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EI & terrorisme islamique

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Daech nous attaque-t-il vraiment «pour ce que nous sommes»? «L'Etat islamique ne rêve que d'une chose c'est d'attaquer la France, et ils mettront les moyens nécessaires», expliquait l'ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic sur France 2, au lendemain des attentats du vendredi 13 novembre qui ont coûté la vie à 129 personnes dans l’est parisien et à Saint-Denis.

Daech nous attaque-t-il vraiment «pour ce que nous sommes»?

Il ajoutait: «Si l’émir de l’Etat islamique demande à mains levées à ses recrues: "qui veut aller faire un attentat en France? ", vous allez avoir 200 bras levés en une demi-seconde». Pourquoi la France? Nombre de spécialistes qui se sont exprimés depuis les attaques assurent que c’est moins ce que la France aurait fait (notamment intervenir en Syrie) que ce qu’elle est qui la rend une cible prioritaire. Le 14 novembre, dans un entretien à Mediapart, Trévidic soulignait ainsi: «les terroristes détestent notre façon de vivre, notre mixité et notre rapport à la laïcité». Peut-on vraiment parler de «guerre» après le 13 novembre? À la suite des attentats parisiens, François Hollande et son gouvernement ont répondu par l'emploi d'une rhétorique guerrière et des frappes aériennes contre l'État islamique.

Peut-on vraiment parler de «guerre» après le 13 novembre?

Mais, même à considérer les attaques des djihadistes et la réponse militaire française, doit-on considérer que nous sommes, d'un point de vue juridique ou philosophique, en guerre pour autant? Ces derniers jours, le mot est dans presque toutes les bouches: la guerre. « Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! » David Van Reybrouck, d’expression néerlandaise, est l’auteur de nombreux ouvrages dont Congo, une histoire (Ed.

« Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! »

Actes sud), pour lequel il a notamment reçu en 2012 le prix Médicis dans la catégorie « essai ». L’écrivain et historien interpelle le président français sur le champ lexical guerrier de son discours, samedi 14 novembre, lendemain des attentats qui ont endeuillé Paris. Et sur la surenchère que cela pourrait entraîner. Monsieur le Président, Le choix extraordinairement irréfléchi de la terminologie que vous avez utilisée dans votre discours de samedi après-midi [14 novembre 2015], où vous répétiez qu’il s’agissait d’un « crime de guerre » perpétré par « une armée terroriste » m’a interpellé.

. « Ce qui s’est produit hier à Paris et à Saint-Denis, près du Stade de France, est un acte de guerre et, face à la guerre, le pays doit prendre les décisions appropriées. Destabilisation de la région Les conséquences de ces paroles historiques sont connues. Et pourtant, que faites-vous ? L’anthropologue française Dounia Bouzar : « Daesh est plus proche du nazisme que des frères musulmans » Dounia Bouzar vient de publier « La vie après Daesh » Dounia Bouzar est cette combattante sans arme qui ramène les jeunes vers la vie quand Daesh les pousse vers la mort.

L’anthropologue française Dounia Bouzar : « Daesh est plus proche du nazisme que des frères musulmans »

Sans la Turquie, Daech n’existerait pas. Une politique étrangère en zigzag. Comment Erdogan pourrait-il bombarder l’Etat islamique alors qu’il n’y a pas si longtemps il le considérait comme un mouvement sunnite de résistance ?

Une politique étrangère en zigzag

Les “puissances sunnites” [Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Egypte,…], comme elles aiment à se présenter, n’ont pas réussi à s’adapter aux changements politiques au Moyen-Orient. Le Qatar [accusé de financer les islamistes] et la Turquie [dirigée par un parti islamiste modéré] ont résisté jusqu’au bout aux changements. Que risquent les Français qui partent faire le djihad? Le Parlement examine actuellement un projet de loi pour renforcer la lutte contre les filières djihadistes.

Que risquent les Français qui partent faire le djihad?

Medhi Nemmouche, Gael Maurize, Salim Benghalem ou encore Souad Merah et son mari Abdelouahed Baghdali: tous ces citoyens français sont soupçonnés par le gouvernement d’être partis faire le djihad au Moyen-Orient. Traduit littéralement de l’arabe, le djihad désigne «un effort vers un but déterminé», un terme positif pour les musulmans. La nébuleuse de l'Etat islamique. Il y a un autre front dans la guerre menée par EI: la bataille contre al-Qaida, celle pour être rejoint par le plus de groupes djihadistes à travers le monde.

La nébuleuse de l'Etat islamique

Qui a fait allégeance? Hervé Gourdel est la première victime française de la guerre engagée contre l'organisation Etat islamique. Enlevé en Kabylie dimanche 21 septembre, il a été assassiné trois jours plus tard par un groupe jusqu'ici inconnu du grand public: Jund al-Khalifah, les soldats du califat. Depuis cinq ans, de nombreux otages français sont morts dans «l'arc de crise jihadiste» Que risquent les Français qui partent faire le djihad? 24 transgressions de l'islam commises par l'État islamique - International. Le pacte suicidaire de l’Etat islamique. Les vidéos de décapitation de l’EI, loin de décourager les Occidentaux, ne font que raffermir leur mobilisation et les pousser à la guerre.

Le pacte suicidaire de l’Etat islamique

«Un nouveau message à l'Amérique et à ses alliés», annonce la macabre vidéo diffusée le 3 octobre par le groupe djihadiste EI (Etat islamique). Cette fois, la victime est l’otage britannique Alan Henning. «A cause de la décision de notre Parlement d’attaquer l’Etat islamique, moi, en tant que membre du public britannique, je vais aujourd’hui payer le prix de cette décision», dit l’homme condamné dans un adieu scénarisé. La vidéo s’achève par un avertissement à l’intention du président Obama: si les frappes aériennes américaines contre l’EI se poursuivent, c’est un otage américain, Peter Kassig, qui sera la prochaine victime.

Le Coran est-il responsable des violences islamistes? Faut-il réduire l’Etat islamique (Daesh) à un gang de criminels mafieux qui n’a rien à voir avec l‘islam?

Le Coran est-il responsable des violences islamistes?

Ce qualificatif le plus souvent appliqué, y compris par les musulmans modérés, aux auteurs des exactions commises à la frontière syro-irakienne et, depuis l’exécution d’Hervé Gourdel, jusqu’en Algérie, correspond sans doute à la plus exacte réalité. Elle ne peut pourtant pas faire l’économie d’une réflexion sur la violence et le sacré dans l’islam. Certes, l’amalgame souvent fait entre islamisme et islam, entre djihadisme et impératif sacré, est condamnable.

Mais les références criminelles de ces terroristes au Coran sèment le trouble. Et la dénégation de tous ceux qui, de très bonne foi, assurent que l’islam n’a rien à voir avec des dérives religieuses aussi perverses que tragiques suscite un malaise et du scepticisme. Déjà, au XIXe siècle, Alexis de Tocqueville admettait ceci: Les frappes aériennes contre l'EI seront peut-être plus efficaces qu'on ne le pense. L'histoire montre que sans troupes au sol, les bombardements n'ont guère de résultat.

Les frappes aériennes contre l'EI seront peut-être plus efficaces qu'on ne le pense

Mais l'histoire ne se répète pas toujours. La guerre aérienne du président Obama contre des cibles terroristes en Syrie a commencé, plus tôt et plus profondément qu’on aurait pu s’y attendre. Frappes en Syrie : pourquoi l’Elysée hésite. Contre l'Etat islamique, Hollande a eu raison trop tôt. En 2013, le président français avait préconisé et préparé la participation de la France à une intervention aérienne contre Damas. Cela aurait peut-être évité que se crée un vide entre le pouvoir de Bachar el-Assad et l’opposition syrienne modérée –vide dans lequel les extrémistes se sont engouffrés. Obama avait alors refusé d'agir, il y est acculé aujourd'hui. Si la situation internationale n’était pas si grave et si François Hollande avait le loisir d’être d’humeur badine, il pourrait tirer une certaine satisfaction du changement de cap opéré par Barack Obama. Il faut refuser de regarder les images des mises à mort. Ce n'est pas seulement une question de dignité des victimes ou de «jouer le jeu des djihadistes»: c'est qu'elles ne nous laissent psychiquement le choix qu'entre deux positions possibles, victime ou bourreau.

Ecrit à l'occasion de l'assassinat par l'Etat islamique des deux journalistes (James Foley et Steven Sotloff) et du travailleur humanitaire (David Haines), cet article a été mis à jour ce 24 septembre, après l'annonce, par les médias, de l'exécution d'Hervé Gourdel, Français enlevé en Algérie le 21 septembre. L'information n'est pour le moment pas confirmée par les autorités françaises mais serait relayée, à l'instar des cas précédents, par une vidéo. Ces derniers jours, les images des décapitations des personnes assassinées par l'État islamique ont provoqué de multiples réactions quant à leur diffusion. Certains estiment qu’il s’agit d’informer le public, d’autres qu’elles permettent d'opérer une prise de conscience quant à la réalité de l’Etat islamique.

Vincent Magos. Jusqu’où iront les djihadistes. Le 10 juin, le groupe djihadiste de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) s’est emparé de Mossoul, deuxième ville du pays, et poursuit son avancée dans le Nord et le Centre. Cette offensive, d'une envergure sans précédent, menace toute la région. 11 juin 2014 | Partager :