background preloader

Zyed et Bouna

Facebook Twitter

Lettre à Assa Traoré. Ce vendredi soir, s’est déroulée la soirée de lancement du livre d’Assa Traoré, “Lettre à Adama”, un livre qui retrace le combat de la soeur et de la famille pour la justice et la recherche de la vérité sur la mort d’Adama Traoré, décédé lors d’une interpellation par les gendarmes le 19 juillet 2016, dans des circonstances encore très floues.

Lettre à Assa Traoré

Le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie était présent à cette soirée et y a prononcé ce texte. Nous le publions dans son intégralité. 1- Le centre du monde Je ne connais pas Assa Traoré. Nous nous sommes croisés pour la première fois le 22 avril 2017 lors du meeting de soutien à Bagui Traoré. « Retournez dans vos banlieues ! » Lors du rassemblement devant la gare du Nord, organisé, samedi 30 juillet, à la demande de la famille du jeune Adama Traoré, tué par la police le 19 juillet dernier, un commissaire, muni d’un mégaphone, a exhorté les nombreux manifestants à retourner dans leurs banlieues.

« Retournez dans vos banlieues ! »

N’a t il pas simplement conseillé, sous la forme d’une injonction, à tous de retourner dans leur respective rue Cases Nègres [1] ? Curieuse adresse, pour le moins racialisante et orientée par une ségrégation spatiale assumée. Il a demandé, à tous ceux et celles qui étaient venu-e-s soutenir la famille du jeune Adama et demander justice, de retourner rapidement dans leurs habitats construits par les pouvoirs successifs ; pour ceux-ci, en effet, il était impensable que les personnes envoyées dans ces endroits excentrés et parfois désertés de tout espace social institutionnel, soient traitées sur le même plan d’égalité que les Français de souche.

Il aura fallu plus de 4 heures pour que tous soient libérés. Nuit debout : vous étiez où, en 2005 ? Nuit debout dépasse la place de la République, à Paris.

Nuit debout : vous étiez où, en 2005 ?

Deux semaines après son lancement, cette nouvelle forme de mobilisation, inspirée, entre autres, des Indignados espagnols, s’organise, et s’exporte en province. Les prises de parole et les actions se multiplient. Les médias en parlent, souvent, avec bienveillance : personne n’ose insulter l’avenir. Du genre, moi j’y étais. Les organisateurs ne veulent pas s’arrêter en chemin. Qui sont les Michael Brown français ? Michael Brown, Freddie Gray, Tamir Rice, Eric Garner… Les noms de ces Afro-Américains victimes de violences policières ont été largement relayés ces derniers mois dans les médias français, et les tensions raciales que leurs décès ont ravivés, de Ferguson à Baltimore, largement couvertes.

Qui sont les Michael Brown français ?

L’été dernier, Libération revenait, dans une série de portraits de victimes, sur ces bavures des forces de police américaines. Et en France ? Les décès survenus pendant ou à la suite d’une interpellation sont souvent traités sous l’angle du fait divers, et la dimension raciale, largement tue, soulève un documentaire réalisé par Rokhaya Diallo et diffusé ce mercredi à 20h50 sur France Ô (visible en avant-première ici). A lire aussi :Il n’y a pas qu’à Ferguson… La dimension raciale est pourtant au cœur des violences policières en France, en atteste un rapport sur le sujet publié il y a quelques jours par l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Comme si dix années avaient été effacées. Zyèd et Bouna, enfants sacrifiés de la République. Chronique extraite du numéro de printemps de Regards, actuellement en kiosques. « S’ils rentrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau. » Tels sont les mots laconiques qui ont précédé la mort de Zyed Benna, dix-sept ans, et Bouna Traoré, quinze ans.

Zyèd et Bouna, enfants sacrifiés de la République

Des mots froidement prononcés par un policier conscient de leur engagement sur une voie périlleuse. Un commentaire énoncé sans être assorti d’aucune action pour prévenir un danger pourtant avéré. Zyed et Bouna : le jugement qui relaxe les deux policiers. RENVOIE [les prévenus] des fins de la poursuite. Zyed et Bouna : dix ans de colère à la barre. S’il devait y avoir une raison, une seule, qui justifie la tenue de cette audience publique, elle a été donnée, jeudi 19 mars, par les plaidoiries des deux avocats des parties civiles.

Zyed et Bouna : dix ans de colère à la barre

Par les voix de Mes Emmanuel Tordjman et Jean-Pierre Mignard, dix ans de colère se sont exprimés à la barre du tribunal correctionnel de Rennes. Dix ans pendant lesquels ils ont porté à bout de bras une attente, celle des familles des deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, et une certitude, celle que ce drame ne pouvait pas, ne devait pas, rester sans explication dans un Etat de droit. Pour ceux qu’ils défendent d’abord, mais au-delà, pour l’ensemble de la société française à laquelle ils appartiennent. Il faut avoir entendu plaider Me Tordjman pour mesurer la puissance que donne la conviction quand elle se nourrit de rage et s’appuie sur la rigueur. . « L’indifférence coupable des fonctionnaires de police » « Nous ne vous haïssons pas » Il n’y a pas qu’à Ferguson... Ce n’était qu’un adolescent ; un jeune homme noir bien dans ses Nike Shox, plein de vie et de rêves.

Il n’y a pas qu’à Ferguson...

Comme d’habitude, vacances scolaires oblige, il était sorti passer le temps avec ses amis. Attendu pour un dîner en famille, il n’avait pas prévu de rentrer tard. Il était loin de s’imaginer qu’il vivait ses dernières heures… Poursuivi par la police suite à une accusation de vol, il ne survivra pas, laissant derrière lui tout un quartier en deuil. S’en suivront des nuits de révoltes sans précédent, des incompréhensions, des doutes.