background preloader

La non-mixité

Facebook Twitter

Mixité, non mixité, groupes de paroles. Nous avons choisi de proposer des groupes de paroles féministes aux adhérent-es et non adhérent-es de notre association.

Mixité, non mixité, groupes de paroles

Ces espaces libres sont pensés pour être les plus “safe” et secures possibles. Ils sont des parenthèses dans nos vies dominées par le patriarcat (au travail, à la maison, dans la rue). Si notre association se confronte aux réalités du sexisme, et que son objet même est la lutte acharnée contre le patriarcat, nous n’avons pas pensé ces temps de dialogue comme des moments de confrontation. Au contraire, ils sont des bulles hors des vies quotidiennes qui permettent d’interroger nos ressentis, nos comportements, ceux de nos proches, et de trouver un miroir bienveillant et constructif. Nous pensons que les hommes, aussi intéressés et aussi motivés soient ils par l’égalité des sexes et des genres, n’ont pas accès à un mode de parole ou d’échange hors de sa construction patriarcale.

Nous choisissons donc de proposer une majorité de groupes de parole en non mixité. Aux gars, par un gars : ce que la non-mixité femmes a changé pour moi. Si vous emmerdez les luttes féministes, alors vous êtes des ennemis politiques, dites-le clairement.

Aux gars, par un gars : ce que la non-mixité femmes a changé pour moi

Dans ce cas-là, merci de laisser ce site internet aux personnes qui se battent pour leur libération, et écrivez ailleurs. Si les luttes féministes vous emmerdent, alors fermez-la et ne vous battez pas contre elles. Si vous croyez faire partie des luttes féministes, ça montre une certaine bienveillance et on pourra peut-être discuter, mais alors il va falloir être sincères, vraiment. Pas passer par 4 chemins et se chercher des excuses, ni se victimiser. Surtout écouter, écouter, écouter...

On va commencer par le début : j’suis un gars aussi, hétéro, et pendant longtemps j’ai pensé être féministe, connaître cette lutte. C’est pas moi qui me fait siffler dans la rue. C’est pas moi qui me fait violer ; si ça arrive, y’a très peu de chances que ce soit une meuf qui passe à l’acte sur mon corps. Ne me liberez pas je m'en charge. Tout comme j’avais été pour le moins dubitative d’apprendre qu’un homme était derrière le mouvement Femen.

ne me liberez pas je m'en charge

J’ai bien senti que cette affirmation provoquait quelques interrogations et qu’il flottait dans l’air un discret soupçon de misandrie à mon encontre. Comme cette question a fait l’objet d’un débat très intéressant sur Twitter entre @Catnatt @fsoulabaille (qui en a d’ailleurs fait un billet), @lactualaloupe et moi-même, j’ai décidé d’en faire un post, moyen beaucoup plus pratique pour s’expliquer que 140 caractères. Oui, je suis définitivement opposée à ce qu’un homme dirige un mouvement ou un journal féministe. Tout comme je suis favorable à la non-mixité au sein des mouvements féministes. Cela ne fait pas pour autant de moi une misandre engluée dans sa détestation générale des hommes. Car même avec la meilleure volonté du monde, il est extrêmement difficile de s’extraire de ses conditionnements genrés, avec, en corollaire, le risque d’une confiscation du pouvoir.

La non-mixité : une nécessité politique. La ségrégation, c’est-à-dire la séparation imposée, l’accès réservé à certaines places ou certains espaces sociaux, est une des principales formes que prend la domination – que ce soit la domination des riches sur les pauvres, celle des hommes sur les femmes ou celle des blancs sur les non-blancs.

La non-mixité : une nécessité politique

Mais ce n’est pas la seule : de nombreux mécanismes de domination perdurent au sein même des espaces sociaux mixtes, malgré la mixité, voire parfois grâce à elle. C’est ce que montre Christine Delphy dans le texte qui suit : la mixité n’est pas en elle-même un bien qu’il faudrait opposer sans discernement à une non-mixité forcément « enfermante » et « étouffante » ; la non-mixité n’est en fait oppressante que lorsqu’elle est subie, au même titre que peut être oppressante une mixité ou une proximité subie. Je voudrais parler ici des différents sens de la mixité, en particulier mais pas exclusivement de la mixité entre les sexes, et de la non-mixité. Y en a marre de ceux qui en ont marre de la non-mixité. Une réponse de plus au texte "y en a marre de la non-mixité", publié il y a quelques jours sur indymedia nantes. … Dur dur d’être un militant anti sexiste quand on est un mec.

Y en a marre de ceux qui en ont marre de la non-mixité

Oui hein, on a beau faire des efforts, ces grincheuses de féministes sont toujours là pour jouer les troubles fêtes et imposer proposer des pratiques de non mixité ! Un peu de paternalisme… Parce que les auteurs sont sympas, ils ne font pas que critiquer, ils nous donnent des conseils pour nous améliorer, chouette ! En début de texte, ils prennent quand même la peine de nous dire qu’il y a aussi des filles qui exercent des rapports de domination, et ce même au sein des réunions non-mixtes.