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Entretien avec Wajdi Mouawad - Incendies. Pourquoi présenter ensemble vos quatre dernières pièces ?

Entretien avec Wajdi Mouawad - Incendies

Comme la notion de narration est importante dans ces quatre pièces, il faut en parler en racontant une histoire, celle d’un rêve de théâtre né d’une passion. Un rêve hors de toute raison qui m’est venu un jour dans la rue, quand j’ai imaginé la dernière pièce de ce qui est en train de devenir un quatuor. J’ai eu en même temps l’idée de Ciels et le désir de réunir toutes les équipes avec lesquelles j’avais créé les trois premières pièces : Littoral, Incendies et Forêts. Ces quatre aventures ont été primordiales dans ma vie et pas seulement du point de vue théâtral. Je voulais qu’elles se rencontrent et s’entrecroisent. Cette idée de construire un quatuor vous est-elle venue dès l’écriture de Littoral ?

Non, c’est après Incendies. Mais cet enchaînement était-il réfléchi pour en arriver à ce vaste projet Le Sang des promesses ? Non. La première phrase de Ciels dit : « Vous nous avez habitués au sang ». Et pour Incendies ? Entretien avec Wajdi Mouawad - Seuls. Vous avez écrit Littoral (1997), Incendies (2003) et Forêts (2006) en étroite collaboration avec les comédiens rassemblés pour l’occasion.

Entretien avec Wajdi Mouawad - Seuls

Comment s’articulent les diverses étapes d’un processus de création dans lequel écriture dramatique et écriture scénique semblent inextricablement entremêlées ? Il est important d’imaginer ce que c’est qu’un groupe de personnes qui, rassemblées pour faire du théâtre ensemble, passent leur temps à se demander si ce qui est en train de se construire est valable ou non.

Cette chose sur laquelle nous sommes penchés est un spectacle à venir. Nous le regardons chacun depuis notre fenêtre, si je puis dire, et nous tentons de dire aux autres ce que nous observons depuis cette fenêtre. L’effort ne consiste donc pas à dire des choses intelligentes, mais à dire réellement ce que nous observons. Quelle fable raconte Seuls ? Il m’est extrêmement pénible de répondre aux questions liées à Seuls car je suis en train de le rencontrer. Je ne sais pas trop. Ajax, entre tragédie et cabaret comique. «Ajax», entre tragédie et cabaret comique Scène Wajdi Mouawad poursuit son exploration des tragédies de Sophocle Dans cette création, il mélange ironie et poésie pour retrouver l’évidence de la joie Ajax est un spectacle aéré.

Ajax, entre tragédie et cabaret comique

Pas aérien, ce qui sous-entendrait une élévation, une verticalité. Vraiment aéré, dans le sens où Wajdi Mouawad a mis de l’air dans sa douleur, de la lumière dans ses idées. «Un cabaret pour retrouver les gestes de l’évidence de la joie.» Il y a cependant un conflit, ou plutôt une polémique, qui a terrassé le poète au verbe ailé: la tempête médiatique qui s’est déchaînée en 2010, lorsque Wajdi Mouawad a convié Bertrand Cantat, ex-chanteur de Noir Désir et meurtrier de Marie Trintignant, à participer à sa trilogie Des Femmes, déjà inspirée de Sophocle. Pari réussi? Evidemment, la tragédie perd en force avec ce traitement. Peu importe. Ajax, jusqu’au 26 janvier. La tempête médiatique qui s’est déchaînée autour de Bertrand Cantat a terrassé le poète au verbe ailé. Un polar fantastique signé Wajdi Mouawad au Théâtre du Crève-Cœur à Cologny. Critique: «Assoiffés» à Cologny Folle histoire d’eau au Crève-Cœur Entrer en scène, c’est parfois comme se jeter sur le ballon.

Un polar fantastique signé Wajdi Mouawad au Théâtre du Crève-Cœur à Cologny

C’est ce que l’acteur Lionel Brady fait depuis mardi au Théâtre du Crève-Cœur à Cologny. Il est en pétard et il est formidable. Il s’arrache à de mauvais draps. L’auteur Wajdi Mouawad, 46 ans, saute à la gorge d’entrée de jeu, c’est une affaire de technique et de tempérament. C’est que Wajdi Mouawad entend des voix, celles de son enfance à Beyrouth où il naît en 1968; celles des infortunés de la guerre civile qui ravage son pays; celles de sa nouvelle vie au Québec dès l’adolescence. Assoiffés est une histoire d’eau. Mal monté, Les Assoiffés pourrait virer psychodrame.

Wajdi Mouawad sur la question de la violence dans Incendies.