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Classements des prépas commerciales : quelles sont vraiment les meilleures ? Clotilde Napp, directrice de recherche au CNRS, décortique les biais méthodologiques des palmarès de classes préparatoires commerciales, qui font, selon elle, la part trop belle aux écoles privées hors contrat. LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Adrien de Tricornot Dans quelle mesure peut-on se fier aux classements des prépas commerciales (CPGE) ? Clotilde Napp, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des mathématiques appliquées à la décision à l’université Paris-Dauphine, s’est penchée sur la méthodologie et les résultats de ces palmarès. Elle décrypte leur fonctionnement dans un entretien, à l’heure où les élèves des prépas commencent, mercredi 12 juillet, à choisir leur école de commerce à l’issue des concours, et que les bacheliers achèvent leurs choix d’études supérieures avec la procédure Admission post-bac.

Les classements des classes préparatoires sont-ils un bon indicateur de la probabilité qu’a un élève d’entrer dans l’école de commerce qu’il souhaite ? Prépa HEC : une expérience éprouvante mais structurante. Des travailleurs acharnés, prompts à se remettre en cause, voire à douter d'eux-mêmes. À première vue, le troisième baromètre "Génération prépa", enquête conduite par l'EM Strasbourg et le magazine spécialisé "Espace prépas" auprès des élèves de classes préparatoires économiques et commerciales, publié lundi 26 juin 2017, brosse de ces étudiants un portrait assez conforme aux idées reçues.

D'abord, la prépa, autant célébrée que caricaturée, peut faire peur et n'est pas pour tous les élèves un choix qui va de soi. 27 % des interviewés déclarent avoir eu une "mauvaise image de la prépa" (contre 47 % une image positive) et 65 % avoir douté de leur choix d'orientation avant d'y entrer. À l'inverse, seuls 35 % d'entre eux déclarent n'avoir "jamais" été en proie au doute. Une fois franchi le seuil de la classe préparatoire, ce sentiment s'atténue doucement : près de la moitié des élèves (47 %) continuent toutefois de se poser des questions, dont 10 % "souvent" et 37 % "parfois".

Classes prépas, la fabrique des élites. Malgré la hausse des effectifs, les classes préparatoires aux grandes écoles demeurent élitistes tant par leur recrutement que par leur fonctionnement. Les accusations aujourd’hui répandues « d’élitisme » des classes préparatoires amalgament souvent de manière simpliste sélection et fabrication des élites. Or il y a bien deux questions à poser : les classes préparatoires fabriquent-elles l’élite, ou ne font-elles que la sélectionner ?

Le travail fondateur de Pierre Bourdieu (et Monique de Saint-Martin) dans La Noblesse d’État (1989) portait de ce point de vue non pas un, mais deux coups à l’idéologie méritocratique. Il démontrait d’une part l’élitisme évident, indissociablement scolaire et social, du recrutement des élèves de classes préparatoires. Article de 1656 mots. Sociologue et directrice de recherche au CNRS, elle a récemment publié Classes préparatoires.

La Fabrique d’une jeunesse dominante, La Découverte, 2015. APB : Oser la classe préparatoire. LE MONDE DE L'EDUCATION | • Mis à jour le | Par Diane Galbaud Dossier spécial APB. Même si elles perdent du terrain face aux admissions parallèles, les classes préparatoires, dites « prépas », restent la porte d’entrée privilégiée des grandes écoles les plus prestigieuses. Pendant deux ans, elles transmettent méthodes et puissance de travail. Lire aussi Les classes prépas valent-elles encore la peine ? Pour se lancer dans cette voie, le premier prérequis est bien sûr la motivation : il faut être déterminé à travailler avec acharnement. « La motivation compte davantage que le niveau scolaire », estime Frédéric Munier, membre du bureau national de l’Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales.

Alors, quel est le profil de l’étudiant le mieux armé pour réussir ? C’est aussi la faculté d’adaptation à la cadence et aux méthodes de travail qui fera la différence. « L’élève devra organiser son travail en faisant des choix. Niveau d’exigence. Les classes prépas valent-elles encore la peine ? Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Eric Nunès Dossier spécial « Classes prépas ».

En perte de vitesse, et objets de critiques récurrentes, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) représentent-elles toujours un choix pertinent à l’heure de choisir son orientation dans le supérieur ? Cela fait plusieurs années que le modèle connaît un repli : des classes sont supprimées, les effectifs stagnent, avec environ 85 000 places au total pour les deux années de cursus. Surtout, elles sont devenues une voie d’accès minoritaire aux établissements les plus prestigieux : seuls 40 % des élèves en sont désormais issus, tandis que se multiplient les filières d’admissions parallèles sur concours ou sur titre. Les classes prépas sont par ailleurs vivement critiquées pour leurs difficultés à accueillir sur leurs bancs des jeunes issus de milieux socio-économiques variés. Lire aussi Intégrer une classe prépa après le bac : mieux vaut viser juste Favoriser les plus favorisés « Force de travail » La prépa, assurance tout-risque vers les grandes écoles.

A l’issue de deux années de travail acharné en prépa, les étudiants obtiennent leur récompense : ils sont presque assurés d’intégrer une grande école à l’issue des concours. On compte autant de places offertes aux concours des écoles d’ingénieurs que d’élèves en deuxième année de prépa et près d’un quart des écoles de commerce n’ont pas rempli leur promotion en 2015… « Le système du concours est classant mais pas excluant », affirme Anne-Lucie Wack, présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE). La CGE évoque « un parcours de réussite, sécurisé », avec un emploi à la clé. Toutefois, pour ceux qui visent les écoles les plus prestigieuses, extrêmement sélectives, la pression et le risque d’échec restent élevés. Chaque étudiant aurait donc sa place, en fonction de son profil, à condition d’avoir su venir à bout de la masse de travail en prépa.

Certaines écoles de commerce peinent à remplir leur promotion Les écoles figurant en bas de tableau, elles, peinent à faire le plein. Entre fac et prépa, un nouveau cursus pour étudiants curieux de tout. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Adrien de Tricornot Au cœur du Quartier latin, dans un amphi de la rue Gay-Lussac, une assemblée studieuse prend en note la conférence de l’historien Johann Chapoutot, spécialiste du nazisme, en ce tout début du mois d’octobre. Il l’invite à penser ce totalitarisme et ses crimes non pas comme un accident, mais en discernant ses racines, ses complicités et ses prolongements. Le propos captive son auditoire : 73 étudiants inscrits en première année du cycle pluridisciplinaire d’études supérieures (CPES).

Un cursus original entre « prépa » – du moins pour le rythme de travail – et université d’une durée de trois ans, où tous les étudiants peuvent suivre un large champ de matières (philosophie, mathématiques, histoire, sociologie, langues, arts…), lancé en 2012 comme une sorte d’ovni universitaire, grâce à un financement d’excellence (Idex) par la Communauté d’universités et d’établissements (Comue) de Paris Sciences et Lettres (PSL).

Enseignement décloisonné. Le blues de l’élève de prépa à l’école de commerce. Muriel Darmon, Classes préparatoires. La fabrique d’une jeunesse dominante. 1Les classes préparatoires, écrivait Pierre Bourdieu dans La noblesse d’État, exercent une « fonction sociale d’exclusion rituelle » : elles sont une pièce maîtresse du système qui légitime la reproduction des inégalités sociales en l’appuyant sur des inégalités scolaires. L’objectif de Muriel Darmon, dans ce nouvel ouvrage, n’est pas de s’opposer à cette analyse, mais de déplacer l’éclairage de la fonction sociale à la « fonction technique » des classes préparatoires, fonction laissée de côté par la sociologie française.

Ces formations sont ici considérées comme un « lieu de socio-genèse des habitus, c’est-à-dire [une] institution de fabrication d’un type particulier de personne » (p. 16). L’auteur montre ainsi comment la « prépa » produit chez ses élèves un ensemble de dispositions adaptée à leur position de « jeunesse dominante » : elle crée un rapport au temps, au travail scolaire, et à la vie extra-scolaire objectivement adapté à ce statut. 1 Muriel Darmon, Devenir anorexique. Dans les coulisses du recrutement des prépas d’élite - Enquête sur Educpros. Avec plus de 6.000 candidatures d’élèves de terminale à Louis-le-Grand, et entre 8.500 et 9.000 à Henri-IV, les places sont chères pour entrer en prépa dans ces lycées.

Chaque établissement a développé ses méthodes de recrutement, dans le cadre d’APB, pour ne pas rater la perle rare… et ainsi ne pas faire mentir sa réputation. Henri-IV fait des fiches sur tous les lycées À Henri IV, une véritable machine de guerre se met en place chaque année en avril-mai et tourne pendant plus d'un mois pour dénicher les meilleurs candidats. Toutes filières confondues, c'est près de 600 élèves pour 8.500 à 9.000 candidats qui sont appelés, avec un léger surbooking pour les classes en concurrence avec Science po Paris et des universités étrangères, forcément absentes de la procédure APB. Pour les choisir, un travail de fond est mené par de multiples commissions. Un premier tour permet d'évacuer 10% des candidatures, jugées fantaisistes.

À Louis-le-Grand, les appréciations scrutées de près. HEC : une plus grande concurrence entre prépas - Enquête sur Educpros. Enquête | Formations, Orientation Ces prépas qui forment l'élite Baptiste Legout | Publié le , mis à jour le Pour intégrer HEC, les jeux sont relativement ouverts. Si quelques lycées trustent plus de 50% des places à l’issue du concours, les admis viennent de toutes sortes d’établissements. Ce sont environ 380 places qui sont ouvertes chaque année par HEC, toutes voies confondues : voie scientifique (60% des intégrés), voie économique (27%), mais aussi technos et littéraires. Des intégrations qui sont dominées, en voie scientifique, par Saint-Geneviève (13,6% des intégrés sur 5 ans) et Stanislas (9,5%) , et, en voie économique, par Saint-Louis-de-Gonzague (15,3%) et Henri-IV (14,5%).

L'éventail des prépas se déploie plus progressivement en voie scientifique qu'en voie économique. À noter que les classes qui possèdent les meilleurs taux de réussite ne sont pas forcément celles qui pourvoient le plus d'étudiants à la grande école. APB 2014 : les astuces pour s’inscrire en prépa. En classe préparatoire, il ne faut négliger aucune discipline pour réussir les concours. Un mois après la rentrée des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), certains étudiants ne savent déjà plus où donner de la tête. Formation pluridisciplinaire exigeante et sélective, la « prépa » demande un investissement personnel bien plus important que dans le secondaire. La pression peut être forte, au point qu'il est aisé de se laisser déborder par l'accumulation de dissertations, synthèses, dossiers, « colles » (oraux) et autres évaluations, qui viennent s'ajouter à la trentaine d'heures de cours hebdomadaires.

Pour Sylvie Bonnet, professeure de mathématiques en CPGE scientifique au lycée Victor-Hugo de Besançon et présidente de l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, « le volume de connaissances et de compétences à assimiler est important, il faut donc opter pour un mode de travail régulier ». Ce qui peut apparaître comme une évidence, mais ne l'est pas toujours lorsque, comme certains élèves, on perd le sens des priorités. Le blues de l’élève de prépa à l’école de commerce.