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Les adolescents et la lecture, quinze ans après: BBF, 11/2011

Les adolescents et la lecture, quinze ans après: BBF, 11/2011
Les jeunes ne lisent plus : avant-hier à cause de la bande dessinée, hier à cause de la télévision, aujourd’hui à cause d’internet. Sans s’interroger ni sur la transformation du verbe lire en verbe intransitif, ni sur ce passé mythique où les adolescents, tel le petit Marcel de la Recherche qui, plongé dans sa lecture, laissait s’égrener les heures au clocher de Combray, auraient été passionnés de lecture, les discours de déploration ricochent de génération en génération. Et pourtant, pourrait-on rétorquer, des séries comme Harry Potter ou Twilight, mais également les romans de Pierre Bottero, de Meg Cabot, de Timothée de Fombelle sont de véritables best-sellers, sans parler des mangas, même malgré leur essoufflement récent 1. Mesurer les évolutions Tentons néanmoins l’exercice, à partir de deux enquêtes longitudinales : la première débute il y aura bientôt vingt ans 3. « Tu regardes la télévision : – Jamais ou presque jamais ; – 1, 2 ou 3 fois par mois ; – 1, 2 ou 3 fois par semaine ;

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Que lisent vraiment les ados?: L'Express, 08/2013 Avant, c'était simple: entre 11 et 15 ans, soit on aimait lire, soit non. Et lorsqu'on appartenait à la première catégorie, on avait à la fois un oeil dans la Bibliothèque verte et l'autre qui lorgnait celle de nos parents -où l'on piochait d'autant plus joyeusement qu'elle n'était pas forcément autorisée. Mais ça, c'était avant, il y a longtemps, quand on pouvait également s'entendre dire: "Plutôt que de ne rien faire [= lire un livre], viens m'aider à mettre la table." Car depuis une quinzaine d'années, et de manière accrue avec la crise récente et le spectre du chômage, ce que les collégiens entendent, c'est l'injonction: "Lis!" Et, si possible, lis des choses "intelligentes et éducatives". Rares sont les adultes qui n'associent pas la réussite scolaire à une pratique de lecture sérieuse, exerçant dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres, une pression angoissée.

Littérature de jeunesse et altérité C'est pourtant une thématique dont la littérature de jeunesse s'est emparée largement. L'attitude de lutte contre toute forme de discriminations est en effet abordée dans de nombreux romans et notamment les ouvrages fantastiques ou de science-fiction puisqu'ils mettent en scène des univers totalement imaginaires qui servent souvent de prétexte à un discours de tolérance vis-à-vis de l'autre. C'est le cas du roman de Lois Lowry, « Le passeur » où le héros vit dans un univers sans mémoire, totalement formaté, où il est mal venu d'attirer l'attention par une attitude ou une caractéristique physique différente, ne serait-ce que de la couleur dans les yeux ou les cheveux. L'univers de la science-fiction ou du fantastique met également en scène des êtres seuls, rescapés, dans un monde en pleine mutation où ils souffrent parce qu'ils sont différents.

Faire une place à la littérature de jeunesse Poser la question de la valeur littéraire pour qualifier ou disqualifier la littérature de jeunesse est hasardeux. Nous savons combien cette « valeur » dépend d’une série de mécanismes institutionnels. Or ces mécanismes d’évaluation critique jouent nécessairement en faveur des goûts et de la culture de ceux qui évaluent, à savoir des adultes lettrés : tout naturellement ces adultes s’intéressent d’abord à ce qu’ils lisent eux-mêmes, à ces « livres pour adultes » qu’éditeurs et libraires regroupent sous l’expression de « Littérature générale ». Quant aux enfants, ils ne produisent pas de discours critique sur les livres pour enfants ; ils n’en ont ni le besoin, ni la culture, ni les outils. Ils ont une évaluation globale, qui est celle de leur plaisir.

Se construire grâce au roman miroir L’homme se construit tout au long de sa vie : il construit son identité, mais aussi le sentiment qu’il a de celle-ci. Il est des périodes calmes, d’autres plus mouvementées, soit pour des raisons de développement (l’adolescence en fait partie), soit pour des raisons conjoncturelles, accidentelles, qui font traumatisme. On parle communément de crise à propos de l’adolescence.

Babar, Harry Potter et Cie. Livres d'enfants d'hier et d'aujourd'hui Livre pour enfants ou littérature pour la jeunesse Il est pourtant nécessaire de distinguer "livre pour enfants" et "littérature pour la jeunesse", même si cette distinction reste somme toute théorique. Si on s’intéresse aux publications destinées aux enfants dans une perspective littéraire, c’est-à-dire en s’attachant au corpus des œuvres de fiction mises entre les mains des enfants, on parlera de littérature pour la jeunesse. Si on adopte une perspective historique, en considérant tous les ouvrages écrits et édités pour les enfants – abécédaires, manuels scolaires, documentaires, albums, romans, contes, revues… –, alors on parlera de livres pour enfants.

Adolescence : naître au monde et aux autres, le rôle de la littérature Ce texte est issu d'une conférence faite à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne le 22 février 2017, lors d'une journée de formation rassemblant des bibliothécaires scolaires de Suisse Romande. Annie Rolland est Psychologue Clinicienne, Maître de Conférences en Psychologie Clinique et Psychopathologie. Crédit illustration : Etienne Delessert

Chronologie sur la littérature enfantine Quelques dates dans l'histoire de la littérature enfantine Au 15e siècle 1450-1455 : Gutenberg et sa bible à 42 lignes Au 16e siècle Pourquoi inciter des adolescents à lire de la littérature ? Au cours des trente dernières années, la rentabilité scolaire a été au cœur de la plupart des interrogations sur la lecture d’œuvres littéraires pendant l’adolescence. Cette lecture contribue-t-elle à la réussite des élèves de catégories sociales aisées, s’est-on demandé pendant un temps ? Est-elle propice à de meilleures performances dans l’acquisition de la langue, introduit-elle à certains apprentissages, certaines compétences spécifiques ? S’y est mêlé un débat sur ses éventuels bienfaits socialisants, en particulier par le partage d’un patrimoine commun. Se démarquant de ces approches, d’autres ont revendiqué le seul « plaisir de lire ».

Le phénomène du cross-age Une littérature qui a conquis un vaste lectorat et qui se présente comme une passerelle entre les lectures des adolescents et celles des adultes On constate en France, comme dans le monde entier, l'explosion d'une nouvelle littérature jeunesse pour adolescents et jeunes adultes. Cette littérature s'adresse à une tranche d'âge qui va de 15 à 25 ans et se présente comme une passerelle entre la littérature jeunesse et la littérature adulte.

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