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Inné/acquis

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Quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes. Et comment le stéréotype s’est inversé.

Quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes

Traduction d’un article publié par la sociologue américaine Alyssa Goldstein sur le site Alternet.org. Ninon de Lenclos, gravure de Antoine-Jean-Baptiste Coupé. Contre la dictature du rose. Est-ce vraiment la couleur de prédilection des petites filles ?

Contre la dictature du rose

Ou, comme le soupçonne la spécialiste de l’enfance Peggy Orenstein, un goût induit par les pros du marketing ? Je vais vous avouer un secret : j’ai passé près de vingt ans de ma carrière de journaliste à écrire sur les filles, à réfléchir aux filles et à la façon de les élever. Et, pourtant, quand j’ai été enceinte, l’idée d’avoir une fille m’a terrifiée. J’étais censée être une experte de la question. Ces études à la con qui nous prennent pour des connes. Les dangers du neurosexisme à travers le portrait-robot de «Gwendoline», LA femme telle qu'elle est décrite par des pseudo-études scientifiques.

Ces études à la con qui nous prennent pour des connes

Mi-janvier, le psychologue évolutionnaire, Jesse Bering, a écrit un article pour Slate.com, où il présentait quatre manières dont les femmes avaient évolué pour se protéger des viols lorsqu’elles ovulaient. Son article a déclenché de violentes critiques, au sein de Slate et sur des sites scientifiques notamment. Hommes-femmes : pour Vidal, aucune différence dans le cerveau n’est innée. Une personne s’apprête à manger un cerveau rose, puis bleu Photo : Tristen West/Flickr/CC.

Hommes-femmes : pour Vidal, aucune différence dans le cerveau n’est innée

Montage : Leonardo da Cerdan. Les hommes et les femmes ont-ils le même cerveau ? Catherine Vidal: ''Il y a plus de différences entre les cerveaux de personnes d'un même sexe. Le « débat inné/acquis » est-il vraiment dépassé ? C’est devenu un lieu commun de la vulgarisation scientifique : en ce qui concerne les dispositions psychiques humaines, la science a permis de dépasser le débat entre « inné » (de droite) et « acquis » (de gauche).

Le « débat inné/acquis » est-il vraiment dépassé ?

Mais de quel débat parle-t-on exactement, et sur quelles données scientifiques cette affirmation est-elle fondée ? En février dernier, en pleine campagne présidentielle, le biologiste Pierre-Henri Gouyon, chercheur et professeur de renom intervenant fréquemment dans l’espace public pour parler d’évolution, de génétique, d’écologie et de bioéthique, donnait une conférence sur l’inné et l’acquis présentée comme suit : Les faux nez biologistes de la psychologie évolutionniste. Les hypothèses de la psychologie évolutionniste, notamment relatives à des prédispositions liées au sexe, sont régulièrement relayées auprès du grand public sous couvert de vulgarisation de travaux de biologistes.

Les faux nez biologistes de la psychologie évolutionniste

Retour sur quelques impostures et un malentendu. Un journaliste scientifique de premier plan écrivait récemment dans le journal Le Monde : « Des études de psychologie ont montré que les messieurs hétérosexuels réussissaient moins bien des tests cognitifs après avoir discuté avec une dame qu'avant. L'inverse n'est pas vrai. Pourquoi ? Ces affirmations non sourcées servent de préambule au compte-rendu d’une étude de psychologie expérimentale publiée dans Archives of Sexual Behavior. Rebecca Jordan-Young's masterful critique of the research on the relationship between testosterone and sex difference.

Try talking about whether single sex education is better for boys, or why there aren't more female science professors at Harvard, or whether male financiers are innately more aggressive, and sooner or later someone will evoke that handy, biological explanation of sex difference: fetal testosterone.

Rebecca Jordan-Young's masterful critique of the research on the relationship between testosterone and sex difference

The usual argument is that early hormonal exposures mold "male" and "female" minds. That is, a prenatal marinade helps shape men and women's later sexual desires, intellectual talents, personality traits and career interests—in ways that typically differ by gender. A loud chorus of researchers and popular writers, including psychologists Simon Baron-Cohen, Susan Pinker and Steven Pinker, psychiatrist Louann Brizendine, and therapist Michael Gurian, frequently invoke prenatal hormones to explain male and female behavior. Amanda Schaffer is a science and medical columnist for Slate. This view sucks up a lot of oxygen, and it takes painstaking effort to refute it. So where does this leave us? L’essentialisme ou le déterminisme des sexes. La plupart des commentaires sexistes envers les femmes sont fondés sur l’essentialisme, c’est à dire qu’on leur attribue des caractéristiques, qui seraient culturelles ou naturelles.

L’essentialisme ou le déterminisme des sexes

On entend ainsi souvent dire que « les femmes sont sensibles », « qu’elles ont l’instinct maternel », ou, comme l’a récemment déclaré le président de l’université d’Harvard : « Des différences naturelles entre les sexes expliqueraient pourquoi les femmes sont moins nombreuses que les hommes à faire carrière en maths et en sciences » L’essentialisme tend à réactualiser un débat opposant la nature et la culture. L’essentialisme biologique est un déterminisme qui fixe les hommes et les femmes dans des caractères immuables ; les hommes et les femmes, par leur « nature » différente, auraient des caractéristiques bien définies, inaliénables et a-temporelles.

Ces idées s’opposent en général aux conclusions scientifiques et sont de l’ordre de la croyance. Le roi Testostérone.