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Politique

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Face au Front National : réponse aux pompiers pyromanes qui ont voté Macron. Vous avez voté pour Macron et vous venez nous faire la leçon : il faut faire barrage au Front National. « Faire barrage » : les mots vous évoquent des corps tendus contre l’assaut. Vous vous imaginez en héros de la lutte pour la République. A moi, ils n’évoquent qu’un bête mur de béton qui retient l’eau qui monte.

Elle n’en finit pas de monter depuis cinq ans. C’est un fait objectif : jusqu’en 2012, le vote Front National était encore flottant, versatile, contestataire. Peut-être n’êtes-vous pas convaincus ? Combattre le Front National, c’est aussi pour vous une affaire de mots. L’eau finira par déborder. Vous n’en avez évidemment pas conscience mais si nous avons lutté contre vous, c’est encore pour combattre le Front National.

Vous, si fiers d’aller dans quinze jours faire barrage au Front National, ne vous rendez pas compte que vous êtes son fidèle allié. Que ferons-nous dans quinze jour ? Lawrence Lessig : « Le problème de la démocratie actuellement c’est qu’elle n’est pas représentative » Dans une interview au « Monde », Lawrence Lessig, professeur à Harvard et l’un des principaux penseurs d’Internet, défend une réforme de la démocratie américaine. LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Martin Untersinger Lawrence Lessig est un des principaux penseurs d’Internet. Le premier livre de ce professeur de droit à Harvard, Code, anticipait en 2000 les lignes de tensions et les grandes évolutions d’Internet.

Il se bat depuis maintenant plusieurs années pour rendre le système politique américain plus représentatif, notamment en y diminuant l’influence de l’argent. Lire aussi : L’esprit d’Aaron Swartz plane toujours sur le Web Il a récemment contribué à Celui qui pourrait changer le monde, un ouvrage dédié au prodige du Net Aaron Swartz paru mardi 21 mars en France aux éditions B42. Vos idées sur la démocratie et celles d’Edward Snowden semblent partir dans des directions différentes. C’est certainement vrai. La technologie peut aider à y parvenir ? Bien sûr. Absolument. Robert Littell : « Confrontés au torrent d’insultes de Trump, les espions ont riposté » Robert Littell, auteur du « Grand roman de la CIA », s’interroge : « le locataire égocentrique de la Maison Blanche » « deviendra-t-il un jour adulte » ?

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Robert Littell (écrivain) « Un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme », disait Winston Churchill à propos de la Russie en octobre 1939. « Le déni enveloppé de ressentiment au sein d’une colère aveuglante », écrivait, le 18 février, le quotidien israélien Haaretz à propos de Donald Trump. Le locataire égocentrique de la Maison Blanche commet en moyenne une bourde par jour depuis qu’il a pris ses fonctions, ce qui n’a rien de surprenant puisqu’il est un président stagiaire. Mais la plus énorme remonte au temps de sa campagne, à l’époque où il n’imaginait pas qu’il puisse remporter l’élection et devenir président – reste à savoir s’il le souhaitait, mais c’est une autre histoire. Torrent d’insultes. L'argent, le nerf de la guerre électorale. On a tendance à se figurer une campagne présidentielle sous l’angle d’une confrontation d’idées ou de programmes, éventuellement sous l’aspect de la stratégie des candidats, mais la question de son financement est le plus souvent négligée par les commentateurs, hormis dans les périodes de scandales financiers.

C’est à première vue compréhensible. Il est en effet difficile de s’y retrouver dans ces réglementations électorales complexes, tant cette question est technique, opaque, et pour le dire plus franchement, parfois rébarbative. Elle est pourtant décisive. D’abord parce que les scandales autour du financement de la vie politique contribuent à ternir l’image du personnel politique à travers des pratiques que les Français réprouvent, même s’ils n’en comprennent pas toutes les modalités. Ensuite parce que l’enjeu du financement des campagnes électorales pose la question de la place de l’argent en démocratie et de celle de l’Etat dans le système politique. Intervenants. Où va l’argent de l’Etat ? Visualisez en un coup d’œil le budget 2017. Pour la première fois depuis cinq ans, l’éducation nationale sera en 2017 le premier poste de dépenses de l’Etat. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Maxime Vaudano Le gouvernement a procédé mercredi 28 septembre au rituel annuel de la présentation de ses grandes orientations pour le projet de loi de finances 2017, c’est-à-dire du budget de l’Etat pour la dernière année du mandat.

Lire : Budget 2017 : le gouvernement maintient son objectif d’un déficit public ramené à 2,7 % du PIB Pour vous permettre de vous faire une idée des grandes masses de ce budget, nous l’avons représenté sous la forme de 100 petits carrés : avec un peu plus de 50 milliards d’euros, l’école (ou, plus précisément, l’« enseignement scolaire »), représente presque 13 % du budget. Le gouvernement veut utiliser les moyens supplémentaires dégagés cette année pour l’école, avec en ligne de mire la concrétisation de la promesse présidentielle de créer 60 000 postes avant la fin du quinquennat.

L’autodestruction du Parti socialiste, par Rémi Lefebvre (Le Monde diplomatique, juillet 2016) Pour le Parti socialiste (PS) français, l’heure du bilan approche. Rarement un parti aura été aussi rapidement abîmé par son passage aux affaires. En 2012, il tenait l’ensemble des pouvoirs entre ses mains. Quatre ans plus tard, il a perdu un nombre considérable d’élus et, à moins d’un an de l’élection présidentielle, la cause paraît entendue : M. François Hollande, qui se prépare à l’évidence à solliciter le renouvellement de son mandat, n’est même pas assuré de figurer au second tour.

L’impopularité du président comme celle de son premier ministre battent des records historiques. Les défaites à toutes les élections intermédiaires n’ont en rien arrêté la fuite en avant libérale dont la « loi travail » marque l’apogée. Se dirige-t-on vers la fin du PS ? Si leur stratégie apparaît incertaine, elle dérive d’un postulat qui fonde la cohérence et la constance du gouvernement : la politique menée, aussi suicidaire qu’elle puisse paraître, n’est pas négociable.

La stratégie de M. Yves Sintomer : "La France peut évoluer vers un régime autoritaire" Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris 8, spécialiste de la démocratie participative et délibérative, a surpris son auditoire mardi 9 février, lors d'une conférence sur l'avenir de la démocratie à l'UCL (University College of London), en affirmant qu'il n'était pas à exclure de voir la France évoluer rapidement vers un régime autoritaire.

Il déroule ici son raisonnement. Vous avez récemment déclaré, lors d'une conférence à Londres que, parmi les pays occidentaux, la France était celle qui risquait le plus de verser dans un régime autoritaire. Comment en arrivez-vous à une telle conclusion ? - Notre conférence portait sur l'avenir des démocraties. Nos vieilles démocraties, en Europe et en Amérique du Nord, traversent une crise de légitimité profonde, marquée par une défiance de plus en plus importante vis-à-vis des gouvernements et des élites. Muter dans quel sens ? - Trois scénarios me semblent réalistes. Troisième scénario, celui de l'autoritarisme. Dominique Rousseau : « Le numérique signe la fin du droit des Etats » Face à l’accélération du monde, comment penser le monde de demain et poser des limites ? Quels sont les contre-pouvoirs dans cette civilisation numérique qui réinvente les relations entre gouvernés et gouvernants ? En amont de la table ronde sur le thème « Civilisation numérique : quels contre-pouvoirs ?

», organisée dans le cadre du Monde Festival et animée par Laure Belot, Le Monde publie une série d’interviews afin de nourrir le débat. Pour Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, le numérique oblige à repenser le droit au-delà des souverainetés nationales. Le droit semble dépassé par la nouvelle civilisation numérique ? Comment analysez-vous la situation ? Ce n’est pas le droit qui est « dépassé » mais « la forme nationale du droit ».

Lire aussi Réinventer l’Etat face à l’accélération numérique Est-ce un problème culturel, constitutionnel ou autre ? Tout à la fois ! Comment aborder ces transformations ? « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité », par Giorgio Agamben. Pour le philosophe italien, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie.

Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie.

Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lire aussi Faut-il constitutionnaliser l’état d’urgence ? Entretenir la peur Aucun sens juridique. Refusons l’extension de la déchéance de la nationalité ! Par Patrick Weil et Jules Lepoutre Après que François Hollande a déclaré au Congrès du 16 novembre vouloir « pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né français, je dis bien “même s’il est né français” dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité », voilà que le gouvernement demande au Conseil d’Etat s’il n’est pas nécessaire de modifier la Constitution pour mettre en œuvre la proposition du président.

La réponse est doublement : Non ! Non, juridiquement, et non politiquement au sens le plus noble du terme. Certes, depuis les lois du 7 avril 1915 et du 18 juin 1917, devenues permanentes par l’effet de la grande loi du 10 août 1927 relative à la nationalité, la déchéance de la nationalité s’est installée dans notre droit en visant principalement le Français naturalisé. En République en effet, tous les nationaux sont égaux devant la loi. Edouard Vaillant, le troisième homme du socialisme. Le citoyen Vaillant (1840-1915) fut en son temps le «3e homme» du socialisme français, aux côtés de Jean Jaurès (1859-1914) et de Jules Guesde (1845-1922).

Il est aujourd’hui, sauf peut-être dans son Berry d’origine, assez largement oublié. Il n’a pas laissé d’œuvre écrite derrière lui, pas de grand livre d’histoire ou de philosophie, de réflexions sur l’art ou la culture, ni même de texte politique fondateur. Il était d’apparence austère, d’un abord un peu rugueux, et il ne disposait pas de grands talents oratoires.

Faut-il pour autant réduire son parcours à celui d’un apparatchik avant la lettre, homme d’organisation et de propagande ? Edouard Vaillant est un laïque convaincu, et même un peu plus. Son athéisme militant le pousse à des positions que nous pouvons juger parfois extrêmes. Il est à la fois le théoricien de «l’action totale» et le grand-père de la CGT. Il n’est pas seulement l’homme du Berry et de la fierté ouvrière des quartiers populaires de Paris. Gilles CANDAR historien. En France, les femmes obtiennent le droit de vote. Pendant l’Occupation de nombreuses femmes ont rejoint les rangs de la Résistance. Un engagement qui conduira la France libre du général de Gaulle à reconnaître l’égalité économique et politique des sexes. Le résistant communiste, Fernand Grenier, défend fermement et avec obstination les droits politiques de la Française à l’assemblée.

Le 23 mars 1944, l’Assemblée consultative siégeant à Alger adopte le principe du droit de vote des femmes par 51 voix « pour » et 16 voix « contre ». Un mois après, le 21 avril, le général de Gaulle ratifie une ordonnance qui, à l’article 17, prévoit le vote des femmes et leur éligibilité : Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes.Les Françaises obtiennent enfin le droit de vote et celui d’être élues. Elles voteront pour la première fois en 1945 et entreront au Sénat en 1946. Le nouveau pouvoir politique, plus jeune, issu de la Résistance, reconnaît enfin aux femmes leur pleine responsabilité de citoyennes. Analyse. S'abstenir, c'est voter ! On l'avait vu aux élections municipales et départementales : la droite les a gagnées, un peu en nombre de voix, beaucoup en pourcentage, l'électorat de gauche étant resté à la maison.

Avec le FN, c'est encore plus spectaculaire. En 2012, Marine Le Pen faisait 17,90 % avec 6,4 millions de voix. Au premier tour des régionales, le FN atteint 27,73 % avec 6 millions de suffrages. Pourquoi ? Parce qu'en 2012, il y avait 36 millions de suffrages exprimés. L'abstention, premier parti ! Pour s'en tenir aux régionales, rappelons qu'elle était de 22 % en 1986, de 31,4 % en 1992, de 42,3 % en 1998, de 39,16 % en 2004 et de 53,67 % en 2010. Elle augmente, au fil des scrutins, au fur et à mesure que la politique perd du crédit. Mais il a été contrarié par d'autres éléments : une date peu propice (les fêtes), une élection découplée (avant, régionales et départementales étaient jumelées), un découpage et des compétences mal appropriés...

Elections régionales : les taux d'abstention depuis 1986. LE LENT ELOIGNEMENT DE JACQUES CHIRAC : Carnet de notes. I vous voulez que ça marche, demandez à Chirac », disait Pompidou, émerveillé par le culot, le dynamisme et l’efficacité de son jeune collaborateur. Mais depuis plusieurs mois, Jacques Chirac ne marche plus, ou à peine. C’est en fauteuil roulant qu’il effectue ses rares et brefs déplacements. Voilà pourquoi il a récemment déménagé et quitté le somptueux appartement du quai Voltaire, que lui prêtaient officiellement la famille Hariri depuis son départ de l’Elysée, pour un immeuble de la rue Tournon à deux pas du jardin du Luxembourg et de l’hôtel particulier de son ami François Pinault.

Voilà pourquoi Jacques Chirac ne se montre plus en public. Bernadette a fait « un mariage d’ambition » Sa vie fut un roman. Sa vie, il l’a effectivement dévorée, et brûlée par les deux bouts. Chirac tel qu’en lui-même, et c’est pour cela que les Français l’ont aimé… tout en se méfiant de lui. Invisible, et désormais silencieux Invisible, Jacques Chirac est également silencieux. Face à la montée du Front national. Le score réalisé par les listes du Front national (FN) au premier tour des élections régionales se nourrit d’éléments conjoncturels – la peur suscitée dans le pays par les attentats du 13 novembre –, mais il s’inscrit aussi dans une tendance longue alimentée par la crise économique, sociale et démocratique que connaît le pays. Le phénomène n’est pas uniquement français : on a vu également émerger des partis d’extrême droite xénophobes dans de nombreux pays européens au cours des dernières années et notamment en Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Pays-Bas, Suède et Suisse… Cette percée de l’extrême droite est malheureusement assez logique.

L’Europe connaît une crise identitaire profonde. Nous avons vécu en paix depuis 1945 et avons connu depuis cette date une période d’expansion économique sans précédent historique. Mais, dans le même temps, les pays européens ont perdu leur place dominante. Les anciennes colonies européennes se sont émancipées. En face, la gauche est divisée. C'est officiel, il n'y a plus de gauche en France. « Non, le FN ne tient pas un discours de vérité », par Olivier Py. Les inégalités de patrimoine sont la vraie fracture sociale. Paradoxes du stigmate : les représentations médiatiques de Marine Le Pen. Succès du FN et mensonge médiatique de base.

La responsabilité des média dans la montée du FN. Qui vote Front national en France ?