avaient qu'un seul visage et qu'une seule voix. Il y a quelque chose, là. Soit que les français ne se sentent pas concernés par la politique soit qu'ils la refusent en l'espèce. Le Front National a fait un score de 12% des électeurs légaux de ce pays au premier tour des élections régionales en 2015.

Perspectives sur le colonialisme à travers L'Enracinement de Simone Weil (1)« Le problème d’une doctrine ou d’une foi pour l’inspiration du peuple français en France, dans sa résistance actuelle et dans la construction future, ne peut pas se séparer du problème de la colonisation (2). » Par cette constatation, tirée de l’essai « À propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français », écrit à Londres en 1943 et donc contemporain de la rédaction de L’Enracinement, Simone Weil fait un rapport très clair entre enracinement – la recherche d’une solution à l’effondrement de la France devant les forces allemandes – et le problème de la colonisation. Je me propose ici d’examiner comment elle est arrivée à lier enracinement, thème de son essai majeur du même nom, et colonisation qui, au moment de la rédaction de L’Enracinement, semble faire partie intégrante de ce thème. Prenons d’abord le volet colonisation de notre diptyque. « Je n’oublierai jamais. C’était au moment de l’Exposition coloniale. Et elle poursuit :

Comment les Français veulent réparer la démocratie LE MONDE | • Mis à jour le | Par Gérard Courtois Le diagnostic dressé par Viavoice – pour France Inter, Le Monde, LCP-Assemblée nationale, Terra Nova et La Revue civique – est, hélas ! sans surprise, tant il confirme de précédents sondages : deux Français sur trois (64 %) estiment que la démocratie fonctionne mal en France actuellement. Au-delà du constat, l'intérêt de cette enquête est d'explorer les remèdes capables d'améliorer le fonctionnement démocratique du pays.

Frantz Fanon, extrait de "Les damnés de la terre" Frantz Fanon Mésaventures de la conscience nationale Extrait de "Les damnés de la terre", première édition, François Maspéro, 1961 Que le combat anti-colonialiste ne s'inscrive pas d'emblée dans une perspective nationaliste, c'est bien ce que l'histoire nous apprend. Pendant longtemps le colonisé dirige ses efforts vers la suppression de certaines iniquités : travail forcé, sanctions corporelles, inégalité des salaires, limitations des droits politiques, etc... Ce combat pour la démocratie contre l'oppression de l'homme va progressivement sortir de la confusion néo-libérale universaliste pour déboucher parfois laborieusement sur la revendication nationale.

L’obsolescence contrariée de notre système politique La figure paternaliste de l’homme providentiel, du chef, du sauveur, de celui qui sait est totalement dépassée dans une société où le niveau général d’éducation et d’information n’a jamais été aussi élevé. On continue à brandir une professionnalisation politique comme une nécessité indépassable devant la complexité technique des fonctions exécutives. On justifie de la même manière la confiscation démocratique de la grande masse des citoyens qu’est notre démocratie hyper-hiérarchique (mais qu’on appelle « représentative ») comme étant la résultante de leur profond désintérêt que l’on évalue ensuite avec complaisance par le chiffre des abstentions. Ce que l’on mesure ainsi n’est pas du tout le manque d’investissement de nos concitoyens pour la chose publique, mais bien leur profond mécontentement quant au maintien de structures autoritaires dépassées. Ce conservatisme endogamique des appareils politiques a été parfaitement démontré pendant les municipales de dimanche dernier.

De la violence : extrait des "Damnés de la terre" de Frantz Fanon La mise en question du monde colonial par le colonisé n’est pas une confrontation rationnelle des points de vue. Elle n’est pas un discours sur l’universel, mais l’affirmation échevelée d’une originalité posée comme absolue. Le monde colonial est un monde manichéiste.

Radicalisation et autoexclusion Au soir de chaque consultation électorale, les commentateurs patentés se livrent à l’exercice de l’analyse de scrutin et disent l’opinion. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les sondeurs ont pris, sur les plateaux de radio et de télévision, le rôle de premier interprète de l’opinion publique. Grâce à leur disponibilité — ils font la promotion de leur entreprise — et à leur affinité doxique avec la conception dominante du journalisme politique. Frantz Fanon, conclusion de "Les damnés de la terre" Frantz Fanon Conclusion de "Les damnés de la terre" Allons, camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord. La grande nuit dans laquelle nous fûmes plongés, il nous faut la secouer et en sortir. Le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisés et résolus. Il nous faut quitter nos rêves, abandonner nos vieilles croyances et nos amitiés d'avant la vie.

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