Les Adolescents et la lecture, quinze ans après. Les jeunes ne lisent plus : avant-hier à cause de la bande dessinée, hier à cause de la télévision, aujourd’hui à cause d’internet. Sans s’interroger ni sur la transformation du verbe lire en verbe intransitif, ni sur ce passé mythique où les adolescents, tel le petit Marcel de la Recherche qui, plongé dans sa lecture, laissait s’égrener les heures au clocher de Combray, auraient été passionnés de lecture, les discours de déploration ricochent de génération en génération. Et pourtant, pourrait-on rétorquer, des séries comme Harry Potter ou Twilight, mais également les romans de Pierre Bottero, de Meg Cabot, de Timothée de Fombelle sont de véritables best-sellers, sans parler des mangas, même malgré leur essoufflement récent 1. Mesurer les évolutions Tentons néanmoins l’exercice, à partir de deux enquêtes longitudinales : la première débute il y aura bientôt vingt ans 3.
. « Tu regardes la télévision : – Jamais ou presque jamais ; – 1, 2 ou 3 fois par mois ; – 1, 2 ou 3 fois par semaine ; Chap6 developpementidentitaireetconceptdesoi. LJ 122 06 2007. Littérature de jeunesse et altérité. C'est pourtant une thématique dont la littérature de jeunesse s'est emparée largement. L'attitude de lutte contre toute forme de discriminations est en effet abordée dans de nombreux romans et notamment les ouvrages fantastiques ou de science-fiction puisqu'ils mettent en scène des univers totalement imaginaires qui servent souvent de prétexte à un discours de tolérance vis-à-vis de l'autre.
C'est le cas du roman de Lois Lowry, « Le passeur » où le héros vit dans un univers sans mémoire, totalement formaté, où il est mal venu d'attirer l'attention par une attitude ou une caractéristique physique différente, ne serait-ce que de la couleur dans les yeux ou les cheveux. L'univers de la science-fiction ou du fantastique met également en scène des êtres seuls, rescapés, dans un monde en pleine mutation où ils souffrent parce qu'ils sont différents. Le thème du handicap s'est également peu à peu invité dans les œuvres de jeunesse. La littérature de jeunesse et les adolescents. La bibliothérapie. Or, s’il n’est plus à démontrer que bien-être et réussite vont souvent de pair, pourquoi n’entend-t-on jamais parler du bien-être de l’élève au lieu de « performance » ?
N’y a-t-il que l’infirmière, la conseillère principale d’éducation et l’assistante sociale de l’établissement qui doivent se soucier de ce point fondamental ? Du fait de ce lieu à part qu’est le CDI et de nos missions diverses en tant que professeurs documentalistes, n’avons-nous pas un rôle important à jouer dans cette notion de bien-être, dont le médiateur serait le livre ? Qu’est-ce la bibliothérapie et comment la mettre en pratique dans nos établissements ? Quel public, quels profils d’élèves au CDI ? Les élèves qui fréquentent le plus le CDI sont les élèves de 6e et de 5e (du fait que nous sommes peut-être amenés à les voir davantage dans le cadre de nos séances de recherches documentaires et / ou d’éducation aux médias et à l’information).
Vous êtes abonné(e) Pour accéder à l’ensemble des contenus, connectez-vous. Se construire grâce au roman miroir. L’homme se construit tout au long de sa vie : il construit son identité, mais aussi le sentiment qu’il a de celle-ci. Il est des périodes calmes, d’autres plus mouvementées, soit pour des raisons de développement (l’adolescence en fait partie), soit pour des raisons conjoncturelles, accidentelles, qui font traumatisme.
On parle communément de crise à propos de l’adolescence. Elle n’est pas forcément violente ni bruyante. Par le mot crise, il convient d’entendre, avec le psychanalyste René Kaës(1)Crise, rupture et dépassement, Dunod, 1979., ces transformations physiques et psychiques, qui s’imposent à lui, qu’il ne comprend pas toujours et qu’il doit aussi se représenter, c’est-à-dire symboliser. Lorsqu’il n’y parvient pas seul, ce qui est fréquent, il va chercher à un autre niveau d’organisation (la famille, le groupe de copains…) un appui, une aide et des repères. Miroir, miroirs… Le premier miroir, tel que l’a bien montré Donald W. Les enjeux psychiques de la lecture Conclusion.
Pourquoi inciter des adolescents à lire de la littérature ? Au cours des trente dernières années, la rentabilité scolaire a été au cœur de la plupart des interrogations sur la lecture d’œuvres littéraires pendant l’adolescence. Cette lecture contribue-t-elle à la réussite des élèves de catégories sociales aisées, s’est-on demandé pendant un temps ? Est-elle propice à de meilleures performances dans l’acquisition de la langue, introduit-elle à certains apprentissages, certaines compétences spécifiques ? S’y est mêlé un débat sur ses éventuels bienfaits socialisants, en particulier par le partage d’un patrimoine commun.
Se démarquant de ces approches, d’autres ont revendiqué le seul « plaisir de lire ». L’écoute d’adolescents, de différents milieux sociaux, l’analyse de souvenirs de lecture transcrits par des écrivains, le recueil d’expériences menées par des psychanalystes, ou par des passeurs du livre, notamment dans des contextes marqués par la violence, suggèrent que là n’est peut-être pas l’essentiel. Crise d’adolescence ou de civilisation ? Adolescence : naître au monde et aux autres, le rôle de la littérature. Ce texte est issu d'une conférence faite à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne le 22 février 2017, lors d'une journée de formation rassemblant des bibliothécaires scolaires de Suisse Romande. Annie Rolland est Psychologue Clinicienne, Maître de Conférences en Psychologie Clinique et Psychopathologie.
Crédit illustration : Etienne Delessert Nous avons tous vécu durant notre adolescence des moments heureux et malheureux, ressenti des émotions d'une intensité à nulle autre pareille, mais aussi connu le vertige existentiel et l'ennui mortel. Bon nombre d'entre nous ne s'en souviennent pas, d'autres en gardent un souvenir partiel et doivent faire un effort parfois pénible pour raviver les quelques images éparpillées de cette époque lointaine et proche à la fois. Pour la majorité d'entre nous, il ne reste que le souvenir d'évènements singuliers associés à des lieux spécifiques (le collège et le lycée) et enfin les amis qu'on a gardés et ceux qu'on a perdus. L'adolecteur au travail... [5] J. Lire à l'adolescence : enjeux psychiques. Quels enjeux psychiques pour la lecture à l'adolescence ? « Étienne Vollard arrive dans un nouveau lycée à l’âge de quatorze ans, pour des raisons que seule la rumeur informera. Ce jeune homme grand, lourd, fort, a toujours dans les poches des livres qu’il ouvre dès que l’occasion s’en présente.
Étienne Vollard passe ses récréations à lire. Il retient par cœur tout ce qu’il lit, ce qui alimente le sadisme de ses camarades à son égard. Ils le forcent à réciter des pages de livres et le frappent à la moindre erreur. Lisant sans cesse, sautant les repas de midi pour rester dans la classe, Étienne Vollard se tient en dehors de la réalité de son environnement, ignorant, sans les mépriser, ses camarades-bourreaux. Mais, ce faisant, il excite leur violence et probablement leur envie tant le livre semble être pour lui un objet précieux de l’univers duquel les autres se sentent exclus. » Ses camarades supportent mal son attitude et le silence qui entoure le nouveau. Pourquoi introduire mon propos par un lecteur de papier, un personnage fictif ? LITTERATURE JEUNESSE. Éloge de la lecture. Les lecteurs du BBF connaissent bien Michèle Petit, coauteur de Lecteurs en campagnes : les ruraux lisent-ils autrement (BPI, 1993) et pilote de la grande enquête publiée sous le titre : De la bibliothèque au droit de cité : parcours de jeunes (BPI, 1997).
Cet ouvrage est une relecture (une réécriture) de ces travaux, avec l’apport de l’approche psychanalytique, mais aussi avec de la distance par rapport à ces travaux, le recul du temps et la liberté de parole. On se souvient que l’un des axes majeurs du travail de Michèle Petit sur la lecture est la mise en lumière du rôle du texte, des œuvres, des livres, dans l’alimentation d’un imaginaire, dans la construction d’une identité, « la construction de soi ». Ici, évidemment, l’approche psychanalytique permet de réinterroger ce registre : « La lecture relance une activité de symbolisation, et sans doute est-ce là l’essentiel. Autre idée essentielle dans l’analyse de Michèle Petit, celle de « déplacements », de trajets, de « parcours ».
Identité et ouverture à l'altérité : Le rôle de la littérature. La lecture à l'épreuve de l'adolescence. Lecture et réparation psychique. Place de la lecture dans le developpement ado. CC Lecture 2016 Reverdy Famille et école.