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« De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité », par Giorgio Agamben

« De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité », par Giorgio Agamben
Pour le philosophe italien, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie. Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lire aussi Faut-il constitutionnaliser l’état d’urgence ? Entretenir la peur Aucun sens juridique

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/23/de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-securite_4836816_3232.html

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Pour Amnesty International, la dérive sécuritaire en Europe est dangereuse L’ONG recense une « avalanche de lois » remettant en cause les principes fondamentaux de la liberté et des droits humains dans quatorze pays de l’UE. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Jean-Baptiste Jacquin La vague terroriste islamiste qui a frappé plusieurs pays d’Europe depuis deux ans est parvenue à fragiliser le socle de valeurs qui faisait la force et l’unité du Vieux Continent. Tel est le constat alarmant dressé mardi 17 janvier par Amnesty International à l’issue d’une enquête menée sur deux années d’évolution législative dans quatorze pays de l’Union européenne (UE). « On est en train de démanteler pierre par pierre tout l’édifice de protection des droits de l’homme qui a été bâti depuis la seconde guerre mondiale », a dit John Dalhuisen, le directeur Europe et Asie centrale de l’association de défense des droits humains, lors d’une conférence de presse, à Paris.

Moralisation de la vie politique : une petite révolution se prépare "Il y a des années que je me bats avec l'idée que cette loi, nous devons l'écrire." François Bayrou a confirmé, lors de sa prise de fonction au ministère de la Justice, que la "loi de moralisation de la vie politique" serait l'acte fondateur du quinquennat. Le Garde des Sceaux avait fait de cette loi une des conditions de son "alliance" avec Emmanuel Macron : "Tout le monde sait ici que c'est une loi qui me tient particulièrement à coeur", a-t-il ajouté mercredi. Le projet sera sur la table du Conseil des ministres "avant les élections législatives".

Réforme constitutionnelle : la France de Hollande pire que les Etats-Unis de Bush Le président de la République s’apprête à présenter son projet de réforme constitutionnelle à ses ministres ce mercredi 23 décembre. Entre l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution, l’extension des mesure extra-judiciaires, la possible extension de la déchéance de nationalité, cette réaction aux attentats du 13-Novembre confirme la voie sécuritaire prise par l’exécutif français. Comme la loi sur le renseignement votée après les attaques de janvier, cette révision de la Constitution rappelle le chemin pris par les États-Unis après le 11 septembre 2001. Celui de la suspicion généralisée, de l’espionnage massif et du renforcement des pouvoirs de police au détriment de ceux de la justice.

Toulouse. l'observatoire de l'état d'urgence appelle à témoignages La Ligue des droits de l’Homme, le syndicat des avocats de France, le syndicat de la magistrature, ont décidé de mettre en place un « Observatoire de l’état d’urgence » dont le rôle sera l’identification des abus et des atteintes aux droits des citoyens. Depuis trois mois, sous l’autorités des préfets et sans contrôle préalable de la justice, la police peut entrer jour et nuit chez toute personne qu’elle considère comme « suspecte », perquisitionner lieux de travail ou domiciles et désormais prendre une copie du contenu des ordinateurs ou des téléphones mobiles. Pour faire face à cette situation d’exception, mais prévue par l’état de droit, la Ligue des droits de l’homme lance un appel a témoignage « auprès de personnes ayant subi des perquisitions ou des assignations à résidence ou des restrictions de leur liberté en particulier sur leur lieu de travail ». Des auditions seront conduites par l’observatoire, en respectant l’anonymat des personnes.

Refusons l’extension de la déchéance de la nationalité ! Par Patrick Weil et Jules Lepoutre Après que François Hollande a déclaré au Congrès du 16 novembre vouloir « pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né français, je dis bien “même s’il est né français” dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité », voilà que le gouvernement demande au Conseil d’Etat s’il n’est pas nécessaire de modifier la Constitution pour mettre en œuvre la proposition du président. La réponse est doublement : Non ! Non, juridiquement, et non politiquement au sens le plus noble du terme.

"Réformer la Constitution sous un prétexte sécuritaire est consternant" A la suite des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, François Hollande a fait part de sa volonté de modifier la Constitution "pour permettre aux pouvoirs publics d'agir, conformément à l'Etat de droit, contre le terrorisme de guerre". > Attentats: suivez l'évolution des événements Ce mercredi, le gouvernement a annoncé les principales mesures du projet de loi de prolongation et de réforme de la loi de 1955 sur l'état d'urgence.

Robert Badinter sur Emmanuel Macron : la justice "ne semble pas l’intéresser" Robert Badinter, l’ancien garde des Sceaux, a estimé qu’Emmanuel Macron "ne semble pas (s)’intéresser" à la justice. "En ce qui concerne les progrès nécessaires, on a le sentiment que ça ne l’intéresse pas. Le problème de la justice ne semble pas l’intéresser.

Etat d’urgence et désobéissance civile Les gouvernements successifs de François Hollande ont témoigné depuis 2012, sous réserve d’inventaire, d’une malfaçon législative, voire constitutionnelle, probablement sans précédent depuis 1958. Il ne peut dès lors être exclu, par hypothèse, que les décisions d’instaurer l’état d’urgence, conformément aux textes, d’abord pour douze jours, puis trois mois, sans même parler d’une éventuelle prorogation à ce terme, aient fait litière d’un examen approfondi de leur licéité. A l’identique, et sans doute plus grave encore, pour la notification à l’Europe que la France allait déroger aux protections afférentes à la Convention européenne des droits de l’homme.

Renseignement : la loi menace l’équilibre de notre démocratie Tribune Nous sommes pleinement conscients des menaces que les nouvelles formes de terrorisme font peser sur nos espaces démocratiques. La loi relative au renseignement adoptée récemment par le parlement français entend être la réponse la plus appropriée à ces menaces. Nous nous inquiétons toutefois très vivement d’un certain nombre de points inhérents à cette loi qui touchent, non seulement au respect des libertés individuelles, mais au sens que nous entendons conférer à la construction du vivre ensemble.

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