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Giorgio Agamben : « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité »

Giorgio Agamben : « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité »
Pour le philosophe italien, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lire aussi Faut-il constitutionnaliser l’état d’urgence ? Entretenir la peur Lire aussi Etat d’urgence : la carte des perquisitions administratives Aucun sens juridique Incertitude et terreur Dépolitisation des citoyens Related:  PolitiqueEtat d'urgence

Brûler, habiter, penser. À propos de « À nos amis » du Comité Invisible « Il sera donc de la règle de l’Europe de la culture d’organiser la mort de l’art de vivre. » – Jean-Luc Godard, JLG/JLG – Auto-portrait de décembre « Agir en primitif et prévoir en stratège. » – René Char, Feuillets d’Hypnos 1. Toute théorie de la révolution est un bilan de ses défaites. Voilà ce qui transparaît des premières pages de À nos amis, et distingue ce livre, malgré des continuités dans la verve comme dans les visées, de L’Insurrection qui vient. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. « Attaquer physiquement ces flux, en n’importe quel point, c’est donc attaquer politiquement le système dans sa totalité » (p. 93). 18. 19. 20. 21. « La vie est essentiellement stratégique » (p. 150). 22. 23. 24. 25. Texte initialement paru sur Mute Magazine : Traduit de l’anglais par Mathieu Bonzom, avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Bus, métros et trains, terrains d'expérimentation de l'ultra-répressif Le projet de loi sur les transports en commun finit actuellement ses allers-retours entre Assemblée nationale et Sénat. Il a fait peu de vagues. Le texte prévoit pourtant la création de nouveaux délits et des peines de prison pour tout ce qui concerne la fraude. Avez-vous entendu parler d’un projet de loi contre la fraude dans les transports ? De 6 mois de prison pour 5 PV impayés ou 2 mois pour avoir signalé à des amis des contrôleurs ? Comme les médias évoquent peu les implications de cette loi, prenons le temps de préciser les enjeux et où en est ce projet de loi. Des peines de prison pour tout La loi doit être adoptée début mars. l’élargissement considérable du délit de fraude par habitude, puni de 6 mois de prison et 7 500 € d’amende. 6 mois de prison et 45 000 € d’amende pour la publicité à une mutuelle de fraudeurs (article 8 ter) ; 6 mois de prison et 3 750 € d’amende pour « vente à la sauvette » dans les couloirs de métro ; Une déclaration de guerre aux pauvres.

"Réformer la Constitution sous un prétexte sécuritaire est consternant" A la suite des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, François Hollande a fait part de sa volonté de modifier la Constitution "pour permettre aux pouvoirs publics d'agir, conformément à l'Etat de droit, contre le terrorisme de guerre". > Attentats: suivez l'évolution des événements Ce mercredi, le gouvernement a annoncé les principales mesures du projet de loi de prolongation et de réforme de la loi de 1955 sur l'état d'urgence. Que pensez-vous des mesures annoncées par le gouvernement depuis les attentats? Certaines des mesures prises dès vendredi soir sont tout à fait justifiées. "La création de postes est une très bonne chose" L'annonce de la création de postes dans la police et la justice est également une très bonne chose. Mais une fois passée cette phase d'urgence, se pose la question à la fois de la légitimité et de l'efficacité des mesures d'exception.C'est le travail des services de renseignements qui est le plus efficace dans la lutte contre les réseaux terroristes.

Petite introduction au populisme de gauche - Le Vent Se Lève « Populiste ! » Aujourd’hui c’est devenu l’accusation facile, utilisée à tort et à travers et balancée au détour d’une phrase, souvent pour discréditer. Mais voilà, le populisme ça ne se résume pas à brosser le peuple dans le sens du poil en lui tenant des propos flatteurs pour se faire élire. Le populisme constitue une véritable stratégie politique qui est aujourd’hui plus que nécessaire pour renouveler une démocratie mal en point et aseptisée. La tyrannie d’un consensus bidon Aujourd’hui, dans un contexte d’hégémonie libérale où la moindre parole contre le libéralisme et l’orthodoxie économique est pointée du doigt comme un blasphème, quand on croise le mot « populiste » dans un article ou dans la bouche d’un de ces commentateurs indéboulonnables, c’est souvent pour signifier que la personne en question est démagogue. La philosophe Chantal Mouffe, aux côtés d’Ernesto Laclau, est la figure intellectuelle qui a remis le populisme de gauche à l’ordre du jour. Pour aller plus loin :

Yves Sintomer : "La France peut évoluer vers un régime autoritaire" Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris 8, spécialiste de la démocratie participative et délibérative, a surpris son auditoire mardi 9 février, lors d'une conférence sur l'avenir de la démocratie à l'UCL (University College of London), en affirmant qu'il n'était pas à exclure de voir la France évoluer rapidement vers un régime autoritaire. Il déroule ici son raisonnement. Vous avez récemment déclaré, lors d'une conférence à Londres que, parmi les pays occidentaux, la France était celle qui risquait le plus de verser dans un régime autoritaire. Comment en arrivez-vous à une telle conclusion ? - Notre conférence portait sur l'avenir des démocraties. Il est également illusoire de miser sur un retour en arrière, que ce soit vers un système fondé sur la compétition entre de grands partis de masse intégrant les couches populaires et dotés d'idéologies ou vers un système communiste, idée que caresse des philosophes en vogue comme Giorgio Agamben, Alain Badiou ou Slavoj Zizek.

Assigné - Télérama “On se retrouve dans un fichier sur la base d’une simple présence dans une manif, contre le nucléaire par exemple.” Joël est militant. Il fait partie des trois cent cinquante-quatre personnes assignées à résidence par la police au nom de l’état d’urgence. Pendant une journée, nous avons partagé sa routine imposée de détenu sans cellule. Récit. “J’ai trouvé une convocation dans ma boîte aux lettres, je me suis rendu au commissariat.” Le risque ? Six mois de prison ferme et 7 500 euros d’amende. On ne parlemente pas avec l’état d’urgence. “Avec l’état d’urgence, on fait disparaître des gens de leur quotidien, de leur entourage. On ne peut pas les neutraliser alors on les soustrait à la société.” “En mettant un policier dans chaque rue, on conditionne les gens à penser qu’on peut être frappés n’importe où. de protection et d’insécurité cohabitent.” Texte : Olivier Tesquet Photos : Ed Alcock / M.Y.O.P. pour Télérama Joël Domenjoud est un citoyen comme les autres. « J’ai une horloge dans la tête », se marre Joël.

Comprendre le monde, c’est déjà le transformer Le monde qui vient sera peuplé de robots, nous interviendrons sur nos gènes, nous fabriquerons artificiellement le vivant, nous vivrons dans des sociétés qui nous demanderont d’obéir à des décisions formulées par des algorithmes que nous ne comprendrons pas. Chaque jour, de nouvelles techniques, des avancées scientifiques, des faits de société, des modes de vivre, de travailler, de jouer, sont imaginés. Un monde allégé des contraintes matérielles et corporelles qui nous lient, justement, à ce monde, nous est promis. Mark Hunyadi fait partie de cette nouvelle génération de penseurs qui, armés d’un solide bagage théorique, décryptent nos sociétés dans ce qu’elles ont de plus actuel. Peut-on aujourd’hui exercer une critique sur le monde, sur le monde conçu comme un tout englobant, une critique, au sens large de la philosophie ? La démission de l’éthique Comment en est-on arrivé à cette situation ? L’éthique est ainsi devenue la complice du système. Ainsi, ne nous leurrons pas. Comment ?

Le ministère de la peur - par Éric Hazan Parmi les messages répondant à la tribune publiée le 25 janvier dans Libération, beaucoup reprennent joyeusement l’Invitation baudelairienne ( Allons ! ) mais d’autres sont plus circonspects : ils seraient d’accord pour aller, oui, « mais où ? » Cette question dénote moins un souci de clarification qu’une hésitation devant un terrain non balisé où il faudrait avancer sans carte – hésitation qui est un effet du gouvernement par la peur, partout imposé depuis que les révolutions anglaise et française ont ruiné l’idée qu’un pouvoir pouvait être légitime par sa seule existence. Dès lors – et ça fait un moment – tout gouvernement doit prouver qu’il a sa raison d’être et pour cela, l’artifice le plus efficace consiste à répandre la peur. « C’est nous ou le chaos » est un argument dont on peut remonter la trace jusqu’à l’été 1791, quand le côté droit de la Constituante l’avançait pour justifier l’invraisemblable maintien de Louis XVI sur le trône après la fuite à Varennes.

Antiterrorisme : le gouvernement compte faire entrer l’état d’urgence dans le droit commun Selon le projet de loi que « Le Monde » a pu consulter, les préfets pourront décider assignations à résidence et perquisitions, écartant de fait l’autorité judiciaire. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Jean-Baptiste Jacquin Le gouvernement d’Edouard Philippe se prépare à aller très loin dans la logique sécuritaire. Assignations à résidence, perquisitions administratives, fermeture de lieux de culte, zones de protection et de sécurité, toutes ces mesures emblématiques du régime d’exception créé en 1955 pendant la guerre d’Algérie et perfectionné par touches successives depuis les attentats du 13 novembre 2015, devraient se retrouver dans le droit commun avec quelques modifications marginales. La marque de fabrique de cette transposition est que l’autorité judiciaire est maintenue à l’écart. Bracelet électronique D’ailleurs, le ministère de la justice semble avoir été au second plan dans l’élaboration de ce projet de loi signé du seul ministère de l’intérieur.

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