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Les cahiers pédagogiques

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Charles Hadji : Evaluer pour réussir ? Peut-on désamorcer le débat sur l'évaluation ?

Charles Hadji : Evaluer pour réussir ?

C'est le pari tenté par Charles Hadji. Loin des débats fumeux sur la réforme de l'évaluation ou la défense des notes, son livre colle au terrain mais en revenant sans cesse aux finalités de l'évaluation. Pour tous les enseignants qui passent beaucoup de temps à corriger des copies et à concevoir des évaluations, en se demandant assez souvent à quoi ça sert, pour ceux qui en ont assez des débats de principe, ce petit livre ouvre des horizons théoriques et très pratiques à ne pas louper... L'évaluation ça compte dans la vie d'un enseignant. C'est même l'activité qui identifie le mieux le métier d'enseignant. L'intérêt du livre de Charles Hadji, c'est la position qu'il prend. Ceci posé, le livre nous sort des débats de chapelle et des gourous officiels ou anti -officiels.

Le second effet, une fois les finalités bien mises en perspectives, c'est d'aller d'envisager les modalités. Faut-il avoir peur de l’évaluation. L’évaluation ponctue les travaux de Charles Hadji depuis une trentaine d’années.

Faut-il avoir peur de l’évaluation

En 1989, il publiait déjà, chez ESF éditeur, « L’évaluation règles du jeu ». Le constat de l’extension du domaine de l’évaluation et de sa dangerosité le conduit à publier ce nouvel ouvrage, qualifié par son auteur lui-même de « cri » face à des pratiques qu’il définit comme « calamiteuses ». De l’appel de l’Afev pour la suppression des notes aux commentaires autour du triple A des agences de notation, en passant par le succès des alertes d’André Antibi sur la constante macabre, l’année en cours a fait une large place à la question de l’évaluation. Mais les questions fondamentales posées par Hadji dans son livre sont-elles vraiment évoquées dans les débats publics ? Soucieux de la précision des concepts et de la rigueur de l’argumentation, Charles Hadji mène au long de ces 290 pages une démonstration implacable contre la fièvre évaluative qui a envahi notre société.

Nicole Priou Formatrice. Evaluation n’est pas compétition. Cécile Blanchard, rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques, a assisté aux journées de l’évaluation, les 11 et 12 décembre dernier, à l’Ecole nationale supérieure des arts et métiers de Paris.

Evaluation n’est pas compétition

Inscrites dans la conférence nationale sur l’évaluation lancée par le ministre de l’éducation nationale l’été dernier, ces journées venaient clore les auditions menées par le jury, avant sa délibération du lendemain. Je ne dirais pas que j’ai la gueule de bois, mais un peu d’amertume. Pourquoi tant d’acharnement de la part de certains, dans les médias ou les milieux intellectuels, à démonter une initiative intéressante ? Car ces journées de l’évaluation étaient intéressantes. Et pas si consensuelles que ça. Dédramatiser l’erreur plutôt qu’éviter d’affronter la difficulté.

Récemment, André Antibi, a publié une tribune où il estime que tout ce qui se dit autour des notes et de leur éventuelle suppression est un « faux débat ».

Dédramatiser l’erreur plutôt qu’éviter d’affronter la difficulté

Jean-Michel Zakhartchouk souhaite lui répondre. Soyons gré au promoteur de la méthode de lutte contre la « constante macabre », de ne pas être dans l’anathème ou le mépris exprimé récemment par un ancien ministre ou par un linguiste auto-promu grand spécialiste des questions éducatives pour toutes les tentatives de changer l’évaluation pour la rendre plus juste et plus efficace. Dix reproches, dix propositions. Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Dix reproches, dix propositions Notre revue, les Cahiers pédagogiques, et le mouvement pédagogique qui la publie, le CRAP, réfléchissent sur l’évaluation depuis fort longtemps, travaillant dans le sens d’une évaluation positive, non humiliante et utiles aux apprentissages des élèves.

Dix reproches, dix propositions

Nous avons donc souhaité contribuer à la conférence nationale. S’il y a une réflexion nationale sur l’évaluation des élèves, c’est bien parce que quelque chose ne fonctionne pas bien dans l’évaluation telle qu’elle est actuellement. Pour nous, on peut synthétiser la critique de celle-ci en dix grands reproches : De ces dix reproches découlent a contrario dix propositions :

Pour une évaluation plus juste et plus efficace. Le CRAP a organisé avec Canopé ce mini-colloque le 11 février au lycée Paul Bert à Paris, deux jours avant la remise à la ministre du rapport de la conférence nationale sur l’évaluation, et alors qu’on peut craindre que les propositions pourtant modérées et « raisonnables » du jury de cette conférence, ne soient guère retenues, au-delà des bonnes intentions.

Pour une évaluation plus juste et plus efficace

Pourtant, la suppression des notes à l’école primaire (qui est effective déjà dans les trois quarts des écoles, semble-t-il) et une liberté plus grande de ne pas noter systématiquement au collège, tout cela n’aurait rien de révolutionnaire. Mais au sortir de ce passionnant moment d’échanges, on a plutôt envie de croire qu’on peut soulever des montagnes. Les compétences. Évaluer les élèves. Comment évaluer sans leurrer. Des propositions pour varier des modalités d’évaluation, en en faisant un support aux apprentissages de chacun, sans négliger pour autant la question de la norme commune.

Comment évaluer sans leurrer

Le principe louable d’apporter des aides aux élèves qui peinent dans leurs apprentissages et d’éviter l’ennui à ceux qui sont en avance en leur donnant des travaux complémentaires à bonus n’est pas sans poser problème. Aux moments de la scolarité où les enjeux de validation, de certification, d’orientation sont forts, faire travailler à des niveaux différents, avec des formes d’approches variées, n’est-ce pas leurrer le jeune sur son niveau réel ? N’y aurait-il pas une perte de lisibilité sur l’écart par rapport à la norme attendue ? Je propose ci-dessous certaines formes d’évaluation en pédagogie différenciée. Mais le propre de la pédagogie est sa malléabilité à la créativité. Pour en finir (ou presque) avec les notes - Évaluer par les compétences.

Devant les inconvénients maintes fois montrés des évaluations par la note, certains pays comme la Belgique tentent de passer à l’évaluation par les compétences.En France, à côté des livrets de maternelle et des évaluations nationales en CE2, 6e, 5e et seconde, des professeurs tentent de sortir un peu de notre système traditionnel dans une perspective d’évaluation formative.

Pour en finir (ou presque) avec les notes - Évaluer par les compétences

Un témoignage concret au collège en français, en sixième et cinquième. Motivés avec ou sans les notes ? (4/4) Nous avons vu précédemment certains ressorts positifs ou négatifs de la note selon son contexte.

Motivés avec ou sans les notes ? (4/4)

Alain Lieury et son équipe ont précisé cette théorie lors d’une expérience grandeur nature dans un collège. Faut-il noter les élèves ? Episode 1 : Complimentez, il en restera toujours quelque chose Episode 2 : Feedback et gommettes Episode 3 : Motivés, motivés Photo : Philippe Ibars. Motivés, motivés (3/4) Nous avons vu dans les précédents épisodes que l’évaluation contrôlante n’est efficace que si elle passe par le compliment et que l’évaluation donnant un but et des informations permet d’arriver à de bien meilleurs résultats.

Motivés, motivés (3/4)

Alain Lieury nous invite maintenant à observer ce qui renforce la motivation. Faut-il noter les élèves ? Episode 1 : Complimentez, il en restera toujours quelque chose Episode 2 : Feedback et gommettes. Feedback et gommettes (2/4) Nous avons vu dans le précédent épisode de ce feuilleton de la note les effets de l’évaluation contrôlante, positifs en termes d’apprentissage pour ce qui relève du compliment. Passons à l’évaluation informative et à la forme à adopter. Faut-il noter les élèves ? Complimentez, il en restera toujours quelque chose (1/4) Alors que l’on entrevoit toute l’importance que l’évaluation va continuer de prendre à la rentrée, Alain Lieury, chercheur en psychologie cognitive, nous rappelle quelques grands épisodes de la recherche autour de la place de la note, notamment dans la motivation.

Il nous livre également les résultats d’une de ses expériences, menée dans un collège. En cette période estivale, voici donc la saga des notes, feuilleton en quatre épisodes, à suivre à la rentrée. Un « marronnier » pour un journaliste est un thème qui revient périodiquement, comme le thème de la mémoire pour les révisions à l’approche des examens. L’évaluation en est un aussi puisque j’en ai toujours entendu parler au cours de ma carrière, notamment après Mai 68 où tout ce qui passait pour une contrainte était banni. Plus de notes : l’affaire de tous. Quelles qu’en soient les justifications pédagogiques, la suppression des notes n’a guère de sens si ce n’est que le choix d’un enseignant. Ce collège en a fait une affaire collective, et cet article écrit à plusieurs voix en témoigne. En deux années scolaires, notre collège a connu une profonde métamorphose, du point de vue de la relation entre professeurs et élèves comme du point de vue des pratiques pédagogiques.

En 2010, dans le cadre de la construction de notre projet d’établissement, nous faisions un double constat : nos élèves de 6e décrochaient très vite et un tiers des élèves du collège parvenu au lycée général redoublaient leur classe de 2de. Comment faire acquérir à tous le minimum nécessaire tout en développant l’excellence ? Pour relever ce défi, et avec le soutien de l’équipe de direction, nous avons décidé d’expérimenter une classe « compétences sans notes » en 6e. C’est grâce à de nombreuses concertations et de la formation que nous avons vu nos pratiques changer. Classes sans notes : l’émergence d’une autonomie. Passer de l’évaluation avec des notes au travail par compétences, voilà qui entre dans les pratiques et rencontre un écho favorable.

C’est ce que nous montre l’exemple d’un collège de Nogent-sur-Oise, près de Paris, décrit par son principal. Dans votre collège, les élèves de 6e travaillent sans notes, c’est bien cela ? Geoffroy Merlot Le collège Berthelot a, depuis plusieurs années, proposé des expérimentations sur l’évaluation par compétences. Pour cette rentrée scolaire, il a été décidé, dans la concertation, de proposer pour toutes les classes de 6ème une évaluation par compétences pour le 1er trimestre. Quels sont les facteurs aidant à la mise en place dans un établissement et facilitant le changement entraîné auprès des élèves, des parents ? Quelles retombées positives voyez-vous actuellement ? Remise du bulletin Pour prolonger la discussion sur le travail sans notes, le cercle sur les compétences est ouvert. « Les débats sur l’évaluation ne seront jamais enterrés ! » Les recommandations du jury de la conférence nationale sur l’évaluation ont paru intéressantes et équilibrées à beaucoup mais on ne sait toujours pas quelles suites y seront données par le gouvernement.

En attendant, Richard Étienne et Raoul Pantanella nous entraînent dans les archives des Cahiers pédagogiques, à la découverte de textes stimulants, qui dépassent la question des notes, pour rechercher une évaluation au service des apprentissages des élèves. Que retirez-vous de cette plongée dans une quarantaine d’années d’articles sur l’évaluation dans les Cahiers ? Y a-t-il des constantes dans les débats ? Des pistes qui émergent ou ont été abandonnées ? R. R. N°438 - L’évaluation des élèves. Si l’école « fabrique de l’excellence scolaire », comme le notait Philippe Perrenoud en 1984, elle produit aussi de la sélection et du tri, elle intègre et exclut, elle contribue largement à assigner les places sociales et son rang à chacun.

N°491 - Évaluer à l’heure des compétences. L’évaluation en classe. Mercredi 11 février : après-midi de débats sur l’évaluation. Trois ouvrages à propos d’évaluation.