background preloader

La Nuit Debout des citoyens

Facebook Twitter

1er sept 2016, Nuit debout repart du bon pied, entre détermination et interrogations. Place de la République (Paris), reportage Il y avait comme un petit air de déjà vu, mercredi 31 août à 18 h 30, sur la place de la République à Paris.

1er sept 2016, Nuit debout repart du bon pied, entre détermination et interrogations

Au micro, une militante aux longs cheveux poivre et sel présente son association sous le regard d’un public nombreux, jeune et attentif. De sous la bâche bleue de la commission Ecologie debout s’échappent des commentaires mi-réjouis, mi-sceptiques concernant un possible abandon du Tafta. Les participants responsables de l’accueil, installés sous un barnum blanc, informent les nouveaux venus du programme de la soirée. La Nuit debout : de plus en plus de monde pour inventer la démocratie. Paris, reportage L’occupation de la place a été lancée à la suite de la manifestation contre la loi Travail -la loi El Kohmri.

La Nuit debout : de plus en plus de monde pour inventer la démocratie

Malgré la pluie, ce soir là, près de 4.000 manifestants sont restés réunis pour la première « Nuit Debout ». Certains dorment sur place. Chaque matin à l’aube, les policiers viennent évacuer les lieux. Nuit debout : " Nous sommes en train de faire quelque chose. D’essayer, au moins. Essayer encore, rater encore, rater mieux." A Lyon, une Nuit debout est improvisée sous un pont. Nuit Debout Grenoble. Nuit Debout est un rassemblement de citoyens indépendants regroupés au départ, autour de la lutte contre la loi El Khomri.

Nuit Debout Grenoble

Ouvriers, mal-logés, salariés, étudiants, syndicalistes, intellos, zadistes, précaires et simples citoyens, nous nous sommes retrouvés pour échanger et construire. Nous prônons la désobéissance civile non-violente. A Grenoble, nous occupons l'esplanade de la MC2 (Maison de la Culture) depuis le samedi 9 avril et ce pour une durée indéterminée, à l'image de ce qu'il se passe dans de nombreuses autres villes en France. Nos revendications et actions dépassent désormais largement le retrait de la loi travail.

Nous sommes totalement indépendants des syndicats, partis politiques et autres organisations, tout en collaborant avec eux dans un esprit de convergence des luttes. La politique n'est pas une affaire de professionnels, c'est l'affaire de tous. La Nuit debout contre le Panama partout. LE MONDE | • Mis à jour le | Par David Graeber (Anthropologue, est professeur à la London School of Economics)

La Nuit debout contre le Panama partout

« Il faut amener la Nuit debout dans les banlieues et non l’inverse » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Elvire Camus C’est une des petites dernières du mouvement Nuit debout : la commission banlieue.

« Il faut amener la Nuit debout dans les banlieues et non l’inverse »

Elle est née le 10 avril, croit se souvenir Fahima Laidoudi, « à force d’en parler dans les AG ». Originaire d’un quartier populaire de Toulon, cette femme de ménage de 53 ans qui « lutte depuis trente ans » vit et milite aujourd’hui en Région parisienne. Depuis le début du mouvement, le 31 mars, elle prend la parole tous les soirs pour proposer la création d’un groupe de réflexion chargé de « faire en sorte que le mouvement passe le périph’» et de coordonner l’action de Nuit debout dans les banlieues. Car c’est aussi cela l’enjeu. Crainte de récupération De l’autre côté du périphérique, à l’université Paris-XIII (Seine-Saint-Denis), l’association d’étudiants La Dream « attend de voir ». « Si la Nuit debout en banlieue est une exportation pure et simple du mouvement parisien, ça ne marchera pas. Où va la Nuit debout ?

Deux semaines après avoir pris ses quartiers sur la place de la République, à Paris, Nuit debout s’est installé dans le paysage.

Où va la Nuit debout ?

Si le mouvement né le 31 mars s’est d’abord appuyé sur la mobilisation contre le projet de loi El Khomri, il a rapidement débordé ce cadre. Cinq ans après les expériences d’Occupy Wall Street aux Etats-Unis ou du 15-Mai (15-M) en Espagne, l’Hexagone assiste-t-il à la naissance des « indignés » français ? Le mouvement doit-il trouver un débouché politique pour assurer son avenir ? Est-il possible de changer le monde sans prendre le pouvoir ? Nuit debout : la grève générale en débat. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Anna Villechenon La proposition a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements.

Nuit debout : la grève générale en débat

Si le mot était régulièrement scandé depuis le début de Nuit debout, le 31 mars, il a trouvé un réel écho samedi soir place de la République à Paris, lorsque l’économiste Frédéric Lordon, figure marquante du mouvement, a proposé de faire la « grève générale ». Derrière cette formule, des références à des victoires sociétales obtenues il y a des décennies. Et l’espoir de faire revivre cet esprit pour renverser « la loi [El Khomri], mais aussi [le] “monde El Khomri” ». Condition sine qua non d’un bouleversement de la société, selon ses partisans, la grève générale relève toutefois « plus du mythe que de la réalité », estime Gerd-Rainer Horn, professeur d’histoire politique à Sciences Po. La désobéissance civile est parmi nous. Cantine, infirmerie, bibliothèque… Nuit debout partage les communs. À Paris, reportage Depuis le jeudi 31 mars, Nuit debout se tient place de la République.

Cantine, infirmerie, bibliothèque… Nuit debout partage les communs

Chaque jour, des centaines de personnes s’y retrouvent pour discuter des possibilités de remplacer le système social et économique actuel. L’organisation est devenue un outil majeur du bon déroulement du mouvement. Au fur et à mesure, différents pôles se sont installés : infirmerie, cantine, accueil… Pour chacun d’eux, matériel et savoirs sont mis en commun par les occupants de la place. Des ressources autant nécessaires qu’éphémères car chaque jour, la police démonte des stands remontés le soir-même. Nuit debout : pour la droite, la « chienlit » s’installe à Paris. Ben voyons ! LE MONDE | • Mis à jour le | Par Matthieu Goar Depuis le début des rassemblements Nuit debout, la plupart des personnalités du parti Les Républicains (LR) ont demandé l’évacuation des places.

Nuit debout : pour la droite, la « chienlit » s’installe à Paris. Ben voyons !

Lundi 18 avril, après un week-end marqué par 21 interpellations dans la nuit de vendredi à samedi mais aussi par des assemblées générales beaucoup plus calmes, Brigitte Kuster, porte-parole du parti, a remis une nouvelle fois la pression sur l’exécutif lors du point presse du parti : « Ce qu’il se passe est tout simplement inadmissible. (…) Nous sommes dans un état d’urgence, nous avons des difficultés à faire surveiller nos crèches, nos écoles et des policiers sont pourtant mobilisés place de la République. »

Condescendance, mépris à l'égard des citoyens. Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, en réunion électorale à Nice, mardi 26 avril, s’en est pris aux participants de Nuit debout, en particulier à la branche parisienne du mouvement qui a investi la place de la République : « Nous ne pouvons pas accepter que des gens qui n’ont rien dans le cerveau viennent sur la place de la République donner des leçons à la démocratie française. » Présent pour soutenir la candidate LR Marine Brenier, qui se présente les 22 et 29 mai à une élection législative partielle dans la 5e circonscription des Alpes-Maritimes, l’ancien chef de l’Etat a prévenu que « la situation du pays est bien plus grave que ce que l’on dit ». « Il y a des jeunes Français éduqués en France qui en sont venus à haïr la France, il y a l’état d’urgence, il y a des casseurs tous les soirs place de la République.

Condescendance, mépris à l'égard des citoyens.

On incendie, on brûle, on bafoue l’autorité de l’Etat. » « Ne croyons pas que Nuit debout n’aura pas de conséquences » LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Patrick Roger Enseignant en sociologie à Paris-I Panthéon-Sorbonne, Christophe Aguiton, l’un des fondateurs de SUD en 1988 et de l’association altermondialiste Attac, est reconnu comme un des spécialistes des mouvements sociaux. Le mouvement syndical et les animateurs de Nuit debout semblent vouloir amorcer un rapprochement. Est-ce qu’ils peuvent converger ou sont-ils condamnés à s’observer sans se comprendre ? Il y a deux différences importantes. La première porte sur les revendications. Entre les deux, il y existe également d’importantes différences de fonctionnement. Le mouvement Nuit debout suspendu à son processus de vote.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Violaine Morin et Camille Bordenet La commission Démocratie s’est donné rendez-vous à 16 heures, place de la République à Paris, mercredi 20 avril. Sous un grand soleil, les militants se retrouvent pour discuter de la construction des « outils démocratiques » de Nuit debout. Et ce n’est pas tâche aisée : avant même de lancer la réunion, le rappel de l’ordre du jour provoque déjà des débats. Doit-on prendre le temps de tout réexpliquer aux « nouveaux » qui n’étaient pas là la veille ? « Cela me paraît très compliqué, cette discussion… », soupire déjà un participant. Quarante minutes plus tard, on en est toujours à l’ordre du jour. . « Qui veut participer au vote ? – Mais au vote de quoi ? – Au vote pour se concentrer sur le vote. » Un rire parcourt le groupe. « Nuit debout peut être porteur d’une transformation sociale de grande ampleur »

Par Collectif Les crises ouvrent le champ des possibles, et celle qui a commencé en 2007 avec l’effondrement du marché des subprimes ne déroge pas à la règle. Les forces politiques qui soutenaient l’ancien monde sont en voie de décomposition, à commencer par la social-démocratie, qui a franchi depuis 2012 une étape supplémentaire dans son long processus d’accommodement avec l’ordre existant. En face d’elles, le Front national détourne à son profit une partie de la colère sociale en jouant d’une posture prétendument antisystème, alors même qu’il n’en remet rien en cause, et surtout pas la loi du marché. Depuis un mois, gauche et droite se divisent sur Nuit debout. Nuit debout à Nice : « La Côte d’Azur, c’est pas que des riches retraités ! » Le premier soir, ce fut une divine surprise. A Nice, la #NuitDebout prend sa place - Ressources Magazine.

Nuit debout appelle à une journée de mobilisation internationale le 15 mai. Lancé il y a plus d’un mois, le mouvement Nuit debout espère s’internationaliser et a appelé, samedi 7 mai, à une journée de mobilisation partout en Europe et dans le monde le dimanche 15 mai. Lire aussi : Militants, curieux, fêtards : vingt-quatre heures avec les participants de Nuit debout « Nous sommes dans une logique d’internationalisation », a expliqué un membre du mouvement d’occupation parisien. A Toulouse et dans la région, Nuit debout phosphore encore. Nuit debout: on n’a pas de télés, mais on a notre JT.

Le compte à rebours est enclenché. Dans une heure, la rédaction du Fil d’actu devra libérer la salle où elle enregistre tous les mardis soirs son journal télévisé. «Nuit debout» tente de s'internationaliser. A Paris, Nuit debout planche aussi sur l'éducation. « Nuit Debout, ça existe encore ? » Par Nathalie Quintane, écrivaine et poétesse Une enquête récente, réalisée par un collectif de chercheurs et parue dans Le Monde, proposait une sociologie des Nuit debout, et concluait par ces mots : « Une limite à l’extension du mouvement réside probablement dans la perception qu’en ont ceux qui se suffisent de descriptions univoques.

Voulant clore la question de ce qu’il est, ils s’interdisent la possibilité d’être surpris par le mouvement. » Le fait qu’une partie non négligeable de mes amis de gauche soient absents du mouvement, que ce soit à Paris ou en province (où je vis), n’a pas laissé de m’interroger dès le début. Si l’on écarte celles et ceux qui sont malades, trop âgés, qui travaillent de jour comme de nuit, qui viennent d’avoir un enfant ou qui en ont beaucoup, il en reste tout de même un certain nombre qui préfèrent rester chez eux.