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Lien social : fractures et recompositions

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Repli sur soi

« Jamais on n’avait vu un tel engagement » : le confinement provoque un élan de solidarité. Il est pile 18 heures lorsqu’une mosaïque de visages inconnus surgit sur l’écran de l’ordinateur.

« Jamais on n’avait vu un tel engagement » : le confinement provoque un élan de solidarité

Sur l’application de visioconférence Zoom, on entrevoit des bouts de canapé, un cadre de lit, des bibliothèques. Marie est chez ses parents à Volvic (Puy-de-Dôme), Justine dans le 10e arrondissement de Paris, d’autres sont à Rennes, Nantes, Marseille… « Merci d’être là ! », s’exclame Lauren Miller, 27 ans, animatrice de cette réunion de 50 futurs bénévoles organisée par l’association Makesense. Nos vies confinées en direct : vous vivez le confinement à l’étranger, racontez-nous « En attendant que tout le monde se connecte, qui veut partager une recette de cuisine ? Ici, tout est balisé : les bénévoles intègrent un « programme » de cinq jours, à base de mails de formation quotidiens et d’actions à réaliser, d’échanges sur des boucles WhatsApp en « team » de quinze, sous la houlette d’un ou d’une « super-mobilisatrice ». En France, les inégalités sont reparties à la hausse. Les inégalités n’ont pas explosé avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, mais les premières mesures prises par son gouvernement n’ont pas permis de les réduire.

En France, les inégalités sont reparties à la hausse

D’après le « Portrait social de la France », publié mardi 19 novembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les réformes socio-fiscales adoptées en 2018 ont surtout profité aux plus aisés. Jusqu’à représenter un gain annuel moyen de 790 euros pour les 10 % de ménages les plus riches, contre 130 euros pour les 10 % les plus pauvres. L’écart est marqué, mais il l’est encore plus si l’on considère les bénéficiaires réels des mesures les plus contestées du début de mandat. La transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière, qui a augmenté le revenu disponible des ménages de 3,44 milliards d’euros, a représenté « une hausse de près de 10 000 euros sur l’année en moyenne pour les 350 000 ménages concernés », selon l’Insee. Coronavirus : « Le confinement accroît la violence des “petites inégalités” » Tribune.

Coronavirus : « Le confinement accroît la violence des “petites inégalités” »

Avant la pandémie, les économistes, et plus largement les sciences sociales, dénonçaient d’abord et surtout les très grandes inégalités sociales : les 2 %, les 1 %, voire les 0,1 % ou les 0,01 %, contre tous les autres. Ils avaient raison de le faire tant ces inégalités gigantesques sont moralement scandaleuses et socialement désastreuses. Mais cette vision opposant les ultrariches et les ultrapuissants à un vaste ensemble « moyen » devenu vaguement homogène, à l’exception d’une minorité de pauvres et d’exclus, n’est pas toujours pertinente. « Le numérique, précieux en ces temps de confinement, cache néanmoins des fractures culturelles » Chronique. « Lisez !

« Le numérique, précieux en ces temps de confinement, cache néanmoins des fractures culturelles »

» Ce mot, qui est aussi une ode à la zénitude, s’est niché, lundi 16 mars, dans le discours de guerre d’Emmanuel Macron. Le conseil est rarissime dans une parole présidentielle. Mais quand le confinement s’annonce rude pour les personnes seules, qui aiment prendre le large, et pour les couples ou les familles, qui parfois ne se voient qu’au dîner, il fallait proposer une clé pour continuer à vivre. Le président aurait pu dire « regardez la télé » mais ce n’est pas assez culturel.

Un jeu vidéo ? Article réservé à nos abonnés Lire aussi Des clubs de lecture pour supporter le huis-clos Ce mot est une façon de rappeler que la culture doit continuer quand nous sommes figés. Daniel Pennac, sur France Inter, le 17 mars, confiait que la littérature peut sauver. Evoquer la lecture est aussi le moyen de consoler une culture en ruine. Ce débat sur la diffusion du livre dans un monde bloqué traduit l’ambivalence du numérique, précieux et problématique.

Coronavirus : la crise sanitaire exacerbe la fracture sociale et politique. Les résultats de la vague d’avril 2020 du Baromètre de la confiance politique du centre de recherche de Sciences Po (Cevipof) montrent que, si l’épidémie a suscité une mobilisation massive des Français et des services publics, l’unanimité de façade masque bien des failles.

Coronavirus : la crise sanitaire exacerbe la fracture sociale et politique

En France, plus encore qu’au Royaume-Uni et en Allemagne, la crise sanitaire a révélé et exacerbé les fractures sociales. Le confinement, « fait social total » pour reprendre une formule chère aux sociologues, n’a pas fermé la porte aux inégalités et aux tensions politiques. Dans de nombreux domaines, il les a aiguisées. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : « Le confinement accroît la violence des “petites inégalités” » L’emploi est un indicateur très révélateur pour expliquer ces tensions.

Le télétravail est sans surprise la marque des catégories favorisées, les cadres notamment. Nouvelle fracture sociale.

G. Sand face à l'épidémie de Choléra, 1832

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