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« L’extrême droite essaie d’imiter le Canal+ des années 1980 » Pour le journaliste David Doucet, l’émergence d’une génération de militants familiers des codes du Web s’inscrit dans une stratégie de guerre culturelle. LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par William Audureau Ils affichent une grenouille rieuse comme emblème, partagent des blagues provocatrices sur les réseaux sociaux et incarnent la nouvelle jeunesse du Front national, jeune, connectée et insolente.

Ces néosympathisants issus des forums de jeux vidéo jouent un rôle essentiel dans le bras de fer culturel que le parti mène avec la gauche, estime David Doucet, coauteur de La Fachosphère (Flammarion, 2016). On a l’impression qu’une nouvelle génération de militants du Front national a émergé, très différente des militants traditionnels, plus connectée, plus à l’aise avec les codes du Web, plus insolente, aussi. Pierre Sautarel le reconnaît volontiers, tout le monde y était gagnant, chacun y gagnait de la notoriété. Quel est le profil de ces nouveaux militants ? Bien sûr que non. Comment des sites d’extrême droite fabriquent un récit « alternatif » de la présidentielle. Plongée dans la « contre-campagne » racontée par toute une galaxie de sites et comptes Facebook et Twitter militants. Sourire forcé, sur fond de musique d’ascenseur, Mike Borowski dépose la cerise sur le gâteau de sa dernière vidéo YouTube à charge contre Emmanuel Macron : l’ancien ministre aurait offert « 14 milliards d’euros de cadeaux fiscaux » au milliardairePatrick Drahi. « Au moins avec Monsieur Macron, lorsque vous êtes son ami, vous êtes bien traité », ajoute le militant.

Fondateur du site La gauche m’a tuer, ancien collaborateur de l’ex-député (alors UMP) Christian Vanneste, Mike Borowski se montre très actif depuis le début de la campagne pour attaquer les candidats qui lui déplaisent, Benoît Hamon et Emmanuel Macron en tête. Son site, ses profils Facebook et Twitter ainsi que sa chaîne YouTube regorgent de diatribes acerbes contre les candidats honnis. Les prétendues « informations », distillées comme autant d’évidences, y défilent à toute vitesse. Petit guide pour comprendre le langage des trolls d’extrême droite. Les néomilitants issus de la culture Web emploient de nombreux codes entre eux, que ce soit sur Twitter, Reddit, 4chan ou Jeuxvideo.com. Lexique. LE MONDE | • Mis à jour le | Par William Audureau et Corentin Lamy Ils sont royalistes, soraliens, marinistes, ou tout simplement nihilistes.

Depuis quelques années, tout un vocabulaire politique alternatif s’est développé dans les sphères politiques bercées par la culture Web. Arbre. Cuckservative. Cuck. Kek. Kekistan : par extension, pays fictif dont se réclament sur le ton de l’humour les membres du forum suprémaciste anglophone/pol, sur 4chan, et ce, quel soit leur véritable pays d’origine. Khey : (proncer « rè ») membre de la communauté des forums jv.com. Libtard. NEET. Noraj. Noix.

PC. PLS. RaHoWa. Réinformation. Shitposting. SJW. Quelques codes visuels ن : noun, lettre arabe et initiale du terme signifiant « nazaréen », par laquelle l’organisation Etat islamique a commencé à identifier les maisons de chrétiens d’Orient en 2014. Les forums de Jeuxvideo.com, fers de lance de la campagne de Marine Le Pen ? Régulièrement remercié par Florian Philippot, le forum Blabla 18-25 ans du site Internet est pourtant loin d’être une arme de guerre numérique au service du Front national. On les croyait morts, tués par les réseaux sociaux, enterrés dans le cimetière de l’Internet aux côtés de Skyblog et de Caramail, mais certains forums, à l’image de ceux de Jeuxvideo.com, deviennent, à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle, des espaces de débat politique. Frontistes et mélenchonistes, entre autres, s’y bravent, avec plus ou moins d’humour et de cordialité. Leur objectif, faire parler de leur candidat et tenter de convaincre les indécis.

Le forum est, à l’origine, un terrain de discussion sur les dernières sorties de jeux vidéo. Mais il attire un public plus large, avec des espaces thématiques allant du cinéma à la sexualité, en passant par des rubriques sans autre but que la simple conversation, à l’image du forum Blabla 18-25 ans, surnommé par ses fans le « 18-25 ». Les trolls sur Internet, nouveaux colleurs d’affiches du Front national. Anonymat, images de grenouilles et humour « limite » : une jeune génération d’internautes s’est approprié les codes de l’extrême droite américaine. LE MONDE | • Mis à jour le | Par William Audureau A partir du 31 mars, Le Monde publie une série d’articles sur les nouvelles formes du militantisme d’extrême droite sur Internet. Aujourd’hui, l’émergence d’une nouvelle génération de sympathisants bercés par les codes et l’humour provocateur du Web. « C’est une guerre culturelle. Nous nous sommes imposés comme la nouvelle contre-culture », fanfaronne Chepamec, étudiant de Sciences Po à l’origine de plusieurs salons de conversation en ligne très prisés des jeunes marinistes.

Il fait partie de la nouvelle génération de sympathisants du Front national, des militants souvent hors les murs, guère encartés, mais très actifs. Certains sont baptisés Pepe Le Pen, Général Pepenochet ou encore Kim-Jong-Unique. . « Peut-on accuser une grenouille de nazisme ? Combien sont-ils en tout ? Le Front national, un parti en quête de contrôle sur la Toile. Le parti de Marine Le Pen incite ses militants à être très présents sur Internet, tout en essayant d’encadrer leur activité pour éviter les risques de dérapage. LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Olivier Faye 29 avril 2015, à Strasbourg. Gaëtan Dussausaye, directeur du Front national de la jeunesse, anime une séance de formation pour une vingtaine de militants de son parti. Le jeune homme, proche du vice-président du FN Florian Philippot, interroge ses troupes : « Où chercher les informations ? Lire aussi : Les trolls sur Internet, nouveaux « colleurs d’affiches » du FN Etrange paradoxe que celui du Front national.

Des campagnes électorales parasitées Ce paradoxe s’applique aussi aux réseaux sociaux. . « Dès qu’un article vous semble douteux ou caricatural, n’hésitez pas à commenter », explique Estelle Arnal, membre de la cellule numérique du FN L’usage de la publicité négative Lire aussi : Militants, trolls, bots… la mobilisation en ligne des pro-Trump.