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Brexit : les Européens sur une ligne très ferme. La feuille de route pour négocier la sortie du Royaume-Uni de l’EU est une réponse sans concession à la lettre envoyée par Theresa May pour engager le divorce.

Brexit : les Européens sur une ligne très ferme

LE MONDE | | Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) Les Européens entrent dans le vif du Brexit. Vendredi 31 mars, dans la matinée, le président du Conseil européen Donald Tusk a fait parvenir aux 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (sans le Royaume-Uni) un document d’une demi-douzaine de pages énumérant les grands principes censés les guider pour la négociation du divorce d’avec Londres. Ce document est crucial. Il va servir de « vade-mecum » aux négociateurs européens – Michel Barnier et son équipe de fonctionnaires de la Commission – tout au long de la discussion avec le gouvernement May. Négociation « par phases » Le document, que Le Monde a pu consulter, insiste sur le fait que les VIngt-Sept veulent procéder à une négociation « par phases ». Brexit :  l'Europe engage l'épreuve de force.

VIDÉO - Alors que Theresa May doit déclencher l'article 50 mercredi prochain, les 27 et Londres s'opposent sur la méthode de négociation.

Brexit :  l'Europe engage l'épreuve de force

Six jours avant le lancement du divorce, l'Union européenne pose ses conditions et elles ne vont pas plaire à Theresa May. Les Vingt-Sept et leur chef négociateur entendent régler d'emblée le dossier politiquement explosif de l'argent dû par le Royaume-Uni pour solde de tout compte. Et, même dans le plus rose des scénarios, c'est l'an prochain seulement que le continent accepterait d'ébaucher ce que Londres considère comme la priorité absolue: la future relation économique, assortie d'un droit préférentiel à commercer avec le marché commun.

La première ministre May doit invoquer mercredi prochain l'article 50 ... Brexit : les Britanniques sous-estiment le risque d'échec des négociations. Londres et Bruxelles ne sont pas sur la même longueur d'onde à l'approche de l'activation de l'article 50, en particulier au niveau commercial.

Brexit : les Britanniques sous-estiment le risque d'échec des négociations

De nombreuses voix, outre-Manche comme sur le continent, s'inquiétent ouvertement des chances d'aboutir à un accord. Correspondant à Londres La blague a fait les délices des réseaux sociaux. Sur une photo, Theresa May est au téléphone, supposément avec le fournisseur d'accès à Internet et au bouquet de télévision par câble Sky. Brexit : «Cet article 50, je l’ai rédigé sur la table de ma cuisine»

Il est la plus belle ironie de la saga Brexit.

Brexit : «Cet article 50, je l’ai rédigé sur la table de ma cuisine»

John Kerr, diplomate de haut rang, lord britannique au titre pompeux de baron de Kinlochard, est l’auteur de l’article 50 du Traité européen, qui permet une sortie de l’Union européenne. D’ici mars 2017, cet article devrait être utilisé, pour la première fois de l’Histoire, par son pays, le Royaume-Uni. En 2002 et 2003, la Convention sur l’avenir de l’Europe, sous la présidence de l’ancien président de la République française Valéry Giscard d’Estaing, est chargée d’élaborer une nouvelle base juridique pour l’Union. Les travaux aboutiront au traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er novembre 2009. John Kerr, 74 ans, fier Ecossais et europhile convaincu, était le secrétaire général de la Convention.

A lire aussi «Hard Brexit», les tories s’enivrent Comment est né l’article 50 ? Brexit : l'immensité de la tâche commence à apparaître. Brexit: les ex-Premiers ministres Major et Blair réclament un retour aux urnes. On le sent venir depuis un moment.

Brexit: les ex-Premiers ministres Major et Blair réclament un retour aux urnes

Une grande partie de la classe politique britannique est mal à l’aise avec le Brexit. Cette fois, c’est au tour de deux anciens Premier ministres, le conservateur John Major et le travailliste Tony Blair, de réclamer un nouveau vote. Theresa May est déjà confrontée à la fronde du Parlement britannique. Pour la presse anglaise, nommer Michel Barnier pour négocier le Brexit est une "déclaration de guerre" BREXIT - This is a provocation!

Pour la presse anglaise, nommer Michel Barnier pour négocier le Brexit est une "déclaration de guerre"

Au lendemain de la nomination de Michel Barnier comme négociateur de la Commission européenne en charge du Brexit, une partie de la presse britannique et des banquiers de la City réagit mal. En tête de la presse tabloïd, rarement pondérée, The Sun dénonce un "eurocrate anti-britannique". Le Daily Mail parle d'une "nouvelle trahison" de l'Europe. Tandis que le Financial Times, la Bible des affaires, manie l'ironie: "Le fléau de la ville de Londres, le Français qui a voulu réglementer l'industrie des services financiers britannique morceau par morceau, le Commissaire de Bruxelles qui a poussé l'ancien gouverneur de la banque d'Angleterre à se taper la tête contre son bureau est revenu.

" Car si la nomination du français Michel Barnier passe aussi mal outre-Manche, c'est parce que la City le connaît déjà très bien. En 2010, The Telegraph, le quotidien le plus vendu, se demandait s'il n'était pas "l'homme le plus dangereux d'Europe". Michel Barnier, un mister Brexit bien peu anglophile. Magic Juncker !

Michel Barnier, un mister Brexit bien peu anglophile

Il n’y avait que le président de la Commission européenne, un Luxembourgeois madré et roi de «l’understatement», pour nommer un Français peu suspect d’anglophilie galopante comme «négociateur en chef» du Brexit, en l’occurrence Michel Barnier. Trait d’humour supplémentaire : le Français n’est pas un virtuose de la langue anglaise (même s’il a fait des progrès lors de ses séjours à Bruxelles), à la différence, par exemple, d’un Pascal Lamy ou d’un Pierre Moscovici.

Ce qui va contraindre les Britanniques à faire de sérieux efforts pour s’assurer qu’ils ont bien été compris de l’autre côté du Channel… Royaume-Uni. L'Ecosse et l'Irlande du Nord, les trouble-fête du Brexit. Inquiets à l’idée de quitter l’Union européenne, les gouvernements régionaux de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord se remuent pour obtenir des concessions du gouvernement à Londres.

Royaume-Uni. L'Ecosse et l'Irlande du Nord, les trouble-fête du Brexit

Une affaire qui risque d’être compliquée. EDITO. Europe : après le Brexit, la stratégie de l’édredon. Il n’y aura pas de "grand sursaut" en Europe.

EDITO. Europe : après le Brexit, la stratégie de l’édredon

N’en déplaise aux pro-européens convaincus, la crise du Brexit ne servira pas "d’électrochoc salutaire", au contraire. Quinze jours après le résultat dramatique du référendum organisé au Royaume-Uni, c’est la stratégie de l’édredon qui s’est imposée. Avec le « Brexit », « ce qui se joue, c’est la dilution de l’Europe » Brexit : Poutine se frotte les mains. Brexit : l'adieu désenchanté de David Cameron aux Européens. A Berlin, deux réactions opposées au Brexit.