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ERICH VON STROHEIM - Stanislas Nordey

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De Christophe Pellet
mise en scène Stanislas Nordey

Emmanuelle Béart et Stanislas Nordey : "On a dormi ensemble,... C’est un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une romance de théâtre.

Emmanuelle Béart et Stanislas Nordey : "On a dormi ensemble,...

La comédienne et son metteur en scène. Ils ont démarré par Les Justes, de Camus, ont continué avec Se trouver, de Pirandello, et Par les villages, de Handke, avant de s’atteler, d’ici à deux saisons, à Penthésilée, de Kleist. En février, ils ont créé Erich von Stroheim, de Christophe Pellet, dans une mise en scène radicale de Stanislas Nordey au Théâtre national de Strasbourg, dont il est le directeur. Les voici en tournée, aujourd’hui Rennes, demain Marseille, enfin Paris (1). Qu’ont-ils en commun, ces deux-là ? Madame Figaro. - Pourquoi cette pièce Erich von Stroheim ? Emmanuelle Béart. - Ce n’est pas encore la montagne ! S. E. S. E. Le pitch ? « Erich von Stroheim », de Christophe Pellet, Théâtre national de Bretagne à Rennes – Les Trois Coups. Par Jean-François Picaut Les Trois Coups Stanislas Nordey retrouve le T.N.B. qu’il connaît bien pour y avoir été artiste associé et pour avoir dirigé son École de théâtre.

« Erich von Stroheim », de Christophe Pellet, Théâtre national de Bretagne à Rennes – Les Trois Coups

Cette fois, il y présente une pièce de Christophe Pellet, la seconde qu’il met en scène après « la Conférence ». Les spectateurs sont confrontés à un spectacle sensible et exigeant. Erich von Stroheim, que présente actuellement Stanislas Nordey à Rennes, est une pièce quelque peu iconoclaste, il faut bien en convenir. Emmanuelle Béart dans Erich von Stroheim de Christophe Pellet dans une mise en scène de Stanislas Nordey.

Photo Jean-Louis Fernandez De Christophe Pellet on connaît surtout La Conférence qui l’a révélé (déjà avec Stanislas Nordey).

Emmanuelle Béart dans Erich von Stroheim de Christophe Pellet dans une mise en scène de Stanislas Nordey

Dans Erich von Stroheim créé au Théâtre National de Strasbourg, il raconte l’histoire d’un trio amoureux. Stanislas Nordey en fait un spectacle qui navigue entre le théâtre, le cinéma et l’opéra. Thomas Gonzales est nu, affalé dans un fauteuil quand le public entre dans la salle. Une photo immense de Montgomery Clift et Lee Remick tirée du film Le Fleuve sauvage d’Elia Kazan est projetée sur le décor, un mur imposant isolé au milieu du plateau. Emmanuelle Béart : « Le théâtre est une priorité » Photo Jean-Louis Fernandez Emmanuelle Béart est artiste associée au Théâtre National de Strasbourg depuis l’arrivée de Stanislas Nordey, son metteur en scène au théâtre depuis 2010 et Les Justes d’Albert Camus.

Emmanuelle Béart : « Le théâtre est une priorité »

Puis il y a eu Se trouver de Pirandello (qui lui a vallu le prix d’interprétation de l’association des critiques de théâtre) et Par les villages de Handke dans la Cour d’honneur au Festival d’Avignon en 2013. Elle retrouve sur les planches le goût de la liberté, plus qu’au cinéma. Dans Erich von Stroheim, elle incarne une femme d’affaire dans une tragédie moderne de Christophe Pellet qui met en scène un trio amoureux. Interview dans la loge de la comédienne à Strasbourg. Qui sont ces trois personnages de la pièce ?

Il y a un type qui est dans le porno. Comment avez-vous abordé ce texte ? Avec beaucoup sérieux car il y a des changements de température dans chaque scène. Oui c’est comme un grand poème mais il doit être totalement incarné. Triangle de passion froide. L st «l’tr», t l st n, sr l grnd plt vd l’xcptn d’n ftl, lrsq l pblc s’nstll. l st sss d bs, n jmb rpl t qs mmbl, s bn q’n n pt q l scrtr.

Triangle de passion froide

Drrèr l, dx pns mmnss, sr lsqls st grnd n pht d Mntgmry Clft t L Rmck dns l Flv svg d’l Kzn. D’une pièce à l’autre de Christophe Pellet, « un couple égale un mort » Tout auteur dramatique qui n’est pas porteur d’énigmes ne mérite pas qu’on s’y attarde.

D’une pièce à l’autre de Christophe Pellet, « un couple égale un mort »

La plupart des pièces de Christophe Pellet, peut-être toutes – mais je ne les ai pas toutes lues, loin s’en faut – sont nouées d’énigmes. Cela peut tenir en une réplique (« Je n’ai jamais été un enfant »), une réplique qui passe d’un personnage à l’autre d’un bout à l’autre de la pièce par contamination de salive ou je ne sais quoi, par désir de l’autre assurément (d’ailleurs, un personnage dit explicitement : « Les mots circulent entre nous trois, c’est drôle »).

Cela peut être une didascalie au sens ouvert (« action »). Cela tient aussi à une écriture qui fait cohabiter plusieurs registres (langage du désir et langage de l’entreprise), à des personnages aux identités trouées. « Mais qui est mort ? "Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart à Strasbourg : amour, sexe et imposture. "L'Un" est un acteur de films pornographiques vieillissant, qui a fait de son corps un "endroit commun à tous", "l'Autre" a encore la pureté de l'enfance et refuse au contraire toute aliénation par le travail, "Elle" est une femme d'affaires qui s'accomplit dans l'action, traite les autres comme des objets et parle comme on assène des coups.

"Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart à Strasbourg : amour, sexe et imposture

Interprétés par Laurent Sauvage, Thomas Gonzalez et Emmanuelle Béart, les trois personnages évoluent dans un décor trop grand pour eux, toujours par deux, mais toujours préoccupés par le troisième d'entre eux. Leurs apparitions et disparitions sont scandées par la voix de Maria Callas chantant "Samson et Dalila" de Camille Saint-Saëns.

Reportage : F. Bedin / C. Laemmel / S. Erich von Stroheim, texte de Christophe Pellet (L’Arche Editeur), mise en scène de Stanislas Nordey. Crédit photo : Jean-Louis Fernandez Erich von Stroheim, texte de Christophe Pellet (L’Arche Editeur), mise en scène de Stanislas Nordey Résonne avec grâce – impression délicate à la moindre scène finissante – la mélancolie du chant d’imploration de « Mon cœur s’ouvre à ta voix », l’air de Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns chanté par La Callas (Orchestre National de la Radiodiffusion française dirigé par Georges Prêtre, à Paris en 1961.)

Erich von Stroheim, texte de Christophe Pellet (L’Arche Editeur), mise en scène de Stanislas Nordey

Les accents sont lancinants aux intonations infiniment plaintives, l’une implore l’autre du fond de son âme douloureuse de « sécher ses pleurs » en répondant à sa tendresse à elle de sa voix à lui, si chère et si apte à lui redire encore – utopie et rêve irraisonné – « les serments d’autrefois » qui la bercent d’une ivresse douce. De profil, l’homme à la tête légèrement de biais éprouve dans son dos la présence sensuelle de sa belle dont le visage invisible repose tendrement sur son épaule. Et que reste-t-il de l’amour ? Véronique Hotte WordPress: Erich von Stroheim.