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L'ère du moi

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Influenceurs : quelle est l'impact d'Instagram sur le tourisme mondial ? Plages idylliques désertes, sommets enneigés immaculés, rues colorées… C’est officiel : dans la course au cliché parfait, Instagram a ruiné les plus jolis endroits de la planète ! Quand vous cherchez le hashtag « travel » dans Instagram, vous tombez sur 380 millions de résultats - à la louche. Sous vos yeux ébahis défilent des clichés idylliques, où posent des gens magnifiques.

Toute la magie de ces photos réside dans l’impression que les instagrameurs qui les postent sont seuls au monde, et qu’ils partagent comme un secret leur petit coin de paradis. Dans un autre style, les offices de tourisme ont aussi flairé le bon filon et font la promotion d’attractions ou de restaurants sur des comptes dédiés, toujours avec des mises en scène qui font rêver. Le problème, c’est qu’Instagram possède une influence énorme sur l’industrie du voyage et a tendance à déclencher de véritables « ruées touristiques ». > Instagram, ou l'éternel retour des diktats du bonheur. Me Meme. Presented at the Theorizing the Web 2014 conference in Brooklyn, New York, on April 26 With social media, the compelling opportunities for self-expression outstrip the supply of things we have to confidently say about ourselves. The demand for self-expression overwhelms what we might dredge up from “inside.”

So the “self” being expressed has to be posited elsewhere: We start to borrow from the network, from imagined future selves, from the media in which we can now constitute ourselves. This doesn’t guarantee “personal growth” however. The more we express ourselves for self-definition, the more we limit the self to what we have the means to circulate.

The sort of self we can imagine ourselves to be becomes contingent on the available media. Social media offer a wealth of new resources (images, links, likes, screen grabs, image macros, serial selfies, emoji, etc.) to continue to bait us into “becoming ourselves.” How damaging is this? What’s going on there is the postauthentic self. Conscience de soi : Je est un autre. Le test traditionnel que l’on emploie pour mesure sur un individu – et principalement un animal, a, ou non, conscience de soi, est le test du miroir : placé devant un miroir avec une pastille de couleur sans odeur sur le corps, l’animal qui a conscience de lui va se servir de l’image dans le miroir pour tenter de l’ôter. Mais de récentes études montrent que ce test a peut-être été surestimé, et la notion d’une conscience de soi liée à une forme de complexité cérébrale supérieure est remise en cause.

Parce qu’après tout, qu’est-ce que ça veut dire, avoir conscience de soi ? Et qu’est-ce le que le soi ? Le self ? Le moi ? Et est-ce que conscience de soi signifie conscience, tout court ? Conscience de soi : Je est un autre : c’est le problème central que La Méthode scientifique va tenter de refléter dans l’heure qui vient. Le reportage du jour Rencontre avec Dalila Bovet, éthologue au sein du Laboratoire Ethologie, Cognition et Développement à l’Université Paris Nanterre. Écouter 6 min. « Les réseaux sociaux nous poussent de plus en plus vers le pathos et de moins en moins vers la réflexivité » - Revue Des Deux Mondes. Pauline Escande-Gauquié est sémiologue et maître de conférences à Paris-Sorbonne-CELSA.

Déjà auteur de Tous selfie ! Pourquoi tous accros ? (éd. François Bourin, 2015), elle a co-écrit avec Bertrand Naivin, théoricien de l’art et des médias, un livre paru en mars 2018, Monstres 2.0, l’autre visage des réseaux sociaux (éd. Revue des deux mondes – Votre livre, co-écrit avec Bertrand Naivin, fait le constat d’une désillusion. Pauline Escande-Gauquié – La culture hacker, web, a été escortée par une idéologie très forte, celle de l’accessibilité gratuite pour tous au savoir et à la connaissance. Revue des deux mondes – Il s’agit notamment d’une désillusion parce que l’autre visage des réseaux sociaux dont vous parlez dans ce livre est celui d’un monstre. Pauline Escande-Gauquié – Avec mon co-auteur, nous soulignons que le monstre, sur l’espace social, a toujours eu une fonction d’alerte, d’avertissement. Les réseaux sociaux sont un medium, c’est-à-dire une technique.

(Photo : Pexels) N'ayez plus honte : vos Selfies vous rendent (post) humains. Silicon Valley, hiver 2010 : Apple rajoute une petite caméra à l'avant de son nouvel IPhone. Une modique évolution qui semble tenir davantage du glissement que de la révolution technique. Pourtant, l’apparition d'une caméra de façade a projeté le monde dans une nouvelle modernité : celle du selfie, du narcissime 2.0, des filtres, de la fluidité des identités, du post-humanisme. Depuis, les visages inondent Internet, exposés au naturel avec les « no make-up challenge », parfois engloutis sous des couches de filtres ou encore planqués derrière des avatars hyper-virtualisés. Qu'est-ce que tous ces « masques » contemporains disent de nous ? Notre visage, jusque-là considéré comme la plus naturelle des évidences, l'écran extérieur de nos identités immuables, est de fait devenu un nouveau terrain de « Je », un espace d'auto-définition sans fin.

Vieillir de 60 ans en un clic, prendre la forme d'un donut géant ou mélanger son visage à un autre, tout semble possible. « Je selfie donc je suis » : les métamorphoses du moi à l’ère du virtuel. Je selfie donc je suis – Les métamorphoses du moi à l’ère du virtuel de Elsa Godart, Editions Albin Michel, 2016, 224 pages, 16 € « Ainsi, ce moment où le sujet humain a basculé par le biais du numérique dans un nouveau rapport à lui-même et au monde, on pourrait aujourd’hui l’appeler le stade du selfie, tant c’est moins, en réalité, le monde qui a changé que la perception que nous en avons et, tant ce changement de perception est illustré par l’immixtion entre lui et nous de cet objet hybride omniprésent à la fois téléphone, écran, appareil photo et ordinateur, que nous qualifions d’intelligent et que nous appelons smartphone ».

Le selfie, une révolution technologique Dans son essai, Je selfie donc je suis, Elsa Godart prend la mesure d’un rituel au premier abord anecdotique mais qui bouleverse, néanmoins, nos modes de vie : le selfie. Une rupture majeure de nos usages portée par la démocratisation et l’avènement du téléphone portable. La révolution humaine, les métamorphoses du moi. Comment le numérique révolutionne notre manière de penser. Chroniques d’experts Digital Le 03/10/2018 © Getty Images Le développement des modes de communication numériques suppose une « technologie de l’intellect » singulière, pour appréhender le virtuel et traiter l’information avec un sens critique. L’avènement du digital est vecteur de transformations majeures, sur le terrain économique et politique. La communication numérique est également porteuse d’un changement plus profond, relatif à l’évolution de la pensée. La pensée a en effet toujours été influencée par le développement de nouveaux modes de communication : hier l’émergence du langage ou la diffusion de la culture écrite, aujourd’hui le digital.

Revenons quelques millénaires en arrière. L’écriture encourage la réflexivité L’invention de l’écriture, en 3500 avant notre ère, a changé la donne. Le langage écrit s’affirme alors comme une transformation considérable et répond à un schéma très différent de la communication orale. L’écrit devient périssable La communication est abondante 1. 2. 3. Le marketing de soi, une nécessité aujourd'hui. Moi et les réseaux sociaux : le difficile pari de la transparence. La transparence s’impose peu à peu comme une véritable norme sociale dans le cadre de la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux et autres plateformes en ligne. Éclairage. Internautes, mobinautes, blogueurs ou influenceurs, nous nous sommes tous mis en scène d’une manière ou d’une autre via les médias numériques. Que ce soit sur Facebook, Tumblr, Instagram ou YouTube, les représentations audiovisuelles de notre vie et de nos expériences sont devenues des pratiques sociales à part entière.

Les outils s’étant démocratisés et adaptés aux usages, il a très vite été possible de modifier de manière assez positive les contenus liés à notre apparence. Instagram semble rendre compte d’un mouvement général significatif : recadrage, filtre, ombre, luminosité, saturation, les possibilités de retouches sont nombreuses et tendent par là de satisfaire un besoin de reconnaissance en même temps que la diffusion de ces contenus traduit une volonté sociale de faire le lien. L’opacité de la transparence. « Nothing to hide » : n'avoir « rien à cacher » n'est pas un argument. « Je n’ai rien à cacher », « je n’ai rien de fait de mal ni d’illégal donc peu importe si on m’espionne ».

C’est l’argument auquel se heurtent systématiquement les défenseurs de nos libertés numériques. Mais n’avoir « rien à cacher », et accepter de livrer toutes ses données à Facebook, Google et à une multitude de services « gratuits » tout en sachant, de façon plus précise depuis les révélations d’Edward Snowden, que ces données alimentent directement la surveillance de masse : est-ce vraiment un raisonnement tenable sur le long terme ?

Est-ce la société que nous voulons ? Diffusé en salles depuis quelques mois, avant une mise en ligne sous licence Creative Commons prévue pour le 30 septembre, le documentaire « Nothing to Hide » de Marc Meillassoux est une réponse passionnante à cette question cruciale pour notre avenir. Juin 2013. La société et ses données d'abord Un Mister X pour cobaye L’autre fil rouge du documentaire est l’expérience de surveillance à laquelle se livre Mr. Politique des identités versus clash des civilisations. Souvenez-vous du début des années 1990… Epoque proche, mais qui paraît si lointaine. Le Mur de Berlin venait de tomber, entraînant le constat de faillite du monde communiste en Europe. En un temps record, une civilisation tout entière, le soviétisme, avec ses rituels, son architecture spécifique, ses modes de vie, venaient d’être engloutie dans la zone d’oubli.

A cette époque, s’affrontaient deux visions de l’histoire rivales. Celle de Samuel Huntington et celle de Francis Fukuyama. Huntington publia, en 1993, dans la revue Foreign Affairs, un article très commenté, dans lequel il prédisait que ce qui allait succéder à la lutte entre les Etats-Unis et l’URSS. La guerre froide, disait-il, avait gelé un certain nombre de conflits latents. En France, il fut vilipendé, mis à l’index. A la même époque, en 1992, dans La fin de l’histoire et le dernier homme, Fukuyama nous annonçait un tout autre scénario. La vie politique s'est redéployée autour de la notion d'identité.

Freud: le ça, le moi et le surmoi. La topique freudienne du ça, du moi et du surmoi : La révolution opérée par Freud est assez simple : la théorie psychanalytique consiste à détruire, à désintégrer le sujet humain, tel que Descartes puis Kant l’avaient défini, sujet défini comme être doté d’une faculté de représentation, à savoir la Conscience. La conscience dans la philosophie classique était une et unique, d’un seul bloc, sans faille. Freud introduit justement une faille au sein même du sujet humain. Freud a élaboré deux théories de l’inconscient : La première topique se divisait en trois parties (conscient, préconscient, inconscient) mais Freud a vite compris les limites de cette conception. Il a donc crée une seconde topique (en 1923), bâtie sur le triptyque ça, surmoi, moi. Freud et le ça : [ad#ad-5] Voici comment Freud décrit le ça: “C’est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité.

Freud et le Surmoi : Freud et le moi : Résumé de la théorie de Freud sur le ça, le moi et le Surmoi : « L’identité n’existe que dans la mesure où elle est un problème » « L’identité ». Le tout dernier ouvrage de Nathalie Heinich revient sur ce terme, aux connotations si nombreuses qu’elles en deviennent souvent illisibles. La sociologue (dé)construit ainsi, pas à pas, les questions que soulève ce mot. The Conversation France publie ici un extrait, issu de la postface de l’ouvrage L’identité à l’épreuve de la judéité, titre éponyme d’un article plus ancien, engageant de façon très personnelle la chercheuse dans sa « quête ».

Lorsque j’ai commencé à faire de la sociologie, à la fin des années 1970, la notion d’« identité » était à peu près inconnue dans ma discipline. J’ai mis longtemps à en comprendre l’intérêt et le sens, à mesure que je la voyais s’installer dans le discours ambiant. J’ai mis longtemps aussi à comprendre les raisons personnelles qui m’ont amenée à l’utiliser, puis à tenter de la théoriser. Un fil rouge de mon travail La subtilité des jeux identitaires Vous n’auriez pas une solution ? The Constant Consumer. The Constant Consumer Amazon’s mission is to make customer identity more primary than citizenship Drew Austin September 10, 2018 share Image: New Necessities by David Delruelle. Courtesy the artist.

Every day, the imperative to perceive oneself as a customer grows across a range of experiences and institutions: in the shopping centers and business improvement districts that have replaced public squares and parks; in the schools and hospitals, where offerings are tailored not to general social welfare but to individual consumer choice and what each can afford; and in the gym, where exercise, nutrition, and other forms of wellness have been redefined as personal lifestyle choices. If the customer is always right, then you’re never wrong when you’re consuming. Recent technologies have enabled the role of customer to be fused with the newer role of user, who inhabits an entire system rather than a specific transaction Part of being “right” was being offered choices to be right about. Stéphane Simon : cet artiste qui transpose le selfie à la Grèce Antique.

L'artiste Stéphane Simon en est persuadé : la pratique du selfie signe un basculement de civilisation qu'il s'entend parfaitement à mettre en scène. Rencontre avec un amoureux de ce geste obsessif. Pour lui, le selfie est une révolution anthropologique dont la portée est gigantesque. Et il ne parvient pas à comprendre : « Pourquoi un phénomène qui touche des millions de gens, de tous les âges, de toutes les religions, partout dans le monde, peut-il être autant moqué ? » Avec son projet In Memory of Me, l’artiste français Stéphane Simon a créé un abécédaire de gestes nés avec la pratique du selfie. . « Au fond, nos croyances n’ont pas changé depuis l’Antiquité » En transposant les canons de la statuaire grecque à nos attitudes contemporaines, Stéphane Simon fait de nous les nouveaux dieux de l’Olympe. 40 gestes, 40 façons de prendre un selfie Le geste selfique, une nouvelle priorité pour les musées ?

Inmemoryofme.fr. Finsta, moins selfish ? Heureux qui comme "Moi, Je" Avec la sociologue Eva Illouz. Des cours de yoga aux applis pour méditer, en passant par les coachs personnels et les indices étatiques de prospérité, il semble bien que le bonheur soit devenu une véritable obsession de notre société. Et il ne suffit plus de l’être ou de vouloir l’être, il faut en plus avoir l’air d’être heureux. [Le culte du bonheur créé] de nouvelles hiérarchies émotionnelles où ceux qui râlent, ceux qui sont en colère sont "pathologisés". (Eva Illouz) C’est du moins l’un des constats posés par Eva Illouz dans Happycratie, qui paraît chez Premier Parallèle (2018), un livre co-écrit avec Edgar Cabanas. De plus en plus d’ouvrages surfent aujourd’hui sur cette « injonction au bonheur ». Devenu grande cause nationale aux Etats-Unis, dont la figure du « self made man » est la corollaire emblématique, le phénomène s’est mondialisé, au point que les Emirats Arabes Unis aient nommé une ministre du bonheur en 2016.

Extraits sonores: Idéal du Moi - Moi idéal. Individu. Du Je triomphant au Moi éclaté... The Century of the Self - Part 1: "Happiness Machines"