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Défense

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Patrice Huiban: «Le syndrome du Second Empire plane sur nos armées» - l'Opinion. Patrice Huiban est un ancien officier de l’armée de Terre. Haut-fonctionnaire, il enseigne l’Economie de la défense à Sciences Po et milite au sein du parti Objectif France de Rafik Smati et Bertrand Soubelet. Depuis de nombreuses années, nos forces armées interviennent plus qu’efficacement aux quatre coins du globe, faisant l’admiration de nos alliés, la France étant l’un des rares pays à pouvoir projeter un système de forces complet à des milliers de kilomètres de ses bases. Avec moins de 5 000 hommes, notre pays contient les poussées islamistes au Sahel, fixe une partie de ses ennemis et ceux de l’Occident loin de nos terres sur une superficie équivalente à celle de l’Europe, soit un rapport coût-efficacité exceptionnel.

A l’heure du retour des Etats-puissance, la France n’est en effet pas prête à un conflit d’ampleur face à une armée conventionnelle classique bien équipée, ce que les spécialistes appellent un conflit « symétrique ». Face à la montée des périls, l'Institut Montaigne propose de revoir le format des armées à la hausse. Centre de réflexion s’intéressant aux politiques publiques françaises et européennes, l’Institut Montaigne vient de publier un rapport sur la politique de défense, avec les contributions de plusieurs personnalités, dont l’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, l’essayiste libéral Nicolas Baverez, l’amiral [2S] Édouard Guillaud [ex-CEMA], Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, le directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire [|IRSEM] ou encore Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique [FRS].

Soulignant que des crises de nature diverse s’enchaînent et s’accélèrent depuis une vingtaine d’années, ce rapport ne peut faire que le même constat que celui établi par la Revue stratégique, laquelle a fait l’objet d’une actualisation le mois dernier. . « À proximité géographique de la France, le contexte récent a été marqué par une dégradation sécuritaire, à laquelle l’Union européenne [UE] ne répond guère », déplore par ailleurs le rapport. "Bons baisers de Russie"... - Theatrum Belli. Dans mon dernier article paru le vendredi 11 mars 2022 et intitulé ‘Ne rien attendre des extraterrestres’, je soulignais l’impossibilité de négocier avec l’actuel maître du Kremlin et ses affidés.

Aujourd’hui, après plus d’un mois et demi d’une lutte sans merci, il semble nécessaire de faire le point de la situation et d’esquisser un premier RETour d’EXpérience (RETEX) pour nos propres forces… En préliminaire, je listais dans mon papier les erreurs stratégiques commises pendant la première phase de cette opération et l’impasse où celles-ci nous menaient inexorablement. L’Histoire m’aura malheureusement donné raison car la joie de la libération de certains territoires ukrainiens au nord du pays s’accompagne de la « découverte » de la véritable nature de l’armée russe actuelle : une armée brutale par nature, dont les soldats, eux-mêmes traités très durement, se défoulent sur des civils sans défense et tirent sur tout ce qui bouge.

Mais l’urgence n’est pas là. L’Artillerie, justement. Un papillon sur l'épaule. Honneur aux soldats de l'opération Sangaris. Modification d'un billet publié le 31/12/2014 Quel est le combat le plus violent mené par des forces occidentales depuis 2013 ? Il s’agit certainement de l’affrontement survenu les 4 et 5 août entre les soldats français du Groupement tactique De Boissieu et des combattants de l’ex-Seleka à Batanfago au nord-ouest de la Centrafrique.

Deux soldats français et un soldat congolais de la MISCA y ont été blessés alors que les bandes de la Seleka ont été détruites avec, selon les sources, de 37 à 70 tués et un nombre inconnu de blessés. Le fait est que, hormis quelques images passées en boucle sur les chaînes d’information pendant une journée, ces événements n’ont guère été mis en avant par le gouvernement. Il est vrai que l’opération Sangaris ne s’est pas vraiment passée comme prévue. Il n’existe que deux moyens d’user de la force légitime : la guerre et la police. Au bonheur des drames. En avril 2015, je m'interrogeais sur la stratégie de la France vis-à-vis des organisations djihadistes. Maintenant, les choses sont plus claires : il n’y en a pas, ou plus exactement des listes d’annonces après chaque attentat en font office. On navigue au petit bonheur des drames en s'efforçant de rester en surface des choses. La non offensive à outrance Rappelons cette évidence qu’une stratégie suppose de définir un objectif face à un ennemi.

Il y a là une forme d’évitement tout à fait pernicieux, qui finit même par être suspect. Une première difficulté stratégique réside évidemment dans le fait de choisir. Outre la nécessité de définir au minimum ce que l’on veut, la difficulté d’une bonne stratégie est d’accorder l’objectif et les moyens. Bien sûr, les budgets ne sont pas seuls en cause. En marche Cet effort de longue durée suppose une volonté ferme et partagée. En matière de sécurité intérieure, les préconisations de la commission parlementaire semblent être de bon sens.

La vengeance du serpent à plumes. L'art de la guerre dans Dune. Publié le 29 mai 2013 L’univers de Dune est un univers d’une grande richesse, mélangeant dans un ensemble baroque mais très cohérent des éléments de sociétés humaines passées et des éléments de pure imagination. La guerre s’y exerce de manière particulière mais elle reste la guerre avec sa grammaire propre.Comment détruire une grande maison Le système politique de Dune est issu d’une Grande convention (de type Magna Carta) qui régit les rapports entre la Maison impériale, les grands féodaux réunis dans l’assemblée du Landsraad et la Guilde des navigateurs qui dispose du monopole du vol spatial. La guerre y est tolérée dans la mesure où elle ne perturbe pas cet équilibre des pouvoirs. Ces guerres sont limitées par trois facteurs. Les guerres prennent donc une forme large puisque tout ou presque peut être utilisé contre l’adversaire - sabotages économiques, corruption, pression diplomatique, raids, assassinats, etc.- mais peu profonde du fait de ces limites à une montée aux extrêmes.

Africa first. Publié le 2 juin 2015« La guerre trouve son origine dans un but politique ; ce motif initial qui l'a provoquée doit faire l'objet de la plus haute attention pendant toute sa conduite. » La stratégie, c’est en principe simple puisqu’il suffit d’accorder des méthodes et moyens à l’atteinte d’un objectif, face à un adversaire, actuel ou potentiel, violent ou non. La définition de l’objectif s’effectue à l’échelon politique, au sens large, avec le conseil des représentants des différents instruments de puissance, dont les forces armées. Il s’agit ensuite, de la part de chacun de ces instruments de puissance de déterminer comme participer à l’atteinte de cet objectif avec les moyens disponibles et ceux que peut fournir la nation.

Cette réflexion stratégique est éminemment dynamique dans la mesure où elle s’exerce sur quatre ensembles – ennemi, nation, forces, exécutif politique – en perpétuel changement et interagissant selon des rythmes différents. Revenons aux fondamentaux. Defeat program. J’ai quitté l’institution militaire il y a un peu plus d’un an. Je suis donc rappelable jusqu’en 2020 en cas de « troubles » graves…enfin je crois, car personne ne m’a rien dit à ce sujet.

En fait, je ne sais pas trop comment on me retrouvera, vu que personne n'a pris mes coordonnées. Comme je suis loin d’être seul dans ce cas, l’institution s’étant beaucoup plus employée à dégraisser qu’à préparer l’inverse, je suppose qu’en cas de problème on fera un grand appel télévisé. Je viendrai alors volontiers servir la Patrie mais je doute sérieusement que l’on ait anticipé une seule seconde ce qu’on pourrait me faire faire, déjà qu’on m’interdit d’être dans la réserve. Car il faut bien le savoir, pour la première fois depuis des siècles, la France a abandonné par facilité, mesquinerie budgétaire ou courte vue (ou un mélange de tout cela) toute possibilité de mobilisation de ses forces pour faire face à un défi stratégique majeur. La dernière bataille de France-Un livre du général Vincent Desportes. Dans 50 ou 100 ans, des historiens se demanderont comment les gouvernements successifs de la France ont pu accepter de mettre le pays dans un tel état de vulnérabilité quelques années seulement après la fin de la guerre froide.

La lecture d’un (vieux) manuel d’histoire suffisait pourtant à apprendre qu’à long terme des menaces majeures finissent toujours par apparaître et convaincre du caractère suicidaire d’une telle politique, si tant est que cette longue suite de lâchetés et d’abandons puisse être considérée comme une politique. Ces historiens découvriront qu'il suffisait de lire, hors du cercle des « responsables », quelques citoyens intéressés par la défense de leur pays et stigmatisés officiellement comme « pseudo-expert auto-proclamés » (expression utilisée la première fois à la fin de 2013 pour disqualifier ceux qui estimaient que l’opération Sangaris, toujours en cours en Centrafrique, durerait certainement plus longtemps que les six mois annoncés officiellement).

Le jour d’après la grande attaque. C’est donc à peu près entendu, la guerre de la France contre les organisations djihadistes qui dure déjà depuis vingt ans durera encore sans doute au moins autant. Dans le cadre de cette lutte, il est à peu près certain aussi que la foudre, la grande, celle qui fend les montagnes, ne nous épargnera pas éternellement. Les attaques de 2012 et 2015 ont été dures et surprenantes, en fait surtout dures parce que nous, nos dirigeants en premier lieu, avons été surpris alors que de nombreux éléments indiquaient que cela surviendrait.

On ne peut introduire la notion de résilience dans le livre blanc de la défense de 2008 et n’en tenir aucun compte, se féliciter régulièrement de déjouer des attentats et ne pas assumer que nous ne pourrons jamais tous les éviter. Il reste à savoir ce qui se passera le jour d’après. C’est de l’ironie. L’épée est donc déjà sortie mais pour quel effet ? Il y aura des conséquences aussi sur la vie internationale. Ce brouillard ne durera pas. La voie de l'épée: Masses sous critiques. « Comme elle est courte l’épée de la France ! Jamais encore notre pays n’a, en une si grave occasion, été réduit à des forces aussi limitées » Charles De Gaulle, Mémoires de guerre Ainsi donc à ce jour la France a réalisé seulement deux raids aériens contre l’Etat islamique, soit sans doute moins de 1% du total des frappes réalisées par une campagne aérienne, par ailleurs assez loin de Rolling Thunder au Vietnam.

Certains se félicitent d’être, malgré tout, les (très lointains) seconds des Américains alors que nous sommes surtout faibles…faibles au regard des Américains, faibles au regard de la mobilisation politique qui a précédé l’intervention (visite présidentielle à Bagdad, conférence internationale à Paris, déclarations martiales contre les « égorgeurs » de Daech), faibles surtout au regard de l’ennemi.

Le contrat correspond sensiblement au quadruple de la force aéroterrestre déployée en 2013 au Mali lors de l’opération Serval. La quantité est une qualité en soi. La voie de l'épée: La stratégie de la dinde. Une dinde qui analyserait le comportement des hommes en conclurait, après une série d’observations, que ceux-ci sont faits pour nourrir les dindes…jusqu’à ce que vienne Noël qui l’obligerait à changer très vite de vision du monde.

Le raisonnement de la dinde qui considère que l’on continuera à faire comme on l’a toujours fait et se satisfait de la nourriture donnée est opératoire à court terme mais voué à subir de mauvaises surprises à long terme. Il y a les des « inconnues connues », comme le résultat d’un lancer de dé, auxquelles on peut s’attendre mais il existe aussi les « inconnues inconnues », ces événements que personne ne voit venir, au moins dans la haute sphère de décision, et dont les plus importants, les « cygnes noirs » de Carl Popper et Nassib Nicholas Taleb, font l’histoire. Un des rôles des forces armées, peut être leur rôle majeur, est de pouvoir contribuer à faire face à ces événements importants. EIIL : une révolution tactique ?…ou l’infanterie légère à l’âge global. La récente invasion de l’Irak par les troupes de l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) cache-t-elle une révolution au niveau tactique ?

Car, c’est la première fois qu’une guérilla parvient à un tel résultat : non pas la défense d’un terrain difficile d’accès (zone urbaine ou montagneuse, jungle), mais l’occupation offensive d’un vaste territoire. Les opérations de l’EIIL se sont en effet déployées en terrain désertique, avec de l’infanterie légère exclusivement, sans char, sans artillerie et sans appui aérien. Rappelons que, jusque là, une guérilla qui passait à l’offensive devait se transformer en armée conventionnelle : par exemple, le Nord-Vietnam doit s’équiper en chars, transports de troupes blindés et artillerie lourde pour conquérir le Sud-Vietnam ; le Polisario doit faire de même pour attaquer le Mur construit par les Marocains au Sahara occidental. Certes, l’armée irakienne organisée à l’occidentale avec des procédures rigides, n’a pas opposé beaucoup de résistance. Bataille de Solferino. Le 24 juin 1859, à Solferino, les armées française et piémontaise remportent une importante victoire militaire, qui met fin à la guerre menée contre l’Autriche pour l’indépendance de la Lombardie, préliminaire à la création d’une Italie unifiée.

La bataille marque l’opinion publique internationale : Solferino laisse le souvenir de combattants des deux camps laissés sans soins sur le champ de bataille. Le Suisse Henri Dunant propose alors la création d’une organisation permanente chargée de porter secours aux blessés de guerre, la Croix-Rouge. Autrichiens et Franco-Piémontais face à face Le 23 juin, avec le gros de leurs troupes, les Franco-Piémontais, qui se trouvent depuis le début du conflit dans une position victorieuse, passent la Chiese et progressent vers l’est pour poursuivre les Autrichiens.

Au nord et dans la plaine de Medole rencontre, inévitable, se produit aux prefières heures du 24 juin. L’espionne de l’Italie Une victoire arrachée dans le sang. Serval, an 1. L’intervention militaire française au Mali, le 11 janvier 2013, fut d’abord une surprise stratégique pour les djihadistes qui, en lançant la veille leur offensive vers le sud du pays, ne l’avaient probablement pas anticipé. Cette erreur d’appréciation devait certainement à une vision d’Etats occidentaux désormais réticents à s’engager au combat vraiment après l’expérience afghano-irakienne, vision confortée d’ailleurs par un certain nombre de déclarations françaises au cours des mois précédents. Dans ces conditions, face à une Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) particulièrement lente à se mettre en place, et une armée malienne décomposée, les organisations djihadistes ont pu croire qu’elles bénéficiaient d’une liberté d’action pendant quelques mois, liberté dont elles ont voulu profiter.

Les opérations françaises ont commencé à perdre de leur efficacité lorsqu’on est sorti de ce système. Le bénéfice de la surprise s’est maintenu avec une contre-offensive immédiate. Bataille des Ardennes : la folle attaque d'Hitler. Mogadiscio 1993-L'Oryx et le Faucon noir.