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Redonner du pouvoir aux citoyens

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"Il faut laisser à la société civile plus de droit à l'initiative et à l'expérimentation" (Cynthia Fleury) Saillans, laboratoire de la démocratie rurale, cherche à amplifier sa révolution participative. Cet article a initialement été publié dans le journal L’âge de faire (voir en dessous de l’article) À Saillans, le Café des sports est incontournable : c’est le seul établissement ouvert chaque jour, à toute heure et en toute saison, dans ce village coincé entre les montagnes et la Drôme qui lui mouille les pieds.

Les journalistes y sont envoyés lorsqu’ils veulent des avis critiques sur la gestion municipale de ce laboratoire d’une démocratie plus participative. Parmi les clients, il y aura toujours quelqu’un pour se plaindre des nombreuses réunions « faites pour ceux qui ne travaillent pas », des places de parking supprimées ou du fait « qu’on ne sait pas qui commande » . . . « Le politique, c’est l’habitant, pas l’élu » Quand je lui demande ce qu’il pense de tout ça, Laurent Bernard, l’un des deux patrons du bar, évite soigneusement le piège du manichéisme. Sébastien Dragan est arrivé de la Marne il y a près de vingt ans. . « Pas de système pyramidal avec le maire tout en haut » En Autriche, la victoire des «citoyens mobilisés» Italie : démission de Renzi ; victoire du mouvement 5-Etoiles.

En Islande, le Parti pirate se renforce mais reste en dehors du pouvoir. En Islande, le Parti pirate à l’assaut du pouvoir. La jeune formation libertaire pourrait arriver en deuxième position aux élections législatives anticipées de ce samedi. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Jean-Baptiste Chastand (Reykjavik, envoyé spécial) A 35 ans, Sara Oskarsson est typique de cette génération de militants islandais qui pourrait faire une entrée fracassante au Parlement, à l’occasion des législatives anticipées, organisées samedi 29 octobre sur l’île. Candidate sur les listes du Parti pirate, cette artiste peintre ne cache pas son excitation. « Quoi qu’il arrive, cela aura été une expérience extraordinaire », vante-t-elle en hissant, à deux jours du scrutin, le drapeau du parti sur le bateau qui servira de QG pour l’élection.

Tout un symbole : le navire est amarré en plein cœur de la capitale, Reykjavik, à quelques centaines de mètres du Parlement et des bureaux du premier ministre, prêt à partir à l’abordage du pouvoir. « Protester à l’intérieur du Parlement » Compromis Discussions préélectorales. Budget participatif : la capitale fait le pari des projets citoyens. Paris consacrera plus de 100 millions d’euros à des réalisations proposées par ses habitants, soit 5 % du budget d’investissement de la ville.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Béatrice Jérôme « Aucune ville au monden’a obtenu un tel score ! », pavoise Emmanuel Zemmour, conseiller d’Anne Hidalgo. En dévoilant, mercredi 5 octobre, les 219 projets retenus au titre du budget participatif parisien (pour plus de 100 millions d’euros, soit 5 % du budget d’investissement de la ville) pour 2017, la maire de Paris ne pouvait que s’en féliciter.

Près de 159 000 personnes – soit 7 % de la population contre 3 % en 2015 – ont pris part au vote qui s’est déroulé du 16 septembre au 2 octobre. Parmi elles, 66 155 élèves, répartis dans 83 % des écoles primaires et des collèges, ont sélectionné des projets dans le cadre de leur établissement. Outre les arrondissements aisés du centre de la capitale, la maire de Paris a réussi à mobiliser les habitants des quartiers populaires.

. « Une aubaine » Saillans en France : la démocratie autrement. Espagne : l’échec de Podemos. Pari perdu pour Podemos. Le mouvement issu des « indignés » est le perdant des élections législatives du 26 juin en Espagne. Son chef, Pablo Iglesias, espérait devancer, dans les urnes, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et lui faire subir ce que Syriza, le mouvement du premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait infligé au Pasok grec : la marginalisation. Pour cela, il avait fait les alliances nécessaires : un pacte avec les communistes d’Izquierda unida, un accord pour autoriser un référendum sur l’indépendance de la Catalogne, une dénonciation vigoureuse de l’austérité.

Finalement, Podemos et ses alliés ne recueillent que 21,1 % des suffrages (71 députés), contre 24,3 % en décembre 2015. Virginia Raggi, du Mouvement 5 Etoiles, élue première femme maire de Rome. L’élection de Virginia Raggi, dimanche 19 juin, dans le fauteuil de maire de Rome, est un événement historique mais ne constitue pas une surprise. Historique car c’est la première fois dans l’histoire plurimillénaire de la Ville Eternelle qu’une femme accède au Capitole, siège de la mairie. Selon les premiers sondages « sorties des urnes », dimanche à 23 heures, elle obtenait entre 62 et 66% des suffrages quand son adversaire de gauche Roberto Giachetti n’en obtenait qu’entre 34 et 38% dans un contexte de faible participation tout comme dans les 126 villes concernées par ce second tour de scrutin (36,5 %).

Pour appréhender cette victoire, il suffisait d’écouter les conversations des Romains au bar le matin devant un espresso ou dans les transports en communs, pour comprendre qu’ils étaient à bout et prêts à porter leurs suffrages sur la jeune candidate du Mouvement 5 Etoiles dont l’inexpérience leur semblait la garantie de son honnêteté. Trois piliers Le Mouvement 5 Etoiles. L'ascension du Mouvement Cinq-Étoiles fragilise Renzi en Italie. Les citoyens doivent re-prendre conscience de leur pouvoir. C’est à nous de décider dans quelle société nous voulons vivre (Nouvelle Donne)

La Nuit Debout des citoyens

Nous pouvons rénover la démocratie. Paul Alliès est le président de la Convention pour une VIe République ; Éric Alt est magistrat, vice-président de l’association anticorruption Anticor ; Séverine Tessier est cofondatrice d’Anticor. Le principe de notre République est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Nous refusons la soumission imposée par un pouvoir amnésique de ses promesses aussitôt élu. Nous refusons l’utilisation de l’article 49-3 pour faire l’économie de débats nécessaires. Nous refusons qu’un gouvernement élu sur un mandat agisse à l’opposé de ce pourquoi il a été élu, au mépris de ses engagements et du peuple. Nous voulons retrouver le pouvoir dont nous avons été dépossédés. La souveraineté nationale appartient au peuple. Nous devons la reconquérir pour décider et définir ensemble des horizons nouveaux. Nous n’ignorons pas les menaces qui pèsent sur notre pays, mais nous refusons qu’elles servent de prétexte à un état d’urgence permanent et à une surveillance de masse.

Fonctionner en conseils citoyens pour être entendus et respectés (Proposition Nouvelle Donne). Grenoble « Il faut dépasser la société verticale pour une société d’acteurs-réseaux » Membre d’EELV depuis 2009, issu du privé et de l’industrie, Éric Piolle est le maire de Grenoble. Avec son équipe, il cherche à maintenir un équilibre entre forces citoyennes et partis politiques. Reporterre — Comment analysez-vous la situation politique actuelle ? Éric Piolle — En France, trois espaces politiques émergent.

D’un côté, il y a une envie de changement, d’engagement et d’action concrète. Un souffle citoyen cherche quelque chose de nouveau. Le mouvement est très vaste mais il n’a pas encore trouvé les bonnes combinaisons ni la bonne mise en réseau. En face, il y a un pôle du repli sur soi, qui prend la forme d’un nationalisme exacerbé, avec le Front national et ceux qui gravitent autour. C’est plutôt le camp du changement qui a l’air « paumé », en ce moment… On n’a pas forcément les bonnes clés. Éric Piolle, à l’hôtel de ville de Grenoble. Comment interprétez-vous le phénomène Nuit debout ?

Non, parce que c’est un axe structurant. En refusez-vous le terme ? Je ne crois pas. La carte des utopies concrètes pour que les alternatives se rencontrent. Comment décrire cet ovni du net ? A la fois manifeste, annuaire, cartographie, lieu de mise en relation, de débat et de réflexion, le site internet utopies-concretes.org est un espace de liberté en ligne autogéré. Grâce aux outils de l’immatériel internet, les inventeurs de cette plate-forme cherchent à donner corps au phénomène des alternatives à travers quatre formats. D’abord des textes « pour composer d’autres manières de voir le monde ».

Ensuite une carte, qui recense plus de 3.000 lieux en France et en Europe. Puis un réseau, qui dessine les connexions entre des milliers de sites internets de la galaxie alternative. Enfin des liens, pour nous inviter à aller voir ailleurs. « Le but est de créer un portail, de donner une vue d’ensemble de tous ces mouvements », explique Pierre, l’un de ceux qui a eu l’idée de lancer ce site. L’outil permet aussi aussi d’amorcer une analyse. Sur le site... Vous avez aimé cet article ? Source : Marie Astier pour Reporterre. Présidentielle 2017 : trois primaires pour une candidature citoyenne. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Charlotte Belaich « Si on est plusieurs concurrents c’est qu’il y a un marché, une envie de renouveau. » Marie Durand-Smet ne parle pas de business, mais de politique.

Le marché en question ? Celui des primaires, qui fleurissent un peu partout à l’approche de l’élection présidentielle. Mme Durand-Smet est chargée de « chasser les candidats crédibles » pour La Vraie Primaire, scrutin en ligne destiné à faire émerger une candidature citoyenne pour l’échéance de 2017. A l’origine du projet lancé le 21 mars, Emile Servan-Schreiber, entrepreneur spécialiste de l’intelligence collective, et Alexandre Malafaye, président du think thank Synopsia. « Le système est verrouillé, accaparé par les partis. La politique est devenue un métier. La Vraie Primaire n’est pas la seule initiative du genre, ni la première. . « L’objectif minimum est de redonner envie aux citoyens d’aller voter. Macron, Fillon et Pierre Rabhi plébiscités.

De véritables référendum, sur des sujets de fond, après de vrais débats. Deux ans après, à Grenoble, la transition politique tient le cap. Grenoble (Isère), reportage Le vent des Alpes a-t-il calmé les ardeurs ? À Grenoble, le climat politique a pris un coup de froid. Deux ans après l’élection d’Éric Piolle à la tête d’une liste de rassemblement écologiste et citoyen, l’humeur n’est pas à souffler les bougies. « On ne fanfaronne pas », reconnaît-on d’une voix unanime à l’hôtel de ville. Au cabinet du maire, on évacue la question : « Nous sommes sur une dynamique de long terme, les critères de réussite ne s’évaluent pas tous les 365 jours. » Heureusement, à en croire Colette, boulangère dans le quartier de la gare : « J’entends plutôt les gens râler, c’est de bonne guerre.

Le « malaise » des policiers municipaux après la décision de les désarmer partiellement ? Le mot « banqueroute » hante les échanges comme un fantôme « Piolle et son équipe déchaînent les passions », confirme Vincent Peyret, le rédacteur en chef du Postillon, journal satirique local. L’hôtel de ville. De quoi offrir un boulevard à la majorité actuelle ? A Saillans, la politique se fait en « circuit court » Dans ce village de la Drôme, les habitants expérimentent depuis 2014 une « municipalité participative » qui suscite l’intérêt de nombreux élus et associations.

Tristan Rechid va droit au but : « Il fallait cesser de parler de démocratie participative, il fallait la faire. » Depuis sa victoire de mars 2014 aux élections municipales, la liste Autrement pour Saillans… tous ensemble, dont il a été l’un des initiateurs, suscite la curiosité de ceux qui veulent « faire ». Faire comme ce village drômois de 1 200 habitants, au sud du Vercors, nouveau champion de la « démocratie participative » appliquée.

Directeur d’un centre social à Die, Tristan Rechid est devenu en quelque sorte l’ambassadeur de Saillans. Ce 19 mars, il est en mission à Veynes, un bourg de 3 150 habitants situé à quelque 100 kilomètres du village, dans la vallée du Petit-Buëch (Hautes-Alpes). Une centaine de personnes sont venues pour l’écouter, comme un conteur à la veillée, et pour débattre.