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Témoignage chrétien

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/delipress/campaign/30808/tk606419c0aa1a3/ Devant la menace d’un mur de Berlin sanitaire en son cœur, l’Europe a monté une action commune en matière de vaccins dans l’urgence et l’improvisation.

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Les informations qui nous remontent dessinent un front vaccinal européen fort peu glorieux. Au point que le New York Times a pu parler d’un « very European disaster » dans un article sans appel : « La débâcle de la vaccination en Europe finira presque certainement par causer des milliers de décès inutiles. » Au dernier pointage, seuls 14 % des Européens ont reçu au moins une dose de vaccin, contre 39 % des Américains et 46 % des Britanniques… Le jeune Chancelier « botté » autrichien Sebastian Kurz est le plus virulent à ce sujet : « L’Union européenne a déjà exporté plus de 70 millions de doses de vaccins dans le monde, tandis qu’en Europe nous combattons la troisième vague. » Aurions-nous dû interdire à d’autres pays de se fournir auprès de l’Europe ? /delipress/campaign/30609/tk605499c16fa35/ C’est un étonnant paradoxe : alors que la question du « Salut » telle que la traitent les grandes traditions religieuses ne fait plus guère recette auprès de nos contemporains, il est plus que jamais question de sauver le monde.

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En premier lieu vient l’inquiétude environnementale. Dans l’histoire humaine, elle est nouvelle ; pendant longtemps, la nature est apparue comme une menace dont la civilisation et le progrès nous protégeaient. Aujourd’hui, il s’agit tout à la fois de sauver la nature, les espèces animales et la biodiversité et, bien sûr, la qualité de la vie humaine. Comme nos ancêtres, nous continuons à faire le constat que « le monde marche mal ». /delipress/campaign/30413/tk6050d2c48604a/ Ce n’est pas seulement un goût pour les anniversaires, bons ou mauvais, c’est plutôt un souvenir physique : il y a un an presque jour pour jour, le Covid-19, dont on ne pratiquait pas encore couramment le nom faisait subitement irruption dans nos vies et modifiait radicalement notre rapport au monde, au temps, au travail, au sport, à la culture, aux voyages.

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Souvenez-vous, l’hiver avait été sinistre, pas très froid mais pluvieux et venteux, et on aspirait au printemps. Depuis un gros mois, on entendait parler de ce « virus chinois ». TC y avait consacré un éditorial et deux articles dès le 6 février ; tous étaient alarmants. Pour autant, le confinement, avec sa violence, sa radicalité, nous a tous et toutes pris de court. Comment imaginer qu’on allait en quelque sorte « arrêter » le monde ? Un an plus tard, nous sommes encore dans cet étrange « entre-monde ».

Restent les questions éthiques liées à la pandémie. /delipress/campaign/30300/tk6047838e3fa5a/ L’image de cet aréopage d’hommes en robes, noires pour la plupart, à l’exception de celle de l’homme en blanc, prêterait à sourire ou à grincer alors que cette semaine nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes.

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Force est de constater que, musulmanes ou catholiques, elles sont absentes des estrades et ne prennent pas la parole. Mais ramener le voyage du pape François à ces reproches serait sottement réducteur. Sa présence dans ce pays ravagé par la guerre, son engagement dans le dialogue avec les autorités religieuses, ses paroles fermes contre la corruption du régime, sa défense d’une citoyenneté réelle pour les centaines de milliers de chrétiens qui demeurent en Irak, tout cela concourt à donner à ce déplacement une dimension historique.

Mais, surtout, ce que le pape François fait en choisissant les destinations de ses déplacements est très différent de ce que faisait Jean Paul II. /delipress/campaign/30170/tk603e52f8923da/ La fermeture définitive du Centre pastoral Saint-Merry à Paris, confirmée par les autorités catholiques parisiennes, n’est une bonne nouvelle pour personne.

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C’est un terrible constat d’échec pour tous les catholiques. Au centre de l’expérience parisienne, il y avait un rêve de « cogestion » entre les prêtres et les baptisés laïcs, hommes et femmes. Et c’est là que s’exprime l’échec. Le diocèse fait état de « méchants » qui auraient bloqué toute possibilité de dialogue et qui auraient chassé successivement les derniers curés envoyés par l’autorité. Dysfonctionnement donc, indubitablement. La communion est brisée, dit le diocèse de Paris, qui ferme le ban. /delipress/campaign/30029/tk60352c2f0f0e8/

Les esprits chagrins diront que tout cet argent aurait été mieux employé à chercher de l’eau dans les déserts terrestres plutôt que des traces de vie ancienne sur Mars.

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On pourra leur répondre comme Jésus : « Des pauvres, vous en aurez toujours », ou, plus exactement, que l’un n’empêche pas l’autre. Même si nous n’en percevons pas l’utilité immédiate, cette exploration de Mars persiste à nous faire rêver. Elle répond à l’une des aspirations les plus constantes de l’être humain, celle de découvrir ce qui est au-delà des mers, de l’autre côté des monts. C’est cette curiosité qui a conduit les plus audacieux d’entre nous à aborder aux rives du Nouveau Monde, à explorer les forêts les plus profondes, traverser les déserts hostiles, atteindre les pôles, se hisser au sommet de l’Himalaya ou plonger au fond des abysses. /delipress/campaign/29766/tk6022b09528e9b/ Le projet de loi confortant le respect des principes de la République a fait resurgir dans la conversation publique le dilemme d’Antigone, cette héroïne grecque aux prises avec une loi de la cité qui ne saurait être à ses yeux « supérieure » à celle des dieux… Pourtant, comment faire société sans règles s’appliquant à tous ?

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Les débats parlementaires – si l’on excepte les manifestations d’ignorance crasse en matière de religion ou les obsessions qui « voilent » souvent mal le racisme – posent des questions sérieuses, qu’on ne peut pas éluder comme si elles n’étaient pas, ou plus, à l’ordre du jour. À quel moment peut-on dégainer un joker « religion » pour se soustraire aux normes juridiques qui nous lient les uns aux autres ? Il restera toujours, certes, des situations où le cri de conscience, qu’il soit porté par des motifs religieux ou humanistes, pousse à la désobéissance civile. /delipress/campaign/29643/tk601ac729cb26b/ Et nous voici de nouveau dans les affres : confiner ou ne pas confiner, voilà la question.

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Quand vous lirez ces lignes, l’arbitrage sera peut-être fait en faveur d’un renfermement. Pour l’heure, le gouvernement semble vouloir tenir avec des restrictions plus strictes sans repasser au régime des attestations. Jusques à quand ? Le confinement est une décision politique, prise au regard des conditions sanitaires mais aussi des conditions sociales et économiques. /delipress/campaign/29243/tk5ffdaf4740931/ Rude monde que le nôtre, où faire confiance, croire la parole d’un autre, accorder du crédit à telle ou telle donnée scientifique ou statistique devient quasiment impossible.

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L’actualité récente nous en donne de terribles preuves. À Washington, le Capitole est pris d’assaut par les soutiens du président qui ne veulent pas croire à la sincérité des résultats électoraux, alors même que le processus électoral a été contrôlé tout du long, grâce au travail des simples observateurs le jour du scrutin jusqu’à celui de la Cour suprême. Peu importe aux trumpistes. Toute institution étant soupçonnée, ils n’hésitent pas, au nom d’une réalité alternative, à s’attaquer au plus haut niveau de la légitimité démocratique.

Dans un tout autre registre éclate « l’affaire Duhamel ». Dernier exemple, ce qui se passe autour de la pandémie et de la vaccination. Il est raisonnable de pratiquer le doute et de chercher la vérité à travers le débat. /delipress/campaign/29484/tk601047ef62cdb/ La semaine dernière, je nous incitais à tenir en collectant les bonnes nouvelles et les moments heureux, si petits soient-ils.

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Dans cette perspective, nous pouvons nous réjouir sans réticence du départ de Donald Trump et de l’arrivée de Joe Biden à la tête des États-Unis d’Amérique. Oh, certes, Biden n’est pas le messie, loin de là, et les États-Unis ne vont pas subitement renoncer à leur égoïsme impérial. Il reste qu’il n’est pas sans conséquence que la première puissance mondiale, économique, militaire et culturelle revienne dans ce que nous nommons maintenant « le cercle de la raison ». C’est d’ailleurs la caractéristique de ce début de présidence ; après la fureur et le bruit, la violence des mots, la véhémence des tweets, viennent des propos pondérés, des décisions sages. L’un des correspondants de la Maison-Blanche qualifiait le premier point presse de la nouvelle administration de « refreshingly boring », mot à mot : « ennuyeux de façon rafraîchissante ». Sursum corda ! /delipress/campaign/29370/tk6006e12f10ac8/ Serrer les dents, se serrer les coudes et tenir bon ; malgré la menace du variant anglais, malgré les hoquets de la campagne de vaccination – il suffit de lire la presse étrangère pour constater que nulle part cela n’est suffisamment fluide, ni suffisamment rapide.

Tenir malgré ce couvre-feu à 18 heures qui sonne comme une punition pour pensionnaires turbulents, tenir malgré la menace d’un troisième confinement suspendue au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès. Que la saison est longue de ce virus qui n’en finit pas, que les soirées sont sombres en ce triste hiver où il nous reste à lire au coin du feu, écumer les vieilles séries télévisées, réécouter des disques trop aimés, deviser avec ceux et celles qui partagent notre toit et, surtout, éviter les chaînes d’information continue, qui déversent leur flot de polémiques suscitées de toutes pièces, de débats entre experts autoproclamés et fugitives gloires de plateau, vite usés, vite renouvelés. Sursum corda ! /delipress/campaign/29020/tk5feb6d58a6a86/ Comment imaginer que, voilà 365 jours, nous ignorions encore tout de ce qui est devenu notre quotidien.

Un virus inconnu jusqu’alors – contagieux (très), mortel (parfois) – qui se propage sur la terre entière. Une activité mondiale ralentie à l’extrême, les voyages aériens quasiment en voie de disparition, le travail à distance devenu la norme. Le masque et l’obsession du lavage des mains, et chacun et chacune de ceux et celles que nous approchons devenant une menace ou une victime potentielle. Un vocabulaire nouveau : « gestes barrière », « distanciation sociale », « confinement », « déconfinement »… /delipress/campaign/28140/tk5fbe40ed77ee0/ À l’heure de la disparition de Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin et compagnon de la Libération, le prochain budget européen porte l’ambition de soumettre enfin ses bénéficiaires au strict respect de l’état de droit en Europe.

Inacceptable pour la Hongrie et la Pologne, qui ont derechef mis leur veto, suivies par la Slovénie, dont le Premier ministre reconnaît par ailleurs la victoire de Trump ! Hongrois et Polonais se présentent en défenseurs des « valeurs immémoriales de l’Europe », luttant contre l’avortement, l’homosexualité, les étrangers et l’esprit des Lumières… Notons juste que l’Office européen de lutte antifraude s’est étonné des conditions d’attribution de fonds européens aux entreprises de la famille Orbán. Les versements des fonds de la politique agricole commune profitent manifestement à des terres redistribuées à des proches du Premier ministre hongrois, pour qui l’absence d’indépendance du système judiciaire s’avère fort utile…

/delipress/campaign/28006/tk5fb635bf25325/ « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Ces mots que le prophète Isaïe prête à Dieu s’élevant contre les fausses dévotions du peuple sont mis par l’Évangile de Matthieu dans la bouche de Jésus lors d’un débat avec les pharisiens, que, sans ménagement, il traite d’hypocrites. Ce sont ces mêmes mots qui viennent à l’esprit à propos des mascarades de piété qui se sont déroulées sur les parvis de quelques églises des grandes métropoles françaises. Que réclament ces dévots à genoux ? Cette semaine dans Témoignage chrétien - emeline.decourtias - Gmail. /delipress/campaign/27409/tk5f880ac7aab96/ Comme pour celui des Bermudes, nul ne sait combien de spécialistes divers et variés, autoproclamés ou oints par les chaînes d’info continue, combien d’hommes et femmes politiques, combien de journalistes il a déjà avalé et combien il en dévorera encore, et ceci dans le monde entier tant la bête est vorace.

Au-delà de la tragédie des décès qui endeuillent les familles et les proches s’en joue une autre, politique, économique, sociale et morale. Comme tous les triangles, celui du Covid a trois pointes. La première est évidemment celle de la crise sanitaire, avec sa double tension : le traitement des malades du Covid, mais aussi le maintien d’une capacité de soin pour toutes les autres maladies, qui n’observent aucune trêve pendant cette pandémie. La deuxième pointe du triangle est la situation économique.

En France, comme dans beaucoup de pays riches et développés, l’État a déversé des milliards pour compenser la chute de la production de richesses. /delipress/campaign/27507/tk5f8f07827bcfc/ Il n’est jamais facile ce cours. Et c’est le cas en particulier au collège. /delipress/campaign/27598/tk5f9831a864b7e/ Le crime abject qui a visé le professeur d’histoire et de géographie Samuel Paty n’ajoute pas seulement un nom à la liste déjà longue des victimes du terrorisme islamiste. /delipress/campaign/27286/tk5f80742a3f85e/ L’usage du mensonge en politique n’est hélas pas une nouveauté, très loin de là.

Mais on a pu penser qu’il était l’apanage des tyrans, despotes et autres dictateurs alors que la vérité était le propre de la démocratie. Non que la pratique de la vérité y soit toujours assurée, mais du moins pouvait-on croire qu’elle produisait de façon quasi « naturelle » les moyens de contrecarrer les mensonges. Certains rappelaient cependant que l’expérience originelle et antique d’Athènes supposait la chasse aux rhéteurs et aux sophistes, manipulateurs de mots et fabricants de constructions logiques douteuses. Or, la puissance des réseaux sociaux produit une sorte de bruit de fond incessant, où se mêlent la sottise sincère et l’art consommé du mensonge pratiqué par des officines intéressées.

La vérité nous rend libres, capables de discerner et de décider, le mensonge nous lie, nous enferme et nous livre à toutes les manipulations. /delipress/campaign/27196/tk5f7c75887252d/ « Fratelli tutti » : avec cette formule, François, le pauvre d’Assise, proposait à ses frères et sœurs « un mode de vie au goût de l’Évangile ». Ces mots constituent désormais le titre de la dernière encyclique de l’autre François, le pape. Dans ce long texte, dont ne sont absents ni le souffle ni le lyrisme, il redit son opposition à une mondialisation qui laisse circuler idées et capitaux sans barrière mais en érige d’infranchissables devant les migrants. Ce texte arrive à un moment crucial pour notre humanité, après que la crise sanitaire a « mis à nu nos fausses certitudes » et notamment notre « incapacité d’agir ensemble ».

/delipress/campaign/26936/tk5f73467c0b0a1/ On entend dire que le Sénat est le cimetière des éléphants et qu’il ne sert à rien. /delipress/campaign/26846/tk5f69f5bde3e7d/ Nous voudrions croire qu’en termes de droits humains, nos sociétés démocratiques progressent ; droits des femmes, des minorités sexuelles, abolition de la torture, de la peine de mort… La liste est longue de ces droits qui ont été gagnés à l’issue de combats longs et incertains. Ces droits, nous voudrions croire qu’ils sont gravés dans le marbre et pour l’éternité. /delipress/campaign/26761/tk5f60b39455932/ Qu’importe la réalité, dès l’instant où la droite n’est pas au pouvoir elle fait feu de tout bois. Et, quand elle manque de munitions, retour à son fonds de commerce : la sécurité. Dès le 11 mai 1981, elle attaquait sur ce sujet. /delipress/campaign/26528/tk5f4e4a2846c3c/ Cette rentrée, nous l’espérions « libérée ». Or, voilà que le maudit virus persiste à brouiller les cartes et à nous rendre hésitants et indécis.

Que faut-il croire ? /delipress/campaign/26149/tk5f18a97cd0b3c/ Il est une chose qui n’a pas résisté au Covid sans quasiment que nous nous en rendions compte, c’est la doxa libérale, celle que nous qualifions volontiers d’ultralibérale, et qui pense que l’État doit se retirer le plus possible afin de laisser toute sa place au marché, lequel serait « naturellement » régulé par la fameuse « main invisible », de sorte que les intérêts égoïstes se régulant les uns les autres conduiraient à l’établissement d’un intérêt général bénéficiant à tous.

La pandémie mondiale a montré, s’il en était besoin, que ça ne marche pas, sauf à considérer que les morts du Covid doivent être purement et simplement passés par pertes et profits et qu’ils contribuent à une forme de régulation « naturelle ». Or la « nature » est cruelle et inhumaine ; une réalité que les écologistes les plus idéologues ont eux aussi un peu de mal à admettre. Pourtant, l’humanisme est toujours notre horizon. Ce virus est en train de nous obliger tous et toutes à un grave examen de conscience. /delipress/campaign/25954/tk5f100d1f688ca/ Lors de la cérémonie du 14 Juillet, qui s’est tenue sur la place la Concorde et qui a mis à l’honneur aussi bien les troupes françaises intervenant sur des théâtres d’opération extérieurs que les soignants qui ont contenu l’épidémie, un groupe activiste a trouvé bon de faire se lever dans le ciel parisien une banderole soutenue par des ballons qui affichait blanc sur noir : « L’économie nous coûte la vie. » On veut espérer que les auteurs de cet affichage ont choisi par commodité une ellipse.

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