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ATTENTATS

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Pour Gilles Kepel, le "logiciel" des terroristes a changé et notre classe politique "est nulle" Le "logiciel" des terroristes a changé, pas celui des politiques.

Pour Gilles Kepel, le "logiciel" des terroristes a changé et notre classe politique "est nulle"

Invité de France Inter ce vendredi 15 juillet au lendemain de l’attentat au camion qui a coûté la vie à 84 personnes à Nice lors des célébrations du 14-Juillet, le spécialiste du djihadisme Gilles Kepel s’est livré à un réquisitoire sur le pouvoir politique, gauche et droite confondues, embourbé selon lui dans ses "chamailleries" habituelles et incapable de faire face au terrorisme contemporain.

Comme l'a de nouveau montré l'attaque de Nice, il n'est plus forcément question pour les terroristes de mener des opérations avec de grands moyens, du type 11-Septembre. Hind Fraihi : "Nous avons collectivement nié ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne" Hind Fraihi est journaliste d’investigation en Belgique.

Hind Fraihi : "Nous avons collectivement nié ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne"

En 2005, cette flamande de 39 ans d’origine marocaine, a voulu voir par elle-même si un quartier spécifique de Bruxelles, Molenbeek – inconnu du grand public à l’époque –, était devenu une place forte pour le recrutement de candidats au djihad. En se faisant passer pour une étudiante auprès des habitants, Hind Fraihi a passé près de trois mois en totale immersion dans ce coin du Nord-Ouest de Bruxelles. Le résultat, un livre, En immersion à Molenbeek* [récemment traduit et distribué en France]. Elle y raconte la façon dont des prédicateurs islamistes ont diffusé leur discours radicaux et mortifères auprès de certains jeunes de la génération des terroristes impliqués dans les attentats de Paris et de Bruxelles.

Il y a dix ans, les filières de recrutement ne conduisaient pas encore en Syrie, mais en Tchétchénie, en Irak ou en Afghanistan. Oui, absolument. Mais on a laissé faire… Les autorités l’ont laissé agir librement. Nous ne nous aimons plus. Une guerre asymétrique et conduite d’un seul côté, avec pour cible la population civile.

Nous ne nous aimons plus

La guerre classique opposait avant tout des armées. Les deux siècles écoulés ont inventé la guerre totale, qui implique à la fois les civils et les militaires. Avec la guerre djihadiste, un pas nouveau a été franchi, puisque l’objectif unique est désormais de frapper et de terroriser les populations elles-mêmes.

La propagande islamiste prétend qu’il s’agit de répliquer aux agressions de l’Occident contre le monde arabe. C’est faux : la prétention de ces islamistes de représenter et de défendre le monde arabe est un grossier mensonge. Avec quels moyens cette guerre est-elle menée ? Avec quel but ? En un mot, il s’agit de ramener le monde musulman à la théocratie absolutiste et l’Occident, à une société dégénérée de pure jouissance individuelle. Mais c’est une guerre mondiale.

Experts en islamologie : nos comiques croupiers ne font pas dans le détail ! On vit une époque pas formidable.

Experts en islamologie : nos comiques croupiers ne font pas dans le détail !

Un temps où la désinformation prend parfois de vitesse l’information. Un temps où les arguties les plus improbables sont collées sur le visage du vraisemblable afin d’étouffer toute colère et toute indignation après les actes les plus odieux. Bien sûr – et nous n’avons jamais manqué de le rappeler ici –, les ennemis les plus incapables des musulmans en France et hors de l’Hexagone sont les cavaliers de l’apocalypse djihadiste qui ont porté la mort à Bruxelles après avoir frappé en Syrie, en Côte-d’Ivoire et en Turquie. Bien sûr, des centaines de millions de croyants sont transis d’effroi par le terrorisme islamiste. Mais il ne suffit pas d’arguer du nombre pour masquer l’action dévastatrice des minorités agissantes. Il est vain de mesurer le degré de connaissance théologique des assassins de Bruxelles. Deux pièges discursifs sont tendus à notre intelligence de l’événement. . (1) Terreur dans l’Hexagone, Gallimard, 352 p. Experts en islamologie : nos comiques croupiers ne font pas dans le détail !

Projet d'attentat déjoué : Reda Kriket, au coeur d'un énorme réseau de recrutement djihadiste. On se croirait en plein polar et l’histoire finit mal.

Projet d'attentat déjoué : Reda Kriket, au coeur d'un énorme réseau de recrutement djihadiste

Le 13 octobre 2013, un dénommé Logan Leborgne se confie à un agent sous couverture du Parquet fédéral belge, chargé de l’antiterrorisme. Leborgne se montre tracassé car « il se prépare à partir en Syrie et qu’il doit encore régler des choses ». Il confie à l’agent aux grandes oreilles qu’ils seront 14 du voyage et qu’il a besoin de 45.000 euros. Leborgne va alors se tourner vers « le Français ». Il s’agit de Reda Kriket, arrêté ce jeudi en région parisienne et dont la planque, perquisitionnée à Argenteuil, contenait des kalachnikovs et des explosifs. La filière Zerkani Leborgne est parti ensuite en Syrie et il a été condamné à 5 ans de prison en janvier dernier pour sa participation à un groupe terroriste. C’est dans son ombre imposante que se sont cachés Abdelhamid Abaaoud, Gelel Attar et Chakib Akrouh, suspects présumés des attentats de Paris.

Reda Kriket, le "financier" Attentats de Bruxelles : plongée dans l'enfance des El Bakraoui, les frères kamikazes.