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MAI 2o16

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Grèves, blocages et cohérence -- Jacques SAPIR. La rançon de l’UE et de l’Euro La vérité, niée par le gouvernement mais aujourd’hui largement révélée par de multiples déclarations de dirigeants de l’UE, est que cette loi El Khomri est la rançon qu’il nous faut payer à Bruxelles, à l’Union européenne et à l’Euro pour faire admettre un déficit dépassant les normes [1]. On sait que les diverses instances européennes reprochaient à la France son « manque » de réforme et la menaçaient de procédures disciplinaires. De fait, cette loi est la stricte application de la « stratégie de Lisbonne » et des « Grandes Orientations de Politique Économique » qui sont élaborées par la direction générale des affaires économiques de la Commission européenne [2].

C’est pour cela que le gouvernement y tient tant et qu’il ne veut, ni ne peut, revenir sur sa décision. Nous sommes donc rançonnés, ce qui est logique car nous ne sommes plus souverains. Rapport de force et légitime défense Hypocrisies et cohérence Jacques SAPIR. Réponse d'un casseur à ces détracteurRICEs. Introduction Salut à toi camarade. Je me présente, je suis suis un casseur. J’ai participé ce mardi 10 mai à la casse du commissariat de Croix-Rousse et à celle du PS.

Quand je casse, je protège mon identité, j’ai un look de casseur. Dans le civil, j’aborde un style banal, sage. Cette double apparence me permet de passer inaperçu, un tel point que des gens me prennent à partie pour dénoncer les actes des méchants casseurs. Qui suis-je A en entendre certainEs, les casseurSEs, soit viennent des quartiers difficiles, soit sont des "marginaux" (SDF, punk à chiens...) dont les seules convictions sont de tout détruire.

Pourquoi je casse Côtoyant tout type de millitantEs, j’ai remarqué que certains se désolidarisent totalement des casseurs. Casser c’est mal ! Le terme même de casseur est négatif, mais pourquoi ? Pourquoi je me cache Si je considère que mes actes sont bien pourquoi m’en cacherais-je ? Le terme casseur Derrière la terminologie casseur on met un peu ce que l’on veut. Conclusion. Sept leçons pour la gauche latino-américaine, par Alvaro García Linera (Le Monde diplomatique, janvier 2016) Les révolutions ressemblent moins à des Escalators sans fin qu’aux vagues qui déferlent sur le rivage. Elles se dressent, avancent, paraissent suspendues dans leur mouvement, puis retombent, avant de se lever à nouveau. Les étapes de ce mouvement continu dépendent de la vigueur des mobilisations populaires, qui détermineront l’avenir de notre continent.

Or les forces progressistes se trouvent confrontées à diverses difficultés qu’il faudra dépasser. J’en identifierai ici sept. La première concerne la démocratie, que notre famille politique a longtemps conçue comme un pont malcommode entre la société actuelle et le socialisme. Cette conception de la démocratie comme l’espace même de la révolution implique toutefois de la réinventer. Autre interrogation, vieille comme la gauche : nous faut-il prendre le pouvoir ou en construire un nouveau, loin du premier ? Faudrait-il alors renoncer à prendre le pouvoir ?

Avant les années 2000, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. VIVE LA RÉVOLUTION. QUI a incendié la bagnole de flics ? Des "casseurs" ou des flics déguisés en "casseurs" ? Enregistré au 20 heures de France 2 le 18 mai 2016 Cliquer sur l’image pour voir la vidéo. Question importante : Le coup de la voiture de police incendiée lors de la manif des flics est très louche.

Et ce, d’autant plus qu’à la télé, au sujet de cette manif organisée par le syndicat facho Alliance, ils n’ont parlé que de ça, de cette bagnole de police qui a brûlé. Je me demande très sérieusement s’il ne s’agirait pas d’une provocation policière, c’est-à-dire d’une manipulation à base d’un joli spectacle mis en scène par une quelconque police secrète. Pour être plus clair : quelques agents secrets peuvent très bien avoir fait semblant d’attaquer cette bagnole de flic pour lui mettre le feu.

En effet, dans ce spectacle, les flics à l’intérieur de la bagnole auraient très bien pu y laisser leur peau si un passant n’avait pas ouvert une portière et un autre fait paravent de son corps. Autres remarques : « La doctrine de maintien de l’ordre a changé. L’objectif est maintenant de frapper les corps » Pierre Douillard-Lefèvre a été mutilé par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) en 2007 quand il était lycéen. Aujourd’hui étudiant en sciences sociales, il vient de publier un essai édifiant sur l’armement répressif du maintien de l’ordre : L’Arme à l’œil, aux éditions Le Bord de l’eau.

Il a été "interdit de séjour" le 17 mai à Nantes. Pierre Douillard-Lefèvre Reporterre — À Rennes, le 28 avril dernier, un étudiant de 20 ans a perdu l’usage de l’œil gauche, atteint par le tir d’un lanceur de balle de défense (LBD) [1]. Pierre Douillard-Lefèvre — J’ai moi même perdu un œil suite à un tir de cette arme dans une manifestation lycéenne, en 2007. Il y a aussi un paramètre de classe sociale : ces balles en caoutchouc existent depuis plus de vingt ans dans l’armement de la police mais n’ont d’abord servi que dans les quartiers populaires, ne s’attaquant aux manifestants qu’à partir de 2007.

Policiers en civil lors de la manifestation contre la loi travail le 9 avril, à Nantes. De l’autre côté de la ligne rouge. Le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, militant écologiste, non-violent, tombait à Sivens, victime du tir d’une grenade offensive. Depuis, sous le quinquennat de François Hollande, il n’y a pas eu d’autres morts dans des manifestations mais le pouvoir socialiste ne le doit qu’au hasard. Avec le projet de loi El Khomry, la tension sociale est montée d’un cran et la répression a gagné en intensité. La violence des forces de l’ordre, qui est de plus en plus souvent filmée et relayée par les réseaux sociaux, y apparaît gratuite, incohérente, impulsive, et s’exerçant souvent à l’encontre de manifestants désarmés et sans agressivité particulière. Le fameux LBD (Lanceur de balles de défense dont la marque Flash-ball est la plus connue) a été utilisé à de multiples occasions, blessant voire mutilant gravement : à Rennes, un jeune étudiant en géographie a perdu un œil.

Mais, après tout, ne sommes-nous pas en guerre ? Tout comme à Sivens, la mort d’un manifestant serait forcément accidentelle. . . Lettre à la France (par des étudiants de Sciences Po) -- Etudiants de Sciences Po. Le monde est en constante évolution. Notre peuple, vivant autrefois dans la violence et l’isolement, a muté jusqu’à devenir une civilisation consciente et solidaire. Cette transformation s’est effectuée par spasmes brusques et contractions spectaculaires. Cependant, à mesure qu’approche une telle avancée, des forces profondément enracinées surgissent, tentant d’étouffer le mouvement. Ces forces sont attractives, car elles rassurent : rester dans le monde ancien et familier, préférer la stagnation voire le retour en arrière semble plus raisonnable. Ces forces sont puissantes, car majoritaires, elles nous confinent dans une bulle de monotonie, de rituels inconscients, et c’est alors que l’humanité se sclérose, se meurt dans sa vieille peau sans avoir tenté la moindre éclosion.

Ces forces, nous devons les combattre. D’abord, il s’agit de les cerner, en élargissant son champ de vision dans le temps et l’espace. Ils nous disaient : Soyez esclaves ! NUIT DEBOUT : VERS UN MONDE D’ÉGALITÉ ? – Féministes Debout. Était-ce une grande surprise ? La pré-culture patriarcale nous avait devancé, depuis de longs siècles, partout où nous portons nos pas. Partout, elle a déroulé ses tentacules, corrompu les comportements et répandu la culture du sexisme et du viol, au travail, au foyer, dans les sphères de la citoyenneté… et jusqu’au sein du mouvement social qui se veut humaniste et émancipateur. Alors oui, quand, ce 31 mars, les citoyennes et les citoyens de Nuit Debout ont décidé d’occuper la place de la République à Paris, puis d’autres dans je ne sais combien de villes, ils n’avaient pas encore de contre-poison. Ils n’étaient pas immunisés. Il fallait un antidote, ainsi se sont créé aussi les commissions féminismes locales de Nuit Debout.

Agressions sexuelles, propos antiféministes sur les chats, prises de parole très majoritairement masculines, harcèlements, attouchements voire viols… les femmes ont subit ici ce qu’elles subissent partout ailleurs. Fatima Benomar, de la commission Féminismes J'aime : « Tout est mis en place pour que ça dégénère. Comment analysez-vous les violences policières qui ont marqué les dernières manifestations contre la loi El Khomri ? Alexandre Langlois Tout est mis en place pour que les manifestations dégénèrent. Côté renseignement, on constate depuis une dizaine d’années une double évolution, avec des manifestants beaucoup plus pacifiques qu’avant, mais des casseurs toujours plus violents, organisés de manière quasi paramilitaire.

Certains de ces groupes sont identifiés avant qu’ils intègrent les manifestations. Mais aucune consigne n’est donnée pour les interpeller en amont. Vous parlez d’une « volonté délibérée » que les manifestations dégénèrent. Alexandre Langlois Prenons l’exemple du 9 avril. Au-delà des casseurs, comment expliquez-vous les ruptures de cortèges, l’usage systématique de gaz lacrymogènes, voire les brutalités policières gratuites ?

Alexandre Langlois C’est important de rappeler que, dans les manifestations, tous les collègues sur le terrain n’interviennent que sur ordre. Place de la franchise. Il paraît qu’il y a eu des «dégâts» place de la République ; les riverains, comme on les appelle désormais, se plaignent des vitrines cassées, des agences bancaires dévastées, de la baisse du commerce et du tort à l’image : c’est étonnant cette mode des riverains, auxquels on demande toujours leur avis (qui est toujours négatif) dès qu’il y a un début de kermesse, un départ de feu, une étincelle de révolte sous leurs fenêtres. Des riverains qui vivent place de la République mais ne veulent pas entendre parler de la République.

D’ailleurs, ils n’ont pas complètement tort. Elle ne s’appelle plus République depuis longtemps, elle porte tant d’autres noms. Si on la prend par la côte Est, elle s’appelle d’abord Quick. Quick veut dire rapide : quand on mange vite un plat fait rapidement, on meurt plus vite. Cette chronique est assurée en alternance par Olivier Adam, Christine Angot, Thomas Clerc et Camille Laurens. Thomas Clerc.