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NOUVEAU MONDE POLITIQUE

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Villes/Toulouse/Proposition de processus constituant — NuitDebout. Nuit debout et le “refus du leader”: “Occuper une place ne suffit pas” Chantal Mouffe. Oui, j'y suis allée, le samedi 9 avril. A l'évidence, le mouvement est très horizontaliste, très «basiste» et ne désire ni leader, ni organisation, ni hiérarchie. Il est rafraîchissant de voir ces jeunes qui se réveillent, mais j'ai néanmoins des réserves. Occuper une place ne suffit pas. Si les manifestants veulent avoir un impact politique et être en mesure de transformer le réel, il va falloir qu'ils s'organisent d'une manière un peu plus verticale. Trop, à votre goût ? Nuit debout met en scène l'idée de l'«auto-organisation», inspirée notamment de Michael Hardt et Toni Negri [auteurs de «Multitude» et «Empire» et considérés dans les années 2000 comme les théoriciens de l'altermondialisme, NDLR].

Une autre illusion est la recherche d'un consensus. Le résultat est qu'au bout de six mois le Parti populaire a remporté les élections générales. Chantal Mouffe©CRC Robert/SIPA VIDEO. 10 heures de Nuit debout en 10 minutes Je crois à la nécessité d'un leader. Réflexions sur la violence. L’AG de la Nuit Debout, depuis les événements du 9 avril et la semaine sauvage qui a suivi, a mis au centre des débats la question de la violence. Si des citoyens persistent dans leur pacifisme rigoriste, les prises de paroles en faveur de la « diversité des pratiques » se multiplient. La Coordination Nationale Etudiante elle-même a explicitement refusé la dissociation entre casseurs et manifestants. Le Comité d’Action de la Nuit à Bout a recueilli, parmi ce foisonnement de discussions, les positions qui semblent judicieuses dans un contexte de renforcement du mouvement comme de la répression. Plus nous assumerons sérieusement notre présence sur la place de la République, plus fréquemment se présenteront les situations à même de déclencher des affrontements.

Nous devons nous y préparer. Réflexion I Ce qu’il faut expliquer, ce n’est pas qu’il y ait des débordements autour de la Nuit Debout à Paris, c’est qu’il y en ait si peu. Réflexion II Réflexion III Réflexion IV Réflexion V Réflexion VI. LORDON CONTRE LORDON - Lettre ouverte à Frédéric Lordon. « Quant à cette banlieue élargie qu’on appelle la France, à cette banlieue plus élargie encore qu’on appelle l’Europe, à cette banlieue à la troisième puissance qu’on appelle le monde, [Paris] n’en sait pas le premier mot » Paul-Ernest de Rattier, Bordeaux, 1857, Paris n’existe pas Cher Frédéric, Frédéric, tu fais souvent œuvre de dégrisement contre les illusions bien intentionnées. Tes ouvrages comme L’intérêt souverain, La Malfaçon ou Imperium réalisent avec force ce désenivrement salutaire. Je crois que cette fois, c’est toi qu’il faut ramener à la lucidité !

Frédéric, je crois, amicalement, que tu es enfermé dans ta tour d’ivoire parisienne. Frédéric : oui, nous réalisons déjà quelque chose ! Frédéric, cessons de voir le monde à travers la fenêtre parisienne. A Bordeaux, Le 53 mars PS : Aux Nuits debout, à Bordeaux, nous nous tutoyons toutes et tous, et comme les Nuits Debout n’appartiennent pas qu’à Paris, je me suis donc permis de te tutoyer même si nous ne nous connaissons pas. Nuit debout : voici comment tout a commencé. Bien avant Nuit Debout, elle flottait dans l’air, cette envie de se retrouver, de réconcilier les « rouges » et les « verts ». « Chez les militants, on était chacun dans notre coin, un peu triste, et on avait besoin de se rassembler pour retrouver la patate », raconte Fahima Laidoudi, militante du collectif Réseaux Intervention Réflexion Quartiers Populaires.

De son côté, Fred se souvient d’avoir assisté à un long ciné-débat sur la convergence des luttes, au Festival La Belle Rouge qu’organise chaque été, à la fin du mois de juillet, la compagnie de théâtre Jolie Môme : « La même envie revenait avec insistance dans la salle : imaginer un mouvement social capable de fédérer largement ». Le film ? Merci Patron, diffusé en avant-première pour la première. Il va servir d’étincelle : avec ses projections qui se multiplient à partir de novembre 2015 « Je voulais faire un film d’émotion, raconte le réalisateur, François Ruffin, qui anime aussi le journal Fakir. Et ça marche. Et maintenant ? Atelier de déconstruction mentale | Règles de Jeux. Une marche à suivre pour les ateliers de déconstruction mentale (ceci est un exemple, vous pouvez copier, vous en inspirer, changer la méthode) « Les mots sont, bien sûr, la plus puissante des drogues de l’Humanité » Rudyard Kipling « Ne laissez pas les mots penser à votre place.

Ayez une parole habitée » Krishnamurti L’idée d’un atelier de déconstruction mentale m’est venue après la première #nuitdebout à Toulouse. Je suis intervenue brièvement pour parler du bug dans la création monétaire, puis une deuxième fois pour dire qu’il valait mieux donner envie que faire peur, qu’on avait maintenant pas mal d’outils en main « pour changer le monde » après des prises de parole qui me semblaient passéistes et connotées. Et donc, sur le réseau Facebook, j’ai écrit le soir même : « Ça va tout de même être compliqué ‪#‎nuitdebout‬ y’a comme un chaînon manquant … À suivre » J’ai donc proposé le soir même un atelier de déconstruction mentale. Alors comment fait-on ? Nous valons mieux que ça. Une colère monte. Comme le tambour d’un régiment, nous écoutons son écho gagner en intensité de l’autre côté de la plaine.

Il se rapproche. Bientôt, nous n’entendons plus que lui. Les raisons qui donnent naissance à cette fureur ne manquent pas : au fond de nos tripes, nous savons tous pourquoi nous l’éprouvons. Car en dépit de nos différences, cette colère, nous la partageons. Nous avons peu de choses. À l’initiative d’un collectif de vidéastes, un mouvement de contestation intitulé « On vaut mieux que ça » est né hier sur les réseaux sociaux. L’incendie est déclaré.

Oui, nous valons mieux que ce dont on nous a fait l’aumône jusqu’ici. Sauf que voilà, ce n’est plus possible. Nous marchons sur un fil. La loi El Khomri est une insulte : elle ne promet qu’un destin aux funambules que nous sommes, celui du gouffre. On nous dit : « Ceci est votre héritage. Je ne veux pas hériter de ce monde. Non, ce n’est pas mon monde. Alors oui, il faut se lever et dire non. Soyons intransigeants. Boualem Sansal : en 2084, la France sera... "islamiste" ! Etat d'urgence, ce que nous pouvons, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 30 novembre 2015) S’il existait quelque chose comme une jauge de la faute et de la vertu des peuples, on pourrait dire que le corps social n’a jamais que « ce qu’il mérite ». Mais rien de tel n’existe sauf dans la vision moraliste du monde qui passe tout au tamis du jugement et de la rétribution.

Nous avons cependant le recours de dire autre chose : de dire que le corps social fait, à chaque instant, la démonstration en actes de ce qu’il peut — de son degré de puissance. Ça n’est donc plus une question de jugement, c’est une question de mesure. Par ce qu’il accomplit et par ce qu’il omet de faire, par ce qu’il tolère et par ce qu’il refuse, le corps social donne l’exacte, la parfaite mesure de ce qu’il peut. Voir le dossier « Dans l’engrenage de la terreur », Le Monde diplomatique, décembre 2015.Dans ces conditions, il n’y a plus qu’à arpenter.

Un peuple qui, s’étant donné à un Sarkozy, se donne à un Hollande — sa réplique sous tous les rapports, parfois même en pire —, que peut-il exactement ? Il faut en finir avec le PS. Jusqu’à quand va-t-on parler de « la gauche » à propos du PS ? Jusqu’à quand cette immense tromperie va-t-elle se poursuivre ? Jusqu’à quand va-t-on confondre les électeurs « de gauche » avec le parti vers lequel ils portent leurs voix - de moins en moins, certes - parce qu’évidemment, on ne peut pas voter pour le Front national et pas davantage pour l’UMP ? Il est temps, alors qu’une fois de plus, le gouvernement présidé par M. Hollande vient de prendre une déculottée électorale et d’ouvrir grandes les portes du pays au binôme Front National-UMP, de mettre un terme au hold-up opéré par les fidèles domestiques du néo-libéralisme sur « le peuple de gauche » - et sur les écologistes. De dire que le PS est devenu l’obstacle au renouveau de la politique, à une transformation écologique de la France et de l’Europe, à un avenir qui ne serait pas celui des matraques et de la chasse aux immigrés.

Le gouvernement n’est pas de gauche. Le PS n’est pas de gauche. La grande convulsion de l’époque.