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Attentats

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Images à utiliser avec précaution. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Daniel Psenny Les vidéos de propagande de l’Etat islamique posent un problème éthique aux chaînes de télévision.

Images à utiliser avec précaution

Le 25 janvier, Michel Field, le nouveau patron des rédactions de France Télévisions, et Alexandre Kara, directeur des rédactions, ont adressé une courte note aux journalistes du service public. La veille, une vidéo de l’organisation Etat islamique (EI) envoyée sur les réseaux sociaux présentait les neuf auteurs des attentats ayant fait 130 morts le 13 novembre 2015 à Paris, en menaçant tous les pays européens et particulièrement la France. Publiée par la branche médiatique de l’EI, Al-Hayat Media Center, la vidéo montrait des djihadistes en train de commettre des atrocités, dont des décapitations et des exécutions par balles de personnes présentées comme des otages. « Nouvelle donne dans la guerre de l’image » En cette fin janvier, une nouvelle fois, l’EI venait empoisonner toutes les rédactions avec l’envoi d’images terroristes.

La stratégie de la mouche: pourquoi le terrorisme est-il efficace ? Le théâtre de la terreur Un terroriste, c’est comme une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine.

La stratégie de la mouche: pourquoi le terrorisme est-il efficace ?

Petite, faible, la mouche est bien incapable de déplacer ne serait-ce qu’une tasse. Alors, elle trouve un éléphant, pénètre dans son oreille, et bourdonne jusqu’à ce qu’enragé, fou de peur et de colère, ce dernier saccage la boutique. C’est ainsi, par exemple, que la mouche Al-Qaeda a amené l’éléphant américain à détruire le magasin de porcelaine du Moyen-Orient. Comme son nom l’indique, la terreur est une stratégie militaire qui vise à modifier la situation politique en répandant la peur plutôt qu’en provoquant des dommages matériels. Modifier une situation politique en recourant à la violence n’est pas chose aisée. En comparaison, le terrorisme est un petit joueur. Comment alors les terroristes peuvent-ils espérer arriver à leurs fins ? Voilà pourquoi un terroriste ressemble à une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. L'histoire d'homo sapiens, par Yuval Noah Harari.

Edition spéciale sur l'attentat de Nice : France Télévisions présente ses excuses. Avec la répétition des attentats, la ritualisation des réseaux sociaux. Nous sommes quelques minutes après l’attaque de Nice.

Avec la répétition des attentats, la ritualisation des réseaux sociaux

Sur Twitter, alors que les secours arrivent à peine sur place, des premiers messages affluent, faisant état d’un camion qui aurait foncé sur la foule. Les utilisateurs diffusent des messages de panique, des photos, des vidéos, invitant les Niçois à rentrer chez eux. Certains évoquent même une explosion. Un réflexe, qui témoigne de la force avec laquelle les attentats se sont ancrés dans notre quotidien : lorsqu’un événement tragique survient, les témoins postent sur les réseaux sociaux, les observateurs relaient et commentent. Des comportements, que Nicolas Vanderbiest, assistant chercheur à l’université de Louvain en Belgique, associe à un rituel mis en place implicitement depuis les attentats de Paris. Un rituel en six phases Nicolas Vanderbiest a même théorisé ce rituel. Pour autant, cette ritualisation sur les réseaux sociaux ne peut pas être transposée aux autres attentats perpétrés ailleurs dans le monde.

Gurvan Kristanadjaja. «Sortir gagnant d’une joute avec un élève, c’est en réalité perdre» Ronan Cherel, 42 ans, enseigne l’histoire-géographie dans un collège d’éducation prioritaire de l’académie de Rennes.

«Sortir gagnant d’une joute avec un élève, c’est en réalité perdre»

Il intervient également en maison d’arrêt. «Ma prise de conscience remonte au lendemain des attentats de janvier. En classe, mes élèves de troisième se sont mis à parler à haute voix des Illuminati, d’agents judéo-maçonniques. Peut-être en discutaient-ils entre eux avant, je ne sais pas. En tout cas, cela a explosé dans ma classe à ce moment-là : l’histoire de rétroviseur brillant, de la carte d’identité trouvée dans la voiture… J’ai été d’autant plus troublé quand j’ai entendu les détenus de la maison d’arrêt où j’interviens tenir exactement le même discours. «Mais très vite, j’ai compris les limites de l’exercice.