background preloader

Féminisme 101

Facebook Twitter

La non-mixité : une nécessité politique. La ségrégation, c’est-à-dire la séparation imposée, l’accès réservé à certaines places ou certains espaces sociaux, est une des principales formes que prend la domination – que ce soit la domination des riches sur les pauvres, celle des hommes sur les femmes ou celle des blancs sur les non-blancs.

La non-mixité : une nécessité politique

Mais ce n’est pas la seule : de nombreux mécanismes de domination perdurent au sein même des espaces sociaux mixtes, malgré la mixité, voire parfois grâce à elle. C’est ce que montre Christine Delphy dans le texte qui suit : la mixité n’est pas en elle-même un bien qu’il faudrait opposer sans discernement à une non-mixité forcément « enfermante » et « étouffante » ; la non-mixité n’est en fait oppressante que lorsqu’elle est subie, au même titre que peut être oppressante une mixité ou une proximité subie. Je voudrais parler ici des différents sens de la mixité, en particulier mais pas exclusivement de la mixité entre les sexes, et de la non-mixité.

6 leçons à tirer de l'afroféminisme américain. Il faut (re)découvrir bell hooks.

6 leçons à tirer de l'afroféminisme américain

Le premier essai de cette figure féministe afro-américaine, Ne suis-je pas une femme ? N’a été traduit et publié en France qu’en 2016 (link is external) (ed.Cambourakis). Le second, De la marge au centre est sorti cette année, plus de 30 ans après sa publication aux Etats-Unis, en 1984. C’est long. Surtout quand on sait que bell hooks est incontournable Outre-Atlantique (link is external). La parole des concerné·e·s : entre émancipation, confiscation et risques d’essentialisation. Est-ce qu’un·e concerné·e a toujours raison ?

La parole des concerné·e·s : entre émancipation, confiscation et risques d’essentialisation

Non. Les concerné·e·s d’une même oppression ont pour seul point commun le fait qu’iels sont susceptibles de rencontrer les obstacles spécifiques de cette oppression. C’est tout. Racisé-e-s. Ce n’est pas un hasard si «racisé-e-s» est très souvent écrit avec ce «e» entre tirets : pour ses utilisateurs, il s’agit d’englober autant que possible «une communauté d’expériences de la domination raciste, quelles que soient les formes qu’elle prend selon notre appartenance de genre ou de classe», résumait en juin la militante Mélusine dans un blog sur Mediapart.

Racisé-e-s

Ainsi, que l’on soit riche ou pauvre, femme ou homme, le fait d’être aux yeux des autres arabe, noir, asiatique, musulman, juif ou rom conduit à faire l’objet d’un traitement différencié. Un mot résume ce processus : l’assignation. Femmes à fleur de peau. On les appelle les "afro-féministes".

Femmes à fleur de peau

Contrairement aux États-Unis, où il s’est développé dans les années 70 à l’initiative notamment d’Angela Davis, le mouvement en est encore à l’état embryonnaire en France. Difficile de dire combien il compte de militantes. Les réseaux sociaux et le militantisme de rue sont pour l’instant leur principal mode d’action. Leur objectif : faire passer dans les faits les grands principes de la République, qui reconnaît l’égalité homme-femme, quelle que soit la couleur de la peau.

Les afro-féministes se disent en effet victimes d’une double agression : celle liée à leur sexe, et celle liée aux origines africaines de leurs ancêtres. La théorie (critique) du genre existe. L’afroféminisme. Le black feminism est un mouvement qui s’étend sur une longue période et qui possède des courants et des tendances très divers·es, allant de positions conservatrices à d’autres très progressistes (bien sûr, toutes les féministes noires ne parlent pas d’une seule voix).

L’afroféminisme

Mais il a également donné naissance à un autre mouvement, le womanism. Ces mouvements sont très proches, car incluant les principes de l’intersectionnalité. Mais là où les féministes du black feminism se réclament de ce terme et refusent de laisser uniquement les femmes blanches le définir, les womanists considèrent que le féminisme est par défaut non intersectionnel et choisissent de se définir sur un terme qui comprend déjà l’intersectionnalité.