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Sociologie

Facebook Twitter

Non, Facebook n'est pas (seulement) une machine nombriliste - Mais où va le Web. Facebook, figure paradigmatique du narcissisme ambiant ? Bien souvent, les critiques faites au « premier pays du monde » accusent le réseau de générer, ou au moins d’exagérer une certaine tendance à l’exposition de soi. Rien de plus faux. Je consultais récemment un enquête « Facebook, pour quoi faire ? Configurations d’activités et structures relationnelles » réalisée par les sociologues Irène Bastard, Dominique Cardon, Jean-Philippe Cointet, Christophe Prieur et Raphaël Charbey sur les usages profonds de Facebook, à partir de données issues d’un panel de 15 145 utilisateurs du réseau. L’enquête en question dénote qu’à y regarder de plus près, les utilisateurs de Facebook sont loin de (tous) correspondre à l’image qu’on souhaite parfois en faire (jeune, auto-centrés, totalement égotiques et fascinés par les GIF mettant en scène des chats).

Six types d’utilisateurs de Facebook Le groupe « Publier chez soi » Le groupe Publier chez les autres Le groupe des Non-actifs. Cyborgs at work: Swedish employees getting implanted with microchips. Peut-on armer la « transparence » des algorithmes. Roger Taylor (@rtayloropendata) est le fondateur du Réseau des services publics ouverts à la Royal Society of Arts. Il est aussi l’auteur, avec Tim Kelsey, le directeur de l’agence de la santé numérique australienne (après avoir été celui de la NHS britannique, et responsable de l’ouverture des données et de la transparence au Cabinet Office), de Transparence et société ouverte.

Dans une remarquable tribune pour Discover Society, il est justement revenu sur les enjeux de la transparence. Le développement des technologies de l’information a été vu comme un âge d’ouverture et de transparence, permettant de mettre en capacité les citoyens. Désormais, grâce à une information toujours plus disponible, nous pouvons surveiller et contrôler le monde en continu… Mais est-ce si sûr ? Pour Roger Taylor, l’ouverture et la transparence ne peuvent être mesurées seulement en terme de volume d’information disponible.

La transparence a-t-elle rendu le monde plus opaque ? La transparence suffira-t-elle ? Les algorithmes sont-ils une nouvelle forme de bureaucratie ? Pour Real Life – dont on ne recommandera jamais assez la qualité (@_reallifemag) – l’essayiste Adam Clair (@awattobuildit) dresse une intéressante comparaison entre algorithme et bureaucratie. Les algorithmes sont paradoxaux rappelle-t-il : « ils sont conçus pour améliorer la prise de décision humaine en supprimant supposément ses biais et ses limites, mais les protocoles analytiques inévitablement réducteurs qu’ils mettent en œuvre se révèlent surtout vulnérables à des formes d’utilisation abusive. » Comme le dit très bien Cathy O’Neil dans son livre : loin d’être neutres et objectifs, « les algorithmes sont des opinions formalisées dans du code ».

Pour Adam Clair, derrière l’apparente complexité de leur code, les objectifs des calculateurs ne sont pas nouveaux : ils visent à concentrer le pouvoir dans des structures ordonnées et cohérentes, à l’image des bureaucraties. Comme celles-ci, les algorithmes tendent à être impénétrables, opaques, et à renforcer les injustices existantes.