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LOUIS

Comment la presse a affirmé et protégé son rôle civique. Ce détour par l’histoire permet de mieux saisir les missions de la presse d’information politique et générale : assurer le bon fonctionnement d’une société démocratique par l’information les citoyens. Comme le proclamait Georges Clemenceau lors des débats sur la loi de 1881, « La République vit de liberté »[+] NoteDébats parlementaires, séance du 1er février 1881, JORF, 2 février 1881, page 120. Le 18 juin 1881, le rapporteur du Sénat, Eugène Pelletan, explique : « La presse à bon marché est une promesse tacite de la République au suffrage universel. Ce n’est pas assez que tout citoyen ait le droit de voter. Il importe qu’il ait la conscience de son vote, et comment l’aurait-il si une presse à la portée de tous, du riche comme du pauvre, ne va chercher l’électeur jusque dans le dernier village ? [9] La mission de la presse d’information politique et générale est bien de donner vie à l’agora, à la réunion des citoyens, sans laquelle la démocratie n’est qu’un mot creux. [11].

La liberté d’expression aujourd’hui en France, en droit, en fait. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » – Article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789, fondement de la République démocratique française.

En droit, la liberté d’expression est une liberté dite « fondamentale » c’est à dire qu’elle fait partie de l’ensemble des droits primordiaux pour l’individu, essentiels dans une société démocratique. Ainsi, « L’imprimerie et la librairie sont libres » (article 1 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881) de sorte que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » (article 10 DDHC). Attendu que toute caricature s’analyse en un portrait qui s’affranchit du bon goût pour remplir une fonction parodique (…) Reporters sans frontières: des petits traits pour une grande cause | Alain le Gouguec. "Le dessin permet d'aborder des idées profondes à travers des traits simples". Pour avoir exprimé aussi simplement la profondeur de son opposition au régime tyrannique qui sévit à Damas, le caricaturiste syrien Ali FERZAT a été enlevé et torturé.

Avant de le relâcher, ses tortionnaires n'ont pas manqué de lui écraser la main gauche, celle qui trace les traits, celle qui informe et dénonce. Ali Ferzat a reçu en 2011 le Prix RSF pour la liberté d'informer. C'est bien la liberté d'informer et d'être informé "par quelque moyen d'expression que ce soit" (Déclaration Universelle des Droits de l'Homme) qui a conduit à la création de Cartooning for Peace. Si la colère instru-mondialisée suscitée par les "caricatures" s'est apaisée, l'intolérance, hélas, n'a pas disparu de ce monde. Il continue notamment pour l'Egyptienne Doaa Eladl Fin décembre 2012, un avocat salafiste du Caire a porté plainte contre elle au prétexte qu'elle s'était autorisée à dessiner Adam.

C'est un dessin parmi d'autres. Fini de rire DdAP Clemi - Dossier_Pe__dadogique_Fini_de_rire_ClemiStrasbourg.pdf.