background preloader

PRESSE WEB

Facebook Twitter

LIBÉRATION - Amir Reza Koohestani, classé secret d’enfance. On désigne par «palimpseste» un parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire à nouveau. Par extension, le mot a fini par désigner tous les objets et textes qui conservent l’historique des traces anciennes. Et on n’en finit pas d’utiliser la métaphore pour évoquer, par exemple, l’urbanisme des villes ou les secrets d’une famille.

En ce moment, un bel exemple de palimpseste - au sens propre comme figuré - se trouve sur un mur d’école, dans une fiction, en Iran. Le mur est représenté sur la scène de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, dans l’entêtant Summerless. Et ce mur a beau être peint, repeint, re-repeint par le personnage de l’homme, puisque telle est la mission que la surveillante générale de l’école a confié à cet enseignant aussi employé comme peintre en lettres, il y a visiblement toujours un dessin gênant en dessous qui finit par transparaître. Ève Beauvallet envoyée spéciale à Avignon. "Des mots de Minuit": "Summerless", le théâtre entre les lignes d’Amir Reza Koohestani.

Régulièrement, à sa manière, Amir Reza Koohestani nous donne des nouvelles de l’Iran. Cela ne veut pas dire pour autant que ses spectacles sont des reportages. De même, ce serait une erreur de croire qu’ils sont destinés d’emblée au public occidental. Au contraire, c’est parce qu’elles sont jouées sur des scènes iraniennes que les œuvres de ce metteur en scène et dramaturge ont pour nous une telle résonance. Et cela malgré ou à cause de la censure à laquelle il est confronté. . © Luc Vleminckx Avant de réaliser son œuvre, il doit badigeonner les murs de blanc. Au cœur de ce flottement indécis plusieurs événements surviennent.

> tout Avignon sur des mots de minuit Les mot à mot Des mots de minuit ► @desmotsdeminuit. RTBF - KFDA 2018 : "Summerless", chronique d'un pays troublé. RTBF - Chroniques du KFDA (2) : Léa Drouet et Amir Koohestani ou ... Mouvement.net - KFDA, l'indicible. Autour de la scène de Boundary Games de Léa Drouet, des gradins forment deux angles, laissant les deux autres grand ouverts, comme de possibles échappées. Dans l’un de ces espaces dégagés reposent, minutieusement pliées, une grande quantité de couvertures, de celles grises, qu’on utilise pour protéger les meubles, dans les cours de yoga, mais aussi, et peut-être surtout, de celles qui visent à réchauffer les corps abandonnés à la rue. Une heure durant, les performeur·se·s vont et viennent, déplient, rassemblent, séparent, accumulent. Ils dessinent des paysages où l’humain se place et disparait, nous offrent des esquisses fuyantes de situations jamais complètement définies et rapidement remplacées par la suivante et qui attestent de la finesse de l’écriture scénique de Léa Drouet et de ses complices.

C’est aussi dans ces creux et dans ces rythmes que quelque chose s’écrit, de radicalement autre. Le silence de la parole Summerless d'Amir Reza Koohestani. p. Luc Vleminckx.