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Lettre à Jean Grave, par Élisée Reclus (Voter c'est abdiquer) - Le MHM

Lettre à Jean Grave, par Élisée Reclus (Voter c'est abdiquer) - Le MHM
Clarens, Vaud, 26 septembre 1885. Compagnons, Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage. Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots. Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Voter, c'est être dupe ; c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d'une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Voter c'est évoquer la trahison. N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Related:  Thème 1 - Comprendre un régime politique : la démocratie

David Graeber, La démocratie aux marges 1Ce petit ouvrage, qui résulte de questionnements nés à la faveur de l’engagement de l’auteur dans des mobilisations altermondialistes, explore les liens entre anarchisme et démocratie à la lumière d’une distinction entre conceptions dominantes, et normatives, de la démocratie et pratiques démocratiques. C’est en se basant sur des exemples diversifiés – tels les « communautés des frontières à Madagascar ou dans l’Islande Médiévale, les bateaux de pirates, les communautés de commerçants de l’Océan Indien » ou encore ces « institutions fédérales iroquoises [qui] pourraient bien avoir eu une influence sur la Constitution des États-Unis » – que l’anthropologue David Graeber invite à rompre avec les conceptions dominantes de la démocratie. 2Cette rupture opère en plusieurs étapes, présentées sous forme de « thèses » dans l’introduction. 1 Samuel P. 3Samuel P. 4 Benedict Anderson, L’imaginaire national.

Géographie sociale et politique - Frontières et relations Réceptions de la démocratie Regards sur les nombreuses critiques et les quelques éloges de la liberté et de l’égalité, depuis leur invention antique jusque dans l’après 11-septembre. Pourquoi, au XXIe siècle, s’intéresser encore à la Grèce du Ve siècle av. J. On ne trouvera pas ici d’histoire des institutions démocratiques en Grèce ancienne, même si quelques repères historiques et théoriques sont donnés dans le premier chapitre, notamment sur les figures fondatrices de la démocratie : Solon, Clisthène, Éphialte ou encore Périclès. Une démocratie critiquée par ses théoriciens En effet on oublie souvent que le régime démocratique a été contesté dès sa création tant dans son mode de fonctionnement (les poètes comiques et tragiques dénoncent à l’envi les dangers de la démagogie) que dans son principe même : Platon dans la République comme Aristote dans la Politique s’inquiètent de voir la masse populaire, inculte, influençable et indisciplinée devenir maîtresse de la cité . Athènes ressuscitée « L’Athènes bourgeoise »

Carnets géographiques HISTOIRE. La Magna Carta, 800 ans de fierté anglo-saxonne La Magna Carta, ou Grande Charte, est un pacte conclu durant l’été 1215 entre le roi d’Angleterre Jean sans Terre et un groupe de barons en révolte. Cet accord porte sur des questions de fiscalité, de droits féodaux et de justice. A l’époque, c’est un flop. Au paroxysme d’une période difficile pour les deux camps, il est probable que le traité a suscité plus d’un haussement de sourcils. Ephémère accord L’ère en question est de courte durée. A la fin de l’été, ses désirs sont exaucés grâce à une bulle d’Innocent III. Dans la petite salle de la British Library où sont conservés deux des quatre exemplaires de la première Magna Carta qui ont survécu, on ne ressent rien du drame et des manigances de ces journées de fièvre politique. Une portée universelle La charte dit à peu près ceci : “Aucun homme libre ne sera saisi, ni emprisonné ni dépossédé de ses biens, déclaré hors-la-loi, exilé ou exécuté, de quelque manière que ce soit. Un sens qui ne cesse d’évoluer Pour une élite

La cartographie, contre-pouvoir du citoyen | OWNI Devant le déficit de démocratie urbaine en France, quel rôle pour le citadin-citoyen quand les acteurs de la gouvernance urbaine rechignent à déléguer un peu de leur pouvoir ? Voyage cartographique militant avec Microtokyo. Le détournement aussi original qu’iconoclaste de la cartographie, opéré par les collectifs Bijari (Brésil) et Los Iconoclasistas (Argentine) vous était présenté récemment sur Microtokyo, dans le cadre de leur travail de sensibilisation contre les projets de gentrification de deux quartiers populaires de grandes métropoles : La Barceloneta à Barcelone et Pinheiros à São Paulo. De telles interventions à la frontière de l’esthétique et du politique sont plus que jamais nécessaires. Qu’en est-il maintenant ? Esthétique et politique de la carte La pratique de la cartographie ne date pas d’aujourd’hui : Ptolémée, père de la géographie, élaborait déjà des relevés en 150 avant JC. Mais déjà, une carte, c’est quoi ? La carte comporte une double dimension politique et esthétique.

Amartya Kumar Sen, La démocratie des autres. Pourquoi la liberté n’est pas une invention de l’Occident, traduit de l’américain par Monique Bégot, Paris, Payot et Rivages (Manuels Payot), 85 p., 10 euros. 1La démocratie est certainement le fil conducteur de l’ensemble de l’œuvre – a priori épars – de l’économiste et philosophe Amartya Sen. D’une part, sa foi en la démocratie apparaît comme la raison première de sa volonté de défier le « théorème d’impossibilité » établi par Kenneth Arrow au début des années cinquante, et comme une ligne directrice dans sa recherche en théorie du choix social. D’autre part, dans ses analyses de problèmes sociaux plus empiriques, comme la famine ou les inégalités hommes-femmes, il considère que la solution réside dans la pratique de la démocratie et que, d’une manière générale, elle constitue un élément indispensable du développement. Plus fondamentalement enfin, la démocratie apparaît comme l’objectif qu’il cherche à servir par ses travaux en contribuant à alimenter le débat scientifique et public.

«La démocratie directe en Suisse est le fruit d'une longue histoire» FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - L'historien Olivier Meuwly détaille les origines du système suisse de démocratie directe, qui fait l'objet d'un vif intérêt de la part de nombreux «gilets jaunes». Selon lui, ce système unique au monde serait difficilement transposable ailleurs. Olivier Meuwly est un historien suisse, membre du Parti libéral-radical. Il a récemment publié Une histoire de la démocratie directe en Suisse (éd. Alphil, 2018). FIGAROVOX.- «L'expression ‘démocratie directe' fleurit avec la crise des «gilets jaunes»... Olivier MEUWLY.- Le regain d'intérêt en Europe pour une démocratie directe (parfois faussement appelée participative) remonte à une trentaine d'années mais la question fut longtemps confisquée par les groupements dits populistes. Quelles sont les origines historiques de la démocratie directe suisse? La démocratie directe en Suisse a une longue histoire. L'idée moderne de démocratie directe naît sous la Restauration avec la montée en puissance du mouvement libéral.

De l'usage de la démocratie directe en Suisse, par Urs Marti (Le Monde diplomatique, septembre 1996) Pour maintenir la paix sociale Souvent l’« exotisme institutionnel » de la Suisse provoque des critiques amusées. Certes, le rejet par référendum, fin 1992 de l’adhésion à l’espace économique européen a contribué à renforcer l’image d’un pays archaïque et isolationniste. Pourtant, qui serait en mesure d’affirmer que l’Union européenne existerait sous sa forme actuelle si les pays membres avaient disposé d’un droit de participation politique aussi direct que celui de la Suisse ? La Suisse moderne est apparue en 1848 sous la forme d’un Etat démocratique fédéral. Toute modification de la Constitution et tout traité international majeur sont soumis impérativement à référendum. Dans le cas du référendum facultatif, la majorité des cantons n’est pas requise. La compatibilité de cette démocratie directe avec l’Europe communautaire demeure objet de controverse. Taille de l’article complet : 1 785 mots.

Les démocraties illibérales et le vote, par Alain Garrigou (Les blogs du Diplo, 4 juillet 2018) L’expression de « démocratie illibérale » a fait son apparition dans le lexique des régimes politiques. Elle a des allures d’oxymore tant il semble contradictoire qu’une démocratie ne soit pas libérale. À moins qu’au rang des objets flous, elle ne se situe dans ce qu’on appelle les zones grises. Lire aussi Pierre Rimbert, « De Varsovie à Washington, un Mai 68 à l’envers », Le Monde diplomatique, janvier 2018. Selon des modalités différentes, ces régimes ont institué des élections sur le modèle des démocraties libérales, avec des conditions concrètes affectant fortement les principes de liberté et de sincérité du vote. Comme une sorte d’hommage du vice à la vertu, les pays aux choix électoraux contraints prétendent à la légitimité démocratique... en la biaisant. Vieilles ficelles revisitées Pétris d’optimisme volontariste, nous avons longtemps cru que le progrès s’appliquait aussi à la politique comme à la science ou à la technique. Nouvelles ficelles

Pathologies de la démocratie, par Evelyne Pieiller (Le Monde diplomatique, juin 2017) Les intellectuels au chevet de la souveraineté populaire Le fonctionnement du « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » suscite aujourd’hui de plus en plus de critiques, sinon de doutes. Les analyses des limites et des dérives de la démocratie en désignent comme principales responsables soit l’impuissance du politique, soit l’incapacité des citoyens mêmes. Serait-on donc condamné à l’oligarchie ou au populisme ? par Evelyne Pieiller Aperçu Longtemps la démocratie fut considérée comme un idéal, un progrès, une conquête. Les nombreux ouvrages qui analysent cette perte de confiance des citoyens articulent pour l’essentiel leur réflexion autour de la notion de souveraineté : celle de la nation et celle du peuple. Taille de l’article complet : 2 413 mots. Lycées, bibliothèques, administrations, entreprises, accédez à la base de données en ligne de tous les articles du Monde diplomatique de 1954 à nos jours. (3) Alain Badiou et Marcel Gauchet, Que faire ?

Contre « la-démocratie », par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 20 janvier 2020) Quand Agnès Buzyn annonce aux personnels hospitaliers cette formidable innovation dont elle leur fait la grâce : des postes de beds managers, à quoi avons-nous affaire ? Plus exactement à quel type d’humanité ? Car nous sentons bien que la question doit être posée en ces termes. Il faut un certain type pour, après avoir procédé au massacre managérial de l’hôpital, envisager de l’en sortir par une couche supplémentaire de management — le management des beds. Mais voilà, de la même manière qu’elle pourrait dire qu’elle n’est pas à vendre, la société aujourd’hui dit qu’elle n’est pas à manager. Mais qui sont ces gens ? Lire aussi Martine Bulard, « Retraites : opacité, régression, étatisation », Le Monde diplomatique, janvier 2020. À Radio France, Sibyle Veil demeure comme un piquet, statufiée. Et de nouveau : qui sont ces gens ? À l’évidence, elle est d’une autre sorte. Lire aussi Pierre Musso, « L’ère de l’État-entreprise », Le Monde diplomatique, mai 2019. Le « respect » ?

« La Démocratie. Histoire d’une idéologie » (Le Monde diplomatique, 9 juin 2006) Tout le monde s’en souvient, l’introduction de la Constitution européenne, rejetée par une majorité de Français et de Néerlandais, s’ouvrait sur une citation attribuée par Thucydide à Périclès : « Notre Constitution est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du peuple tout entier. » Ce préambule, qui confortait le lieu commun selon lequel la démocratie était née en Grèce, c’est-à-dire en Europe, n’avait qu’un défaut, elle était une « falsification », comme le rappelle Lucianon Canfora, dans le début de son brillant ouvrage, La Démocratie. Histoire d’une idéologie (1). A partir de cette citation, le philosophe italien s’attache à retracer l’histoire du débat autour de la démocratie jusqu’à nos jours, de ses rapports avec les concepts de liberté et d’égalité. Il conclut que, dans le monde riche, « la démocratie est renvoyée à plus tard, et elle sera repensée de fond en comble par d’autres hommes. Qui ne seront peut-être plus européens ».

De la démocratie en Amérique, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, octobre 2018) Le monde n’en a pas fini avec la politique américaine… Jusqu’ici, les élections de la mi-mandat étaient rarement décisives, même quand elles provoquaient un renversement de majorité. En 1994, le raz de marée républicain avait surtout anéanti les résistances des démocrates à la politique pénale répressive et à la stratégie commerciale libre-échangiste de leur président ; en 2010, la percée conservatrice du Tea Party paralysa M. Barack Obama, mais à un moment où son slogan de campagne, « Oui, nous pouvons », n’était déjà plus que le souvenir amer d’une occasion perdue (1). Le scrutin législatif du 6 novembre prochain marquera en revanche une nouvelle étape de la polarisation politique des États-Unis, ce tourbillon qui a accru depuis deux ans la déstabilisation de l’ordre international. Quand ils ne le qualifient pas carrément de fasciste, nombre de démocrates voient en M. Une telle perspective fortifie la colère des partisans de M.

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