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A Vienne, l’immeuble participatif qui intrigue le monde entier. Situé dans la capitale autrichienne, le Wohnprojekt, un édifice en bois de huit étages, est aujourd’hui l’un des exemples les plus aboutis d’habitat participatif en Europe. LE MONDE | 25.04.2018 à 14h52 • Mis à jour le 26.04.2018 à 09h43 | Par Jessica Gourdon (envoyée spéciale à Vienne) Anna Wieser termine d’inspecter la chambre. Les serviettes sont bien rangées dans la salle de bain, la pièce est aérée. Cette jeune retraitée est chargée, avec deux autres résidents, de gérer les trois chambres d’amis de son immeuble. Au huitième étage, celles-ci partagent une cuisine, et leurs baies vitrées donnent sur un toit terrasse commun à tous les habitants, avec grande table et barbecue. « Ici, chacun s’occupe d’une partie commune.

Situé à Vienne, le Wohnprojekt a tout d’une petite utopie. Avec le soutien de la ville de Vienne En effet, sans la mairie de Vienne, le Wohnprojekt n’aurait pas pu voir le jour. La réussite du Wohnprojekt vient sans doute d’une certaine forme de discipline. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, veut enfermer le temps dans un tombeau pharaonique. Que feriez-vous si vous étiez l’une des plus grandes fortunes du monde ? Vous enverriez, comme Elon Musk, votre décapotable dans l’espace ? Vous dépenseriez sans compter, comme Bill Gates, dans des fondations humanitaires ? Vous achèteriez compulsivement, comme Bernard Arnaud, des œuvres d’art ? Vous réserveriez des places pour le premier vol sur Mars ? Jeff Bezos, le patron d’Amazon, première fortune du monde selon le classement Forbes, a eu une autre idée. . « Des civilisations entières apparaîtront puis disparaitront, de nouveaux systèmes de gouvernement seront inventés, nul ne peut imaginer ce monde futur.

Le patron d’Amazon voit toujours les choses en grand. Une horloge qui pourra être observée à travers les âges futurs, qui pourra évoluer lorsque ceux qui viendront après nous le décideront. Haute de 152 mètres, l’Horloge est pensée « pour être un symbole, une icône de la pensée à long-terme », a commenté le milliardaire, dans un tweet, mardi 20 février. Le « Faire » : une nouvelle façon de se réaliser ? Au cours de la dernière décennie, économistes et psychologues ont été de plus en plus nombreux à se pencher sur les ressorts du bonheur ou, à tout le moins, du « bien-être subjectif ». Ils convergent en général autour de l’idée que, passé un certain seuil, consommer plus ne rend pas plus heureux.

À cette limite endogène des promesses de la société de consommation s’ajoute avec de plus en plus d’évidence l’impasse écologique à laquelle mène la logique du toujours plus. Faut-il pour autant rejeter en bloc la consommation et promouvoir la frugalité ? Outre que ce serait négliger le rôle de la consommation dans le circuit économique, la radicalité d’une telle posture pêche par son manque de nuance. Les travaux de recherche récents mettent de plus en plus l’accent sur la distinction entre deux approches du bonheur. Mais cette dynamique de l’« avoir » à l’ « être » peut également conduire à s’intéresser au « faire ». Le psychologue M. Dans la même thématique : Ruwen Ogien : «La maladie est une bouffonnerie sociale où soignants et patients jouent un rôle selon un scénario écrit d’avance»

Rester maître de soi-même dans les pires moments, ne pas subir les injonctions morales de l’autre, surtout quand il est en position de domination. Dans Mes Mille et Une Nuits (Albin Michel), le philosophe Ruwen Ogien décrit les relations forcément inégalitaires entre le malade et sa maladie, entre le médecin et le patient. Atteint d’un cancer depuis quatre ans, l’intellectuel fait de son expérience un laboratoire de recherche où ses meilleurs outils sont la philosophie, l’humour et la littérature. Connu pour ses travaux sur la morale et la liberté, défenseur d’une éthique minimale, il s’attache, en toutes circonstances, à extraire l’individu de tout moralisme qui pourrait contrevenir à son indépendance d’esprit et d’action. Des séances de chimio aux séjours à l’hôpital, de la solitude du malade qui compte scrupuleusement le nombre de pilules à avaler chaque jour à la peur d’être considéré comme «un déchet social», il décrit un monde régi par le dolorisme et la comédie humaine.

Retrouver le sommeil, une affaire publique. Nous avons tous besoin d’une quantité incompressible de sommeil de bonne qualité, en deçà de laquelle la santé et les capacités de travail ou d’apprentissage sont mises en cause. Or les conditions d’un bon sommeil sont largement conditionnées par l’environnement physique, culturel et social. Un rapport publié par Terra Nova en 2016 explore le sommeil sous tous ses aspects : la santé publique et la sécurité (consommations de médicaments, sécurité routière), le travail de nuit, le sommeil des enfants et des adolescents, mais aussi les effets du bruit et de la pollution lumineuse, ou encore les inégalités sociales produites ou révélées par le sommeil. Sept axes de propositions, assorties de recommandations concrètes, répondent au diagnostic formulé dans ce rapport.

Comme tant d’autres sujets de société, le sommeil est ordinairement tenu pour anecdotique, relevant de l’intime, des petits plaisirs ou désagréments de la sphère privée. Dans la même thématique : Après le burn-out et le bore-out, voici le brown-out. Cette nouvelle pathologie touche le salarié laminé par l’absurdité quotidienne des tâches à accomplir. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Nicolas Santolaria Reconnaissons au moins ce mérite au monde du travail : il produit des pathologies professionnelles sans cesse renouvelées, résultant du caractère protéiforme des tortures qui sont infligées au salarié. Cousin éloigné de l’antique bûcher, le burn-out, cette « consumation » par excès d’investissement, est désormais entré dans le langage courant. Le mail professionnel reçu à 1 heure du matin – et auquel on se sent obligé de répondre – participe de cette dynamique crématoire qui finira par transformer l’employé trop zélé en petit tas de cendres fumantes.

Si, en revanche, votre entreprise ne vous donne rien à faire, vous risquez alors d’être aspiré dans un tourbillon de vacuité que l’on nomme le bore-out. Baisse de courant psychique La pire part de soi-même Concassage de l’individu Lire aussi : Merci patron. La dictature de l’insomnie. Dormir comme un loir, traîner au lit, s’amouracher de son matelas à mémoire de forme… c’est fini. Dans une société qui produit, consomme et tweete 24 heures sur 24, le sommeil est devenu une tare qui nuit à l’accomplissement de soi… Tim Cook, le patron d’Apple, se lève à 3 h 45 du matin pour répondre à ses courriels, Jack Dorsey, fondateur de Twitter, à 5 h 30, et Anna Wintour, la grande patronne de Vogue, n’arrive jamais au bureau après 6 h.

À cette heure-là, le politique Pierre Maudet est déjà levé depuis deux heures, et Robert Iger, p. -d.g. de Disney, a couru 10 kilomètres et lu 10 scripts. Des feignants comparés à Jean-Claude Biver, président de Hublot et p. -d.g. de TAG Heuer, qui affirme être sur le pont dès 2 h 30 du matin. « Ils disent que dormir est un cadeau de Dieu, je ne l’ai jamais reçu », fanfaronne également Indra Nooyi, patronne de PepsiCo, qui a déjà accompli une journée entière avant le lever du soleil. Dévots de l’aube Inutile rêverie Humeur exécrable. Au Japon, on loue un "brave type" pour se confier. Nombre de Japonais, des adolescents aux seniors, en mal de confident, ressentent le besoin de parler à des oreilles "neutres" sans pour autant aller s'allonger sur le divan d'un psychanalyste.

La solution : louer un "brave type". Le service s'appelle "ossan rental", le premier terme désignant littéralement un homme entre deux âges (45-55 ans). Il en coûte 1.000 yens (8,5 euros) par heure. L'idée a germé il y a quatre ans dans la tête du styliste indépendant Takanobu Nishimoto. Il a commencé par se mettre lui-même en location. "Ce service, c'est pour moi un loisir avant tout, avec l'idée initiale d'améliorer l'image des hommes de mon âge un peu défraîchie et dont on a tendance à se moquer", explique-t-il à l'AFP, entre deux "clients". De la mamie gâteuse à l'ado rêveuse "J'ai vécu beaucoup de moments émouvants et même si à plusieurs reprises j'ai songé à arrêter, en fait, ce service et ces rencontres me sont, je crois , devenus indispensables. Des "ossan" à louer, le service de M.

Ralentir le temps, une cause existentielle. Le mode d’engagement de certains jeunes militant écologistes présente un aspect paradoxal. Alors que, pour le sens commun, lutter pour une cause politique exige d’agir plus vite et plus fort que la moyenne des gens, le style de vie qu’ils préconisent va dans l’autre sens : ralentir ses déplacements, consommer peu, réduire son empreinte sur le monde, désencombrer sa vie… La sociologue Emeline de Bouver a enquêté sur les « simplicitaires » et « coachs alternatifs » pour qui faire son potager, construire un four solaire, utiliser des transports lents participent, au même titre que manifester, à l’engagement. Cette « simplicité volontaire » s’accompagne d’une valorisation de disciplines corporelles et spirituelles qui visent à un recentrement sur soi, et passent par des moments de retraite et de méditation, yoga, tai chi, etc. Aussi, E. de Bouver pose la question : s’agit-il d’une nouvelle façon d’agir politiquement (qu’elle appelle « militantisme existentiel ») ou d’autre chose ?

Quand les salariés font face à la souffrance éthique. LE MONDE | • Mis à jour le | Par François Desnoyers Le même scénario s’est répété en 2009 et 2011. La direction de ce groupe industriel a appelé Sabine, la responsable de la filiale française. Elle lui a donné pour consigne de supprimer des postes. Sabine a tenu, comme les autres salariés, à témoigner sous couvert de l’anonymat. « Qu’allaient devenir ces ouvriers qui pouvaient avoir trente ans d’ancienneté ? C’est quelque chose qui me terrifiait. Elle doit agir à contre-courant de ce que sa morale lui dicte.

L’histoire de Sabine est aussi celle de ces soignants qui doivent faire sortir plus vite qu’il ne le faudrait des patients de l’hôpital afin de libérer des lits. Ce ne sont pas tant les injonctions des supérieurs que la participation active à sa propre douleur qui rend la souffrance si vive. « C’est une trahison de soi, résume Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale à l’université Paris-XIII.

Des parades « Éviter de percevoir sa complicité » Des mutineries individuelles. Le retour de la mère parfaite. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Zineb Dryef Enfants assortis au canapé, balades en forêt et goûters d’anniversaire « home made » : les « happymamas » sont devenues les attachées de presse de leur bonheur familial très scénarisé. On la croyait disparue, la femme en robe pastel et aux cheveux figés qui, en attendant le retour de son mari et de ses enfants, préparait des gâteaux dans une cuisine immaculée. Délivrée de sa souveraineté domestique – astiquer, repasser, aspirer, cuisiner et sourire ; reléguée dans les archives sexistes des publicitaires.

On croyait la parfaite ménagère des années 1960 définitivement enterrée. Mais la voilà ressuscitée sur les réseaux sociaux. Désormais active, sportive et libérée du patriarcat, l’icône s’est modernisée. Quand elle n’est pas en voyage, en réunion ou au yoga, elle trône, gracieuse et souriante, dans un intérieur où la vaisselle est délicate, les fleurs fraîches, les tapis berbères, les canapés scandinaves et les brioches home made.

L'invasion des «métiers à la con», une fatalité économique? «Avez-vous l’impression que le monde pourrait se passer de votre travail? Ressentez-vous la profonde inutilité des tâches que vous accomplissez quotidiennement? Avez-vous déjà pensé que vous seriez plus utile dans un hôpital, une salle de classe, un commerce ou une cuisine que dans un open space situé dans un quartier de bureaux? Passez-vous des heures sur Facebook, YouTube ou à envoyer des mails persos au travail? Avez-vous déjà participé à un afterwork avec des gens dont les intitulés de jobs étaient absolument mystérieux?

Si vous avez répondu oui à plusieurs de ces questions, vous faites sans aucun doute possible partie de cette population qui occupe un «boulot à la con», ou «bullshit job», comme les nomme l’anthropologue anglais David Graeber. Strike! Or, le progrès n’a fait depuis que nous donner des raisons supplémentaires de travailler, dans des métiers que même ceux qui les occupent trouvent parfois profondément inutiles.

Parlons-en! Et bien aujourd’hui, nous allons en parler. Bullshit jobs / Les emplois de pacotille : étude d'un phénomène moderne - ContrescarpeContrescarpe. Traduction de « On the Phenomenon of Bullshit Jobs« , publié par David Graeber le 17 août dans Strike! Magazine En 1930, John Maynar Keynes prédisait que, d’ici la fin du siècle, la technologie aurait suffisamment progressé pour que les pays les plus développés puissent fonctionner avec une semaine de travail de 15 heures. Tout nous pousse à croire que c’est effectivement possible.

Et pourtant, rien ne se passe. Pourquoi cette utopie promise par Keynes, utopie que certains espéraient encore dans les années 60, ne s’est-elle pas réalisée ? Quelles sont ces nouveaux emplois ? Ce sont les postes que je propose d’appeler « emplois de pacotille« . Il y a un mystère : qui s’occupe d’inventer ces affaires inutiles, dont le seul but est de nous occuper ? Aucun bon sens économique ici. Je contemplais un jour la croissance sans fin visible des services administratifs dans les départements de l’éducation britannique, et je crois avoir brièvement aperçu l’enfer sur terre. Citation de Robert Kennedy. La mémoire : une construction collective. On ne mémorise pas seul, mais sous l’influence d’un contexte social : la formation et l’oubli des souvenirs personnels sont tributaires de notre culture. L’étude de la mémoire en neuropsychologie et en neurosciences cognitives a fait l’objet récemment d’un « tournant social ».

Il correspond à la prise en compte croissante de l’influence des rapports interpersonnels et de l’environnement sur la formation de nos représentations mnésiques. Une première approche, qui relève de la psychologie et des neurosciences, favorise la description de la mémoire au niveau de l’individu mais en l’intégrant dans un contexte collectif. Une seconde approche, qui relève plutôt des sciences sociales, s’intéresse aux ressources sociales et culturelles de la mémoire. Ces deux approches, l’une centrée sur l’individu et l’autre englobant le corps social et culturel, semblaient difficilement conciliables.

Une mémoire partagée Le schéma comme concept fédérateur L’influence des schémas s’observe même chez l’animal.