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Workfare

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Le Workfare, ou l'art de nous forcer à bosser. Alors que le gouvernement anglais vient de passer une loi obligeant tout chômeur de longue durée à accepter de bosser 30 h par semaine sous peine de perdre ses indemnités, voici une petite explication de ces programmes dits de Workfare, qui tendent à se développer là-bas et un peu partout dans les pays « riches ».

Le Workfare, ou l'art de nous forcer à bosser

Le programme « Welfare to Work » ou Workfare, veut dire « travailler pour le bien-être ». Il fait référence au « Welfare State », « État Providence » de l’après 1945. Le message, à cette époque, était que le bien-être passait par le capitalisme, autour de l’ « American Way of Life ». Un capitalisme encadré par un État chargé de redistribuer aux prolos une fraction des richesses créées par eux. Il fallait que les prolos des pays industrialisés puissent consommer ce qu’ils produisaient (voiture, électroménager…). Abécédaire: Workfare. Un blogueur anglais écrit une lettre aux amateurs de workfare.

Abécédaire: Workfare

Le workfare, c'est l'État qui prend soin par le travail. Ce mot a été composé comme celui de welfare (l'État qui prend soin par le bien-être voir notre article sur la sécurité sociale anglaise ici) ou le warfare (l'État qui prend soin par la guerre). Le workfare est inspiré du producérisme, l'idéologie qui conditionne le droit de vivre à la vente de la force de travail à un employeur: l'État donne de l'argent aux chômeurs à condition qu'ils travaillent pour un employeur, gratis. Des expériences de travail gratuit ont déjà été menée pour les sans abris en Allemagne ou aux Pays-Bas (ici et ici), pour les minorités ethnique, en Hongrie (ici) et, pour les prisonniers, aux États-Unis (ici). Voici la lettre traduite et résumée de Another Angry Voice (ici, en anglais) aux supporters du workfare.

La nouvelle mesure MR-N-VA : "travaille gratuitement ou on te coupe les vivres" A partir du 1er septembre, le gouvernement veut autoriser le travail d'intérêt général obligatoire " sur base volontaire " pour les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale.

La nouvelle mesure MR-N-VA : "travaille gratuitement ou on te coupe les vivres"

Ceux-ci pourraient alors être mis au travail sans rémunération, ce qui menace les emplois fixes sur l'ensemble du marché du travail. En cas de refus de ce " contrat ", la personne pourrait perdre ses moyens de subsistance. Une fameuse différence de traitement par rapport aux Panama-fraudeurs, qui ont, eux, depuis longtemps déchiré leur contrat de contribution à la société. Opinion de Peter Mertens, Président du PTB sur le Vif.be. Mercredi après-midi 7 mai 2014. Après cette histoire, il y a eu un moment de silence. Chômage: une étude de l'UCL critique le travail obligatoire. Entreprise / Emploi Une étude de l'Université catholique de Louvain (UCL), dont fait écho le journal Le Soir vendredi, recommande d'abandonner l'idée d'imposer aux chômeurs des services à la communauté en contrepartie de l'octroi d'allocations de chômage.

Chômage: une étude de l'UCL critique le travail obligatoire

Le thème est d'une actualité brûlante car les négociateurs de la coalition suédoise auraient déjà trouvé un accord à ce sujet. Le texte part du principe que l'objectif d'une telle mesure est de distinguer les chômeurs volontaires des autres. En imposant des travaux aux chômeurs volontaires, les concepteurs d'un tel système estiment qu'ils quitteront le chômage, pour se tourner vers le CPAS, où l'obligation de travaux n'existe pas.

« Mettre les chômeurs au travail obligatoire, un choix idéologique » Jonathan Lefèvre Quelle est votre première réaction à cette annonce ?

« Mettre les chômeurs au travail obligatoire, un choix idéologique »

Yves Martens. L’idée de la mise au travail des chômeurs de longue durée en échange de leurs allocations n’est pas nouvelle. Pourtant, le Bureau international du travail (BIT) interdit explicitement que l’on force des personnes à travailler sans rémunération. Ce que le MR sait bien. Dès qu’on touche aux travailleurs sans emploi, on touche aux travailleurs avec emploi Beaucoup de gens peuvent penser que c’est positif que des chômeurs travaillent pour « l’intérêt général ». Yves Martens. Je ne nie pas qu’il faille assumer certains boulots pour la collectivité car ils ne sont pas assurés pour le moment. Cela s’intègre dans une attaque plus globale de la sécurité sociale. Il y a donc une mise en concurrence entre les travailleurs salariés et les travailleurs contraints ? Yves Martens. On n’est même plus dans la question d’emploi convenable ou pas. Yves Martens. Le travail obligatoire est illégal. Le «workfare»: solution miracle ou injustice? Jean Panet-RaymondProfesseur à l'École de service social de l'Université de Montréal et président du Conseil québécois de développement social; Éric ShraggeProfesseur l'École de service social de l'Université McGill et membre du Conseil québécois de développement social La Presse 29 janvier 1997 La réforme de la sécurité du revenu vient enfin d'être rendue publique (« Un parcours vers l'insertion, la formation et l'emploi », 10 décembre 1996) et un élément important du débat autour des responsabilités des «bénéficiaires» ressort sous un terme mal cerné et mal compris : le «workfare».

Le Workfare, ou l'art de nous forcer à bosser. Travail d'intérêt général pour les chômeurs: expérience et désaccord. "Appelons cela plutôt un service à la communauté; 'travaux d'intérêt général', cela fait judiciaire.

Travail d'intérêt général pour les chômeurs: expérience et désaccord

" La dénomination est importante pour Yves Binon. Dans sa commune de Ham-sur-Heure-Nalinnes, le système fonctionne déjà "depuis près de vingt ans", explique-t-il. "Lorsque quelqu'un se voit octroyer le revenu d'intégration social (RIS), un contrat est rédigé conformément à l'article 60 et le CPAS nous envoie la personne. " Ensuite, il est mis au travail par la commune, suivant ses compétences et ses éventuelles qualifications. "À la commune, à la bibliothèque, à l'école… Il y a toujours des choses à faire, affirme le bourgmestre. "Du travail, mais pas de moyens" Pour Yves Binon, "ce système ne prend pas le travail des autres pour la simple et bonne raison que la commune n'a pas les moyens de s'offrir ces services. " Transposée à la future mesure concernant les chômeurs de longue durée, cette expérience sera "bénéfique pour l'ensemble de la communauté", ajoute-t-il.

Thomas Mignon. Travaux forcés et intérêts particuliers. 8 septembre 2014 Cela sent encore un peu les vacances.

Travaux forcés et intérêts particuliers

Les premières ébauches de l’accord gouvernemental ne suscitent guère encore de réactions. On hésite à se plonger dans une rentrée qui laisse entrevoir déjà un hiver social rude, un hiver suédois qui sera rigoureux pour les plus fragiles dans notre société. Le gouvernement n’est pas encore formé mais il fait déjà frissonner, comme un vent mauvais. Voici les premières feuilles sur les travaux d’intérêt général pour les chômeurs de longue durée C’est présenté comme une «piste» parmi d’autres suive par les négociateurs et personne ne semble rechigner à la parcourir.

Aujourd’hui, l’idée revient et semble faire le consensus chez les négociateurs. Mais on s’en doute, permettre à des chômeurs de retrouver le chemin de l’emploi, n’est pas le véritable objectif du travail d’intérêt général, utilisé jusqu’ici comme sanction alternative pour les délinquants. Et d’ailleurs il faut voir le bon côté des choses.

Mais non, vous allez voir. Du welfare au workfare : les transformations des politiques de lutte contre la pauvreté. La mise en œuvre des politiques sociales d’insertion est significative d’une transformation du système français de protection sociale.

Du welfare au workfare : les transformations des politiques de lutte contre la pauvreté

Les traits caractéristiques de ces politiques nouvelles s’opposent au modèle français de Sécurité sociale pour puiser dans le répertoire libéral – ce qui ne correspond pas forcément aux souhaits des concepteurs de ces nouvelles politiques. On a ainsi assisté, depuis les années 1980, à la naissance d’un deuxième monde de la protection sociale. Les caractéristiques des politiques sociales d’insertion se rapprochent plus du répertoire « résiduel » ou libéral de traitement de la pauvreté que du modèle « bismarckien » d’assurance sociale des travailleurs. Les nouvelles politiques sociales sont ciblées, les prestations sont soumises à condition de ressources et non pas contributives ou proportionnelles aux revenus. NIES8.pub - Notes_IES_8.pdf.