background preloader

Bureaucratisation

Facebook Twitter

Béatrice Hibou, La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale. 1 Jean-François Bayard, Mbembe Mbembe, Toubalor Comi (dir.)

Béatrice Hibou, La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale

Le politique par le bas en Afrique noire(...) 1Avec La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Béatrice Hibou poursuit ses recherches sur les technologies néolibérales d’exercice du pouvoir. Fidèle à la démarche du « politique par le bas »1, l’auteure souligne dès l’introduction l’emprise de la bureaucratisation sur l’intégralité de la vie sociale, faisant commencer son ouvrage par le récit d’une journée d’Alice, infirmière, « au pays des merveilles bureaucratiques ». Les multiples questionnaires à remplir qui rythment son quotidien professionnel, ses échanges absurdes avec un conseiller de télécommunication par internet, les déboires de son frère face aux démarches contradictoires demandées par Pôle emploi sont autant de scènes suggérant l’étendue sans limite du fait bureaucratique. 2 Béatrice Hibou, « Retrait ou redéploiement de l’Etat ? Brown-out, stupidité fonctionnelle et souffrance au travail. Les concepts se multiplient pour décrire le mal-être au travail et ses conséquences : l’excès d’implication qui mène au burn-out, l’ennui qui génère le bore-out, et maintenant l’absurdité ressentie de ses tâches quotidiennes qui conduit au brown-out.

Brown-out, stupidité fonctionnelle et souffrance au travail

De quoi s’agit-il, pourquoi en arriver là et comment en sortir ? Traduit par « chute de tension » dans l’industrie électrique, le brown-out désigne maintenant cette perte d’énergie subie par un manager ou un collaborateur face à un travail qu’il ressent absurde ou stupide. Un terme tendance pour décrire des situations largement répandues, dans lesquelles un individu doué d’intelligence se retrouve exécutant de tâches qui en sont dépourvues. Et le choc de simplification bascula dans un univers kafkaïen, Editos & Analyses.

"J'ai un job à la con" : neuf salariés racontent leur boulot vide de sens. Claire*, 24 ans, contractuelle de la fonction publiqueClaire passe ses journées sur Facebook.

"J'ai un job à la con" : neuf salariés racontent leur boulot vide de sens

Un dimanche soir, devant sa boîte mail vide, elle a fondu en larmes. « J’envoie des questionnaires à des étudiants. "Que pensez-vous de votre faculté ? ", "De vos cours ? " Sauf que ça se fait sur demande, que j'en reçois très peu et qu'à traiter, ça me prend littéralement dix minutes. Quand je travaille, je sors parfois des statistiques sur de tout petits échantillons. » David Graeber : « Le néolibéralisme nous a fait entrer dans l’ère de la bureaucratie totale » Basta !

» David Graeber : « Le néolibéralisme nous a fait entrer dans l’ère de la bureaucratie totale »

: Vous dites que nous sommes désormais immergés dans une ère de « bureaucratie totale ». Quels en sont les signes ? David Graeber [1] : Il suffit de mesurer le temps que nous consacrons à remplir des formulaires. Quelqu’un a calculé que les citoyens états-uniens passent en moyenne six mois de leur vie à attendre que le feu passe au vert. Personne n’a calculé combien de temps nous passons à remplir des formulaires ! Le nombre d’occurrences du mot « bureaucratie » augmente dans les livres jusqu’en 1974, puis diminue. On the Phenomenon of Bullshit Jobs - STRIKE! Ever had the feeling that your job might be made up?

On the Phenomenon of Bullshit Jobs - STRIKE!

That the world would keep on turning if you weren’t doing that thing you do 9-5? Anthropology professor and best selling author David Graeber explored the phenomenon of bullshit jobs for our recent summer issue – everyone who’s employed should read carefully… On the Phenomenon of Bullshit Jobs by David Graeber. In the year 1930, John Maynard Keynes predicted that technology would have advanced sufficiently by century’s end that countries like Great Britain or the United States would achieve a 15-hour work week.

There’s every reason to believe he was right. Why did Keynes’ promised utopia – still being eagerly awaited in the ‘60s – never materialise? So what are these new jobs, precisely? These are what I propose to call “bullshit jobs.” It’s as if someone were out there making up pointless jobs just for the sake of keeping us all working. The answer clearly isn’t economic: it’s moral and political. Vers une société de «jobs à la con» ? Les hôpitaux américains surclassés par les hôpitaux canadiens.

S’ils étaient mieux gérés, une famille moyenne de quatre personnes économiserait 2000$ par an en frais de santé Dans bon nombre de pays, les familles endeuillées reçoivent des fleurs et des cartes de condoléances.

Les hôpitaux américains surclassés par les hôpitaux canadiens

Aux États-Unis, elles reçoivent un déluge de factures d’hôpital et de formulaires d’assurance à remplir. La bureaucratisation du monde à l'ère néolibérale - Béatrice HIBOU. Dans son précédent ouvrage (Anatomie politique de la domination, 2011), Béatrice Hibou avait analysé les mécanismes de domination dans les régimes autoritaires et totalitaires, et montré qu'ils n'étaient pas seulement générés "d'en haut".

La bureaucratisation du monde à l'ère néolibérale - Béatrice HIBOU

Ici, en s'appuyant sur les sociologues classiques (Max Weber), sur Michel Foucault, et sur de nombreuses études dans des champs disciplinaires différents, elle explique comment le néolibéralisme produit de la bureaucratie, et comment celle-ci se construit dans tous les domaines de la vie. Du New Public Management (introduire dans la gestion des affaires publiques des critères de performance dérivés du secteur privé) à l'aide au développement, de la recherche universitaire aux politiques migratoires, de la lutte contre la corruption aux politiques environnementales, on retrouve des formes de "gouvernement à distance", d'apparence dépolitisées mais produites par des luttes entre groupes d'intérêt. Le démon de la bureaucratie néolibérale, par Yves CITTON*

À propos de Béatrice Hibou, La Bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Paris, La Découverte, 2012, 223 p., 17 €

Le démon de la bureaucratie néolibérale, par Yves CITTON*

Rue89.