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Quid de la notation

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Expérimentations de classes sans notes

Evaluation : Faut-il garder les notes ? Évaluation : Faut-il garder les notes ? Evaluation - Pour l'abolition de la note scolaire ? Éducation. Faut-il supprimer les notes à l'école?

Entretien avec Pierre Merle professeur de sociologie à l'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation nationale de Bretagne. Pourquoi êtes-vous favorable à une évaluation des élèves qui ne repose pas que sur les notes ? L'évaluation par les notes se fait au détriment d'une évaluation qui précise clairement à l'élève les compétences acquises et non acquises. Quand un élève a un 5 sur 20, il ne sait pas forcément pourquoi.

Qu'est-ce qu'il lui a manqué ? Quels domaines doit-il approfondir ou pas ? L'idée, c'est d'avoir une évaluation formative et bienveillante qui donne des conseils et aide l'élève. Dans cette évaluation, un professeur d'anglais indiquerait à l'élève ce qu'il maîtrise et ce qu'il doit revoir... Une évaluation utile n'a pas pour objet de classer les élèves en donnant un niveau (bien, insuffisant, faible) mais de préciser à l'élève ce qui convient ou pas : insuffisance en vocabulaire, dans la maîtrise des verbes irréguliers, etc. La tradition ! Oui. Puisqu’on vous dit que la note, ce n’est pas le problème ! L’apparition du socle commun de connaissances et de compétences a introduit, avec le livret personnel de compétences, une « nouvelle » façon d’évaluer au collège, qui, si elle a pu jeter le trouble, a alimenté le débat sur l’évaluation des élèves.

La refondation de l’école s’est donnée pour objectif de renouveler le socle commun et d’aller vers une évaluation positive des élèves. Le Conseil Supérieur des programmes travaille à cette rénovation, où la question de l’évaluation est capitale. Noyer le poisson Les opposants à l’évaluation des compétences, comme les syndicats du SNALC et du SNES, présentent constamment des arguments qui jouent du même registre : Des notes dont on fait… des moyennes Mais bizarrement sur ce point, les partisans de la note négligent systématiquement la question des moyennes trimestrielles. La consultation de l’ensemble des bulletins trimestriels (traditionnels) d’une classe sur une année est à ce titre éloquente.

Pourquoi revoir l’évaluation des élèves ? Like this: Un bon usage de la notation est-il possible ? Faut-il renoncer aux notes, comme s'y essaient quelques établissements expérimentaux ? Ni l'institution, ni ses acteurs n'y semblent prêts. Ce qui n'empêche pas d'examiner les pratiques réelles, de les comparer avec celles d'autres systèmes scolaires, de juger si certaines semblent mieux adaptées à l'apprentissage et à la réussite scolaire. Pierre Merle, sociologue, agrégé de Sciences économiques et enseignant à l'ESPE de Bretagne intervenait le 30 avril 2014, dans le cadre des Mercredis de Créteil du CNDP, à l'occasion du cycle « Pour une école bienveillante : renforcer le plaisir d'apprendre » pour une réflexion sur la Notation des élèves : état des savoirs et « pratiques efficaces ».

Il entendait montrer que certaines données sont à prendre davantage en considération : renoncer à l'idéal de la note « vraie », admettre la réalité des « biais » d'évaluation qui influent sur les notes, mutualiser et varier les formes d'évaluation pour atténuer leurs effets pervers. Jeanne -Claire Fumet. Avec ou sans note ... l'évaluation | évaluation | notation | notes | socle commun | livret de compétences | connaissances | savoirs | Jacqueline Bonnard | Isabelle Lardon | rapport IGEN | Jacques Bernardin | Jean Bernardin | Cécile Victorri | Christèle Th. Quel que soit le lieu d'exercice, quel que soit le métier, l'évaluation joue un rôle social de régulation tout comme elle permet au professionnel de rendre compte de son activité dans le domaine qui lui est propre.

Dans une société où le savoir se marchandise, on assiste à une inflation de dispositifs visant à : - vérifier la présence d'attendus plus ou moins explicites mais toujours portés par une échelle de valeurs,- situer les individus ou leurs productions par rapport à un niveau- juger chacun de « la compétence à... ». Dans notre système éducatif, l'évaluation cristallise toutes les tensions entre les différents acteurs tant l'importance qui est faite d'une sélection par la note, est prégnante dans les représentations des usagers et des professionnels.

Comment peut-il en être autrement lorsqu'un même outil de mesure traverse l'évaluation formative, l'évaluation sommative et l'orientation scolaire : la notation chiffrée ? Jacqueline BONNARD Documents ministériels Tous capables ! Pierre Merle : L'échelle de notation des élèves : un faux problème ?

Dans son discours de clôture de la Conférence nationale sur l'évaluation des élèves, Étienne Klein, le président du jury, a avancé une affirmation pour le moins surprenante : « La question du système de notation sur laquelle on ne cesse pas de m'interroger depuis deux jours - Est-ce que nous allons proposer de remplacer l'échelle de 0 à 20 par 4 à 20 ou par 8 à 20 ou par ABCDE ? - est un faux problème (…) puisque tous ces systèmes sont convertibles les uns dans les autres et, en tant que physicien, je puis témoigner du fait qu'on ne change pas la nature d'un problème par un changement de variables. » Cette affirmation qui ne semble souffrir d'aucune contestation, puisque semble-t-il confortée par l'expérience du physicien spécialiste de la philosophie des sciences, pose plusieurs problèmes. Le savant et le populaire Le premier problème soulevé par l'affirmation d'Étienne Klein tient au fait que l'échelle de notation fait clairement débat dans l'opinion.

Pierre Merle Notes : Notation : Pour faire le point... (Dossiers) Pour en finir (ou presque) avec les notes - Évaluer par les compétences. Devant les inconvénients maintes fois montrés des évaluations par la note, certains pays comme la Belgique tentent de passer à l’évaluation par les compétences.En France, à côté des livrets de maternelle et des évaluations nationales en CE2, 6e, 5e et seconde, des professeurs tentent de sortir un peu de notre système traditionnel dans une perspective d’évaluation formative.

Un témoignage concret au collège en français, en sixième et cinquième. « - M’dame, c’est noté ? - Non, ce n’est pas noté, c’est évalué ! » Beaucoup d’élèves et leurs parents se comportent en consommateurs attendant une note comme on attend une rétribution : « tout travail mérite salaire »... L’institution néanmoins s’inquiète de la violence scolaire, nous apprend, à nous enseignants, qu’il faut combattre l’échec scolaire (comme on réduirait la « fracture sociale » ?) De quelques conséquences de l’abus des notes L’utilisation des notes chiffrées engendre des effets négatifs non négligeables.

Une évaluation différenciée. Ne plus noter. Futur enseignant, dis-moi comment tu comptes évaluer, et je te dirai quel type d’enseignant tu seras. Réfléchir autour des questions d’évaluation est bien une entrée majeure dans les questions fondamentales du métier. Le souci premier pour un enseignant débutant est de parvenir à des résultats fiables, et ceci se traduit souvent par un recours au seul système d’évaluation quantitative. Au fur et à mesure de ma pratique, il m’est rapidement apparu que la fiabilité des résultats n’était jamais garantie, et qu’il était nécessaire de sortir de l’évaluation strictement sommative pour s’orienter vers une évaluation qualitative, favorable aux apprentissages et mieux comprise par les élèves.

Aujourd’hui, en tant que formatrice, j’estime qu’apprendre aux futurs enseignants à évaluer les compétences de leurs élèves est un problème majeur : il s’agit de faire prendre conscience de l’enjeu des résultats des évaluations et des modalités définies pour mesurer l’impact de leur enseignement. Noter, est-ce évaluer ? Comme le dit une publicité qui passe en boucle à la télé : "Ça fait du bien de se sentir bien accompagné... " de son ministre ! Notre nouveau ministre, en effet, propose de réfléchir sur les notes à l’école... Et la preuve que c’est une bonne idée : elle fait hurler la droite qui annonce que c’est là le retour de Woodstock...(? ?!). Sans essayer de comprendre cette étrange relation, disons que l’annonce ministérielle va peut-être enfin ouvrir la voie d’une vraie réflexion sur un sujet particulièrement douloureux, après l’évaluationnite infernale et galopante qui inonda l’école ces derniers temps.

La pratique qui consiste à affubler d’une note toute production d’élève est une de ces étrangetés dont l’école traditionnelle a le secret. La logique scolaire est vraiment bizarre. De toute façon, la contradiction dénoncée plus haut est toujours là. 1- Evaluer, dit-on, c’est mesurer, et mesurer, c’est comparer. Une question surgit ici : quel type d’évaluation ? Les pré-requis à la suppression des notes. Les expériences de suppression des notes dans des classes de collège ont tendance à se multiplier ces dernières années.

Il me semble qu'au delà d'un travail militant, effectué sur le terrain par des personnels de direction et des enseignants conscients des enjeux de la question, cette tendance ait été renforcée par la mise en place en 2005 d'un droit à l'expérimentation dans le cadre de l'article 34 de la loi d'orientation. Sur la question de la suppression des notes, l'innovation "institutionnelle" et l'innovation "de terrain" peuvent donc se rencontrer, et cette double paternité est souvent un gage de réussite.

Mais la volonté ne suffit pas toujours. J'ai moi même accompagné, à la direction d'un collège d'Indre-et-Loire, une expérimentation de suppression de notes dans un cours de mathématiques de 4e. . - Un chef d'établissement qui impulse, ou qui aide à la mise en oeuvre si l'impulsion vient d'un enseignant ou d'une équipe. . - Une progressivité dans la mise en oeuvre.