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Macron et la colonisation: "Le mot vraiment sensible aurait été génocide" En parlant d'un "crime contre l'humanité" en évoquant la colonisation française, Emmanuel Macron a provoqué une polémique.

Macron et la colonisation: "Le mot vraiment sensible aurait été génocide"

L'historien Henry Rousso, directeur de recherche au CNRS, auteur notamment de Vichy, un passé qui ne passe pas (Fayard, 1994) ou Face au passé, essais sur la mémoire contemporaine (Belin, 2016), répond aux questions de L'Express. LIRE AUSSI >> Entre ambiguïté et prudence, les politiques français face à la colonisation Emmanuel Macron a qualifié la colonisation française comme un crime contre l'humanité. Comme spécialiste reconnu de la mémoire, cela vous surprend-il? Non. C'est-à-dire? Juridiquement, définir des actes de la colonisation comme des "crimes contre l'humanité" n'a jamais débouché sur des poursuites pénales.

Peut-on dire, comme Emmanuel Macron, que la colonisation est un « crime contre l’humanité » ? Pour les TES - #Boivin - l'historien et les mémoires de la guerre d'Algérie. La guerre d’Algérie revisitée. Cinq ans après le premier tome paraît en librairie le second volume de La Guerre d’Algérie vue par les Algériens.

La guerre d’Algérie revisitée

Ses auteurs sont le journaliste Renaud de Rochebrune et l’universitaire Benjamin Stora, tous deux des spécialistes reconnus de l’Algérie et de son histoire. Au total près d’un millier de pages qui marquent une rupture dans l’historiographie du conflit. S’il existe une immense littérature évoquant ces « années de braise » dans des centaines d’essais, de témoignages, de biographies ou d’articles de revue, c’est la première fois à notre connaissance qu’une histoire complète des sept années de guerre est écrite sans complaisance ni chauvinisme à partir d’un des deux camps, celui des Algériens. 17 octobre 1961 : "Ce massacre a été occulté de la mémoire collective" L'exécution de plus d'une centaine de manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961 reste méconnue, souligne l'historien Gilles Manceron.

17 octobre 1961 : "Ce massacre a été occulté de la mémoire collective"

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Propos recueillis par Soren Seelow A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d'un des plus grands massacres de gens du peuple de l'histoire contemporaine de l'Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d'Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d'Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. L'historien Gilles Manceron, auteur de La Triple Occultation d'un massacre (publié avec Le 17 octobre des Algériens, de Maurice et Paulette Péju, éd. >> Portfolio sonore : Les photos inédites du 17 octobre. « Les balles du 14 juillet » de D. Kupferstein réveille les mémoires d’avant la guerre d’Algérie.

Le 14 juillet 2014, les militaires descendaient les Champs-Elysées.

« Les balles du 14 juillet » de D. Kupferstein réveille les mémoires d’avant la guerre d’Algérie.

En 1953, ce même jour de célébration de la fête nationale, on défilait aussi dans Paris entre la Bastille et la Nation. La veille, comme de tradition, les parisiens s’étaient étourdis dans les bals populaires. Le lendemain 7 d’entre eux connurent d’autres bals, des balles qui leur ôtèrent la vie. Des images de bals ouvrent le documentaire de Daniel Kupferstein consacré à ce très particulier et pourtant méconnu 14 juillet 1953 sous les balles. Le titre de son documentaire – affiche ci-contre[1] – joue astucieusement sur l’homophonie ; on pourrait rire de cette pirouette si l’événement n’était pas aussi tragique. Propos de la plaque commémorative intitulée : «Les enfumades du Dahra» Le Musée de l'Homme de Paris se dit "prêt" à restituer les 36 crânes de chouhada de la résistance algérienne. Le Musée de l'Homme de Paris s'est dit ce mardi "prêt" à examiner "favorablement" la demande de restitution des 36 crânes de chouhada, résistants algériens morts au champ d'honneur au début de la colonisation française, conservés depuis plus d'un siècle.

Le Musée de l'Homme de Paris se dit "prêt" à restituer les 36 crânes de chouhada de la résistance algérienne

"Nous sommes prêts à examiner favorablement la demande de restitution des crânes des Algériens, conservés dans notre musée", a affirmé mardi dans un entretien à l'APS le directeur des collections au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris, Michel Guiraud. Ce responsable a souligné qu'il n'y a "aucun obstacle" juridique pour leur restitution. Ces restes sont "nommés" (identifiés), donc "nous les considérons forcément qu'ils peuvent sortir du patrimoine et nous attendons seulement des décisions politiques", a-t-il précisé. Il a averti qu'il y a cependant "un chemin à prendre" sur le plan procédural pour que la demande soit prise en considération. "Pour leur restitution, il y a un chemin à prendre. ILLUSIONS PERDUES. Le 8 mai 1945 à Sétif par Kateb Yacine. L’écrivain algérien Kateb Yacine (1929-1989) était en classe de troisième à Sétif le 8 mai 1945.

ILLUSIONS PERDUES. Le 8 mai 1945 à Sétif par Kateb Yacine

En 1982, il raconte et analyse devant la caméra de René Vautier, dans « Déjà le sang de mai ensemençait novembre », le massacre commis ce jour-là et les jours suivants par l’armée française et des milices de colons ( 9mn). CV Sur cet « autre 8 mai 1945 », voir par exemple : Mohammed Harbi, La guerre d’Algérie a commencé à Sétif, Le Monde Diplomatique, mai 2005. et aussi : »La milice, le commissaire et le témoin » : le récit de la répression de mai 1945 à Guelma.

Institut du d’Histoire du Temps présent. par Jean-Pierre Peyroulou et écouter un débat radiophonique tenu en 1946 : « Y a-t-il un problème algérien ? J'aime : J'aime chargement… Sur le même thème Y A-T-IL UN PROBLEME ALGERIEN ? Le 1er juillet 1946, un débat radiophonique réunit notamment Ferhat Abbas, Albert Camus et Jean Amrouche sur le thème "Y a-t-il un problème algérien ? ". Sports - "Un maillot pour l'Algérie" : l'aventure de la première équipe de foot algérienne en BD. Benjamin Stora : "La guerre d'Algérie continue dans les têtes, les cœurs, les mémoires" De toutes les commémorations historiques en France, la fin de la guerre d'Algérie est l'une des plus problématiques.

Benjamin Stora : "La guerre d'Algérie continue dans les têtes, les cœurs, les mémoires"

Alors que François Hollande rendra hommage aux victimes du conflit samedi 19 mars, le choix de cette date, qui correspond à l'entrée en vigueur du cessez-le-feu après les accords d'Evian du 19 mars 1962, provoque de houleux débats. Mettre fin à la "guerre des mémoires". Benjamin Stora, professeur d'histoire à l'université Paris XIII, note en effet que "des groupes de mémoire extrêmement nombreux et puissants" se sont formés après la guerre d'indépendance.

Harkis, anciens soldats appelés, immigrés algériens en France... "54 ans plus tard, chacun de ces groupes s'enferme dans son propre rapport au passé", note l'historien. Guerre d'Algérie, un silence générationnel. Les anciens combattants ont à plusieurs reprises joué un rôle important dans l’histoire de la France.

Guerre d'Algérie, un silence générationnel

Ce fut vrai au XIXe siècle quand ils aidèrent les deux Bonaparte à remonter sur le trône ou, plus encore, après la première guerre mondiale quant ils exercèrent un véritable magistère sur la vie politique et, plus largement, sur la société elle-même. Rien de tel après la guerre d’Algérie que livrèrent, du côté français, quelque deux millions d’appelés, de rappelés et de militaires de carrière, sinon un silence générationnel.

Jean-Charles Jauffret, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, à qui l’on doit déjà la remarquable série La guerre d’Algérie par les documents1 — hélas interrompue pour raison officielle et opportune de « secret défense » –, explique l’effacement de ces deux millions d’hommes de la mémoire nationale. Les anciens combattants ont à plusieurs reprises joué un rôle important dans l’histoire de la France. Les héritiers du silence ou la constitution d'une mémoire seconde. Pour comprendre la façon dont la transmission s’était opérée dans les familles des appelés, j’ai mené un travail d’enquête auprès d’appelés, d’épouses et d’enfants d’appelés, et j’ai étudié les influences mutuelles de ces mémoires personnelles et de la mémoire collective.

Les héritiers du silence ou la constitution d'une mémoire seconde

En ouvrant de premières portes via quatre associations d’anciens combattants [5] FNACA, FNCPG-CATM, ARAC et UNC : la FNACA (Fédération ... [5] , dont les différences de sensibilité politique sont bien marquées, j’ai pu approcher des témoins aux opinions variées. J’ai rencontré une cinquantaine de personnes, avec une proportion égale d’appelés, de femmes, et « d’enfants » quarantenaires au moment des interviews, à Paris et dans le Limousin. France/Algérie: que commémorer ensemble ? Le 8 mai 1945 ne marque pas seulement la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie.

France/Algérie: que commémorer ensemble ?

Pour les Algériens, c’est au massacre de Sétif que cette date renvoie. Date symbolique, premier acte d’une guerre qui allait attendre des années avant d’avoir un nom. L'historien et les mémoires de la guerre d’Algérie. I/ Réflexions préalables Les mémoires : lecture historique L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie Dans sa préface aux Damnés de la Terre de F.