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Archives et mémoire(s)

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Twitter. De la petite à la grande histoire : la mémoire de l'intime. Comment décider de garder ceci et de jeter cela ? Où commence le travail d'archive ? L'intime et les petites choses de la vie ont-ils leur place dans les musées ? Et vous, avez-vous gardé l'album photo de votre grand-mère ? On dit souvent que lorsque quelqu'un meurt, il continue à vivre dans le cœur de ceux et celles qui l'ont aimé. La vraie disparition, finalement, c'est quand plus personne ne se souvient de vous. Non, je ne dis pas ça pour vous déprimer, de bon matin. Impossible de tout garder, évidemment. Avez-vous gardé l’album photo de votre arrière grand-mère ? Nous avons également évoqué le dernier court-métrage de Clara Beaudoux, "Une place au soleil", tourné pendant le confinement depuis sa fenêtre.

Témoignez Durant l'émission, contactez-nous ! ►► Et gardez le contact en laissant un message sur notre répondeur au 01 56 40 68 68 Programmation musicale "Carnaval" de Voyou, 2020. " La construction d’une mémoire n’est jamais neutre. Covid-19 et archivage - Le blog de Marie-Anne Chabin.

Au cœur de la crise sanitaire due au Covid-19, le long confinement (mi-mars à mi-mai 2020 voire plus) a créé une rupture brutale et durable dans le cours “normal” des choses. Pour les professions au front de la crise (soignants, fournisseurs de biens essentiels), cela a été une course contre la montre. Pour les autres, le confinement a provoqué une mise à l’arrêt, une réorganisation au moyen du télétravail ou une réinvention des gestes et des lieux, selon les activités en cause, mais pour tous le confinement a été l’occasion d’une réflexion sur le sens de son activité et sur l’après.

C’est ce qui ressort très nettement de l’écoute et de la lecture des médias et des réseaux sociaux pendant la période. Dans le monde des archives, plusieurs choses m’ont frappée: Faits. Questions. Analyse. Initiatives d’archivistes L’expérience collective du confinement a suscité, très naturellement, diverses initiatives privées dans la suite de projets mémoriels existants. Paroles d’historiens sur l’archivage.

"Passé colonial : la question des noms de rues mérite d'être posée" Devoir de mémoire : coup de verrou sur les archives historiques - Charlie Hebdo. À l’heure où certains parlent de déboulonner les statues, l’administration militaire restreint l’accès aux archives. Des associations d’historiens viennent d’écrire au Premier ministre pour demander l’abrogation de ces mesures sans précédent. Jusqu’à présent, les historiens avaient accès aux archives qui dataient de plus de cinquante ans. Eh bien, ça vient de changer, et pas dans le bon sens. Désormais, tous les documents ornés du tampon « secret » devront être déclassifiés au compte-goutte, pièce par pièce.

Soit un travail titanesque et impossible à réaliser sur des milliers de documents ! C’est surtout la période entre 1940 et 1970 qui est concernée. En effet, les archives d’avant 1940 sont déjà toutes accessibles… et celles d’après 1970 ne le sont pas encore. Le combat de ces spécialistes ne date pas d’hier. Une pétition en ligne a été lancée, elle est disponible ici. Mémoires de confinement. Des collectes originales lancées par des services d'archives « Nous vivons un épisode exceptionnel, qui est déjà l’Histoire » : les Archives des Vosges ont lancé pendant le confinement une initiative originale sur leur compte Twitter, #memoiredeconfinement.

Il s’agit d’une collecte de témoignages de confinement, menée par le service au cœur même de la crise. Le principe consiste à collecter - sous la forme de fichiers PDF ou JPEG mais aussi de vidéos, récits, photographies, dessins - les témoignages de toutes sortes produits par nos concitoyens contraints à rester chez eux pour lutter contre l’épidémie. Chaque contributeur peut faire don du fonds d'archives qu'il constitue à l’issue du confinement. De telles collectes sont également proposées à un niveau international : "Préserver la mémoire d'une épidémie mondiale", relayée par le blog "L'histoire contemporaine à l'ère numérique" et la plate-forme Archives de quarantaine des archivistes belges. Confinement : les chercheurs sondent déjà nos mémoires. Dessins, masques, récits... Une collecte pour constituer la mémoire du confinement. Mémoires du confinement: les archivistes déjà à l'œuvre. Grenoble | Une «drôle de période», «inédite», voire «historique»: aucun Français confronté à l'épidémie de Covid-19 et au confinement n'en doute.

Mais quelles traces en restera-t-il? Pour bâtir ces mémoires, des services d'archives ont lancé sans attendre des collectes un peu partout en France. L'idée a été lancée par les archives départementales des Vosges sur les réseaux sociaux. «Simultanément avec les archives municipales de Beaune, dès le 18 mars», au deuxième jour du confinement de la population, raconte à l'AFP François Petrazoller. «On a un rôle à jouer, celui de conserver la mémoire», estime le chef des archives vosgiennes, en rappelant que ses homologues parisiens avaient collecté directement dans la rue des témoignages après les attentats de novembre 2015. Une démarche inhabituelle alors que la plupart des collectes de documents se font souvent longtemps après les événements. «On a voulu lancer l'appel tout de suite, car la mémoire s'en va vite. «Histoire vivante» La BnF archive le web du coronavirus. Peu après l’apparition du coronavirus en Chine et les débuts de sa propagation en Europe, le service du Dépôt légal numérique de la BnF, qui a pour mission le dépôt légal du web (voir encadré), a mis en place une collecte dédiée.

Commencée début janvier 2020, avec le suivi de hashtags comme #JeNeSuisPasUnVirus ou #CoronavirusEnFrance qui faisaient alors leur apparition sur Twitter, la collecte Covid-19 suit l’évolution et l’impact global de la pandémie sur le web français. Elle s’attache à embrasser toutes les facettes de la crise sanitaire, via ses aspects médicaux et scientifiques, mais aussi sociaux, économiques et politiques, ou encore culturels et moraux. Une sélection documentaire dynamique et réactive Pour cela, l’équipe du dépôt légal numérique sélectionne des contenus en veillant à ce que les sites web, blogs et médias sociaux archivés forment un ensemble cohérent, significatif et représentatif.

Une collecte qui s’appuie sur un réseau de correspondants étendu. Covid-19 : pour une mémoire ordinaire de l’extraordinaire. Tribune. En raison de la pandémie mondiale de Covid-19, la majorité de l’humanité est appelée à pratiquer une forme de confinement et fait face à la réduction de ses libertés individuelles. C’est pourquoi, nous, historien·ne·s, sociologues et archivistes, appelons les particuliers, les institutions et les pouvoirs publics à conserver des archives sur cet évènement qui rompt avec le quotidien des sociétés industrialisées à l’échelle planétaire.

Son analyse doit mettre en lumière des «vies minuscules», d’ordinaire invisibles, mais qui participent à la grande histoire des sociétés humaines. La construction d’une mémoire n’est jamais neutre. Les sciences sociales qui traitent du passé restent tributaires des traces laissées par les contemporains, puis conservées dans des fonds d’archives. Pour ne pas oublier leur rôle, la période qui entoure cette pandémie doit être appréhendée sous l’angle de l’histoire sociale.

Cependant, il est nécessaire d’aller plus loin. Tribune. Aidez à faire vivre la mémoire : collecte d'objets et d'archives au Struthof | ONACVG. Mémoires du féminisme. Archives et mémoires étudiantes : « non-lieu » de « mémoire » ? 1Les artefacts estudiantins, objets témoins de l’évolution des mondes et mouvements étudiants, font partie intégrante du patrimoine mobilier des universités.

Plusieurs exemples de patrimonialisation des mondes et mouvements étudiants existent à l’étranger. 2Mais, dans le cas français, il en est de ce patrimoine mobilier comme des autres types de patrimoines universitaires (immobilier, archivistique, voire immatériel) : c’est un patrimoine qui a encore trop peu droit de cité. Et, comme pour les universités, les archives et le patrimoine des mouvements et mondes étudiants ne sont véritablement mobilisés que dans le cadre de célébrations et commémorations ponctuelles.

Les archives étudiantes, dans toutes leurs dimensions (structures/ militants, matériel/ immatériel, archives/ documentation/ objets, papier/ électronique), sont donc, pour l’instant, dans une situation tellement marginale qu’elles semblent encore être un « non-lieu » de mémoire. 4(fig. n°1) Figure 1 7(fig. n°2) Figure 2 Figure 3. CAS Authentication wanted! Projet ruptures : réfléchir à la crise sanitaire et sensibiliser les élèves aux méthodes de l'histoire. Les services d'archives multiplient les collectes de mémoires sur le confinement.

La Première et la Seconde Guerre mondiale ont donné lieu à un important travail de collecte de la part des services d'archives des collectivités territoriales : mémoires, témoignages, photos, documents… Nombreux sont d'ailleurs les services d'archives à mettre ce matériau à disposition des chercheurs ou à puiser dans leurs fonds pour organiser des expositions à destination du grand public. Véritable choc civilisationnel, la pandémie de covid-19 pourrait donner lieu, à son tour, à un important travail mémoriel du même ordre. Plusieurs services d'archives de collectivités – qui sont tous fermés avec le confinement – se lancent dès à présent dans un travail de recueil. Les archives départementales en première ligne Les archives départementales, qui gèrent les fonds les plus importants, sont les premières concernées. L'initiative a été lancée par les archives départementales des Vosges, qui ont proposé le projet dès le 18 mars – au lendemain du confinement –, par un message sur Twitter.

Quand l’exploitation mémorielle officielle des archives conduit à redécouvrir les fonds : le cas de l’enregistrement filmé du général de Gaulle du 2 juillet 1940. 1L’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) est l’héritier de la section photographique et cinématographique de l’armée (SPCA) et du service cinématographique des armées (SCA). Cet établissement public à caractère administratif sous tutelle du ministère de la défense collecte, conserve et diffuse le patrimoine cinématographique et photographique militaire depuis la Première guerre mondiale.

Il assure encore de nos jours la double mission fixée à la section photographique et cinématographique de l’armée lors de sa création en 1915, à savoir d’une part la production d’images pour les besoins de la propagande - même si le terme a aujourd’hui évolué vers la notion de communication et d’information - et pour les besoins de l’histoire, et d’autre part leur conservation afin de les rendre disponibles au public. 4 Voir à ce sujet le programme Pleins feux sur 1940 du Service historique de la défense proposé de ja (...)

L’Institut Covid-19 Ad Memoriam commence ses travaux. Des médecins impliqués dans la vie religieuse, un cancérologue investi dans la prévention, un haut fonctionnaire engagé dans la politique culturelle, un magistrat versé dans la recherche sur la régulation juridique… ce sont quelques-uns des promoteurs du nouvel Institut Covid-19 Ad Memoriam, une plate-forme de recherche et de réflexion collective sur l’impact sociétal de la crise sanitaire sans précédent due au SARS-CoV-2, qui doit réunir son comité d’orientation pour la première fois vendredi 12 juin. Pour ses initiateurs, il y a urgence à démarrer le travail. « L’oubli est une chose qui risque d’arriver très vite », prévient Jean-François Delfraissy, président d’honneur, avec Françoise Barré-Sinoussi, de l’Institut Covid-19 Ad Memoriam et, par ailleurs, président du conseil scientifique, chargé d’éclairer l’exécutif pendant l’épidémie. « Il ne faut pas se laisser prendre par le temps.

Les citoyens auront envie d’oublier cette grande peur et on peut le comprendre. La mise en archives des réactions post-attentats. Une vitrine de saison ou la mise en mémoire du Covid-19. Il y a quelques jours le très officiel Institut Covid-19 Ad Memoriam a démarré ses travaux. « Préserver la mémoire d’une pandémie » : tel serait désormais le mot d’ordre. Invités à raconter nos expériences, nous devenons les sondes mémorielles de notre propre vécu, mais aussi, du même coup, les relais d’un discours qui porte sur un présent juste passé, mais appelé d’emblée « mémoire ».

Cette mise en scène de nos expériences est une vitrine en trompe-l’œil, qui contribue à brouiller la conscience des enjeux et des conséquences de cette crise. Avant même que le déconfinement soit effectif, on a assisté à une effloraison de projets d’archivage rappelant des initiatives équivalentes lors des récents attentats. On continue aujourd’hui de nous solliciter régulièrement pour fabriquer une mémoire locale de la pandémie mondiale.

Or, contrairement à la distance que nous devons désormais pratiquer dans l’espace public, cette mémorialisation manque de recul. Philippe Mesnard. Le Conseil d’Etat autorise la consultation des archives de Mitterrand sur le Rwanda. Le Conseil d’Etat a autorisé, vendredi 12 juin, la consultation par un chercheur des archives du président François Mitterrand sur le Rwanda (1990-1995), ce que refusaient jusqu’à présent les autorités françaises, dont le rôle dans le génocide de 1994 reste controversé. La plus haute juridiction administrative française estime que cette consultation à des fins de recherche « a un intérêt légitime », afin d’« éclairer le débat sur une question d’intérêt public ». Cette décision clôt cinq années de procédure et constitue une « très très bonne nouvelle », s’est félicité le chercheur qui a porté l’affaire devant les tribunaux.

François Graner est l’auteur de plusieurs livres sur la France au Rwanda et proche de l’association Survie engagée contre la « Françafrique ». Les documents visés, émanant de conseillers de l’Elysée ou de comptes rendus de réunion du gouvernement de l’époque, ne devaient légalement être ouverts qu’à partir de 2055. Des documents secret-défense Le Monde avec AFP. 2020 : Comment archiver le temps présent ? L’histoire ne surgit pas dans l’espace public : elle en est consubstantielle, par un bâtiment, par un nom de rue, par une statue. Elle l’est aussi parce que les phénomènes de société ont toujours une profondeur historique : un mouvement social, une colère populaire, une épidémie.

L’actualité ne peut pas se passer d’histoire et souvent l’histoire elle-même fait l’actualité. Lors des commémorations bien sûr et plus encore quand des historiens débattent entre eux. Parfois, le débat autour de l’histoire devient lui-même sujet d’actualité. Nous recevons ce matin Patrick Boucheron, historien, professeur au collège de France, titulaire de la chaire d’Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIᵉ-XVIᵉ siècle. En seconde partie d'émission, nous rendons hommage à l'historien et intellectuel israélien Zeev Sternhell, en compagnie de Nicolas Weill, journaliste au Monde.

Lectures : Archives : Générique de l'émission : Origami, de Rone.