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EI & terrorisme islamique

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Daech nous attaque-t-il vraiment «pour ce que nous sommes»? Temps de lecture: 9 min «L'Etat islamique ne rêve que d'une chose c'est d'attaquer la France, et ils mettront les moyens nécessaires», expliquait l'ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic sur France 2, au lendemain des attentats du vendredi 13 novembre qui ont coûté la vie à 129 personnes dans l’est parisien et à Saint-Denis. Il ajoutait: «Si l’émir de l’Etat islamique demande à mains levées à ses recrues: "qui veut aller faire un attentat en France?

", vous allez avoir 200 bras levés en une demi-seconde». Pourquoi la France? Le 14 novembre, dans un entretien à Mediapart, Trévidic soulignait ainsi: «les terroristes détestent notre façon de vivre, notre mixité et notre rapport à la laïcité». Dans l’avant-propos du dernier numéro de Dabiq, le magazine de propagande de Daech, publié après les attentats de Paris on lit d’ailleurs: «Les huit chevaliers ont mis Paris à genoux, après des années d’arrogance de la France devant l’islam.» Attaquer nos valeurs: une explication pratique. Peut-on vraiment parler de «guerre» après le 13 novembre? À la suite des attentats parisiens, François Hollande et son gouvernement ont répondu par l'emploi d'une rhétorique guerrière et des frappes aériennes contre l'État islamique. Mais, même à considérer les attaques des djihadistes et la réponse militaire française, doit-on considérer que nous sommes, d'un point de vue juridique ou philosophique, en guerre pour autant?

Ces derniers jours, le mot est dans presque toutes les bouches: la guerre. Sur France 2 par exemple, le lendemain des attentats, la journaliste du 13 heures décrit un Paris «en état de guerre». Les mouvements de panique à République? Un climat de guerre. C’est la guerre, donc, ou même la guerre «totale» pour Nicolas Sarkozy: «Les terroristes ont engagé la guerre à la France, la France ne doit pas céder. Guerre totale ou... mondiale pour le président du Crif, et le pape François, qui a évoqué au lendemain des attentats un «morceau d’une Troisième Guerre mondiale». Avant, tout était simple ou semblait l'être. Nicolas Truong. « Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! » David Van Reybrouck, d’expression néerlandaise, est l’auteur de nombreux ouvrages dont Congo, une histoire (Ed. Actes sud), pour lequel il a notamment reçu en 2012 le prix Médicis dans la catégorie « essai ».

L’écrivain et historien interpelle le président français sur le champ lexical guerrier de son discours, samedi 14 novembre, lendemain des attentats qui ont endeuillé Paris. Et sur la surenchère que cela pourrait entraîner. Monsieur le Président, Le choix extraordinairement irréfléchi de la terminologie que vous avez utilisée dans votre discours de samedi après-midi [14 novembre 2015], où vous répétiez qu’il s’agissait d’un « crime de guerre » perpétré par « une armée terroriste » m’a interpellé. Vous avez dit littéralement : « Ce qui s’est produit hier à Paris et à Saint-Denis, près du Stade de France, est un acte de guerre et, face à la guerre, le pays doit prendre les décisions appropriées. Destabilisation de la région Les conséquences de ces paroles historiques sont connues. L’anthropologue française Dounia Bouzar : « Daesh est plus proche du nazisme que des frères musulmans » | L'Observateur du Maroc & d'Afrique.

Dounia Bouzar vient de publier « La vie après Daesh » Dounia Bouzar est cette combattante sans arme qui ramène les jeunes vers la vie quand Daesh les pousse vers la mort. Elle nous parle de sa stratégie de « guerre »… Dans « La vie après Daesh » (Editions de l’Atelier), Dounia Bouzar dévoile le travail exceptionnel qu’elle fait avec son équipe du Centre de Prévention des Dérives Sectaires liées à l’Islam (CPDSI). Mandaté par le ministère de l’Intérieur en avril 2014, ce Centre vient en aide aux jeunes approchés par les groupes djihadistes. Au total, le CPDSI a été contacté par près de 600 familles.

Dans son nouvel essai, l’anthropologue du fait religieux raconte aussi l’histoire de jeunes radicalisés. Dans « La vie après Daesh », Dounia Bouzar qui parle d’elle à la troisième personne, sans doute par pudeur, se confie aussi sur les violences conjugales qu’elle a subies. « Tout ce qu’on fait c’est grâce aux familles, elles m’ont tout raconté de leur vie. En France, c’est spécial. Sans la Turquie, Daech n’existerait pas. TURQUIE • Une politique étrangère en zigzag. Comment Erdogan pourrait-il bombarder l’Etat islamique alors qu’il n’y a pas si longtemps il le considérait comme un mouvement sunnite de résistance ? Les “puissances sunnites” [Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Egypte,…], comme elles aiment à se présenter, n’ont pas réussi à s’adapter aux changements politiques au Moyen-Orient.

Le Qatar [accusé de financer les islamistes] et la Turquie [dirigée par un parti islamiste modéré] ont résisté jusqu’au bout aux changements. Ces pays se retrouvent désormais “interventionnistes malgré eux” [le Parlement turc a voté le 2 octobre pour l’intervention militaire contre l’Etat islamique (EI)] : le Qatar participe aux opérations militaires contre l’EI, et le président turc déclare que “la Turquie fera tout ce qui est nécessaire pour lutter contre l’EI”. Inutile de rappeler que jadis leur position se limitait à s’opposer à une intervention occidentale contre les islamistes. Que risquent les Français qui partent faire le djihad? Le Parlement examine actuellement un projet de loi pour renforcer la lutte contre les filières djihadistes. Medhi Nemmouche, Gael Maurize, Salim Benghalem ou encore Souad Merah et son mari Abdelouahed Baghdali: tous ces citoyens français sont soupçonnés par le gouvernement d’être partis faire le djihad au Moyen-Orient.

Traduit littéralement de l’arabe, le djihad désigne «un effort vers un but déterminé», un terme positif pour les musulmans. Dans le Coran, il symbolise la lutte pour atteindre et demeurer dans le droit chemin. Le terme «djihad» pour la lutte armée, rappelait sur Slate Henri Tincq, n’a été justifié qu’au VIIe siècle, au moment des croisades, le terme de «guerre sainte» n’existant pas dans la langue arabe. Mais même avec cette définition, le djihad reste soumis à des conditions et à des règles dont l’organisation terroriste auto-proclamée «Etat islamique» (Daesh) ne s’acquitte pas. Dans un article publié en 2012, Sciences Humaines analyse: 1.Sous la loi actuelle.

La nébuleuse de l'Etat islamique. Il y a un autre front dans la guerre menée par EI: la bataille contre al-Qaida, celle pour être rejoint par le plus de groupes djihadistes à travers le monde. Qui a fait allégeance? Hervé Gourdel est la première victime française de la guerre engagée contre l'organisation Etat islamique. Enlevé en Kabylie dimanche 21 septembre, il a été assassiné trois jours plus tard par un groupe jusqu'ici inconnu du grand public: Jund al-Khalifah, les soldats du califat.

Ce groupe dissident d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a exprimé son soutien à EI en juillet, avant de lui prêter formellement allégeance le 14 septembre. Son assassinat a montré que l'organisation Etat islamique agit désormais en dehors de la Syrie et de l'Irak, et qu'elle entend constituer une nébuleuse autour du noyau résident dans le sanctuaire du «Sham». Pour ce faire, elle doit être formellement rejointe par d'autres groupes djihadistes lui prêtant allégeance. Ils n'ont pas été rejoints par des figures du djihadisme. Depuis cinq ans, de nombreux otages français sont morts dans «l'arc de crise jihadiste»

Que risquent les Français qui partent faire le djihad? 24 transgressions de l'islam commises par l'État islamique - International. "La lettre est très forte et nous espérons qu'elle exerce un impact important" déclare Hicham El Mzairh (sp.a). "Il s'agit d'un bombardement idéologique sur l'État islamique. Les signataires avancent des arguments extraits du Coran pour placer l'EI sous un mauvais jour". Il espère surtout que le message trouvera un écho auprès des jeunes. "Les musulmans éminents de chez nous doivent diffuser cette lettre parmi les jeunes". Voici, selon les 126 signataires, les 24 transgressions commises par l'EI contre les règles islamiques Il est interdit de prendre des extraits au hasard dans le Coran pour envoyer des fatwas dans le monde. Le pacte suicidaire de l’Etat islamique. Les vidéos de décapitation de l’EI, loin de décourager les Occidentaux, ne font que raffermir leur mobilisation et les pousser à la guerre.

«Un nouveau message à l'Amérique et à ses alliés», annonce la macabre vidéo diffusée le 3 octobre par le groupe djihadiste EI (Etat islamique). Cette fois, la victime est l’otage britannique Alan Henning. «A cause de la décision de notre Parlement d’attaquer l’Etat islamique, moi, en tant que membre du public britannique, je vais aujourd’hui payer le prix de cette décision», dit l’homme condamné dans un adieu scénarisé.

La vidéo s’achève par un avertissement à l’intention du président Obama: si les frappes aériennes américaines contre l’EI se poursuivent, c’est un otage américain, Peter Kassig, qui sera la prochaine victime. Les vidéos ont affermi le soutien à une action militaire Moralement, ces vidéos sont des meurtres. Les vidéos ont tout changé. Entre-temps, l’EI a posté d’autres vidéos de décapitations. Le renversement de l'opinion publique. Le Coran est-il responsable des violences islamistes? Faut-il réduire l’Etat islamique (Daesh) à un gang de criminels mafieux qui n’a rien à voir avec l‘islam? Ce qualificatif le plus souvent appliqué, y compris par les musulmans modérés, aux auteurs des exactions commises à la frontière syro-irakienne et, depuis l’exécution d’Hervé Gourdel, jusqu’en Algérie, correspond sans doute à la plus exacte réalité.

Elle ne peut pourtant pas faire l’économie d’une réflexion sur la violence et le sacré dans l’islam. Certes, l’amalgame souvent fait entre islamisme et islam, entre djihadisme et impératif sacré, est condamnable. Mais les références criminelles de ces terroristes au Coran sèment le trouble. Et la dénégation de tous ceux qui, de très bonne foi, assurent que l’islam n’a rien à voir avec des dérives religieuses aussi perverses que tragiques suscite un malaise et du scepticisme.

Qu’en est-il donc exactement? Déjà, au XIXe siècle, Alexis de Tocqueville admettait ceci: «Ne détruisez pas la vie que Dieu a rendu sacrée» Texte «inspiré» et «incréé» Les frappes aériennes contre l'EI seront peut-être plus efficaces qu'on ne le pense. L'histoire montre que sans troupes au sol, les bombardements n'ont guère de résultat. Mais l'histoire ne se répète pas toujours. La guerre aérienne du président Obama contre des cibles terroristes en Syrie a commencé, plus tôt et plus profondément qu’on aurait pu s’y attendre. La question est: ces frappes –qui ne font que marquer «le début d’une campagne crédible, durable et persistante» comme l'a expliqué le chef des opérations militaires américain lors d’une conférence de presse au Pentagone le 23 septembre– vont-elles réellement affaiblir et détruire le groupe djihadiste de l’Etat islamique (EI)? Le passé nous enseigne que les frappes aériennes n’ont généralement que peu d’effets, à moins d’être associées à des assauts par des troupes au sol, ce que les Etats-Unis se refusent à faire et que les «rebelles syriens modérés» ne sont pas encore capables de réaliser.

Ceci dit, le précédent historique n’est pas forcément imparable dans ce cas. La difficulté: l'Etat islamique n'est pas un Etat. Frappes en Syrie : pourquoi l’Elysée hésite. Les faits - La France a décidé de mobiliser trois Rafale supplémentaires - soit neuf au total - et une frégate antiaérienne dans le golfe arabo-persique, dans le cadre des opérations militaires contre l’Etat islamique (EI), a annoncé mercredi le ministère de la Défense, à l'issue d'un conseil restreint de défense. Depuis le début des opérations militaires, le 19 septembre, la France n'a effectué que deux frappes, contribuant pour moins de 1% aux actions militaires sur l'ensemble du théâtre syro-irakien. La France repousse pour l'instant toute idée de frappes aériennes en Syrie et continue de «soutenir par tout moyen l'opposition démocratique en Syrie».

Ne pas prendre le risque de tuer avec des bombes françaises des citoyens français partis faire le djihad. C'est le grand non-dit des hésitations de l'Elysée quant à une intervention militaire en Syrie contre l’Etat islamique. D'autres arguments, plus ou moins convaincants, sont mis en avant. Mais de celui-ci, personne ne veut parler. Contre l'Etat islamique, Hollande a eu raison trop tôt. En 2013, le président français avait préconisé et préparé la participation de la France à une intervention aérienne contre Damas.

Cela aurait peut-être évité que se crée un vide entre le pouvoir de Bachar el-Assad et l’opposition syrienne modérée –vide dans lequel les extrémistes se sont engouffrés. Obama avait alors refusé d'agir, il y est acculé aujourd'hui. Si la situation internationale n’était pas si grave et si François Hollande avait le loisir d’être d’humeur badine, il pourrait tirer une certaine satisfaction du changement de cap opéré par Barack Obama. En déclarant une lutte sans merci à l’Etat islamique et en annonçant des frappes aériennes sur les positions djihadistes en Irak mais aussi en Syrie, le président américain donne en quelque sorte raison a posteriori à son collègue français. En 2013, l’ennemi et les cibles n’étaient pas a priori les mêmes qu’aujourd’hui. Aux Etats-Unis, aussi, la même critique, plus ou moins voilée, est adressée à Barack Obama.

La France pionnière. Il faut refuser de regarder les images des mises à mort. Ce n'est pas seulement une question de dignité des victimes ou de «jouer le jeu des djihadistes»: c'est qu'elles ne nous laissent psychiquement le choix qu'entre deux positions possibles, victime ou bourreau. Ecrit à l'occasion de l'assassinat par l'Etat islamique des deux journalistes (James Foley et Steven Sotloff) et du travailleur humanitaire (David Haines), cet article a été mis à jour ce 24 septembre, après l'annonce, par les médias, de l'exécution d'Hervé Gourdel, Français enlevé en Algérie le 21 septembre. L'information n'est pour le moment pas confirmée par les autorités françaises mais serait relayée, à l'instar des cas précédents, par une vidéo.

Ces derniers jours, les images des décapitations des personnes assassinées par l'État islamique ont provoqué de multiples réactions quant à leur diffusion. Certains estiment qu’il s’agit d’informer le public, d’autres qu’elles permettent d'opérer une prise de conscience quant à la réalité de l’Etat islamique. Vincent Magos. IRAK • Jusqu’où iront les djihadistes. Le 10 juin, le groupe djihadiste de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) s’est emparé de Mossoul, deuxième ville du pays, et poursuit son avancée dans le Nord et le Centre. Cette offensive, d'une envergure sans précédent, menace toute la région. 11 juin 2014 | Partager : Est-ce que les djihadistes vont occuper Bagdad ?

J'avais formulé cette question il y a quelques jours. Mossoul est tombée, ainsi que d'autres villes de la province de Ninive. L'armée se retrouve isolée C'est Nouri Al-Maliki qui est à blâmer. Au lieu de sérieusement combattre les groupes terroristes, il se sert du prétexte de lutte contre le terrorisme pour régler des comptes politiques. Que Maliki reste Premier ministre ou pas [son groupe parlementaire vient d'arriver largement en tête des élections législatives du 30 avril, mais aura du mal à constituer une coalition lui permettant d'atteindre la majorité absolue au Parlement], la lutte contre les organisations terroristes sera longue et douloureuse.