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Les rumeurs

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Le 13 novembre : un tournant dans la crédibilité des médias. Comme beaucoup de Français, j’ai suivi vendredi soir en direct les événements qui se déroulaient dans Paris, absorbé par la télévision et un œil sur Twitter. Et, comme souvent dans des circonstances dramatiques, je me suis trouvé déchiré entre ma position de simple spectateur, bouleversé par le drame, et celle, par définition plus froide et plus distante, de l’analyste des médias. Le premier constat, c’est que, d’une certaine façon, on ne leur a pas laissé la possibilité de trop montrer. Je ne sais pas ce qu’ils auraient fait s’ils avaient pu approcher au plus près des scènes de crime, mais force est de constater que les premières à avoir retenu les leçons de janvier ont été les forces de l’ordre. Toutes les caméras se trouvaient à distance, dans l’incapacité de dévoiler le dispositif policier.

Cela dit, des signes laissent à penser que les discussions qui ont suivi le 7 janvier ont aussi porté leurs fruits. Le premier dans la retransmission du match France-Allemagne sur TF1. Photos détournées, témoignages douteux : après les attaques, les intox continuent. De fausses informations continuent à circuler sur les réseaux sociaux, dix jours après les attentats du 13 novembre. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Samuel Laurent Dix jours après les attentats du 13 novembre, les réseaux sociaux comme la presse, surtout étrangère, n’ont pas toujours fait preuve de la plus grande rigueur dans les informations diffusées.

Voici de nouveaux exemples d’erreurs, intox ou canulars pris au sérieux qui ont circulé ces derniers jours. Lire aussi Situations de crise : 7 conseils pour déjouer les rumeurs 1. Non, des otages n’ont pas été torturés au Bataclan De très nombreux lecteurs nous ont demandé si les personnes prises en otage par les terroristes au Bataclan avaient subi des tortures, après avoir lu des récits dans la presse britannique, en particulier dans le tabloïd Daily Mirror. Le journal se base en réalité sur le témoignage de deux Britanniques, rescapées de l’attaque qui s’étaient cachées dans les sous-sols du Bataclan.

Pourquoi c’est une intox ? 2. 3. - Thématiques - T'as tout compris - France TV éducation. Comment Wikipédia a écrit l'histoire des attentats du 13 novembre. Sur l'encyclopédie en ligne, de nombreuses personnes se sont succédé pour créer une page la plus informée et fiable possible. Nous sommes le vendredi 13 novembre 2015, il est pile 22 heures. Au Stade de France, trois kamikazes se sont fait exploser entre 21h20 et 21h53, causant la mort d'une personne. Devant des terrasses de bars et restaurants des Xe et XIe arrondissements parisiens, trois hommes ont tiré à l'arme automatique entre 21h25 et 21h36, tuant 41 personnes et en blessant de nombreuses autres.

À 21h40, l'un d'entre eux s'est ensuite fait exploser devant un autre bar du XIe arrondissement. Au même moment, au Bataclan, trois autres viennent d'entrer et de tirer dans la foule lors d'un concert des Eagles of Death Metal. À partir de 21h35, les chaînes info commencent à indiquer que plusieurs explosions ont eu lieu du côté du Stade de France et qu’une fusillade est survenue dans le Xe arrondissement. «Plusieurs fusillades à Paris (sources concordantes)» Ou encore: Rumeurs Grégor Brandy. Le 13 novembre : un tournant dans la crédibilité des médias. Attentats : l’information en guerre contre les rumeurs.

Samuel Laurent est le responsable de la cellule fact-checking du Monde.fr, « Les Décodeurs ». Cette rubrique existe depuis mars 2014. Beaucoup de rumeurs et de fakes ont circulé sur Internet lors des attentats à Paris, vendredi dernier. Pourquoi le fact-checking est-il plus indispensable que jamais dans ces moments-là ? Samuel Laurent : L’émotion prend le pas sur la raison pour beaucoup de gens. Ensuite il y a beaucoup de rumeurs, de psychoses, de choses qui partent de pas grand-chose et qui vont se répéter sur les réseaux. Combien étiez-vous, dans la section Décodeurs du Monde, à faire du fact-checking ce weekend ?

Samuel Laurent : Difficile à dire. Quels médias surveillez-vous en particulier (réseaux sociaux, radio, télévision…) ? Samuel Laurent : Les réseaux sociaux sont notre premier angle de recherche. Comment repérez-vous les intox, les fausses informations ? Samuel Laurent : On nous les signale de plus en plus. Combien de fausses informations avez-vous démonté sur les attentats ? Attentats du 13 novembre : les quatre nouvelles intox qui circulent. Après les attaques de vendredi soir, les réseaux sociaux ont vu passer, durant le week-end, des dizaines de rumeurs, et de nombreuses photos trafiquées. Trois jours plus tard, le flot ne se tarit pas. Voici une sélection de nouvelles informations que les internautes continuent de partager lundi sans les vérifier, alors qu’elles sont fausses ou datées. 1. Le cas de « Zouheir », le vigile héroïque du Stade de France Première histoire : celle d’un agent de sécurité au Stade de France, qui aurait, par son comportement héroïque, empêché les kamikazes d’entrer dans l’enceinte sportive et de commettre encore plus de dégâts.

Un texte, publié par une internaute américaine prénommée Rebekka sur son compte Twitter, a été très relayé sur les réseaux sociaux : [Traduction : nous avons tous vu la vidéo du match de football France-Allemagne, au moment où l’explosion a retenti et où les joueurs se sont regardés, intrigués et confus. Il s’appelle Zouheir, il est musulman.] L’histoire est très belle. 2. 3. Les rumeurs prolifèrent sur les réseaux sociaux après les attentats de Paris. C'est malheureusement presque devenu une habitude lors des événements de cette ampleur, des rumeurs et autres détournements sont largement diffusés sur les réseaux sociaux. La même femme aurait donc échappé à plusieurs si l'on en croit le message qui accompagne un photomontage largement partagé ces dernières heures sur Twitter : la bombe du marathon de Boston, "shooting at school" et les attentats de Paris.

Sauf que... Le collage des trois femmes en bas de l'image vient des Etats-Unis. Il a été utilisé par des adeptes de la théorie du complot pour tenter de montrer que les massacres de Sandy Hook, d'Aurora et l'attentat de Boston étaient des inventions du gouvernement et des médias. Sauf qu'il s'agit de femmes différentes : A lire aussi : Non, la même femme n'apparaît pas à chaque tuerie aux Etats-Unis La photo du haut a donc été ajouté au photomontage américain.

Sauf que.. C'est un petit texte d'hommage à la France qui a été partagé à de très nombreuses reprises sur les réseaux sociaux. Ces fausses photos qui circulent après les attaques de Paris. Certains internautes profitent de l’émotion collective pour manipuler des images sur les réseaux sociaux. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Les Décodeurs Entretenir la psychose, faire le buzz, diffuser de fausses informations pour attiser la haine… Les photos détournées qui ont commencé à circuler après les attentats de Paris montrent une nouvelle fois combien certains internautes profitent de l’émotion collective pour manipuler les images à des fins peu avouables, sans que ceux qui les partagent ne s’aperçoivent de la tromperie.

En voici quelques exemples, repérés samedi 14 novembre sur Twitter. Lire Situations de crise : 7 conseils pour déjouer les rumeurs Des scènes de joie à Gaza… qui datent de 2012 Les attentats de Paris ont-ils provoqué des réjouissances dans les territoires palestiniens, comme l’affirmait cet internaute sur Twitter (l’auteur a supprimé son tweet depuis) ? Des rues parisiennes désertes… en plein mois d’août Des faux messages de la mairie de Paris Or il n’en est rien.

Non, cette femme n’a pas subi quatre attentats différents. INTOX. Alors que des personnes cherchent encore, notamment via les réseaux sociaux, des informations sur des disparus, certains internautes véhiculent l’histoire d’une jeune femme brune qui aurait survécu aux attentats de Paris le 13 novembre ainsi qu’à ceux du marathon de Boston en 2013 et à une fusillade dans une école américaine. L’histoire de cette survivante est partagée des milliers de fois par les internautes. Il s’agit d’une version réchauffée et réactualisée d’un hoax qui a déjà sévi sur Internet. DÉSINTOX. La photo du haut a été prise par le photographe de l’AFP Kenzo Tribouillard dans la nuit de vendredi dans le Xe arrondissement parisien. Des sites de fact-checking américains avaient vérifié les identités des trois brunes photographiées, et prouvé qu’il s’agissait bien de personnes différentes. La nouvelle mouture parisienne de ce hoax ne mérite pas plus de crédit. Une intox de plus dans la liste déjà fournie des intox et rumeurs liées aux attentats parisiens.

Jacques Pezet.