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Neurosciences

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Les neurosciences sont ambitieuses. Connaître leurs apports & leurs limites. Prendre date de leurs promesses.

883.n°883 - Ange Ansour : « Les neurosciences exercent aujourd’hui un immense attrait sur les enseignants » Ange Ansour est responsable du programme Les Savanturiers, au Centre de recherches interdisciplinaires (CRI). Vous êtes partie prenante d’un colloque le 28 mai avec les « Cahiers pédagogiques » sur « Les neurosciences à l’école » et vous lancez un MOOC (Massive Open Online Course) sur ce thème. D’où vient cet intérêt ? Ancienne « instit », je suis, depuis 2013, détachée au CRI où je pilote les Savanturiers-Ecole de la recherche. Ce dispositif a trois axes d’action : projets d’éducation par la recherche à l’école élémentaire, au collège et au lycée, formation des enseignants et recherche. Les neurosciences, et plus encore la notion de « neuroéducation », suscitent aussi de fortes inquiétudes... Ce qui a longtemps été vu comme scientifique - l’opposition entre cerveau droit et cerveau gauche, l’utilisation présumée de seulement 10 % du potentiel cérébral, etc. - est aujourd’hui remis en cause et considéré comme des « neuromythes ».

Neurosciences et pédagogie. Samedi 28 mai, les Savanturiers, le CRI (Centre de recherches interdisciplinaires) et le CRAP-Cahiers pédagogiques organisaient une matinée de conférences sur les neurosciences et la pédagogie. Voici ce qu’en a retenu une enseignante d’histoire-géographie en collège. Tu sais, Patricia, j’ai assisté samedi dernier à un colloque sur les neurosciences et la pédagogie, organisé par le CRI et le CRAP. J’aurais tellement aimé que tu sois là, pour lancer avec moi un nouveau projet dans nos classes ! Les neurosciences, tu sais ce que c’est ? Pascale Toscani, chercheure en Psychologie cognitive, nous a présenté son laboratoire de recherches, le GRENE (Groupe de REcherches en NeuroEducation), qui regroupe ces différentes sciences.

Issu d’une telle formation, Néo, élève de Seconde, nous a raconté ce qu’il avait retenu et utilisé d’un atelier vécu en sixième et qui lui a permis ensuite de s’adapter à une école internationale et à un enseignement tout en anglais. Neuromythes Pour aller plus loin... Bodyware : Neuroself. Bodyware : Neuroself La question de la compréhension de notre fonctionnement cognitif, psychique, psychologique est indissociable de celle de notre fonctionnement corporel, individuel comme social.

Dans le cadre des travaux du groupe de travail Bodyware de la Fondation internet nouvelle génération, la question de l’intelligence de nos systèmes techniques pose nécessairement des questions à la nôtre. Quels nouveaux enjeux se font jour quand notre environnement technologique se “cognitise” ? Comment nous réapproprier ce qui nous en distingue ? Après la question du corps au travail, de de l’augmentation ordinaire, des l’évolution des apparences, et de l’innovation dans le domaine de la santé, intéressons-nous à notre caractère distinctif : notre intelligence.

Intuition : notre cerveau est à nous ! Problématique : le cerveau, entre réplication et compréhension Controverses et pistes L’intelligence artificielle nous augmente-t-elle vraiment ? L’intelligence artificielle va-t-elle nous détruire ? Le beau projet d’un neuroprof. LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | • Mis à jour le | Par Sandrine Cabut Une fois par semaine, Eric Gaspar quitte son costume de professeur de mathématiques et ses élèves du lycée Champollion, à Lattes (Hérault).

Et prend son bâton de pèlerin pour aller former des collègues enseignants de toute la France à Neurosup, le programme de neuroéducation qu’il a créé en 2009. L’objectif : « Rassembler et présenter la synthèse des dernières avancées des recherches en neurosciences qui permettent de mieux réussir, plus facilement et avec plus de plaisir, tout apprentissage. » Rôle de l’attention, consolidation de la mémoire, gestion du stress, plasticité cérébrale… Pendant des sessions de six heures, dans un « show » bien rodé, argumenté et pétillant, l’enseignant transmet ainsi à ses pairs – quasi bénévolement et pendant son temps libre – ses connaissances et sa passion pour la neuroéducation. Comment le futur de l'intelligence artificielle pourrait révolutionner le monde d'ici 25 ans. FUTUR - Imaginez la scène: une poignée de scientifiques de renom, réunis dans les locaux de Google, discutant tranquillement de la fin possible de l'histoire humaine d'ici moins d'un siècle.

Si ce décor vous semble tout droit sorti d'un roman d'anticipation un rien complotiste, vous allez être surpris. Car cette rencontre a bien eu lieu, cet été lors de la SciFoo, une série de conférences annuelles données à Mountain View. Cette année, au sein d'une des salles colorées du géant du web, Nick Bostrom, Gary Marcus, Jaan Tallin, Max Tegmark, Murray Shanahan et Meia Chita-Tegmark (qui a rapporté la teneur de cette réunion chez nos confrères américains) discutent à bâtons rompus. De leur domaine de spécialité, dont ils sont des grands noms bien sûr: l'intelligence artificielle (IA). De son futur plus exactement. Et par là même, de la fin possible de l'humanité. D'ailleurs, de nombreux grands noms ont fait part de leur peur. De l'IA restreinte au demi-dieu Échec et Michigan Danger ou opportunité? La #neuroéducation pour de meilleures stratégies d’apprentissage.

La neuroéducation est le mariage entre 2 disciplines : les neurosciences et les sciences de l’éducation. Elle peut être appliquée à tous les niveaux de l’enseignement. Elle peut tout particulièrement servir les élèves en décrochage scolaire ou avec des besoins spécifiques, entre autres DYS, grâce à des méthodes et des supports adaptés, dont les outils numériques.

La neuroéducation est une discipline reconnue officiellement et mise en avant par l’OCDE dans un rapport de 2007 intitulé ‘’Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage’’. L’OCDE y souligne que l’enjeu d’une meilleure connaissance du cerveau pour la science de l’éducation est «d’indiquer de nouvelles voies de recherche et améliorer politiques et pratiques éducatives… permettre de créer un système éducatif adapté à l’individu et à la société». Les Canadiens sont très à la pointe du potentiel de la neuroéducation. Impression 3D et Fablab peuvent aussi se mettre au service d’une pédagogie innovante. « La neuropédagogie permet de tester les méthodes d’apprentissages efficaces » - La Croix. Stanislas Dehaene : « Il faut fonder la pédagogie sur des preuves, non sur des intuitions » Le neuropsychologue Stanislas Dehaene constate que les enseignants sont très demandeurs d’informations sur la neuroéducation.

Il plaide pour une pédagogie rigoureusement évaluée. Entretien. LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | • Mis à jour le | Propos recueillis par Sandrine Cabut Stanislas Dehaene dirige l’unité Inserm-CEA de neuro-imagerie cognitive à Saclay (Essonne) et il est professeur de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France. Auteur notamment de plusieurs livres sur la lecture et les maths, il a dirigé la publication de l’ouvrage collectif Apprendre à lire.

Vous appelez depuis des années à une mobilisation générale afin que les données des sciences cognitives soient mises au service de l’école. Je ne dispose pas d’un état des lieux précis, mais je constate une prise de conscience croissante des contributions des sciences cognitives à l’éducation, et de la nécessité d’une approche expérimentale et rigoureuse dans ce domaine. Les mathématiques de haut niveau, au cœur de l’étude du cerveau. Peut-il y avoir une pensée sans langage ? Voici une question séculaire qui intrigue bien des philosophes et scientifiques. Dans ce débat, les mathématiques ont un statut particulier. Pour certains, tel Noam Chomsky, l’activité mathématique a émergé chez l’Homme comme conséquence de ses capacités de langage. Au contraire, la plupart des mathématiciens et physiciens pensent que la réflexion mathématique est indépendante du langage.

Visualiser le cerveau mathématicien en action L’imagerie cérébrale permet aujourd’hui de poser cette question en laboratoire. Jusqu’à présent, les neurosciences cognitives ont principalement étudié les aires cérébrales impliquées dans l’arithmétique élémentaire. Pour la première fois, nous avons pu mettre en place une expérience permettant de déterminer quelles aires cérébrales sont impliquées dans la réflexion mathématique de haut niveau. Les aires cérébrales activées par les mathématiques ne sont pas celles du langage Une relation à interroger. La neuroscientifique, Véronique Izard, fait compter les bébés. LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | • Mis à jour le | Par Nathaniel Herzberg Parfois, le bureau parle à lui tout seul. Avec Véronique Izard, c’est un peu plus compliqué que ça.

Caché au 6e étage de la faculté de médecine de la rue des Saint-Pères, à Paris, il faut déjà le trouver : sortir de l’ascenseur le plus lent de l’histoire de la recherche française, passer trois fois devant la porte sans le voir, et enfin ­entrer. Quelques mètres carrés modestes, partagés avec une collègue. Les livres et la plante verte d’usage. Et enfin ses objets à elle : une collection impressionnante de boules de Noël, glanées au hasard des congrès, et deux peluches pour tout-petits. « Je ne suis pas amoureuse des nourrissons, prévient-elle cependant. Des découvertes exceptionnelles Elle a en effet apporté la preuve que, dès les premiers jours, les nourrissons disposent de compétences en mathématiques. Méfiez-vous des neurosciences.

Il n’y a guère une semaine qui se passe sans qu’on n’évoque une nouvelle «découverte» en neurosciences et ses retombées possibles dans le champ de l’éducation: on appelle les neurosciences au secours pour «valider» l’éducation bienveillante, on les institue arbitres du combat des différentes méthodes de lecture. Ne seraient-elles pas devenues une nouvelle autorité à laquelle on confierait (trop?) Facilement l’éducation de ses enfants?

De l’autorité à l’autoritarisme des neurosciences Force est de constater que les neurosciences se posent et s’imposent souvent dans l’espace public à grand renfort d’arguments d’autorité. Un des derniers ouvrages grand public de neurosciences appliquées à l’éducation, Le cerveau de mon enfant du docteur Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson, s’introduit par exemple par ces lignes: «Si ce livre a des fondements scientifiques, vous n’aurez cependant pas l’impression d’être en cours de sciences ou de lire un ouvrage universitaire. Que disent-ils? Les neurosciences, limites épistémologiques (3) L’approche épistémologique, avec son volet historique, est incontournable ; elle devrait porter au minimum sur 3 aspects incontournables. Pour comprendre le cerveau et son fonctionnement, il fallut d’abord dépasser les considérations religieuses ; celles-ci condamnaient l’idée que l’esprit put avoir un ancrage matériel.

Ces circonspections retardèrent pendant des siècles toute approche sérieuse de la cognition. Cet obstacle dépassé, un débat virulent se mit en place entre les partisans d’un fonctionnement holiste du cerveau et les phrénologistes, partisans d’une théorie selon laquelle les bosses du crâne d'un être humain reflètent son caractère. Au début du XIXème siècle, un anatomiste allemand, exilé en France, Franz Joseph Gall développe une théorie localisationiste ; les facultés mentales sont liées spécifiquement à certaines parties du cerveau qu'il baptisa « crânioscopie » et que l'un de ses disciples, Johann Gaspar Spurzheim rebaptisa « phrénologie » en 1810[1]. 1. 2. 3. Entre fascination et rigueur scientifique : les dérives des neurosciences. Des expérimentations neuroscientifiques inscrites dans la psychologie Les techniques utilisées en neurosciences ont connu un énorme développement depuis quelques décennies, grâce notamment à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

Cet outil reste malgré les progrès un matériel de laboratoire, dont l’utilisation nécessite des moyens conséquents et coûteux. L’objectif est de mesurer un signal électrique dans le cerveau pendant qu’on réalise des tests. Comme pour toute expérience de psychologie cognitive, les tests sont refaits plusieurs fois sur quelques dizaines de sujets, pour savoir si le signal est corrélé aux tests.

De nombreuses interrogations quant aux méthodes employées et à la faible valeur statistique due en partie à la taille des échantillons sont soulignées par certains neuroscientifiques. Un certain manque de prudence de la part de certains neuroscientifiques et des médias Pourquoi les neuroscientifiques et les chercheurs en éducation ne se comprennent pas? «Attention aux mirages des neurosciences» Les neurosciences devraient nous permettre de voir ce qui ne va pas chez les personnes atteintes de troubles d’apprentissage.

Cependant, nous dit un spécialiste, on pourrait commettre une grave erreur en comptant trop sur elles. Parce qu’elles offrent une vue imprenable sur le fonctionnement du cerveau, les neurosciences permettront de prodigieuses avancées scientifiques. Comme le constate Julien Mercier, « on parle de neuromarketing, de neuro-ceci et de neuro-cela… On accole le terme “neuro” à à peu près n’importe quoi ! » Les neurosciences sont à n’en point douter « à la mode », déplore justement ce chercheur en sciences cognitives, également directeur du NeuroLab de l’UQAM. « Mon rôle comme chercheur, c’est de voir ce qui est justifié dans cette tendance, tout en demeurant très rigoureux », précise-t-il.

Dans le cadre du 41e congrès de l’Institut des troubles d’apprentissage, Line Laplante, Mélanie Bédard et lui organisent la conférence « Neurosciences éducationnelles. Les neurosciences peuvent-elles sauver l’école ? LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | • Mis à jour le | Par Sandrine Cabut (avec Luc Cédelle) Les recherches en neurosciences et la psychologie expérimentale peuvent-elles venir au secours de l’enseignement ? Reconnue officiellement par un rapport de l’OCDE de 2007, la neuroéducation (mariage des sciences cognitives et éducatives) suscite des réticences, mais commence à faire école en France. De quoi sauver un système éducatif à bout de souffle ?

Rendus publics fin 2013, les résultats de la dernière enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui analyse les compétences des jeunes de 15 ans dans 65 pays, ont frappé les esprits. Entre 2003 et 2012, le pourcentage d’élèves en difficulté s’est envolé dans notre pays, passant de 16,6 % à 22,4 % ; et le système éducatif est devenu plus inégalitaire. Un rapport de l’Unicef, publié en avril, situe la France à la 35e place sur 37 dans le classement des écarts scolaires.

Que se passe-t-il dans un cerveau qui apprend ? Veille et Analyses de l'ifé. Dossier de veille de l'IFÉ : Neurosciences et éducation : la bataille des cerveaux n° 86, septembre 2013 Auteur(s) : Gaussel Marie et Reverdy Catherine Télécharger la version intégrale du dossier (version PDF) Résumé : Les débats houleux entre neurosciences et éducation existent depuis quelques décennies, mais prennent un nouveau tournant depuis les progrès considérables faits en imagerie cérébrale.

Vous trouverez dans ce dossier, légèrement différent de sa forme habituelle, des renvois vers des articles de blog qui nous ont permis d'approfondir des aspects techniques et d’illustrer nos propos : Abstract : At the crossroads between brain research and educational research, educational neurosciences invite themselves in the classroom. Pour citer ce dossier : Gaussel Marie et Reverdy Catherine (2013).