background preloader

Education

Facebook Twitter

Panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale en France. Les inégalités scolaires d’origine territoriale sont peu explorées et demeurent taboues dans une République une et indivisible. Aussi, le Cnesco a conduit une évaluation très fine des disparités scolaires d’origine territoriale en Île-de-France en se fondant sur la plus petite unité géographie établie par l’Insee, appelée IRIS ou plus communément, quartier. Ce découpage permet de révéler des inégalités invisibles à des niveaux d’études territorialement plus agrégés (par exemple au niveau communal).

Cette évaluation s’est appuyée sur un éclairage national des inégalités socio-spatiales à l’école. Elle révèle que dans des contextes socio-spatiaux et démographiques inégaux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources (humaines, budgétaires, offre de formation…) qui s’avèrent très variables selon les territoires.

La classification fine des territoires effectuée par le Cnesco fait apparaitre cinq types de territoires en Île-de-France. Les faux-semblants des filières d’excellence. Depuis juin 2017, Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l’Éducation nationale, est revenu sur la politique de réduction du redoublement et, à l’école élémentaire, a autorisé la semaine de 4 jours au lieu de 4 jours et demi. Il est aussi revenu sur une dimension essentielle de la réforme du collège entrée en vigueur à la rentrée scolaire 2016. Celle-ci se caractérisait notamment par une réduction de la diversité de l’offre pédagogique des établissements avec l’intégration des options latin et grec intégrées dans les EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires) et, mesure emblématique, la suppression des sections européennes et des classes bilangues (2 langues vivantes dès la sixième).

L’une et l’autre sont de nouveau autorisées. Le retour des filières d’excellence est-il souhaitable ou néfaste ? Quelles peuvent être les conséquences de cette décision ? Les arguments discutables en faveur des filières d’excellence Graphique 1 Filières d’excellence et dualisation du système éducatif. Garance, Apolline, Diane : ces prénoms qui trustent les mentions très bien. Le sociologue Baptiste Coulmont publie son palmarès 2018 des résultats du baccalauréat en fonction des prénoms. Sans surprise, les prénoms d’origine bourgeoise décrochent bien plus souvent la plus haute mention que les autres. Comme chaque année depuis 2012, le sociologue Baptiste Coulmont (chercheur au CNRS, professeur à Paris-VIII) a étudié les résultats au baccalauréat des 334 prénoms les plus courants.

Les résultats, publiés sur son blog, confirment les tendances : ce sont les prénoms qu’on retrouve dans les milieux intellectuels qui collectionnent les mentions très bien. Les prénoms bourgeois féminins en tête Ainsi, 25% des 243 bachelières prénommées Garance affichent plus de 16/20 de moyenne en 2018. Avec 22% de mention très bien, les Adèle, Alix, Anna, Apolline, Chiara, Diane, Eléonore, Héloïse et Joséphine arrivent sur la deuxième marche du podium, juste devant les Alice, Lucile et Marianne. Le prénom, indicateur de l'origine sociale (et donc de la réussite scolaire) On a coupé les enfants de la nature.

Ecrans, emploi du temps surchargé, peur de l’insécurité… tout retient la nouvelle génération à l’intérieur. Un constat inquiétant, tant jouer dans la nature est essentiel au développement humain. Un matin d’été, dans un centre de vacances de Montreuil (Hautes-Alpes), non loin de Grenoble, ­Caroline Guy entame un atelier de relaxation dans la nature avec un petit groupe de filles de 11 ans. Pour ­commencer, elle leur demande de se déchausser dans l’herbe. La réaction est unanime : « Quoi ? « Elle n’avait jamais marché pieds nus dans l’herbe et a trouvé ça génial, ­raconte Caroline Guy, trois ans plus tard. Y a-t-il beaucoup d’enfants qui n’ont jamais touché de l’herbe ? Les chances de s’émerveiller En l’espace d’une génération, ils sont rentrés dans les maisons. Dans les filières high-tech, la part des étudiantes diminue.

Le rapport « Gender Scan » alerte sur une « chute » de la proportion de filles s’orientant vers des filières de hautes technologies. Et note un recul de leur part dans les séries scientifiques et technologiques dès le lycée. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Adrien de Tricornot « Dans le secondaire, de même qu’au niveau de l’enseignement supérieur, la chute de la proportion de filles qui s’orientent vers les formations high-tech s’accentue » : telle est « l’évolution alarmante » constatée par le rapport « Gender Scan » publié fin septembre par le cabinet de conseil et d’études Global Contact.

Ce document, qui compile des données ministérielles, relève notamment que la part des étudiantes en sciences fondamentales a régressé ces dernières années à l’université, tombant de 28 % en 2010 à 25 % en 2015 (licence, master et doctorat). Lire aussi : Controversé et gênant : le manifeste antidiversité qui circulait à Google Lire aussi : La lente féminisation des écoles d’ingénieurs. La sociologie face aux neurosciences : l’enfant au cœur d’une bataille de disciplines.

Voilà plusieurs décennies que les neurosciences nous racontent comment notre cerveau fonctionne tous azimuts. Le nôtre, et aussi celui de nos enfants. Parmi d’autres, certains travaux font le pari de distinguer comment l’enfant apprend à l’école. Jusqu’à présent, les enseignements issus de ces recherches n’irriguaient guère la formation des enseignants, qu’on parle de formation initiale, ou continue.

Ça devrait changer, à en croire plusieurs déclarations de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale depuis le mois de mai. Le nouveau ministre le dit sans ambages : il compte s’appuyer sur les neurosciences pour “révolutionner l’école”. On en sait aujourd'hui beaucoup plus sur le cerveau, et il serait aberrant de se priver de ce nouveau champ de connaissances. Subversif ? La jeune auteure de ce qui est devenu un bestseller était l'invitée des "Discussions du soir" avec Leili Anvar le 1er février 2017 : Objectiver l'enfance Un algorithme en guise de cerveau ?

Co-construction. Les fractures françaises (2/5) : éducation, la fabrique des inégalités. Après un doctorat, une insertion professionnelle difficile mais finalement « très bonne » Si les cinq années suivant le diplôme sont marquées par les contrats courts et un taux de chômage de 14 %, sur le long terme, les docteurs se distinguent par un taux d’emploi et des salaires élevés. C’est le plus haut diplôme que délivre l’enseignement supérieur français et pourtant… l’entrée sur le marché du travail après un doctorat n’a toujours rien d’évident, d’après la note publiée le 14 février par le ministère de l’éducation nationale.

Celle-ci dessine la situation des titulaires d’un doctorat, soit 200 000 personnes en France parmi les 25-64 ans, en s’appuyant sur des enquêtes « Emploi » menées sur la période 2010-2015. Une entrée sur le marché du travail marquée par la précarité Le tableau ne manque pas d’être peu engageant en début de carrière. « Les principales difficultés d’insertion des docteurs résident dans l’accès à un contrat stable », relève la note ministérielle. Lire aussi : Un plan de revalorisation des salaires dans l’enseignement supérieur et la recherche. Boris Cyrulnik : « Ce qui peut aider un jeune à trouver sa voie, c’est son pouvoir de rêve » Ne pas se précipiter, rêver, voyager… C’est ce que préconise Boris Cyrulnik, que nous avons interrogé à l’occasion de nos événements O21 / s’orienter au 21e siècle.

A recommander aux lycéens et étudiants qui font leurs voeux sur Admission post-bac (APB 2017). LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Laure Belot Pour préparer ses événements O21/s’Orienter au XXIe siècle qui se sont déroulés de janvier à mars et destinés aux lycéens et étudiants, Le Monde a interrogé des entrepreneurs et penseurs du monde entier sur leur parcours, leur vision de l’avenir, et les enseignements à en tirer pour aider les jeunes à trouver leur voie. Parmi eux, le psychiatre Boris Cyrulnik, auteur notamment d’Un merveilleux malheur (1999) et d’Ivres Paradis, bonheurs ­héroïques (2016), tous deux parus chez Odile Jacob.

Nombre de jeunes se sentent sous pression pour trouver leur voie. Le problème est que l’on fait sprinter nos jeunes, et ces jeunes, en sprintant, se cassent souvent la figure. Ces jeunes ont brisé les plafonds de verre de l’enseignement supérieur. Les dispositifs d’égalité des chances permettent chaque année à des milliers de jeunes de s’exfiltrer des statistiques de l’échec et d’échapper au déterminisme social.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Eric Nunès « Mes parents m’appellent “l’alien” », souffle Alice. Petite fée des technologies de l’information, diplômée de plusieurs masters, la jeune femme a officié au cœur des métropoles les plus dynamiques de France et d’Amérique du Nord dans des secteurs variés – l’industrie, le conseil, l’enseignement… Mais quand elle rejoint le bourg familial du sud-est de la France, son aura s’éteint sous le regard paternel. « Pour lui, ma carrière n’est pas compa­tible avec le fait d’être une femme.

Ma place ­devrait être celle de ma mère : à la maison. » Jean-Michel, lui, se présente comme « fils de rien ou de si peu ». Signe indien « Les principales explications de la sélectivité sociale restent l’autosélection sociale. » Vincent Tiberj, docteur en sciences politiques Codes sociaux Fil d’Ariane. Enquête PISA : les élèves français dans la moyenne. L’édition 2015 de cette enquête, publiée par l’OCDE et qui porte sur 72 pays, révèle de nouveau un système éducatif profondément inégalitaire. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Mattea Battaglia et Aurélie Collas Les enquêtes sur l’école passent, et le diagnostic ne varie pas : notre système éducatif est profondément inégalitaire. S’il sait produire une élite, il se révèle incapable de résorber son « noyau dur » d’élèves en échec scolaire, qui sont principalement issus de milieux défavorisés.

Une fois de plus, l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) à propos des élèves à 15 ans, réalisée en 2015 et rendue publique par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mardi 6 décembre, fait de la France l’un des pays où le déterminisme social est le plus fort. Et ce, en dépit des alternances politiques et des réformes successives. Lire aussi : Etude PISA, une « pièce à conviction » pour pointer les forces et faiblesses des systèmes scolaires. Le décrochage scolaire en baisse de 20 % depuis 2012.

En 2015, 107 000 jeunes ont quitté le système scolaire sans diplôme ni qualification. Ils étaient entre 135 000 et 140 000 en 2012. Ils seront 98 000 en 2016 selon la ministre de l’éducation. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Aurélie Collas Le nombre de jeunes décrocheurs est en baisse, mais sans que l’objectif présidentiel en matière de lutte contre le décrochage scolaire ne soit, pour l’heure, atteint. En 2015, 107 000 jeunes ont quitté le système scolaire sans diplôme ni qualification, selon des données publiées par le ministère de l’éducation nationale lundi 14 novembre, à l’occasion de son séminaire « Décrochage, territoire et actions publiques », à Paris. Au début du quinquennat, ils étaient entre 135 000 et 140 000 dans ce cas. . « Après des années passées à avoir le sentiment que nos efforts ne parvenaient qu’à contenir la vague, mais non à inverser la tendance, nous progressons, grâce à l’implication de tous dans la prise en charge des jeunes sortis sans qualification. »

Comment le système éducatif français aggrave inéluctablement les inégalités sociales. Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) dévoile, mardi, deux ans de travaux sur l’école. Le bilan est désastreux. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Mattea Battaglia et Aurélie Collas Des inégalités sociales à l’école, produites par l’école elle-même… C’est la démonstration que fait le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), en rendant publiques, mardi 27 septembre, les conclusions d’une vingtaine de rapports.

Tout un spectre de la recherche – des sociologues aux économistes, des didacticiens aux psychologues, français et étrangers – a été mobilisé deux années durant, pour interroger ce mythe de l’égalité des chances dans notre système éducatif. Et rendre plus transparente la fabrique de l’injustice scolaire. Ce n’est pas la faute de l’enseignement privé, dont la responsabilité a encore été pointée du doigt, récemment, dans nos colonnes, par l’économiste Thomas Piketty, en tout cas concernant Paris.

La politique des ZEP en cause Réquisitoire sévère. Déscolariser l’école maternelle. Recensé : Pascale Garnier, Sociologie de l’école maternelle, Paris, Puf, coll. « Éducation et société », 2016, 204 p., 28 €. Dans la continuité des travaux antérieurs de Pascale Garnier, l’hypothèse principale de cette Sociologie de l’école maternelle est celle d’une scolarisation de l’école maternelle française.

Cette hypothèse constitue le moyeu de ce livre, à partir duquel se déploie une analyse sociologique plurielle portant sur de multiples objets révélateurs de ce processus de scolarisation tels que l’évolution des programmes, les professionnalités des personnels, les pratiques, les relations entre la famille et l’école. Ce livre constitue plus largement un outil actuel, à la disposition des formateurs, étudiants et acteurs du système éducatif, soucieux de penser les problématiques contemporaines de cette institution.

Analyse socio-historique du phénomène de scolarisation de l’école maternelle Professionnels, parents, enfants, et scolarisation Où va aujourd’hui l’école maternelle ? Les prénoms, révélateurs des discriminations du bac. Le sociologue Baptiste Coulmont publie chaque année son « Projet mentions », qui associe, pour chaque prénom, le taux d’obtention d’une mention « très bien« au bac. A l’issue de la publication des résultats, il donne au Monde.fr la primeur de son « classement » du bac 2016 (à retrouver en bas de cet article ) et explique sa démarche. En France, les inégalités sont tellement fortes qu’un seul indice, le prénom, suffit à les déceler.

Chaque année depuis 2012, je récupère les résultats nominatifs au bac (général et technologique) et je croise, sur mon blog, les prénoms des candidats avec leur mention. Démarche iconoclaste ou paradoxale : quelle idée d’étudier ensemble ces deux choses ! D’un côté, le résultat d’un choix parental intime basé sur la psychologie individuelle ou le goût pour certaines sonorités ou certaines références, a priori détaché de la position sociale.

Voir en grand : Le nuage de prénoms des mentions au bac 2016 Le bac est, en réalité, un examen très discriminant. Le bac pro toujours miné par une mauvaise image. La voie professionnelle représente 30 % des bacheliers, mais certaines filières posent des problèmes d’insertion. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Aurélie Collas Pour eux aussi, le jour J sera dans une semaine, mercredi 15 juin. Les candidats au baccalauréat professionnel commenceront leur marathon par le français, suivie d’une série d’épreuves générales et pratiques, auxquelles s’ajoutent celles passées durant l’année en contrôle continu. Aujourd’hui, ils représentent 30 % du bataillon de candidats à l’examen. Lorsqu’il est créé en 1985 sous l’impulsion de Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’éducation, le « bachot » était un diplôme rare ; 30 % d’une classe d’âge en étaient titulaires.

Trente ans plus tard, les ambitions ont pris de la hauteur. Elèves en difficulté A cette orientation subie, source de décrochage, s’ajoute un déséquilibre dans le choix des spécialités. Lire aussi : Au lycée professionnel d’Orvault, un « environnement bienveillant » et 100 % de réussite au bac. Boris Cyrulnik : « Peu d’enseignants ont conscience de leur impact affectif sur les enfants » Pourquoi les lycées privés réussissent si bien. Dossier d actualite ife n 63 les effets de l education familiale sur la reussite scolaire juin 2011.

Julhe mirouse. A Montpellier et Paris, des familles se mobilisent contre « les écoles ghettos » La licence : un choix toujours périlleux pour les bacs pros et technos. La féminisation des filières scientifiques recule à nouveau en France. Coût, origines et orientation… Cinq chiffres marquants sur les étudiants. Les conditions d’emploi des jeunes diplômés se dégradent. Sur le marché de l’emploi, le diplôme protège un peu moins qu’avant. Les universités confrontées à l’explosion du nombre d’étudiants. Ecole : ma mixité va craquer. En France, le nombre de diplômés varie fortement en fonction des régions.

L’école face à l’aggravation de la détresse sociale. 4,4 millions de personnes en difficultés graves ou fortes à l’écrit. L’inégal accès au bac des catégories sociales. L’allongement inégal des scolarités. Retard scolaire : le grand écart entre milieux sociaux.